L’Enigme des tableaux fantômes

Christos Ortiz & Amélie Callot

‘Alice, Primo, 2014, 86 p.

Masse Critique Jeunesse/Babelio/ Alice Éditions

4 e de couv :

Monsieur Voltaire est un chien détective célèbre. C’est pour cela que Lord Sachat McGouttière a fait appel à ses services pour résoudre une affaire bien étrange : des fantômes hantent le manoir de Gouttière, frappés par une malédiction. Cela aurait commencé il y a plus de cent ans, au lendemain du mariage de Lady Ailein McGouttière et de Fergus McGouttière. Un chien en cavale recueilli au manoir avait accusé la portraitiste engagée pour immortaliser les mariés de lui avoir volé sa boussole et sa carte qui indiquait l’emplacement d’un trésor de pirates. La peintre, irritée, aurait jeté une malédiction sur toute la famille pour se venger… Notre fin limier, Voltaire, n’aime guère les chats mais le salaire (un gros paquet de croquettes) est honnête et l’affaire intrigante. Bientôt, il ne tarde pas à faire la connaissance de son premier fantôme. Tour à tour, tous les esprits du manoir vont présenter à notre détective leur version des faits…

Un roman policier palpitant et truffé d’humour qui met en scène un enquêteur cabot au flair expérimenté et à l’intelligence aiguisée. Et ces qualités lui seront bien utiles pour démêler le vrai du faux et venir à bout de cette étrange histoire de trésor volé et de malédiction. Il faut dire que les félins morts sont encore plus fourbes que les vivants !

Auteur :

Musicien professionnel et parolier durant une quinzaine d’années, Christos Ortiz se consacre à présent essentiellement à la littérature jeunesse. Seize albums, trois romans et une histoire pour la presse sont parus chez différents éditeurs (Bayard Presse, 400 coups, Talents Hauts, Averbode, Balivernes…) ; d’autres verront bientôt le jour. En parallèle à cette activité d’écriture intensive, il n’hésite pas à prendre d’assaut les salles de classes pour parler de dragons au chômage, de sexisme dans les catalogues de jouets, et tenter de créer, avec les enfants, les véhicules écologiques et les fariboles de demain…

Illustratrice :

Amélie Callot est née à Poitiers. Après un bac littéraire au Lycée du Futuroscope à Poitiers, elle est entrée en mise à niveau métier d’art (MANMA) à l’école Estienne à Paris. En 2005, elle obtient le DMA (diplôme des métiers d’art) en illustration et entre en DSAA (Diplôme supérieur des arts appliqués) en illustration médicale dans la même école. Depuis la fin de ses études, elle se consacre à la réalisation de tableaux et d’histoires illustrées et jongle entre les petits boulots (marchés d’artisans, portraits, illustrations médicales pour des banques d’images, travaux de mise sous plis, etc.) et le milieu associatif (avec le Crébassou, une petite association pour laquelle elle participe à la création de textes et illustrations). 

Ma chronique :

Je remercie Masse Critique pour m’avoir fait découvrir la maison d’édition Alice et une série jeunesse très sympathique, j’ai vu qu’il y avait d’autres titres.

La première chose qui attire l’œil c’est la magnifique couverture avec cette Chatte Victorienne. Puis une fois le livre dans les mains se sont les qualités d’impression. Papier épais et glacé avec des petites illustrations discrètes (plus des pages complètes) qui accompagnent le texte. C’est images permettent aux jeunes lecteurs de se faire une idée des décors.

Ce roman ce compose de chapitres courts écrit dans une police de caractère qui permet aux jeunes lecteurs de bien lire.

Après la forme venons en au fond.

Les protagonistes sont originaux tout en transposant des personnages humains classiques.

Le détective est un chien qui a du flair et qui est assez imbu de sa personne.

Les suspects des Chats aristocratiques écossais et roumains :

Les MacGouttière et les MacCats des écossais pure souche, des familles aristocratiques.

Irina de Transylvania (aux dents pointues et artiste sorcière).

Dimitri le pirate.

