L’histoire de l’hiver qui ne voulait jamais finir

Shane Jones

Ill.  Anastasia Kardashova

Trad. Joy Setton

Éditions La croisée Delcourt, nov 2022, 160 p.,  18 €

Lecture Masse Critique Babelio / Édition La Croisée

4e de couv. :

Se rebeller face à la puissance de l’hiver : une fable gothique, poétique et moderne. Au cœur d’un petit village, l’hiver s’installe et ne veut plus partir. La lumière baisse, les enfants disparaissent, la morosité gagne les cœurs. Désespérés, les habitants décident alors de se rebeller et de faire revenir la vie, par tous les moyens. A la manière des livres de Tim Burton et d’Edward Carey, L’histoire de l’hiver qui ne voulait jamais finir modernise avec une touche gothique et graphique le conte hivernal.
Ce court roman devenu culte, tout d’abord publie chez un petit éditeur, a été réédite avec succès par Penguin avant de séduire l’Europe entière. Ce conte onirique pour adultes, illustre par la dessinatrice russe Anastasia Kardachova, nous emporte dans une histoire poétique et envoûtante.

Mes impressions de lecture :

J’ai eu envie de lire ce roman dès que j’ai vu la présentation de l’éditeur et la magnifique couverture.

J’ai découvert cette maison d’édition que je ne connaissais pas et c’est une belle découverte. J’ai bien aimé ce conte pour adulte.

Cet un bel objet livre. Ce petit format « édition illustrée, 14 x 16, impression couleur, couverture cartonnée, fer à dorer » précise l’éditeur. Les illustrations à l’intérieur donnent un relief supplémentaire au texte.

Lorsque j’ai ouvert le livre la première fois la composition avec titre et texte bref d’une page j’ai cru qu’on pouvait le lire comme de petits « tableaux », ce n’est pas du tout le cas. La parole est donnée à plusieurs personnages ainsi on a plusieurs focales ce qui permet une immersion encore plus complète puisqu’on a l’impression d’être au milieu de tous ses gens. Le titre prend alors toute son importance puisqu’il permet de se repérer. Le changement de focale donne des changements de rythme qui peuvent surprendre.

Le conte va nous emporter dans un lieu, dont on ne connait ni le nom ni l’époque, où les montgolfières jouent un rôle important. L’aspect aérien complète conte onirique. Très vite cela va partir en vrille lorsqu’un dictateur nommé Février va interdire tout ce qui vole et prolonger l’hiver. Au début c’est un peu perturbant cette histoire de nom puis on est tellement pris dans histoire qu’on l’intègre rapidement.

On passe très vite aux thématiques de la forêt (arbres, hiboux , mystère…) et  la terre ce qui augmente le côté sombre et mortifère, ajouter à cela les disparitions… On associe souvent la forêt à des couleurs sombres, pourtant ici la neige persistante donne un blanc angoissant.

L’eau est ici sous forme de neige persistance qu’ils veulent fondre, l’eau est aussi cause de noyade…

On suit en particulier la famille de Taddeus, Selah et leur fille Bianca. Leur vie bouleversée par cette nouvelle façon de vivre, la résistance qui s’installe. Puis, cela vire au drame…

Shane Jones va monter graduellement jusqu’à ce que la résistance se transforme en guerre.

On retrouve la thématique de la guerre et ses exactions causés par ce régime dictatorial. Cela fait écho à certaines de mes lectures récentes.

Je remercie Babelio et les Éditions de la Croisée pour cette découverte.

Malena, c’est ton nom

Anne-Christine Tinel

Éditions Elyzad, sept 2022, 315 p, 21,50 €

Masse Critique Babelio / Éditions Elyzad

4e de couv. :

Une jeune femme fuit l’Argentine et sa dictature. C’est la France qui va l’accueillir, où, réfugiée politique, elle goûte peu à peu au bonheur avec Arnaud dans le Sud. Mais est-ce le fil de sa vie qu’elle poursuit là ? Pourquoi Malena ne parle-t-elle jamais de son passé ? Quels tourments a-t-elle traversés ? Arnaud tente de percer le mystère de celle qu’il aime. De l’emprise politique à celle de l’intime, il n’y a parfois qu’un pas. Dans ce texte d’une grande force romanesque balayé par le souffle de l’océan Atlantique, Anne-Christine Tinel compose avec brio le portrait d’une femme qui se libère, une héroïne en devenir pour qui l’exil est un chemin vers elle-même, de l’ombre à la lumière.

Mes impressions de lecture :

J’ai découvert ce roman lors de la présentation de la rentrée littéraire par la maison d’édition sur VLEEL.  Quel plaisir de le recevoir pour masse critique Babelio.

