Zen

Maxence Fermine

Michel Lafon, 10 oct 2015, 134 p., 14,95 €

Mes lecture Michel Lafon

zen

4e de couv. :

« Chaque jour, de l’aube au crépuscule, Maître Kuro pratique l’art subtil de la calligraphie. Une activité mêlant la peinture à l’écriture dont la frontière est si ténue qu’elle en paraît invisible. »

Ma chronique :

La couverture est sublime en accord parfait avec l’histoire.

Ce roman est un coup de cœur. J’ai aimé le sujet et son développement.

Quand au langage c’est de la belle ouvrage. A la hauteur du sujet. C’est un roman qui traite de l’art de la Calligraphie japonaise où un seul trait peut représenter la perfection. Les personnages sont à la recherche de cette perfection, du sublime. Et Maxence Fermine a travaillé son écriture pour retrouver ce sentiment de concision et va à l’essentiel. Les chapitres sont courts voire très brefs.

Bien sûr ce roman traite d’autres valeurs comme l’honneur, la loyauté et le don de soi.

La passion et la sensualité on la retrouve à travers les cinq sens. Avec délicatesse et retenue on va suivre ses deux personnages qui se donnent corps et âmes à la Calligraphie. L’œil est aux aguets dès le début.

Ce roman nous parle de la voie du zen sans grands discours mais par le mise en pratique dans une activité quotidienne. On a une initiation, une relation le maître et disciple…puis un renversement… je n’en dis pas plus.

J’ai aussi beaucoup aimé dans la construction de l’histoire l’idée de chemin. La narration commence par la vie du Maître (idée d’horizontalité) cap. 1-18, puis l’arrivée de Yuna on a l’impression d’une ascension (passion) chap. 18-45) on arrive à un climax et on a la sensation de redescendre avec Maître Kuro (un effet miroir) chap. 46-52 puis un apaisement avant la conclusion (horizontalité) chap. 53-63.

Dans cette histoire, il y a l’absence et la présence, le visible et l’invisible qui se répondent. Rien n’est immuable.

Ce roman est un souffle. On respire avec un autre rythme. Le cœur s’emballe puis il ne reste une sorte d’apaisement.

J’avais eu un coup de cœur pour neige il y a très longtemps, aujourd’hui je ne peux comparer ses deux lectures mais c’est un livre qui va me laisser une belle sensation pour un moment.

Je remercie les Éditions Michel Lafon pour ce moment de poésie.

kokeshi coup de coeur
1% rentrée 2015

Article publié précédemment sur canalblog

Ysabel

Guy Gavriel Kay

Trad. Elisabeth Vonarburg

Éditions A Lire, sept 2015 (VO 2008) , 463 p., 20 €

World Fantasy Award 2008

Mes lectures Book en Stock / Edtions A Lire

C’est la rentrée est Book en Stock nous embarque dans une nouvelle saison d’aventures et de rebondissements…

4e de couv.

Ned, un jeune Montréalais de quinze ans, accompagne son père, Edward Marriner, dans le Midi de la France. Photographe de renommée internationale, Marriner – assisté de Mélanie, Steve et Greg, son équipe technique – a six semaines pour croquer des images inédites de ce magnifique coin de pays, qui regorge de ruines datant de l’époque des Celtes et des Romains.
Mais des événements inquiétants perturbent le séjour de Ned : un inconnu le menace dans la cathédrale d’Aix-en-Provence, un étrange malaise l’affecte aux abords de la montagne Sainte-Victoire, des chiens l’attaquent dans un café… sans compter qu’au cours de la nuit de la Beltaine, une antique fête celtique, il assiste à la « magique » disparition de Mélanie !
Dès lors, Ned comprend que, dans cette contrée plusieurs fois millénaire, des personnages mythiques ne veulent pas mourir et que, d’une mystérieuse façon, il est personnellement concerné par leur histoire.

Ma chronique : 

Lire ce roman, c’est l’occasion de découvrir un auteur canadien de renommée mondiale, qui a reçu des prix, mais que je n’ai pas l’impression qu’il soit mis très en avant. Je remercie Book en Stock et les Éditions A lire pour ce partenariat.

Un seul bémol que je vous donne maintenant pour après vous donner tous les points positifs. J’ai eu du mal avec la traduction  française mais « québécoise ». En tant normal cela ne me gêne pas mais là c’est du québécois actuel et « parlé », ce qui pourrait plaire à certains… Voilà c’est dit … passons au fond !

Je me suis laissé captiver par l’histoire ou les histoires. Pourquoi au pluriel ? Parce que chaque personnage a son passé et son ressenti et une part dans l’aventure mais aussi parce qu’il y a plusieurs sujets qui sont abordés en marge de l’intrigue « Ysabel ».

