Les oscillations du cœur

Anne Idoux-Thivet

Éditions Michel Lafon, janv. 2019, 334 p., 17,95 €

Mes lectures Éditions Michel Lafon

4e de couv. :

Discrète et fleur bleue, la Japonaise Aiko Ishikawa est une designer textile talentueuse. Veuf inconsolable, l’écrivain Jean-Marc Poulain se définit lui-même comme une « ancienne gloire de la littérature ». Quant à la déroutante Angélique Meunier, elle est mathématicienne au CNRS. Que peuvent bien avoir en commun ces trois personnages ? En apparence rien, sauf peut-être leur amour pour de curieux petits jouets vintage appelés culbutos.
Par hasard, ils découvrent que certains de ces joujoux renferment de mystérieux messages « Le phare m’appelle », « Les amants sont des âmes sœurs », « Demain je pars »… Lié par cette étrange trouvaille, l’étonnant trio parviendra-t-il à percer cette singulière énigme ? Une chasse au trésor à la poursuite de deux amants.

Ma chronique :

Je vous ai parlé voici un an du premier roman d’ Anne Idoux-Thivet « L’atelier des souvenirs » que j’avais beaucoup aimé. J’étais donc curieuse de voir ce que serait son prochain roman. J’ai retrouvé ce que j’aimais dans l’univers de cette autrice et sa façon de le mettre en scène et de le raconter.

On retrouve des personnages et des thématiques qui lui sont propre. Bien que différent du premier on se dit qu’il y a des clins d’œil et des passerelles qui se font entre ses romans, j’ai hâte de voir comment cet aspect de l’écriture va évoluer au fil des livres.

La mémoire, les souvenirs et le passé… les personnages ici ne sont pas vieux, le trio central a moins de 50 ans, mais ils ont un lien fort avec des gens plus âgés. Que ce soit Aïko et ses souvenirs liés à sa grand-mère et Claudine Casserole dont elles sont fans (variété souvent décriée jugée ringarde mais dont tout le monde connait les refrains), Jean-Marc qui fait vieux et ringard à force de se forger un personnage ou encore cette quête qui les ramène aux années 70, c’est vers des personnes plus âgées qu’elles vont tourner leur regard. Sans parler de la passion pour les culbutos des années 70.

La famille avec ses fonctionnements internes qui lui sont propres, les secrets de famille, le monde de l’enfance qui marque à vie, l’hérédité… vous trouvez toute la gamme et plus encore.

Des personnages atypiques qui détonnent dans le paysage, je vais vous parler des trois personnages centraux. Un des personnages est différent par la culture, l’autre par la nature et l’autre par choix, chacun avec sa singularité. Ils sont enfermés dans leur solitude, leur passion monomaniaque. Aïko jeune japonaise qui est en décalage avec la société française de par sa culture, elle a heureusement son métier de designer qui lui permet de vivre dans sa bulle. Ce qui ne l’empêche pas de vivre avec son temps avec les réseaux sociaux et autre. Angélique, autiste trentenaire, qui a trouvé son équilibre grâce au monde des mathématiques et une famille aimante. Jean-Marc veuf récent qui se complaît dans son rôle d’écrivain « has been » et qui a du mal à vivre avec son temps.

Ce qui m’a plu dans ce roman, et ce qui me plaît en général dans la fiction, c’est le fait que des gens qui n’aurait jamais dû se rencontrer, pour des raisons géographiques ou de milieux sociaux ou de mode de vie, vont se retrouvés souder par une même quête. Cette quête un prétexte, ils sont à un moment de leur vie où ils doivent changer leur mode de vie, qu’ils en aient conscience ou pas.

L’idée de nouveau départ, de savoir saisir l’opportunité d’une deuxième chance est la base de cette histoire, ça ne peut pas continuer comme c’était. Les personnages ne sont pas tendres envers eux-mêmes, on va les voir évoluer au fur et à mesure qu’ils vivent de nouvelles aventures.

Il y a beaucoup d’humour, et l’idée de rire avec les personnages et non d’eux, ils ont un côté caricatural et en même temps si crédibles.  Des road trip très particuliers. Des scènes qui frôlent le surréalisme et des réparties brut de décoffrage. Une façon délicate de parler de handicap invisible comme l’autisme mais aussi face à la vie et à la société.

D’un premier abord on prend de la distance avec ces personnages et puis plus on les connaît plus on s’y attache… comme les gens dans la vrai vie finalement dès qu’on dépasse les apparences et les à priori.

Un joli feel good qui nous parle aussi du monde des passionnés et des collectionneurs qui ont tous un petit grain de folie (je sais de quoi je parle !) à des degrés différents qu’ils essaient de partager et de communiquer aux autres ! J’ai appris encore des mots et des collections !

C’est un roman dont on a envie de commenter beaucoup de scènes… ce que je ne ferais pas ici pour vous laisser le découvrir !

Un roman que vous ne pouvez plus lâcher une fois commencé ! Je vous le conseille pour un week-end ou des jours de pause…

Je remercie les éditions Michel Lafon pour leur confiance.

 Qui en parle ?