Chaque lecteur arrive avec son vécu et ces connaissances. Je fais partie de la génération qui a beaucoup entendu parler dans les années 80 de cette période sombre de l’Histoire de l’Argentine, dans les livres de Langue vivante « Espagnol » dès la 6ième on avait des auteurs et des références à cette période. Je partais donc avec des idées préconçues. Le lecteur qui n’en a jamais entendu parler va avoir un autre regard et faire d’autres découvertes que celles que j’ai faites.

C’est un roman sur l’identité. Qui sommes-nous vraiment ?  Sommes-nous celui que l’autre forge ? Celui dont on donne une image ? De la naissance à la mort on peut avoir plusieurs vies, plusieurs identités… On vit avec des non-dits. On laisse passer suffisamment d’informations  pour qu’on ne nous pose pas trop de questions sur notre jardin secret, ou ce qu’on a refoulé.

La couverture m’avait intriguée, ce tableau célèbre destructuré, reconstruit comme s’il y avait plusieurs arrières plans derrière le premier plan. On retrouve cela dans le texte. Puisque le lecteur va découvrir l’histoire par fragment en essayant de se faire une idée globale de ces vies. L’art jouera un petit rôle dans ce roman…

Dans un premier temps nous assistons au sauvetage d’une femme, cette scène inaugurale interpelle le lecteur, qui se demande qui est cette femme, que lui est-il arrivé, où sommes nous et quand. Nous sommes en 1982 en Italie, puis en France où Malena un argentine a émigré à cause de la dictature en Argentine. L’autrice a choisi d’utiliser le « tu ». Cela continue d’interpeller le lecteur. Ce « tu » est insistant, lancinant, presque accusateur parfois. Ce « tu » dureras sur plusieurs époques tant qu’on est avec le personnage de Malena.

Milena a cloisonné son esprit et refoulé certaines choses, on retrouve cela dans la composition du roman. Lorsque les vannes vont s’ouvrir c’est un véritable raz de marais psychologique.

Lorsqu’on a fini cette longue partie nous avons l’impression d’avoir compris qui était Malena et ce qui lui était arrivé. Mais c’est sans compter sur l’imagination de l’autrice qui a un projet plus complexe.

Nous allons avoir une autre focale et le « tu » disparait pour un il, et découvrir un homme qui n’avait jamais vraiment chercher à savoir qui était sa femme.

Dans une troisième partie un « elle » va apparaitre avec un autre personnage… la clé de l’énigme. Nous allons avoir de nombreuses réponses mais l’autrice a laissé assez de part d’ombre pour que le lecteur comble avec ses connaissances sur cette époque. L’histoire est relancée avec un autre regard. Ce fut une bonne surprise car l’autrice reprend la main. Mais chut !

Chaque lecteur réagira différemment aux  différents rebondissements. Certains comprendront plus ou moins rapidement certaines choses.

C’est un roman poignant sur plusieurs sujets, les sujets qui touchent à la femme sont peut-être plus présents puisque nos personnage principal est une femme.

L’horreur est présente mais c’est parfois plus suggéré qu’explicite c’est donc le lecteur qui va y coller des images et des ressentis. Il y a beaucoup de pudeur, pas de voyeurisme. Par moment on ressent un certain malaise car on nous parle de sujets durs.

Je vous laisse découvrir ce beau roman. J’ai découvert une écriture qui m’a beaucoup plus, j’ai bien envie de découvrir ses autres romans.

En refermant ce livre, je n’ai pu m’empêcher de penser que le « plus jamais ça » n’est qu’une utopie au regard de l’actualité.

Je remercie Babelio et les Éditions Elyzad de leur confiance.

L’histoire merveilleuse de Mamé Alan

Jihad Darwich

Musique de Issa Hassan

Éditions Oui’dire, 2022, 97 mn, 21 €

Chronique Jeunesse du mercredi

Conte pour les plus grands et les adultes

4e de couv :

Réunis pour une nuit par trois femmes génies, Mamé, prince d’Occident, et Zina, princesse de Botan, s’éprennent d’un amour fou. Ils échangent bagues et serments avant d’être séparés. Commence alors une folle quête d’amour, presque mystique, où chacun vit l’absence de l’autre comme un manque qui l’empêche de vivre. Le jeune roi quitte alors son royaume, traverse monts et déserts et affronte mille dangers pour retrouver Zina Zidâne, sa bien-aimée qu’il avait seulement aperçue un soir.

Mes impressions de lecture :

Je ne connaissais pas cette maison d’édition de livre audio. Leur catalogue est spécialisé dans les contes et légendes « Oui’dire, le Label des conteurs ». Merci à Masse Critique et les Oui’dire éditions de cette découverte.


La voix et le phrasé de Jihad Darwiche et la musiques donnent au conte kurde une tonalité supplémentaire à la narration… une authenticité.

J’avais découvert ce conteur Libanais lors du « mois du Liban » initié par Maeve. J’ai lu et écouter des contes pour enfants. Celui-ci est plutôt pour les plus grands car il est plus long

il faut bien rester concentré car c’est une belle épopée assez longue. De belles images vont nous faire voyages dans d’autres temps et d’autres lieux.


