Ce genre de petites choses

 Claire Keegan

Trad. Jacqueline Odin

Sabine Wespieser Editeur, nov 2020, 118 p., 15 €

Le mois irlandais

4e de couv. :

En cette fin d’année 1985 à New Ross, Bill Furlong, le marchand de bois et charbon, a fort à faire. Aujourd’hui à la tête de sa petite entreprise et père de famille, il a tracé seul sa route : élevé dans la maison où sa mère, enceinte à quinze ans, était domestique, il a eu plus de chance que d’autres enfants nés sans père.

Trois jours avant Noël…

Prix Lucioles 2020 (attribué par les lecteurs de la librairie Lucioles à Vienne)

Finaliste du Grand Prix de l’Héroïne Madame Figaro 2021

Mes impressions de lecture :

Les romans de Claire Keegan sont rares, on les attend avec impatience et on les savoure dès qu’on les a entre les mains.

Ce roman se déroule autour de Noël et je me suis offert ce roman pour Noël. J’ai attendu mars pour le lire dans le cadre du mois irlandais organisé par Maeve. J’en aurai lu au moins un !

On retrouve des thématiques qui plaisent à l’écrivaine, la famille, l’Irlande, les blessures de l’enfance. Elle met en scène une famille pour mieux mettre en avant des aspects voilés de l’histoire irlandaise.

J’ai aimé cet homme qui s’est construit sur l’absence du père, puis l’absence de la mère. Il est à un tournant de la vie où il se met à réfléchir sur son parcours. Peut-être par ce qu’il ne reste qu’un témoin qui pourrait peut-être lui dire qui est son père ou parce qu’il a une fille qui a l’âge auquel sa mère l’avait mis au monde… Cette introspection à la veille de Noël pourrait bien faire basculer les choses.

Sa femme qui l’a toujours soutenu ne se rend pas compte de la souffrance intérieure qu’il a toujours cachée par son acharnement au travail. Elle préfère fermer les yeux.

On va découvrir les fameuses  « blanchisseuses de la Madeleine » sous un autre angle. Je connaissais les grandes lignes mais je n’avais pas compris que la dernière à fermé en 1996 ! Toutes ces filles mères réduites en esclavage et tous ses enfants volatilisés.

Ce roman soulève de nombreux sujets de réflexions notamment sur le silence de la population au XXI siècle. L’avortement n’est autorisé en Irlande que depuis 13 décembre 2018 mais il reste encore du chemin.

La présence du corps est très importante, on les mains sales du travailleur manuel, les pieds nus, les ventres vides… On est parfois troublé par cette distorsion temporelle, à quelle époque est-on ? au début XX ou dans les années 90 ?

Je suis toujours très étonnée de l’intensité de l’écriture de Claire Keegan. Ces scènes de la vie quotidienne, ses souvenirs de Noël.

Qui en parle

Maeve

Sur ce blog

Les trois lumières

Les trois lumières

Claire Keegan

Trad. Jacqueline Odin

2011, 108 p.

Sabine Wiespieser éditeur.

Lu dans le cadre du club de lecture d’auf

3 l gra d

4e de couv :

Dans la chaleur de l’été, un père conduit sa fille dans une ferme du Wexford, au fond de l’Irlande
rurale. Bien qu’elle ait pour tout bagage les vêtements qu’elle porte, son séjour chez les Kinsella,
des amis de ses parents, semble devoir durer. Sa mère est à nouveau enceinte, et il s’agit de la
soulager jusqu’à l’arrivée du nouvel enfant. Au fil des jours, puis des mois, la jeune narratrice apprivoise cet endroit singulier, où la végétation est étonnamment luxuriante, les bêtes grasses et les sources jaillissantes.

Ma chronique :

Un très joli titre pour ce récit irlandais.

Les trois lumières font leur apparition à un moment très particulier de l’histoire. Un moment très touchant.

J’ai trouvé la chute terrible et dérangeante.

Il y a beaucoup de souffrance enfouie, contenue.

Le fait que les enfants n’aient pas de nom est très significatif, ils n’ont pas encore de place attitrée.

On a l’impression que le père se débarrasse d’une bouche à nourrir dans la famille de sa femme. Sa femme qui enchaîne les grossesses pendant qu’il accumule les dettes de jeu.

La fillette va découvrir le respect, la tendresse, la confiance. En peu de temps, elle va recevoir quelques belles leçons de vie qu’elle va pouvoir mettre en application.

Trois être vont recevoir un peu de lumière et avoir droit à une part de bonheur, mais nul n’est à l’abri du malheur.

Un récit pudique sur le misère financière, morale et émotionnelle.

Je remercie les copines du club de lecture d’auf pour cette jolie découverte. J’ai les nouvelles « Antarctique » sous la main, mais vais-je retrouver la même magie. On verra bien.

Un petit mot sur cette maison d’édition dont c’est le premier livre que je lis. Le format et la souplesse rend très agréable la lecture. J’aime la sobriété de la couverture.

J’ai lu ce récit, car je viens de voir qu’il vient de sortir chez 10/18, c’est dire s’il était temps de le lire ! Je ne comprend pas trop la couverture qu’ils ont choisit.

3 l poche

NB : fini de lire le 24  août 2012

Article précédemment publié sur canalblog