Ursula K. Le Guin, De l’autre côté des mots

Collectif

Éditions Actusf, coll. Les 3 souhaits, 20 août 2021, 464 p., 30 €

Rentrée littéraire 2021

4e de couv. :

Ursula K. Le Guin est une autrice majeure du monde de la science fiction et de la fantasy. Elle a laissé des chefs d’œuvres comme La Main Gauche de la NuitLes Dépossédés ou Le Nom du monde est Forêt. Elle a aussi laissé son empreinte sur les littératures de l’imaginaire et au-delà en explorant des thématiques ethnologiques, féministes, politiques, anarchistes, psychologiques ou sociétaux.

Mes impressions de lecture :

J’ai reçu cet ouvrage il y a quelques semaines car j’ai participé à l’opération Ulule, poussée par la curiosité qu’on su éveiller les instigateurs de ce recueil d’articles ! Je suis heureuse de ne pas être passée à côté. Vous pouvez dès aujourd’hui vous le procurer dans les bonnes librairies ou sur le site de Actusf.

Je n’ai jamais rien lu de Usula K. Le Guin, jusqu’à ce que je reçoive le recueil de nouvelles récemment. Cela fait pourtant quelques années que des aficionados m’en parlent. J’ai d’ailleurs « les dépossédés » dans ma PAL. Lorsque j’ai entendu parler de ce projet, dont je connais quelques plumes, je me suis dit c’est l’occasion d’en apprendre plus.

Tout d’abord l’objet livre. Il est magnifique avec un format singulier (21x17x3), une couverture rigide, un signet en tissu. En couverture un portrait de Ursula K. Le Guin de Zariel. D’une part on a la beauté de l’objet et de l’autre un aspect pratique. Le fait que le livre soit plus large que d’habitude on a un texte sur deux colonnes ce qui rappelle bien qu’il s’agit d’articles. Et c’est très agréable a lire.

Si j’ai bien compris des articles inédits. 460 p. le sommaire est long ! J’ai bien aimé la mise en page, les citations, les photos de beaucoup de couvertures de livres ou magazines et les petites illustrations qui ponctuent le texte et donne aspect aéré et « ludique » (je ne trouve pas de terme plus adéquat) à ces textes sérieux de passionnés.

Parlons du sommaire justement, j’ai réalisé que je connaissais beaucoup de noms… soit j’ai lu certains de leurs romans, ouvrages, traductions ou articles… pour certains je connaissais leur connaissance en science fiction, mais en lisant leur article je mesure mon ignorance sur le sujet. Cependant ils donnent bien envie de découvrir Ursula K. Le Guin mais d’autres auteurs aussi.

Cet ouvrage peut se lire dans l’ordre mais aussi sur des thématiques ou par auteur des textes. C’est le genre de livre qu’on peut aussi lire par petit bout, selon sa période de lecture. Par exemple j’en ai lu certains mais j’en garde d’autres pour lire après avoir lu tel ou tel roman.

Partant de zéro j’ai forcément appris beaucoup de choses, mais il faudra que je revienne sur certains points dans quelques temps. C’est le charme des livres de référence pouvoir s’y référer.

J’espère vous avoir donné envie de vous plonger dans cet univers singulier.

Bonne lecture.

Le sommaire… si vous me connaissez vous saurez par quel article j’ai commencé !

Pour que vous voyez la mise en page des articles…un exemple pris au hasard !

Le livre sortant du livre !

Les grands écrivains publiés dans « Le Figaro », 1836-1941

Les grands écrivains publiés dans « Le Figaro », 1836-1941

Bertrand de Saint Vincent

4e de couv. :
Une anthologie littéraire et historique exceptionnelle issue des archives du quotidien Le Figaro, cent textes d’écrivains inédits ou méconnus.
« Loué par ceux-ci, blâmé par ceux-là, me moquant des sots, bravant les méchants, je me presse de rire de tout… de peur d’être obligé d’en pleurer ». Né sous le signe de Beaumarchais en 1826, le plus ancien quotidien français n’a cessé au fil de sa très longue histoire de faire appel dans ses colonnes aux plus belles plumes de son temps, en leur laissant toute liberté pour exprimer les sujets et les opinions de leur choix.
Qui se souvient que Jules Vallès, Rimbaud ou Marcel Proust firent leurs débuts dans les colonnes du Figaro, à qui ils doivent pour certains la subsistance et le début de notoriété, qui leur permit ensuite de se consacrer à leur œuvre ?
La plume de l’écrivain et l’encre de la presse furent intimement mêlées pendant au moins un siècle. Ce vent de liberté fut ainsi propice à la littérature…Et si ces archives recelaient des chefs-d’œuvre ?