On retrouve la structure du conte avec les thématiques du conte oriental avec princes et princesses avec les valeurs qui vont avec. La quête, l’amour et les épreuves à surmonter.


Je l’ai écouté deux fois et à chaque fois des scènes différentes m’ont interpellé.
J’ai aimé l’oralité du conte.

Du même conteur sur ce blog

« Le chat terreur des lions »

Le portrait de la Traviata

Do Jinki

Traduit du coréen par Kyungran Choi et Delphine Bourgoin

Éditions du Matin Calme, 2020, 221 p., 18,90 €

Masse critique Babelio / Éditions du Matin Calme

Les enquêtes de Gojin, avocat de l’ombre
Deux morts dans un appartement au premier étage d’un immeuble paisible de Séoul. La femme qui y habitait – un coup de couteau pour elle – et un voisin – un coup de poinçon pour lui -, un type détestable qui lui tournait autour ces derniers temps. Mais puisque le principal suspect gît à côté de la victime, il faut chercher ailleurs. Le concierge pourrait faire un coupable correct, le commissaire Lee Yuhyeon boucle son enquête et l’envoie en procès.
Mais rien ne se passe comme prévu. L’innocence du vieux bougre s’impose, le procès est un fiasco. C’est alors que dans son téléphone, Lee Yuhyeon entend un rire familier et moqueur, celui de l’avocat Gojin, l’avocat de l’ombre. Oui, il faudra tout recommencer, tout reprendre depuis le début. Car chacun dans cet immeuble pourrait avoir quelque raison d’avoir commis ce double meurtre.

Mes impressions de lecture :

Je ne sais pas si vous connaissez cette jeune maison d’édition spécialisée dans le polar coréen qui a vu le jour en 2020. J’ai déjà lu deux titres de chez eux dans les catégories différentes d’abord une comédie policière «  Carnets d’enquête d’un beau gosse nécromant » très intéressante et un cosy mystery « les 4 enquêtrices de la supérette Gangseon ». Cette fois-ci j’explore un roman policier à énigme. Vous aurez remarqué je n’ai pas encore tenté les thrillers psychologiques et autres romans plus effrayants. Qui sait un jour peut-être.  Il est temps de vous parler de ce « portrait de la Traviata ».

J’ai choisi ce roman non seulement parce qu’il s’agissait d’un roman policier à énigme mais aussi parce que je trouvais le titre très évocateur. Je me suis rendu compte après que je ne connaissais de la Traviata que le nom de l’opéra et son compositeur mais pas le sujet traité. Maintenant que j’ai lu ce roman et le sujet de Verdi je vois le lien. C’est presque spoliant.

Ce que j’ai aimé dans ce roman c’est la forte présence de dialogues. La résolution du crime se fait en grande partie grâce à des conversations entre deux amis un policier honnête et consciencieux et un avocat assez singulier. Le  policier explore ces propres pistes et celles issues des hypothèses du presque avocat. On passe de la théorie à la pratique.

 On a bien entendu de nombreuses fausses routes qui donnent lieu à des scènes cocasses. Il y a une grande part d’humour. On se demande parfois si l’avocat ne prend pas plaisir à proposer des solutions erronées, qui une fois vérifiées éliminent des possibilités, pour voir le policier se démener dans des interrogatoires farfelus. Il laisse faire le sale boulot aux policiers alors qu’il sait que ce n’est pas possible que ce soit le coupable.

J’ai apprécié ce duo entre un officiel pro des enquêtes et l’autre amateur averti  qui travaille dans l’ombre. Le policier est dans l’affirmative : c’est lui le coupable et il insiste tant qu’il y a des hypothèses possibles, c’est à la limite du harcèlement policier. Coup de théâtre à la fin comme il se doit !

Un petit détail m’a aussi plu, il y a le plan des deux lieux des crimes. C’est tout bête mais on a l’impression de voir le policier entrain de dessiner les deux scènes des crimes, cela crée une proximité.

Dans ce roman, on explore le monde interlope de la nuit à Séoul, je ne connais pratiquement rien de ce pays cependant on comprend bien ce qui se joue dans les différents lieux grâce aux petites explications glissées par l’auteur.

En guise de conclusion je tiens à rappeler qu’il s’agit de roman à énigme alors le rythme est assez lent et oubliez les scènes d’action et les courses poursuites. Par contre on y boit et on y mange souvent.

Un bon moment de lecture qui nous laisse le temps d’apprécier certains personnages et d’autres beaucoup moins.

J’ai pris plaisir aussi à retrouver les thématiques qui tournent autour de la « maison » et de « de l’apparence » et d’autres.

Quel sera mon prochain Matin Calme ? Je ne sais pas encore… mais c’est avec plaisir que j’aimerai retrouver ce duo.