Ce qui m’a titillé dès le début c’est la place de la mère et de la gente féminine en général.

L’insistance à nous dire que la mère est absente, loin de sa famille, que la mère est dans une zone dangereuse, quelle travaille pour médecins sans frontière pour sauver des vies, qu’elle est potentiellement en danger. Et à côté de cela des filles/femmes vont venir entourer Ned.

Le garçon est avec son père artiste, photographe de renom qui vit dans sa bulle, ils sont à l’étranger loin des repères familiers. On a toute une thématique sur la famille les liens entres membres, et la famille élargie où le sang n’a rien à voir…

On nous présente Ned comme un garçon à la sensibilité exacerbée, rempli de colère et de frustrations, un adolescent en somme… il est dans un état d’esprit qui le rend sensible à certains phénomènes paranormaux…

La part fantastique de la narration entraîne le lecteur vers d’autres considérations, on fait entre autre un voyage dans l’histoire et la géographie de la Provence.

Ce séjour sera pour Ned un voyage initiatique qui va le sortir de l’enfance comme il  est dit parfois dans le texte.

J’ai beaucoup aimé tout ce qui tourne autour de la magie celtique…  qui est le sujet central de l’histoire d’Ysabel.

Mais voilà je ne peux m’empêcher de m’intéresser aux à côtés… Tel la thématique du regard. Guy Gavriel Kay nous parle de lumière, d’éclairage, l’œil de l’artiste qui détecte la moindre faille ou la beauté du monde. Ed Marriner est photographe il capture des images il est connu pour sa vision personnelle. Immortaliser ce que tant de gens ont déjà photographié. La recherche de l’angle de vue qui fait que l’on reconnaît le style de l’artiste. De la ont peux extrapoler vers la création en général. Plusieurs écrivains peuvent parler d’un même sujet sans que le résultat soit le même. Chacun à son prisme, sa focale intérieure, chaque lecteur va ressentir quelque chose de différent en lisant ce roman, parce que tel ou tel sujet va ressortir, une mise en relief.

Ce roman fait la part belle au visuel sans qu’on se perde dans des descriptions. Comment ? le père est photographe, le fils capte certains détails et certaines ondes, parce que cela se passe ne Provence avec sa lumière et ses couleurs. Parce que des artistes tel Cézanne a immortalisé la Montagne Sainte-Victoire. J’ai bien aimé l’interrogation comment faire une photo sans qu’on le compare à un tableau de Cézanne… Belle réponse que je vous laisse découvrir dans le roman.

J’arrive à la conclusion de ma chronique et je réalise que l’intrigue principale n’a pas été abordée…lisez la quatrième de couverture et partez avec Ned vers les mystères celtes !

Afin de compléter cette chronique je vous invite à découvrir les interviews auxquelles je participe  et qui sont réalisées par les lecteurs sur Book en Stock… Et vous trouverez aussi d’autres liens vers des chroniques des romans de Guy Gavriel Kay

Ysabel couv américaine

Juste parce que trouve la couverture belle !

1% rentrée 2015

A bientôt pour la chronique « l’arbre de l’été » le tome 1 de la Tapisserie de Fionavar de Guy Gavriel Kay qui est en cours de lecture.

tapisserie 1

Article précédemment publié sur Canalblog

NB

U4 .Yannis

Florence Hinckel

Éditions Syros/Nathan, 28 août 2015, 400 p., €

ISBN : 9782092556153

La rentrée chez Syros

Événement rentrée littéraire 2015 une coédition Syros/Nathan

4 e de couv :

Depuis la création de la Cellule d’Éradication de la Douleur Émotionnelle, la souffrance psychologique n’a plus cours. Il suffit de se faire oblitérer, et on ressort comme neuf ; seul un point bleu à l’intérieur du poignet garde la trace de cette douleur effacée. L’intervention est obligatoire pour les mineurs. Les adultes, eux, ont le choix. Le jour où sa petite amie Astrid se fait renverser par une voiture, le jeune Silas est aussitôt emmené par les agents en combinaison jaune. Le lendemain, lorsque ses parents viennent le chercher, le garçon se sent bien. Tout n’est-il pas pour le mieux dans le meilleur des mondes ?

Anecdote :

Voulez-vous découvrir en avant première un événement littéraire de la rentrée ? 4 romans, 4 personnages, 4 histoires,  4 auteurs et deux maisons d’éditions réunis autour d’une même aventure.  Ouiii… fut ma réponse !

Me voilà embarquée dans du post apo jeunesse.