Que des Chiens et des Chats parlent cela n’a pas dérangé mon diablotin d’autant plus que l’auteur joue avec les caractéristiques de ses animaux.

Intrigues de famille, trésor disparu( et quel trésor!), une malédiction et manoir hanté… L’entête de la série s’intilule « Une enquête surnaturelle de Monsieur Voltaire).

De l’humour et des jeux de mots font sourire. Une lecture agréable aussi à haute voix avec les différentes caractéristiques des personnages et leur ton un peu guindé ! L’auteur a su donner la part belle aux dialogues.

Quand à l’enquête en elle même elle est assez brève. Monsieur Voltaire interroge les suspects, observe les lieux et les fameux tableaux. Ce roman s’adresse à un jeune public. C’est le genre de lecture qui peut inciter les lecteurs à passer une fois plus grands aux Conan Doyle et pourquoi pas aux enquêtes de Edgar Allan Poe.

La solution était depuis des siècles devant les yeux des protagonistes mais chacun cachant des petits secrets n’a pas su les voir, ni les détectives qui ont précédé le grand « Monsieur Voltaire » !

A bientôt pour d’autres découvertes…

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Article précédemment publié sur Canalblog

L’Europe et la Profondeur

Pierre Le Coz

Éditions Loubatièreshttp://www.loubatieres.fr/?p=846, 2007, 853 p., 29 €

LU DANS LE CADRE DE MASSE CRITIQUE / BABELIO/ LOUBATIERES

4 e de couv :

Plus qu’un traité de philosophie ou de théologie, L’Europe et la Profondeur doit être lu comme un « roman philosophique » – une enquête quasi-policière à travers la peinture, la littérature, l’histoire et la géographie, pour revenir à la source du destin de l’Occident. Celui-ci est pensé à partir de l’événement cardinal du départ du Christ et de la détresse en laquelle il plonge l’homme européen, cette détresse induisant notamment les catégories nouvelles d’espace et de temps qui régissent aujourd’hui le monde.

Ma chronique:

Ce livre que j’ai reçu dans le cadre de l’opération Masse Critique/ Babelio/éditions de la Loubatières, est une énorme surprise pour moi. Je ne m’attendais pas à me retrouver devant une telle somme de connaissance… quelle belle surprise !

Contrairement à ce qu’annonçait la quatrième de couverture je n’ai pas pu le lire comme un conte philosophique, car chaque chapitre est une mine d’informations qui méritent un moment de réflexion. Ce n’est pas le genre de livre dont une fois tournée la dernière page on peut dire qu’on l’a terminé. C’est un ouvrage très riche qui demande plusieurs lectures pour confronter notre propre savoir en constante évolution. Lorsque l’on regarde la table des matières ont sens qu’on face à un travail très structuré, Trois parties, 85 chapitres. 

C’est un livre que je recommande aux étudiants en littérature et histoire de l’art et pour ceux qui aiment cultiver leur culture générale. 

De nombreuses citations enrichissent le propos de Pierre Le Coz.

J’avoue avoir été impressionnée, voire effrayée lorsque j’ai débuté ma lecture. Mais, j’ai pris le temps de le lire, en alternant d’autres lectures, ce qui a coïncidé avec la lecture de la nouvelle de Franz Kafka « La muraille de Chine » qui est justement étudié dans « L’Europe et la Profondeur ». J’adore quand mes lectures se reflètent les unes avec les autres.

Je n’irais pas jusqu’à dire que j’ai tout compris à l’une et à l’autre.

Je suppose que pour plus érudit que moi certaines réflexions de Pierre Le Coz peuvent être nuancées, pour moi son point de vu est une découverte originale.

Que vais-je retenir de tout ce savoir ? Vais-je avoir envie d’approfondir ? Je pense que ce livre restera encore quelques temps à portée de la main, comme référence pour mes prochaines lectures. Car les études proposées par Pierre Le Coz donnent envie d’aller lire les romans que je n’ai pas encore lus, d’aller regarder les tableaux avec un autre regard.

Quand aux références picturales j’ai du faire appel à Internet pour identifier les tableaux, car je ne les connaissais pas tous et certains leur titre m’était inconnu.