 Je remercie Babelio et les Éditions du Matin Calme de leur confiance

Intelligence à louer

Henri Roorda

Éditions de la Baconnière, mai 2021, 272 p., 20 €

Masse Critique Babelio / La Baconnière

4e de couv.

Chroniques inédites d’Henri Roorda

Choix et avant-propos de Jonathan Wenger

Henri Roorda 1870-1925, professeur de mathématiques, est sans doute le meilleur humoriste qu’ait connu la Suisse romande ainsi que son meilleur moraliste.

Mes impressions de lecture :

J’ai découvert cette maison d’édition suisse en début d’année et j’ai envie de continuer leur catalogue lorsque l’occasion s’en présente. J’ai saisie l’opportunité que m’offrait le Masse critique Babelio. Petite précision cette maison d’édition est diffusée en France alors on n’a pas de soucis pour ce procurer leurs ouvrages.

Le titre et la couverture on joué un rôle important dans mon envie de découvrir ces chroniques car je ne connaissais pas cet écrivain /humoriste suisse. Le fait qu’il s’agisse de chroniques est intéressant car on n’a pas forcément accès à de vieux journaux sauf si on est étudiant. Cette forme brève permet de lire par petites touches.

J’étais intriguée aussi par la période, en effet les chroniques ont été publiées de 1915 à 1925 comme indiqué dans le titre. Que ce soient des textes écrits et publiés à cette époque là permettent de se faire une image de ce que se disait et de ce qu’on pensait.

D’entrée, j’ai adoré la façon d’aborder les sujets. Sujets qui d’ailleurs m’ont surprise par leur « actualité » en transposant certains éléments on croirait qu’il parle de notre époque. Rien de nouveau sous le soleil ! A-t-on appris quelque chose du passé ? Ce que certains pensaient à l’époque est toujours valable aujourd’hui. Juste un exemple : on dit aujourd’hui que pour être caissière ou femme de ménage on nous demande d’avoir le bac, et bien déjà à l’époque pour être cantonnier on demandait un brevet…

J’ai beaucoup apprécié la diversité des sujets abordés. Il y a des faits de société, des sujets politique, scientifiques, la famille. Il y a un côté informatif sur cette époque.

Il est parfois sarcastique et ironique, pas tendre envers lui et ses contemporains. Il a un certain humour qui me plait bien. Il semble se moquer de tout. Il traite de sujets sérieux de manière réfléchie et logique.

Je voulais aussi lires les chroniques pour voir leur construction. Elles sont généralement pas trop longues alors les sujets ne pas trop développés. Finalement je me suis laissée emportée par les sujets et  j’ai oublié d’étudier la construction.

Un vrai régal, je les ai lues dans l’ordre chronologique pour être sûre de les avoir  toutes lues et voire la progression des sujets dans le temps mais on peu aussi piocher de ci-delà de temps d’un café comme si on lisait le journal..

Cette maison d’édition me correspond…

Je remercie Babelio et les Éditions de la Baconnière de m’avoir permis de découvrir cette plume.

Serial Tattoo

Sylvie Allouche,
Editions Syros, « young adulte », sept 2019, 366 p., 16,95 €

Masse Critique Babelio / Editions Syros,
Chronique jeunesse du mercredi

4e de couv. :
Pourquoi la commissaire Clara Di Lazio remarque-t-elle cette femme nigériane qui se tient dans la salle d’accueil du commissariat ? Sans doute parce que la détresse d’Ayo Madaki est immense. Sa fille Shaïna a été piégée par un homme qui lui a proposé beaucoup d’argent. Le pire serait qu’elle ait été embarquée par un réseau de trafic de jeunes femmes. Pour la retrouver, Clara Di Lazio va suivre son instinct. Et impliquer son équipe corps et âme.

Mes impressions de lecture :

J’adore cette série jeunesse. J’attendais donc avec curiosité cette nouvelle enquête. A chaque fois je me dis qu’elle traite d’un sujet fort qu’il n’est pas facile de proposer en jeunesse. Et à chaque fois je trouve que Sylvie Allouche  emporte les ados dans des aventures actuelles et réalistes. En tant qu’adulte je suis autant emportée…

Un nouveau coup de cœur !

Les personnages « victimes » sont des lycéens ou qui pourraient être à peine sortis du lycée… Tous ont un vécu lourd malgré leur jeune âge. Ils ont connu la violence à tous les niveaux. Ils sont prêts à tout pour aider leur famille. Cette notion de sacrifice fait aussi partie de leur culture et les prédateurs le savent. Il y a d’autres personnages légèrement plus âgés qui ont été entrainés dans le monde de la prostitution. On sent la différence entre les deux groupes.

On est dans l’esclavage moderne, déshumanisation des êtres humains… ce roman mets en lumière sur le problème des mineurs.