Jangélis

Voir aussi : « L’atelier des souvenirs »

Article précédemment publié sur Canalblog

L’Atelier des souvenirs

Anne Idoux- Thivet

Éditions Michel Lafon, 2018, 347 p., 17,95 €

Mes lectures Michel Lafon

4e de couv. :

Lorsqu’elle hérite de la maison de sa grand-mère dans la Meuse, Alice décide de quitter sa vie de thésarde parisienne qui ne mène nulle part et de s’installer à la campagne. Elle se lance alors dans l’animation d’ateliers d’écriture dans deux maisons de retraite. Suzanne, Germaine, Jeanne, Élisabeth, Georges, Lucien… les anciens dont elle croise la route sont tous plus attachants les uns que les autres.

Au fil des séances d’écriture, les retraités dévoilent des bribes de leur passé et s’attachent à la jeune femme, dont ils devinent la solitude. Bien décidés à lui redonner le sourire, la joyeuse bande de seniors se donne pour mission de l’aider à trouver l’amour !

Mon avis :

J’ai choisi ce roman pour le titre et parce qu’ il entre dans au moins trois des catégories que j’aime bien en ce moment.

C’est un feel good,  c’est a dire ses roman doudou qui font du bien au moral et qui sont basés sur des valeurs positives et l’amélioration de son estime de soi et des relations à l’autre. On nous parle de problèmes quotidiens de gens « ordinaires » : solitude, estime de soi, trouver sa place dans la société et un travail valorisant du côté de ses jeunes gens qui sont dans les premières années de la vie active. Pour les personnes très âgées (+80 ans) on a comment envisager les années qu’il leur reste à vivre, se contenter du passé et du présent ou parler aussi d’avenir dans les projets de vie dans cet isolement du veuvage et de la coupure avec le quotidien de la société.

Ce roman met en scène des personnes très âgées sorties de leur contexte familial. On ne voit pas les réalités de la majorité des EPAHD. On va dire que c’est la vision partielle. On voit ces personnes là à un moment donné. On ne voit pas comment leur famille les ont perçu pendant leur jeunesse. On a leur point de vu dans leur rétroviseur personnel. Et il n’entre en aucun moment l’idée de culpabiliser les familles.

La troisième catégorie dans laquelle j’inclus ce roman, c’est celui  du bien être apporté par la lecture et l’écriture. Ce roman effleure les problèmes de ses personnes âgées : problèmes de vue, de motricité, de mémoire et du laisser aller.

On va donc suivre les aventures d’une dizaine de retraités sur deux maisons de retraites et de trois jeunes gens qui travaillent avec eux. Il va y avoir une partie sur les relations intergénérationnelles avec madame le maire (comme elle veut qu’on l’appelle) qui va jouer à la fée marraine.

Ce roman est intéressant car il y a plusieurs niveaux de lecture. Anne Idoux-Thivet va faire une excellent travail d’écriture en nous proposant de la narration, de la poésie, de la correspondance, du journal intime, des collages etc. à travers se quelle fait vivre à ses personnages. Ce qui compte c’est s’exprimer.

Le fait que les personnages n’aient  pas d’implication émotionnelle n’étant pas de la famille permet une certaine bienveillance et une distance. Il y a un cas où la fille est présente et ce n’est pas le même rapport à la personne. J’ai adoré à deux ou trois reprises un membre de la famille est mis à contribution, inversion du rôle puisque ce sont les aînés qui demandent aux plus jeunes.

J’ai eu peur au début d’avoir un exercice et les dix copies à chaque fois. Mais ce  n’est pas le propos de ce roman, ce n’est pas  un cahier d’exercice avec des exemples corrigés ! Les différents genres littéraires mis en œuvre sont sensés représentés plusieurs personnalité et personne. C’est très crédible dans la mesure ou les participants on eu une certaine vie ou l’écrit à eu son importance, en même temps on ne voit pas vraiment les brouillons. L’autrice nous donne les références de deux expériences en fin de volume pour ceux qui voudraient aller plus loin chez eux.

C’est très intéressant car à travers tous ces écrits ce sont les portraits des différents personnages que l’on découvre, leurs pensées, leur passé et ce qu’ils sont au fond d’eux.

C’est très agréable de voir tout le monde se prendre au jeu et pas seulement  les « petits vieux » et les enfants. Ce travail d’introspection fait aussi avancer l’intrigue qui se joue au présent.

Il y a de la drôlerie avec le « Alice Project » et l’intervention d’éléments extérieurs au niveau mondial.

Je disais dernièrement qu’on avait une émergence de romans avec des « petits vieux » écrits par des jeunes femmes autrices qui les mettent dans des situations cocasses. Des personnages au caractère bien trempé qui n’ont plus rien à perdre donc qui se laissent aller à dire ce qu’ils pensent, souvent c’est l’humour et la tendresse  qui prédominent.  Ici c’est la douceur et la bienveillance qui nous accompagnent  dans des situations parfois douloureuses qui pourraient traitée  de manière plus tristes.

C’est toujours enrichissant de voir tous ses gens qui croient n’avoir rien en commun puisqu’ils ne se connaissaient pas avant  d’intégrer ces structures découvrir qu’ils ne sont pas si différents que cela. Mettre son ego de côté pour se faire de nouveaux amis.

Il y a toutes les trames « amourettes » en toile de fond qui sert de fil rouge. Je vous laisse découvrir …

Le rôle de tous les intervenants et associations est primordiale pour la qualité de vie des personnes âgées.

J’ai pris grand plaisir à lire les péripéties  de tous ces nouveaux amis… Ils me manquent un peu…

Je remercie les Éditions Michel Lafon pour leur confiance. Je suis curieuse de voir ce qu’écrira cette jeune autrice…

Qui en parle ?

Jangelis

Article précédemment publié sur Canalblog