Le poids des secrets. T5. Horatu

Aki Shimazaki

Actes sud, Babel, 2009, 136 p., 7,10€

Dans ma médiathèque il y a…

4e de couv. :

4e de couv. :

L’étudiante en archéologie Tsubaki aime tendrement sa grand-mère Mariko, à qui elle a toujours confié ses tourments intimes et amoureux. Depuis une commotion cérébrale, la vieille dame désormais veuve semble victime d’hallucinations, et ses jours sont comptés. De la confusion de ses propos se détache pourtant une histoire d’innocence abusée qui concerne la jeune fille qu’elle était.

Mes impressions de lecture :

C’est avec autant de curiosité que j’ai lu ce cinquième est dernier tome du cycle « le poids des secrets ». J’attendais beaucoup de ce dernier volet j’imaginais une conclusion afin d’englober tous les sujets abordés par tous les protagonistes et une ouverture vers le futur. Qu’en est-il ? C’est un peu cela, mais comme dans la vraie vie les personnes ne connaissent que quelques fragments de l’histoire contrairement au lecteur qui a une vue d’ensemble.

Nous avons ici le Tsubaki, la petite dernière de Yukio, on l’avait croisé dans « Hamaguri » petite, ou allant à l’école avec Mariko dans « Tsubame ». C’est donc une jeune femme qui était très attachée à ses grands parents et ses parents qui débute sa vie d’adulte. Sans le savoir elle est la dernière (momentanément) à pouvoir faire le lien et recevoir les secrets de famille.

Le problème des secrets de famille c’est que si on ne brise pas le silence ils peuvent se perpétuer. Le serpent qui se mort la queue.

Ce cinquième volet est aussi chronologiquement le plus récent. Kenji est mort, Yukiko est morte, il reste Yukio et sa mère Mariko qui est très affaiblie… Nous avions déjà découvert les deux secrets de Mariko, on va voir ici qu’elle en détenait un poids supplémentaire. Au seuil de sa mort elle va le transmettre à Tsubaki et se libérer sa conscience. Il est à noter que Aki Shimazaki lui a attribué le rôle de l’étudiante en archéologie !

Cette fois-ci c’est à travers les « Hotaku/lucioles » on va repartir au temps de la jeunesse de Mariko jusqu’au  fameux jour où tout à basculé à Nagazaki. Encore la nature et sa symbolique.

La confession de sa grand-mère va lui permettre de faire un choix important dans sa vie de femme.

La composition de cette série est très surprenante avec ces différentes mises en avant de personnages et de leurs choix de vie avec ces chronologies décomposées entre souvenir (et tout ce que cela comporte de distanciation) et moments vécus en direct (sans recul). Parfois, on reprend un événement mais d’un autre point de vue, avec un temps de réflexion ou pas. Cela donne aussi l’image de cycle ou de cercle, on en revient toujours au même sans que ce soit tout à fait pareil.

J’ai bien envie de découvrir les romans de Aki Shimazaki qui forment des cycles de 5 tomes à chaque fois.

Voir sur ce blog :

« Tsubaki »

« Hamaguri »

« Tsubame »

« Wasurenagusa »

« 

Le poids des secrets. T4. Wasurenagusa

Aki Shimazaki

Actes Sud, Babel, 2008, 126 p., 7,10 €

Dans ma médiathèque il y a…

4e de couv. :

Héritier d’une noble famille de la cour impériale, Kenji Takahashi a divorcé, au grand dam de ses parents qui ne songent qu’à le remarier à une femme de bonne lignée. Mais il est stérile et préférerait garder ce secret pour lui. Lorsqu’il tombe amoureux de Mariko, orpheline et mère célibataire, il sait que ses projets risquent de se heurter à la volonté parentale. Il puise son courage dans le souvenir de Sono, la nurse qui s’est occupée de lui et à laquelle il reste très attaché, mais qui s’est exilée en Mandchourie.

Mes impressions de lecture :

Je suis bien contente d’avoir découvert cette série une fois complètement publiée car elle est additive ! On se demande qu’elle nouvelle révélation l’autrice va nous asséner.

Dans la famille Takahashi, on demande le mari de Mariko et père adoptif de Yukio. C’est le personnage le plus intègre de cette histoire. Il n’a aucun secret et il a su défendre son couple face à sa famille. C’est un homme d’honneur, il n’a pas reculé lorsque sa patrie lui a demandé d’aller en Mandchourie, et ensuite il a assumé le fait d’avoir été prisonnier de guerre, ce qui semblait inconcevable à l’époque.

Avec Kenji, le narrateur, on a la thématique de l’héritier, de la lignée. Là encore la tradition familiale lui a imposé un comportement qu’il a rejeté. Dans un premier temps il s’est soumis aux désidératas de sa famille allant jusqu’à divorcer de sa première femme ce qui lui a permis de découvrir sa stérilité et de l’assumer. Il a choisi l’adoption plutôt que des arrangement plus cachés.

Lui aussi est une victime des secrets de famille et de l’hypocrisie de certains qui se cachent derrière les conventions sociales.

J’ai bien aimé retrouver le voisin M. Nakamura découvert dans le tome précédent et semble ressentir des choses et jouer malgré lui de passeur. Dans « Tsubame » c’est lui qui donne l’info sur la digue à Mariko, ici c’est lui qui indique une certaine tombe à Kenji.

On retrouve ici le « Wasurenagusa » ou « niezabudoka », myosotis qui est sa fleur préférée, on va découvrir sa symbolique avec son histoire.

J’ai bien aimé le rôle du rêve avec son aspect symbolique et « prémonitoire ».