Nous sommes sur Paris. On va découvrir la misère liée aux guerres, les réfugiés étrangers dont les mineurs peuvent devenir une monnaie d’échange. C’est enfants ont déjà souffert dans leur pays de naissance, ils ont connu les massacres, les viols et autres méfaits… ils arrivent dans le pays des droit de l’homme et ils peuvent retomber dans les mêmes travers. Ils semblent conditionnés pour se sacrifier et accepter leur sort. Il y a aussi  celles (majoritairement des filles) qui sont qui sont recrutées sur place et achetées à leur famille. On est dans un réseau international.  Et quand on pense que l’évolution au sein de cette organisation va conduire certaines victimes à devenir à leur tour des recruteuses. Ce qui rend encore plus pervers ce système.

C’est la deuxième fois depuis cette rentrée littéraire que je lis un roman traitant de prostituées nigérianes sur Paris, des mamas qui tiennent les filles avec des juju. « Le souffle de la nuit » Alexandre Gallien.

On se rend compte que différents services de polices travaillent chacun de son côté sur un des aspects du problème. Le tout c’est de pouvoir croiser les infos… C’est là que la personnalité des enquêteurs va faire la différence.

La narration à la troisième personne va nous faire vivre cette enquête sous plusieurs angles, du côté des truands, du côté des victimes, du côté de la police…

Ce qui m’a plu c’est que tout n’est pas mal/bien. Il y a de l’entre deux. Il y a notamment des « indics », « la fille d’un criminel » etc.

L’enquête est menée tambour battant mais bien sûr il y a des contretemps dus entre autre à des préoccupations personnelles… cela augmente les tensions émotionnelles… En parlant de tensions émotionnelles nous avons un prologue qui nous immerge au cœur d’une course poursuite très angoissante… ça donne le ton !

Je vous laisse découvrir les nombreux rebondissements qui vont tenir le lecteur en haleine.

J’ai remarqué que dans cette série la place de la famille est très ambigüe, elle n’est pas toujours là pour protéger, ce roman le confirme.

Je remercie Masse critique Babelio et les éditions Syros de leur confiance.

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Article précédemment publié sur Canalblog

La Piste des Cendres

Emmanuel Chastellière

Éditions Critic, fév 2020, 615 p., 24 €

Masse Critique Babelio / Éditions Critic

Site auteur

Vous pouvez trouver ce livre en numérique…

4e de couv.

1896, Nouveau-Coronado.
Fils illégitime d’un influent propriétaire terrien, Azel fuit son destin, ballotté entre des origines indigènes qu’il renie et une famille qui ne l’accepte pas. Il a préféré rejoindre les montagnes, où il se contente de jouer les chasseurs de primes.
Pourtant, loin des hauts plateaux, la menace d’une guerre se profile dans la péninsule : le Nord, véritable grenier à blé, estime être exploité par le Sud, plus industriel, qui dispose d’un accès à l’océan grâce au port de Carthagène.
Lorsque Azel accepte à contrecœur d’accompagner un convoi d’indigènes décidés à quitter leurs anciennes terres pour le Grand Exil, le jeune homme est loin d’imaginer qu’il va lui-même se retrouver entraîné dans cette guerre civile… et tout ce qu’elle risque fort de réveiller.

Ma Chronique :

J’ai eu le plaisir de pouvoir commencer à lire ce roman pendant « Le mois d’Emmanuel Chastellière » sur le blog Book en Stock et le recevoir pendant le confinement.

J’ai lu, juste avant, « L’empire du Léopard » une aventure qui se déroule vingt cinq auparavant dans cette partie du monde imaginaire de la Péninsule de la Lune d’Or. J’avais encore l’esprit rempli d’images. Les deux romans peuvent se lire séparément mais je vous conseille de les lire dans l’ordre pour avoir cette impression de prolongement. On va se rendre compte que les problématiques sont différentes entre ces deux époques.

Au-delà des intrigues et autres actions de l’histoire, la narration met en avant ce qui a été construit tant au niveau des bâtiments et des villes mais aussi dans l’implantation à long terme des colons. Mais bien sûr la destruction n’est pas bien loin. On sent que les années ont été mises à profit pour asseoir un certain pouvoir. On sent vite poindre le point de bascule. Les rébellions grondent sur plusieurs fronts.

Nous allons suivre deux groupes avec des dynamiques différentes. L’un est militaire avec tout ce que cela comporte de stratégie et de logistique, et l’autre est humaine à petite échelle. Les déplacements vont se faire de façons différentes. C’est un peut comme si le fond et la forme étaient diamétralement opposés.

Il y a tout ce qui touche à la temporalité. Là aussi il y a plusieurs lignes. On va découvrir Azel petit puis jeune adulte. Mais on va aussi voir l’ex vice-roi qui vivait un peu banni de la cour devoir revenir prendre les rennes du pouvoir. Le monde à évolué et même s’il s’est tenu au courant de ce qui se tramait à Carthagène on a l’impression que c’est le passé qui refait surface.