Le livre était accompagné d’une brochure qui indique la référence des autres ouvrages de la collection… Ils sont tentants !

Je vous remercie pour cette expérience !

Citation :

« Peut-être tout est-il là offert apertement : le monde, ce livre ouvert dont le langage ne serait que l’alphabet. Sans doute tout est-il signe, fait-il sens, et , si nous-mêmes n’étions pas plongés en notre propre opacité de créature, peut-être pourrions-nous tout lire : les secrets du passé comme le mystère de l’avenir. » 833 p.

Pierre Le Coz tous les livres sur Babelio.com

Article précédemment publié sur Canalblog

Challenge 100 livres :81/100

Jardin pour jour de pluie

Jean Zéboulon

Éditions de La Table Ronde, 2012, 216 p., 14 €

LU DANS LE CADRE D’UN PARTENARIAT MASSE CRITIQUE/ BABELIO/ LA TABLE RONDE.

4 e de couv :

Le jardin de ma voisine abrite une grande variété de fruits, de fleurs, de feuilles et de branches. Les légumes, les plantes médicinales et les essences aromatiques y poussent avec entrain. Dans le jardin de ma voisine, l’herbe est plus verte, le ciel plus bleu et les petits Poucets rêveurs y oublient souvent leurs pierres…
Même si ses habitants me parlent – et pas seulement de la pluie ou du beau temps –, le jardin de ma voisine garde encore, pour moi, quelques secrets. Ainsi, parmi ses parfums engageants, je m’épanouis…»

Ma chronique :

Décidément, j’ai le chic pour choisir un ouvrage inattendu.

On ne rit pas derrière son écran s’il vous plait ! C’est ce qui me plait dans les partenariats découvrir des auteurs.

Au vu du résumé, je croyais qu’il s’agissait d’un roman. Il n’en est rien.

Le hasard du tirage au sort m’a permis de découvrir un délicieux recueil : un dessin (page de gauche) et une pensée (page de droite). Le mot qui correspond au dessin est en couleur rouille. La phrase est en capitale d’imprimerie.

Il s’agit de réflexions poétiques non dénué d’humour, des phrases toutes faites détournées. (fig. 85) « LA CERISE RÉCLAME SA PART DU GÅTEAU. »

De remarquables dessins aux couleurs sur papier blanc épais dans un format atypique (14 x 16cm). La mise en page est bien centrée, cette sobriété accentue la douceur et l’élégance des 100 figures de cet artiste pluridisciplinaire.

Cela donne un travail  abouti.

En fait j’ai envie de faire des citations à tout mon entourage.

Je laisse la conclusion à l’auteur :

« MA VOISINE AFFIRME QUE CE LIVRE DEVRAIT FAIRE UN TABAC » (Fig.50)

C’est un joli cadeau des fêtes des mamans !

Je remercie  Babelio/Masse Critique  et les éditions de la Table Ronde pour ce partenariat très beau.

A bientôt pour d’autres aventures ou découvertes …

article précédemment publié sur Canalblog

Un cœur insoumis

Sarah Dunant

2010, 504 p. Belfond

LU DANS LE CADRE D’UN PARTENARIAT LIVRADDICT / BELFOND

4 e de couv :

À Ferrare, au couvent de Santa Catarina, nombreuses sont les jeunes filles nobles mariées au Christ à défaut de dot. Tel est le sort de Serafina, seize ans à peine, enfermée de force par sa famille suite à sa liaison avec un simple chanteur. 
Insoumise, Serafina se heurte bientôt à l’ordre établi par l’abbesse Chiara et à la piété exacerbée de soeur Umiliana, prête à affamer le corps des novices pour libérer leur esprit…
Isolée parmi les nonnes cloîtrées en proie à d’étranges extases mystiques, la jeune rebelle peut compter sur la bienveillance de Zuana, une nonne érudite, qui soigne tous les maux du couvent, y compris les blessures que les sœurs s’infligent à elles-mêmes. 
Mais jusqu’où est-elle prête à l’aider ? 

