Le roman-photo

Clémentine Melois & Jan Baetens

Le Lombard, La petite Bédéthèque du savoir n°26, 2018, 87 p., 10 €

Challenge de l’été VLEEL « un livre choisi pour son physique »

4e de couv. :

Né au sortir de la Deuxième Guerre mondiale en Italie, le roman-photo est devenu, avec une rapidité encore jamais vue, l’un des médias les plus populaires du XXe siècle. Souvent méprisé pour ses approches fleur bleue assumées, le roman-photo est en réalité un mode d’expression aux codes riches et subtils.
Le présent ouvrage se donne pour défi de rendre à ce genre, varié et particulièrement dynamique, l’intérêt qu’il mérite.

Mes impressions de lecture :

J’ai suivi le travail de Clémentine Mélois sur les réseaux. Je l’ai découverte avec ses détournements de titres et/ou avec « les Papous dans la tête » sur France Culture. J’ai lu un de ces albums jeunesse et son détournement de photo-roman « Les six fonctions du langage » un OLNI jouissif.

Tout d’abord un petit mot sur l’objet livre. Le format (14×19) couverture rigide, le dos et les coins sont en noir comme les vieux carnets. Couverture très colorée illustrée par deux personnages typique des vieux romans-photo mais ni le format ni la présentation extérieur ne peut porter à confusion. Avant de l’ouvrir on s’interroge car on ce demande ce que contient ce drôle de carnet.

A l’intérieur beaucoup de travail artistique dans la présentation des informations. On a du collage, de la photo, de la reproduction de planches de roman-photo, cine-roman, roman dessiné (etc), des publicités souvent détournées, des photomontages.

Le contenu est très sérieux au niveau des recherches et des informations mais le format décomplexe le lecteur car c’est aussi très visuel.

C’est organisé en chapitres thématiques, étape par étape on découvre un ouvrage très construit malgré la somme de données et d’informations qu’il fournit.

J’ai beaucoup aimé les textes détournés, les différents types d’écrits et d’illustrations. L’aspect carnet de travail est très agréable car cela ne donne pas l’impression de lire un « essai ». J’aime beaucoup le côté gai-savoir, apprendre sans s’en rendre compte.

Ce qui m’avait arrêté lors de sa sortie c’est justement que j’avais peur que ce soit trop théorique, alors quand on me l’a prêté en me disant que c’était un plaisir de le lire je n’ai pas hésité.

Intelligent et drôle. J’ai découvert que c’était le 26 tome d’une collection « La petite Bédéthèque du savoir de chez Le Lombard. Il existe d’autres titres avec d’autres auteurs.

Il se trouve qu’il allait bien avec le challenge de l’été VLEEL.

Voir aussi :

« Les six fonctions du langage »

#payetonslip 2/20

#Challenge 15 K 2/30

Ce qu’il faut de nuit

Laurent Petitmangin

La manufacture du livre, 2020, 188 p.16,90 €

Challenge VLEEL de l’été catégorie « Un livre que je n’aurais jamais lu sans VLEEL »

4e de couv. :

C’est l’histoire d’un père qui élève seul ses deux fils. Les années passent et les enfants grandissent. Ils choisissent ce qui a de l’importance à leurs yeux, ceux qu’ils sont en train de devenir. Ils agissent comme des hommes. Et pourtant, ce ne sont encore que des gosses. C’est une histoire de famille et de convictions, de choix et de sentiments ébranlés, une plongée dans le cœur de trois hommes.
Laurent Petitmangin, dans ce premier roman fulgurant, dénoue avec une sensibilité et une finesse infinies le fil des destinées d’hommes en devenir.

Mes impressions de lecture :

J’ai entendu parler de ce roman lors de sa sortie, puis lorsqu’il a eu un prix Femina des lycéens. Cependant l’aspect social/politique m’avait freiné. L’aspect trop « réaliste » de certains romans contemporains me dérange.

Lorsque Laurent Petitmangin a participé à une rencontre avec les lecteurs de VLEEL pour présenter son dernier roman paru « Ainsi Berlin », ils sont évidemment revenus sur le succès du premier. Et la ma curiosité a été titillée. Je n’aime pas rester un à-priori, alors j’ai acheté le roman.

Je ne connais pas la Lorraine malgré tout les problèmes économiques et politiques sont parfois abordés dans l’actualité. Le clivage cheminot de gauche et jeune qui est séduit par l’extrême droite est au cœur du sujet. Ce qui est intéressant dans ce roman c’est que c’est très contemporain puisqu’il parle des élections présidentielles de 2017 et des mois qui ont suivis.

Il aborde aussi la volonté de certains enfants d’ouvriers de vouloir sortir de leur condition et de la fracture sociale que cela peut engendrer (ex. Jérémy/Fus).

Ce qui m’a plu dans ce roman c’est que le narrateur est le père. Il utilise peu le « je », il raconte l’histoire de son fils, de sa famille, de son entourage. Il a la position de l’observateur qui se souvient qui reconstruit tout en étant au cœur du drame. On ne peut pas parler de mise à distance pour se protéger ou pour se trouver des excuses. On ne sait pas à qui il s’adresse, à lui-même peut-être. Il est question d’un homme qui est dépassé par toutes les épreuves de la vie, il ne minimise pas son rôle dans le drame qui va bouleverser sa famille.

Laurent Petitmangin joue avec les chapitres courts et les ellipses. Il y en a une qui m’a fait revenir à la page suivante (122-123) car il y a un tel reversement entre les deux situations que j’ai cru avoir sauté une page. C’est un roman très construit, pas après pas on voit les conséquences des situations ou des choix.

J’ai beaucoup aimé le jeu de miroir dans la narration. Le plus flagrant c’est « tous les dimanches ils allaient à l’hôpital » et puis ensuite les visites plus ou moins régulières au fils, avec le trajet et tout ce qui s’en suit.

C’est un beau et terriblement roman sur la paternité et les relations père/fils. Il y a un côté « chronique d’un drame annoncé ».

Je remercie le groupe de VLEEL pour ces rencontres en ligne et de m’avoir incité à lire ce roman.

Challenge #payetonslip 1/20

Challenge15 K 1/30 « #Olive et Tom »