Azel a perdu sa naïveté à 9 ans et il doit vivre avec le côté négatif du métissage. Il vit en déséquilibre entre ses deux cultures soit qu’il rejette soit qui le rejette. J’ai eu l’image du balancier en le voyant réagir à certaines situations.

Emmanuel Chastellière aborde la thématique de la famille à travers la famille Julen comme une image  concentrée de la société. Nous avons le patriarche premier colon père de deux garçons élevés comme au Coronado. On a Azel les fils illégitime conçu avec une indigène  qui meure avant le début de l’histoire. Puis on a la jeune belle-mère qui représente une nouvelle étape, une nouvelle génération. On a la famille recomposée avec toutes les tensions que cela comporte comme un effet miroir de cette colonie. Les terres, les armes, la religion, la descendance, le pouvoir…

Ce roman met en évidence les rouages du pouvoir, la maîtrise par la force et l’argent. La religion va aussi jouer un rôle.

La mort et la vengeance vont accompagner certains personnages. Mais aussi amour et passion…

C’est un roman d’aventure avec ses péripéties mais aussi cette mise en mouvement, cet élan vers l’avant.

Les cendres jouent aussi un rôle. Et c’est l’expression « le feu couve sous les cendres » qui m’est venu à l’esprit… sans parler de la Salamandre ! la présence du feu aurait sa place jusqu’au bout de ce roman d’aventure.

J’ai pris un grand plaisir à lire à suivre toutes ses tragédies humaines.

C’est un roman qui m’aura accompagné pendant quelques semaines de confinement en me donnant la sensation d’être ailleurs.

Je remercie Babelio et les Editions Critic.

Qui en parle ?

Je vous laisse le découvrir sur Book en Stock.

Sur ce blog du même auteur :

empire
village

Article précédemment publié sur Canalblog

NB 2020

NB 2016

Nostalgia

Jonathan Buckley

Trad. Richard Bégault

Éditions du Castor Astral, août 2019, 411 p, 22 €

Masse Critique Babelio / Castor Astral

4e de couv. :

Au cœur de l’été toscan, la petite ville imaginaire de Castelluccio se prépare pour le festival annuel en l’honneur de son saint patron. Pendant le carnaval, Gideon Westfall, un peintre anglais exilé depuis de nombreuses années, doit incarner la figure emblématique de l’histoire millénaire du lieu. Dans le même temps, Ilaria, la jeune fille qui lui sert de modèle, a disparu. Quelques jours avant la fête, l’arrivée imprévue de sa nièce, Claire, bouleverse son quotidien et le contraint à faire face à son passé. Cette visite dévoile les trésors artistiques et les secrets des habitants de cette région d’Italie. Jonathan Buckley distille alors de passionnantes observations sur la faune, la flore, la religion, l’art ou encore la géologie. Entre le spectaculaire et l’intime, entre le passé et le présent, il tisse des récits kaléidoscopiques et peint la fresque audacieuse d’une Toscane qu’il revisite, s’approprie et réinvente au fil des pages. Pour paraphraser Marianne Moore : Castelluccio est un jardin imaginaire avec de vrais crapauds.

Ma Chronique :

Lorsque j’ai choisi ce livre le titre « nostalgia » a attiré mon attention. Il est très évocateur, il crée des images de temps passé, de douceur. Qeu l’intrigue se déroule en toscane a joué aussi un rôle dans mon choix.

Je ne connaissais pas Jonathan Buckley et j’ai été enchantée par son écriture. J’ai d’abord été surprise par la numérotation à l’intérieur de chaque chapitre 1.1 , 1.2, 1.3… Mais on s’y habitue on a presque l’impression que c’est pour mieux retrouver les passages lors de recherches littéraires ou pour mémoriser.


Dans un premier temps ce qui a titillé ma curiosité ce sont les relations familiales, pourquoi n’a t-il pas revu sa nièce depuis longtemps ? Par exemple.


Puis, ce sont les personnages et leur portrait qui se dessine peu à peu… la mise en avant de leurs personnalités et des relations entre eux.


Vient ensuite la peinture, la lumière et les couleurs… Je ne sais pas si cela vient du fait que l’oncle soit un peintre mais on a une forte présence du regard. C’est très visuel.
Et enfin la terre, ce village et sa force d’attraction… La nature.


Je ne vais pas vous dévoiler l’intrigue car c’est un roman qui se savoure. Le rythme est lent. C’est un roman qui convient aux lecteurs qui aiment les atmosphères, les romans où on s’installe pour explorer les lieux, leur histoire et leurs habitants.On suit les personnages dans tous leurs déplacements, leur découvertes, leur interrogations.


Je remercie les Éditions du Castor Astral et Babelio pour ce partenariat. Jonathan Buckley est un auteur que j’aurai  plaisir à lire.

