La forêt ivre

Gerald Durrell

trad Mariel Sinoir révisé par Leila Colombier

Éditions de la Table Ronde, Hors collection, juin 2022, 252 p., 14,50 €

Mes lectures de la Table Ronde

4e de couv. :

Publié en 1956, La Forêt ivre est l’un des premiers livres de Gerald Durrell, qui retrace le voyage du naturaliste-écrivain et de sa femme en Argentine puis dans la forêt du Chaco, au cœur du Paraguay. Après plusieurs mois à observer, capturer et soigner des espèces rares d’animaux, après les défaillances des compagnies aériennes, les nuées de moustiques et autres coups de bec assassins, une révolution les forcera à quitter le pays. Déconvenue qui n’enlève rien à l’aventure, rapportée avec tout le charme et la drôlerie dont Gerald Durrell continuera de faire preuve au fil de son œuvre.

Mes impressions de lecture :

J’avais bien aimé « ma famille et mes animaux » le tome 1 de la trilogie de Corfou alors quand on m’a proposé « la forêt ivre » j’ai eu envie de découvrir cette aventure.

Le titre et la couverture nous plonge dans l’ambiance de ce roman. On y voit Gérald et Jacquie.

C’est un récit dépaysant l’Argentine, le Paraguay… en 1954 c’était toute une autre époque. On suit les mésaventures de l’auteur-narrateur. Il a une façon drôle de présenter les choses. J’aime bien parce qu’il ne se mets pas en avant. « Je peux dire (sans vanité, puisque je n’y suis pour rien) qu’à son arrivée en Angleterre Cai dépassait en force et en beauté tous les douroucoulis des autres zoo. »

Lui et son équipe vont rencontrer des personnages hauts en couleur à chaque étape de ce voyage. Que ce soit l’interprète qui ne pense qu’à dormir, la mère maquerelle qui leur sert de « gouvernante », le menuisier qui semblait vouloir tuer les clous et tant d’autres…

Les moyens de transports sont très exotiques il y a le vieux coucou qui effraie l’interprète (en particulier), l’autovia : des rails étroits et délabrés avec deux vieilles Ford au milieu du Chaco une sorte de marécage…

L’exotisme c’est aussi le vocabulaire local j’ai découvert « el palo borracho » .

Le seul Hic cette expédition a pour but de collecter des animaux pour les zoos, il faut se remettre dans le contexte de l’époque. Ils s’occupent bien des animaux. J’ai appris des choses à travers les anecdotes que Gerald nous raconte. En fin de volume il y a un message de la fondation Durrell et de ce qu’ils font pour la préservation de la faune. http://www.durell.org

Ce n’est pas un voyage de tout repos pour ces collectionneurs d’animaux.

Un très bon moment de lecture.

Je vous laisse découvrir les multiples péripéties auxquelles ils vont être confrontés.

Je remercie les Éditions de la Table Ronde de leur confiance.

Challenge 15 k #17. Les mystérieuses cités d’or ; un livre d’aventures, de voyage

Challenge VLEEL « un livre qui invite au voyage et aux vacances »

Challenge #payetonslip

Mille Soleils

Nicolas Delesalle

Éditions Préludes, janv. 2018, 247 p., 15,60 €

Mes lectures Préludes

mille soleils

4e de couv. :

Ils sont quatre, réunis en Argentine par le travail et des passions communes. Vadim le taiseux aime la physique des particules, et le bel Alexandre a installé des panneaux solaires sur les 1 600 cuves de l’observatoire astronomique de Malargüe. Avec ses yeux clairs, Wolfgang est un astrophysicien rêveur, spécialiste des rayons cosmiques d’ultrahaute énergie. Quant au jeune Simon (qui consulte toujours Clint Eastwood avant de se décider), il doit écrire un article sur ces rayons pour le CNRS. Ils ont quelques heures pour parcourir 200 kilomètres de piste et prendre leur avion à Mendoza. Pourtant, en une seconde, leur existence va basculer.
Que faire quand le drame survient et que, du haut d’un volcan, seul le ciel immense de la pampa vous contemple ?

Mon billet :

Il y a un mois je lisais  « le goût du large » du même auteur. J’y découvrais l’auteur et son regard de reporter qui en a trop vu. J’avais aimé sa façon de raconter et de faire avancer sa mémoire et son présent. C’était un mélange de récit et de carnet de voyage.  Alors j’ai eu envie de le découvrir en romancier.

Aujourd’hui, j’ai lu « Mille soleil » et je retrouve ce goût d’ailleurs et de rencontres incroyables. D’hommes et de femmes qui  se surpasse dans des situations extrêmes. Nous avons quatre hommes dans une voiture et une femme sur un vélo qui vont en sens inverse… leur cheminement intérieur aussi est différent. Ils sont tous au milieu de la Pampa argentine. Où un drame les attend !

On a un effet de miroir entre l’espace qui est leur sujet de prédilection et cet espace terrien vaste et dépeuplé.

Chaque chapitre commence avec leur à la minute près ce qui donne d’une part un côté témoignage et d’autre part crée une ambiance anxiogène. Pourquoi cette précision ? Parce qu’il s’agit de scientifiques ? Par que tout est une question de temps ? A quel moment tout va basculer ? Mais sait-on à l’avance que cela va se produire… on guette les indices…

Le fait que l’histoire se déroule sur une journée donne envie de lire le roman d’une traite pour savoir comment tout va se terminer…

Nicolas Delesalle donne la parole à chaque personnage ce qui donne une vue d’ensemble de l’état d’esprit, du caractère de chacun.

Ils ont passé cinq jours ensemble, certains se connaissaient avant, d’autres pas. On ne sent pas une grande sympathie entre eux, chacun a hâte de retourner chez lui.

L’homme est si petit face à l’univers… la couverture nous montre un homme seul au bord du précipice face à l’infinité de la nature… on dirait presque un paysage lunaire.

Qu’est-ce que l’espace et le temps quand un drame survient et  qu’on sort meurtri, blessé ou mort ? Comment survivre ?

Est-ce vrai qu’avant de mourir on voit défiler sa vie ? C’est un peu la sensation qu’on a après l’accident, on entre dans leur tête dans leur intimité…

Ce que j’ai aimé ce sont les digressions de l’auteur qui nous parle des personnages en incluant d’autres comme l’histoire de  Henri Guillemet et St Exupéry, ou  Ernest Shackleton…

Les nombres  viennent parfois rassurer les personnages et donner un aspect concret (ex. p. 97-98).

Il y aura pour certain un avant et un après…  Je vous laisse découvrir la fin de cette longue journée en enfer.

Je remercie les Éditions Préludes pour leur confiance.

Du même auteur sur ce blog :

Le Goût du large

Article précédemment publié sur Canalblog