Mon avis :

Ce livre offre une vue panoramique de ce qui pouvait être publié dans le Figaro, on a de l’histoire, de la politique, de la littérature, de la critique littéraire, on a des références théâtrales, musicales ou cinématographique et une image sociale. Nous avons onze auteurs du XIX e siècle et onze du XX e. Comme toute anthologie le choix des auteurs et des textes est subjectif. 

Avant de retranscrire les articles Bertrand de Saint Vincent présente l’auteur, il le remet dans leur contexte et aussi parfois dans quelle circonstance il est entré dans l’équipe du Figaro. Il y a un grand travail de recherche puisque certains articles ne sont pas signés ou avec des pseudos. Il y a aussi un travail pour donner une certaine cohérence à l’ensemble. Les portraits qui illustrent chaque auteur sont inédits et subtils.

C’est avec plaisir que j’ai retrouvé Théophile Gautier (lu « Zigzags en France » en 2010 où étaient compilés des articles sur des voyages en France. Lors de cette lecture je m’étais déjà interrogée sur les destinataires de tels textes. Ce sont des récits très littéraires, avec des références culturelles ou des subtilités dont je ne possède pas toutes les clés. parfois on a des indices dans l’introduction.

Pour qui écrire ce type d’anthologie ? Peut-être pour les curieux qui comme moi aiment découvrir autre choses que les grandes œuvres de ses grands auteurs qui peuvent impressionner. Cela peut être un tremplin pour découvrir ses auteurs. En tout cas on y voit la passion de Bertrand de Saint Vincent pour ces auteurs. J’ai apprécié le fait que les dates de vie et mort de l’auteur ainsi que la date de parution soit en entête, c’est un repère temporel non négligeable, car on a parfois des surprises.

L’image et la place de la femme sont très intéressant, vision peu flatteuse en général. Sans parler du fait qu’une seule auteur féminine soit présente : « Colette ».

Certains articles font penser à des tableaux représentant une époque, comme par exemple « le dimanche d’un jeune homme pauvre ou le septième jour d’un condamné… » de Jules Vallès.

J’ai été surprise par la modernité voire de sujets encore d’actualité. Tels que les problèmes de relation parents-enfants. Les parents voulant être les amis de leurs enfants et ayant des difficultés à assumer leur autorité parentale, avec Barbey d’Aurevilly. Octave Mirbeau et son article sur le comédien n’est pas sans rappeler les réflexions faites autour de la tv réalité par exemple (mutatis mutandis) .

Pierre Loti défendant les peuples envahis par les européens chrétiens avec leurs armes sophistiqués contre des armes rudimentaires. Les réflexions sur les armes destructrices à distance. Sa lutte pour la préservation de la forêt et sont côté « écologiste » avant l’heure. 

J’ai aimé l’article de Jules Vallès sur les victimes du livre. qui m’a fait penser à des réflexion actuelles sur les effets des jeux vidéos sur certains adolescents (mutatis mutandis).

J’ai apprécié dans le choix de Bertand de Saint Vincent les articles qui font penser à des effets de miroir, par exemple : nous avons d’un côté Barbey d’Aurevilly qui écrit puis plus tard être l’objet d’un article par Octave Mirbeau. Zola journaliste et Zola sujet d’Octave Mirbeau… ainsi que Marcel Proust auteur et Proust critiqué par André Gide. 

L’article de Zola (1881) sur la présentation de la loi pour le divorce et l’article de Maupassant (1884) sur cette même loi approuvée, s’interrogeant tous les deux sur les conséquences en littérature.

Bertrand de Saint Vincent a choisi des auteurs passionnés. Dans l’ensemble le terme « virulence » peut qualifier de nombreux articles.

Les auteurs pour la plupart font parti de notre culture générale et pourtant on les redécouvre et on redécouvre un passé pas si lointain.

Je n’ai pas été séduite par certains articles et certains auteurs mais c’est une question de goût.

Ce n’est pas un livre à lire d’une traite il faut se ménager des pauses car on passe d’un auteur à l’autre, d’un univers à un autre à 22 reprises.

C’est un ouvrage que j’aurais mis quelques semaines à lire et qui m’a fortement marqué et ont donné lieux à des extrapolations.

Je remercie les éditions  Acropole et Livraddict  pour ce partenariat passionnant.

Article précédemment publié sur Canalblog