RL19

Article précédemment publié sur Canalblog

Les détectives du Yorkshire 1. Rendez-vous avec le crime

Julia Chapman

Trad Dominique Hass

Robert laffont, La bête noire, 2018, 384 p., 14,90 €

Babelio/ La bête noire

4e de couv. :

Quand Samson O’Brien débarque sur sa moto rouge à Bruncliffe, dans le Yorkshire, pour y ouvrir son agence de détective privé, la plupart des habitants voient son arrivée d’un très mauvais oeil. De son côté, Delilah Metcalfe, génie de l’informatique au caractère bien trempé, tente de sauver de la faillite son site de rencontres amoureuses. Pour cela, elle décide de louer le rez-de-chaussée de ses locaux. Quelle n’est pas sa surprise quand son nouveau locataire se révèle être Samson – et qu’elle découvre que son entreprise porte les mêmes initiales que la sienne !
Les choses prennent un tour inattendu lorsque Samson met au jour une série de morts suspectes dont la piste le mène tout droit… à l’agence de rencontres de Delilah !

Mon Billet :

J’ai été attirée par le synopsis et par le fait qu’il s’agisse d’une enquête en duo. J’aime les personnages récurrents dans les romans policiers. De plus les prénoms des protagonistes Samson et Delilah laisse présager une dose d’humour avec ce jeu d’homophonie avec les personnages bibliques. Dalila qui coupa les cheveux de Samson pour lui retirer sa force. Tiens tiens notre détective aussi a les cheveux un peu longs !  Dans ce duo, on retrouve la dualité pulsion-répulsion. Je t’aime moi non plus et inversement.

Nous avons une trame policière avec une enquête et en contrepoint la trame personnelle. Samson revient dans son village natal qu’il a quitté assez abruptement. Quatorze ans ont passé mais on lui en tient rigueur. De son côté lui aussi à de sérieux contentieux avec les gens de sa jeunesse. Pourquoi revenir alors ? Cela fait partie de ses petits mystères et sous entendus qui ne dévoileront pas complètement ce secret. … il faudra continuer la série. D’où l’intérêt de commencer dès maintenant puisque c’est le premier épisode.

Delilah se retrouve malgré elle embarquée dans une relation « professionnelle » avec son ancien  binôme de course en montagne. Ils sont fauchés l’un  comme l’autre mais aucun des deux l’admettra.

On est dans un village, on va donc ce retrouver avec des personnages haut en couleur qui forment une communauté, avec ses clans, ses familles et ses institutions. Cela donne une galerie de portrait savoureuse. Le caractère de chacun ou place dans la société va jouer un rôle dans l’intrigue.

Samson arrive et il dérange certaines personnes, il est comme un chien dans un jeu de quille. Il n’est pas le seul à avoir des secrets. On lui prête des intentions qu’il n’a pas  (pour l’instant) suite dans le prochain épisode. Il y a des indices qui laissent entrevoir certaines choses.

L’intrigue policière se met en place en parallèle. Le lecteur va assister à certaines scènes et donc en savoir plus que les enquêteurs.

Le problème dans ses huis clos villageois, c’est que soupçonner son voisin, c’est souvent soupçonner un ami ou un membre de la famille. C’est délicat voire compliqué.

Nos deux personnages se débattent avec leurs problèmes personnels qui  font diversion et retarderont parfois les conclusions qui s’imposent. Leur défiance permet de créer encore plus de suspens et fera réagir le lecteur (il ou elle va lui dire ?).

Nous sommes dans un premier tome d’une série, je savais donc qu’il y aurait une certaine lenteur dans la mise en place. Mais ces scènes d’exposition sont accompagnées d’humour alors j’ai bien rit et cela ne m’a pas gêné. Comme je disais en débutant ma chronique j’aime les personnages récurrents et j’aime cet arrière plan qui n’est pas vraiment en parallèle puisqu’il joue un rôle dans l’enquête.

Je me suis prise au jeu et j’ai eu du mal à poser le roman sur le dernier quart où le rythme c’est accéléré. J’ai failli oublier de parler du rythme de la narration. Il y a des variations avec des accélérations qui m’ont fait penser à Delilah lorsqu’elle s’entraine en montagne. Tantôt en petite foulée, tantôt plus rapidement avec des montées qui vous coupent le souffle.

J’ai adoré la fine équipe de la résidence, le côté famille recomposée. On croit qu’ils vivent coupés du monde dans leur bulle et en fait ils ont beaucoup d’atouts dans les mains. Ils m’ont bien fait rire.

Il y a  des personnages qui semblent anodins et qui pourtant on leur importance car ils sont des liens entre divers groupes. J’ai adoré  Ida  qui vaut sont pesant de cacahouète (son langage, sa logique et sa loyauté) !