Quand aux hamaguris, ils sont encore présentes.

A bientôt pour le cinquième et dernier volet de cette saga.

Voir que ce blog :

Tsubaki

Hamaguri

Tsubame

Le poids des secrets. T3. Tsubame

Aki Shimazaki

Actes sud, Babel, 2007, 119 p., 6,50 €

Dans ma médiathèque il y a…

4e de couv. :

La jeune Yonhi vit à Tokyo avec sa mère et son oncle, venus de Corée avant sa naissance. Afin de la protéger d’émeutes contre leur communauté, à la suite du tremblement de terre qui a dévasté le Kanto en 1923, sa mère la confie à un prêtre catholique, qui la met à l’abri dans son orphelinat. Désormais cachée sous un nom japonais, coupée de son histoire familiale, Yonhi ne découvrira que des années plus tard le secret de ses racines.

Mes impressions de lecture :

On déroule un nouveau fil de cette bobine  de vies entremêlées.

Nous allons découvrir l’histoire de la famille de Mariko, la maman de Yukio.

On se retrouve à Tokyo en 1923, le tremblement de terre et ce qui a suivit. C’est un pan de l’histoire du Japon qui va avoir une répercussion dans le présent, que je ne connaissais pas. Mariko va avoir des réponses à des questions qu’elle avait enfoui en elle. Encore une fois la religion et les traditions viennent jouer un rôle. L’Histoire rejoint la petite histoire.

Dans ce roman le problème de filiation a une autre portée que celle qui touche Yukio. On comprend mieux pourquoi elle a vécu ce qu’elle a vécu avec le père de Yukio. À 72 ans elle va faire une découverte bouleversante et elle va à nouveau devoir faire un choix : tout dévoiler où tout effacer. Des récits émouvants et poignants.

Dans cette série on a la thématique de la filiation et notamment le problème des filles-mères pour différentes raisons. On a toute une thématique sur l’identité officielle et officieuse. Les nationalités et les conflits.

A chaque nouveau tome on rajoute une petite pierre supplémentaire : Tsubaki/ camélia, Hamaguri / palourde japonaise, Tsubame/ hirondelle. Chaque terme a sa symbolique, et petit à petit des liens se créent. On a un effet de miroirs qui se renvoient des images, des images du passé et du présent. Le futur se prépare sur de nouvelles bases ?

Il y a une grande place pour la nature, que ce soit pour marquer des cycles ou entrer en résonance avec les drames sociaux qui se jouent.

Ce troisième volet m’a donné envie de découvrir le suivant.

Le poids des secrets T1. Tsubaki

Aki Shimazaki

Actes sud, Babel, 2005, 115 p.

Dans ma médiathèque il y a…

4e de couv. :

Dans une lettre laissée à sa fille après sa mort, Yukiko, une survivante de la bombe atomique, évoque les épisodes de son enfance et de son adolescence auprès de ses parents, d’abord à Tokyo puis à Nagasaki. Elle reconstitue le puzzle d’une vie familiale marquée par les mensonges d’un père qui l’ont poussée à commettre un meurtre.
Obéissant à une mécanique implacable qui mêle vie et Histoire, ce court premier roman marie le lourd parfum des camélias (tsubaki) à celui du cyanure. Sans céder au cynisme et avec un soupçon de bouddhisme, il rappelle douloureusement que nul n’échappe à son destin.

Mes impressions de lecture :

Voilà quelques mois on m’a conseillé cette série mais je n’ai pas eu le temps de la lire jusqu’à maintenant.

Au début de l’été je vous avez parlé du challenge « l’été lisons l’Asie » d’Eva de Purrfect Books. Aki Shimazaki est née au japon et vit à Montreal. L’histoire se déroule au Japon.

J’ai aussi pensé à ce roman lorsque j’ai vu le #28.Hou la menteuse : lire un livre avec un secret de famille.

C’est un roman bref qui fait partie d’une série de 5. Je trouve que c’est intéressant de publier des romans si cours séparément au lieu d’en faire un seul avec 5 parties. C’est très agréable à lire dans ce petit format. La brièveté du texte augmente la curiosité du lecteur à savoir la suite.

Ce premier roman de la série « le poids des secrets » est à la fois complet et en même temps la fin nous ouvre une porte sur un autre personnage et donc un autre témoignage, du moins ce je suppose.

Une vieille dame a vécu à Nagasaki et la bombe nucléaire. On a des considérations sur la seconde guerre mondiale du point de vue d’une japonaise. Elle est lucide, avec un esprit critique elle remet les choses à leur place.

La veille de sa mort Yukiko commence à parler de cette période avec son petit fils curieux, alors qu’elle n’a jamais voulu en parler à sa fille Namiko. On a la thématique de la transmission, on a souvent observé qu’après la seconde guerre mondiale la parole c’est libéré bien après, ont sauté une génération.

Namiko est la narratrice, l’observatrice cependant le roman se compose en partie de la « confession » de Yukiko. Ce qui donne la narration de faits du passé et du présent avec les réflexions de la fille lisant la confession de sa mère. Quel héritage ! Transmission de la mère à la fille.

On découvre le Japon d’avant guerre et pendant la seconde guerre mondiale, avec les conséquences des coutumes.

La grande Histoire va se mêler aux drames de la petite histoire familiale et de ce fameux secret de famille.

C’est avec curiosité que je vais lire les autres tomes.

NB : il n’y a pas longtemps j’ai lu « la librairie Tsubaki » (chronique en retard et je retrouve ce mot qui signifie camélia.