Tandis que les forces de la Contre-Réforme grondent au-dehors pour durcir les règles en vigueur dans les couvents, Serafina va tout tenter pour s’enfuir. Le début de guerres intestines qui vont bouleverser la vie des sœurs à jamais…

CITATION:

« NOTE HISTORIQUE

Dans la seconde partie du XVI e siècle, le montant des dots augmenta de façon telle dans l’Europe catholique que la plupart des familles nobles ne purent plus se permettre désormais de marier qu’une seule fille. Les autres étaient expédiées au couvent, pour une somme bien moindre. Les historiens estiment que, dans les grandes cités d’Italie, environ la moitié des jeunes femmes nobles prirent ainsi le voile. Elles n’étaient pas toutes consentantes…

Ce récit se situe dans la cité de Ferrare, en Italie du Nord, en 1570. »

CHRONIQUE :

Nous sommes en présence d’un roman très documenté comme  le confirme la note de l’auteur en fin de livre.

La « Note Historique » résume à elle seule le thème du roman. Elle donne froid dans le dos.

Nous avons un roman en 4 parties, 4 stades dans la vie de ce « cœur insoumis » :

– La rébellion, enfermée contre ça volonté … au bout d’un an elles pouvaient faire valoir que ses vœux étaient « des mots qui sortaient de ma bouche, pas de mon cœur » et l’évêque pouvait décidé de renvoyer la fille chez ses parents.

– La tentative de fuite… ruse et duplicité afin de retrouver sa liberté.

– L’acceptation voir la soumission. l’exaltation religieuse.

– La conclusion… je n’en dirais rien car ça serait détruire le suspens.

Nous sommes dans un huis clos dans un milieu féminin. Les sentiments de ses femmes recluses sont exacerbées.

J’ai beaucoup aimé le personnage de Zuana. Peut-être parce que la sœur apothicaire est un personnage que j’ai rencontré dans d’autres lectures, ou simplement parce qu’elle reste modérée et consciente de la situation. Séraphina est un Rossignol que Zuana doit apprivoiser.

Ce n’est pas le premier roman traitant d’un couvent que je lis, mais celui-ci à ceci de particulier que nous avons peu d’intrusion du monde extérieur. Tout au plus nous avons la rumeur de carnaval de la ville, nous avons la présence des villageois pendant la messe (notamment celle de la Sainte Agnès) Nous avons le parloir, mais comme nous suivons surtout Seraphina une novice qui n’a pas droit aux visites et Zuana qui n’a pas de famille, nous n’aurons qu’une fois un bref aperçu.

Quand au prêtre confesseur perdu dans la somnolence du vin il semble absent. L’évêque n’est mentionné que pour ses problèmes de santé. Nous avons le castrat, le mari violent… et l’amant mutilé ou inconstant… les figures masculines sont pour la plupart négatives,

Dans la deuxième partie du roman nous avons un nouveau cas de figure pour l’admission d’une femme au sein de la communauté. Un femme noble battu par son mari qui envisage de la répudier pour infertilité.

Les portraits de certaines nonnes sont édifiants : on est dans les extrêmes. La recherche de la sainteté (stigmates), celle qui vivent par procuration, les guerres de pouvoir entre clans, la mesquinerie, la méchanceté, les auto-mutilations…

Je dois dire que par moment j’ai trouvé le temps long, c’est peut-être le but recherché. 

Seraphina va être le petit grain de sable dans la routine de ce couvent, chacune va en sentir les effets. Zuana se retrouve au tournant de sa vie, elle va avoir des choix à faire.

En même temps que les troubles de l’harmonie dû à l’arrivée de ce « cœur insoumis » parviennent les premières rumeurs des conséquences du concile de Trente. Les règles de vie des couvents vont se durcir.

J’ai trouvé ce roman historique intéressant, il y a une intrigue ou plutôt des intrigues. Attention, il n’est pas question ici d’un thriller pseudo mystique comme c’est devenu la mode.

Je remercie Livraddict et Belfond pour ce premier partenariat. 

A bientôt pour d’autres partenariats de cette qualité.

Article précédemment publié sur Canalblog.