Les quatre histoires se lisent indépendamment chaque personnage aura sa fin. Pour l’instant je n’ai reçu que les deux romans des éditions Syros. Dilemme par lequel commencer ? J’aime l’écriture des deux auteurs, les deux livres font 400 pages… plouf plouf et saute dans l’eau…

Je commence par « .Yannis », car j’avais été touchée par « #bleue » un précédent roman de Florence Hinckel…

Ma chronique :

Vous avez vu les couvertures comme elles sont belles. Ces gros plans sur le visage de chaque personnage avec leur regard intense. Ce n’est pas une photo anthropométrique et pourtant c’est un peu l’idée … Cela rappelle les affiches dans la narration…

Je ne sais pas si c’est parce que j’ai commencé par cette histoire, mais j’aime beaucoup le personnage de Yannis. Peut-être que cela me fera le même effet avec chaque personnage. Je ne les ai découvert qu’à travers le regard de Yannis et la plume de Florence Hinckel. Chaque auteur va développer son personnage et comme on découvre l’histoire à travers le regard de chaque protagoniste, Yannis sera perçu différemment… J’ai à peine commencé que de  nombreuses questions affleure mon esprit…

Yannis me plaît, car il est solaire, il est touchant dans son  approche du problème. Il est très sensible, à la fois fragile et fort. Dans un premier temps il se réfugie dans son personnage virtuel du jeu Warriors of time (WOT). Son imaginaire est tel qu’il va être accompagné de fantômes  tout au long de sa quête. Il est attentif aux autres, il est très ouvert. Il accorde facilement sa confiance ce qui lui permet de faire des rencontres décisives. Il est un élément central qui entraîne les autres.

Yannis est un rêveur, un idéaliste. Il croit au message de Khronos, mais dans l’éventualité d’un échec il aimerait que les survivants reconstruisent un monde nouveau. La violence qu’il voit autour de lui le blesse. L’injustice le révolte.

Ce qui m’a plu dans ce roman, c’est la fluidité de la narration avec des dates comme repère, comme un compte à rebours. Plus on approche du 24 décembre plus la pression monte. Y aura-t-il un après 24 décembre et lequel ?

Lorsque je débutais ce roman, je remarquai la présence d’une thématique qui m’est chère, celle de l’eau. Cet élément va être comme un fil rouge, du moins pour moi il ponctue le récit. De la mer Méditerranée puisque l’histoire débute à Marseille, on va remonter le Rhône à partir de la région lyonnaise, puis la seine… On à l’impression de remonter à la source. L’eau est parfois souterraine, parfois sale (égouts), souvent absente puisqu’il n’y  a plus d’eau courante, elle apporte l’énergie (force motrice qui remplace l’électricité chez Elissa), l’eau des larmes, la pluie ou la neige purificatrice.

Dans ce voyage initiatique, j’ai trouvé qu’il y avait une idée de renaissance avec des cavités humides… Yannis n’est plus l’enfant qu’il était, il va se découvrir.

L’intrigue est bien menée avec de nombreux rebondissements. Nous ne sommes pas dans une vision angélique, d’entrée la mort, la violence, la cruauté et la manipulation viennent donner le ton. Le retour à une certaine animalité, à l’instinct de survie et la lutte vont être des moteurs. On retrouve des thématiques de la littérature post apo. On a l’impression que cela peut avoir lieu demain avec tous ces virus qui font la une des journaux.

Il n’est plus question de jeu virtuel, ils vont devoir tout faire pour survivre, et se dépasser…

Ce qui m’a marqué c’est ce besoin d’enterrer ses morts au-delà du côté sanitaire, pour pouvoir avancer. Il doivent survivre et pourtant le travail de deuil doit se faire.

La liberté est une question importante pour Yannis, il veut rester indépendant et maître de son destin. La solitude  reste une angoisse permanent. Ils ont tous besoin de se raccrocher à quelqu’un. On découvre l’effet de groupe, de regroupement, entre gangs et communautés des organisations se mettent en place. La famille est détruite et pourtant présente par les bases qu’elle a données à chaque personnage.

J’ai été surprise par la fin, je ne m’y attendais pas… je vous laisse la découvrir… C’est bien aussi de ce laisser surprendre par le choix d’un auteur…

C’est un livre que j’ai lu par petites touches, puis une nuit je ne l’ai plus lâché… le silence et la tranquillité de la nuit se prêtait à cette lecture avec le couvre feu et les expéditions nocturnes des personnages… j’ai laissé une vingtaine de pages en suspens pour les apprécier reposée…

Maintenant je n’ai qu’une hâte c’est découvrir les autres histoires… Car on veut connaître les autres points de vue… Donc un conseil, prévoyez de lire les quatre romans à la suite !

Je remercie les Editions Syros pour leur confiance.

A bientôt pour les autres titres de U4.

syros 2
coeur livre
koridwen
Jules
Stephan
1% rentrée 2015

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