Bon j’arrête là vous l’aurez compris j’ai bien accroché.

Je remercie Babelio et les éditions Robert Laffont/ « la bête noire » pour cette découverte. J’espère pouvoir continuer à suivre les aventures de « Samson et Delilah ».

Petite parenthèse de lectrice :

Je lisais juste avant un roman où la place du feu était important (« le septième guerrier-mage » de Paul  Beorn) et bien figurez-vous que dans « rendez-vous avec le crime » le feu aussi va jouer un rôle, mais je vous laisse découvrir. Quand au personnage masculin malmené ici aussi c’est le cas. On ne va pas comparer deux romans, mais c’est drôle de voir des similitudes entre deux lectures. Dans les deux cas le rôle féminin principal est tenu par une jeune femme de poigne qui n’hésite pas à taper du poing (et pas que sur la table !)

Article précédemment publié sur Canalblog

Les illusions de Sav-Loar

Manon Fargetton

Milady, 2017, 863 p., 8,20 €

Masse critique Babelio / Milady

4e de couv.

Dans le royaume d’Ombre, les femmes qui possèdent le don sont persécutées. Pour survivre et devenir magiciennes, il leur faut se réfugier dans la cité légendaire de Sav-Loar.
Or Bleue se trouve très loin de là lorsque apparaissent ses pouvoirs : elle n’est qu’une jeune esclave entre les griffes d’un seigneur sadique desquelles nul ne s’est jamais évadé. Mais certains de ses compagnons de captivité vont risquer leur vie pour tenter de sauver Bleue, à commencer par Fèl, une beauté farouche qui ne rêve que de liberté. Leur fuite éperdue va précipiter le royaume dans une guerre impitoyable au cours de laquelle Bleue, dont la puissance s’affirme de jour en jour, pourrait bien changer le monde…

Mon billet :

La couverture de ce roman est encore une magnifique création de Magali Villeneuve. Elle nous ouvre une porte dans ce monde de fantasy.

J’avais lu « Héritage des rois passeurs » et j’avais beaucoup aimé cet univers que Manon Fargetton avait créé. Je suis donc très heureuse de voir d’autres personnages évoluer dans ce monde.

J’ai retrouvé avec plaisir une façon de raconter et une écriture qui vous emportent dans une narration très vive.

Ce que j’aime dans les romans de Manon Fargetton c’est cette énergie qui se dégage des aventures qu’elle nous décrit.

Les personnages féminins sont très forts et mis en avant, ce qui n’est pas toujours le cas dans la fantasy. Elle inclut le sexe et la violence faite aux femmes, la main mise des gens de pouvoir sur le reste des gens.  L’esclavage avec le droit de vie et de mort sur ses semblables cela donne des relations remplies de haine.

Elle crée des liens très particuliers entre les personnages qui n’a rien de naturel.

La magie est omniprésente et là aussi il y a une discrimination entre les hommes et les femmes. La magie se manifeste de différentes façons.

La thématique de la lumière est présente jusqu’à la fin. Elle est importante dans la magie, dans le combat entre le bien et le mal. Izil la déesse du jour et Aa le dieu  de la nuit font partie de l’aventure.

Les couleurs ont dans ce roman un rôle symbolique, elles représentent par exemple des groupes : les esclaves portent du bleu. Les magiciens portent la cape d’or. Mais il existe des exceptions  comme par exemple Minuit qui s’habille en bleu nuit alors qu’il est un magicien renégat…

J’avais eu une petite crainte quant à la taille du roman 863 p. en format poche, mais en fin de compte on tourne les pages sans s’en préoccuper dès qu’on est pris par les mésaventures des personnages.

Les scènes intenses s’enchaînent. Lorsque apparait une nouvelle partie le lecteur souffle un petit instant. Manon Fargetton sait entraîner le lecteur dans les combats ou les poursuites. Courir, sauter, galoper, affronter les armes et la magie, elle fait de tout bois pour faire avancer ses personnages. Certains d’entre eux seraient prêts à abandonner la vie mais non elle trouve la parade pour les faire se relever et combattre. Et poursuivre le chemin vers Sav-Loar.

La nature est toujours aussi présente dans l’œuvre de Manon Fargetton. Prenons par exemple au début le l’aventure le désert  est magnifique est en même temps il représente une prison avant de trouver la solution pour le traverser.

Dans ce roman il est question de liberté et de prisons physiques ou mentales. Il n’est pas exempte de violences de toutes sortes.

Je vous laisse poursuivre la découverte de cette autrice en lisant les interviews dans « le mois de Manon Fargetton » sur book en stock.

Ce roman à tous les ingrédients qu’on attend d’un roman fantasy avec la touche très personnelle de Manon Fargetton.

 Je remercie les Éditions Bragelonne/Milady et Babelio pour ce joli partenariat.

héritage des rois passeurs
june 1

Article précédemment publié sur Canalblog