Comme du cristal

Cypora Petitjean-cerf

Éditions du Serpent à Plumes, 2018, 251 p., 18 €

Mes lectures du Serpent à plumes

4e de couv. :

Lisette et Ada sont deux cousines. Lisette aime lire et Ada a tout le temps mal quelque part. Lisette rédige des notices fleuries, pimpantes, pour des brochures commerciales, Ada travaille pour une grande surface et est amoureuse du pharmacien.
Elles s’entendent comme chien et chat, comme le chaud et le froid ; et entre elles, il y a Franz.
En août 1988, alors qu’ils écoutaient Powerslave d’Iron Maiden, Franz a embrassé sa cousine Ada sur la bouche. Si elle ne s’en souvient plus, lui ne l’a jamais oublié et l’aime encore de cet unique baiser partagé.

Mon billet :

Et puis il y a le canapé de leur enfance. Un matin il est posé devant chez Franz, quinze ans après sa disparition dans un camion-benne. Après quelques jours il disparaît à nouveau. Avant de réapparaître. Et encore.

Cypora Petitjean-Cerf évoque avec humour et précision tous ces doux rêves/fantasmes éveillés qui rythment les vies des gens normaux, qui font leurs courses le samedi matin.

Cypora Petitjean-Cerf est au sommet de son art dans ce roman minimaliste et tendre. La simplicité de ses personnages, de leur vie, de leur passé, de leurs espoirs se lie admirablement avec les enjeux éperdus de l’amour.

J’étais curieuse de découvrir ce roman. Cette histoire de canapé de l’enfance qui réapparaît à l’âge adulte au point d’envahir la couverture du livre cela intrigue.

Il faut dire aussi que je suis toujours très intéressée par les auteurs qui traitent du quotidien ordinaire. On a une part de nous qui s’identifie à une époque, un mobilier, des habitudes de vie, on se rend compte que finalement on a des points communs (ou pas !).

La thématique de la famille est un sujet qui m’intéresse.

Si vous cherchez l’action, les coucheries et les grands voyages passé votre chemin. Par contre si vous aimez les histoires où les petits détails, les petits « rien » viennent modifier le paysage de manière imperceptible, ce roman vous plaira.

J’ai eu l’image d’un vase qui se remplit goutte à goutte et j’attendais qu’il déborde ou se brise. C’est peut-être à cause du titre. Le cristal représente, la pureté et la fragilité, mais que cache sa transparence ?

J’ai aussi eu l’image de ces boules de neige qu’on secoue et qui semble s’animer pendant un temps jusqu’à ce que les paillettes retombent, et  entre les deux les scènes  ne sont plus tout à fait les même.

Les personnages semblent bloqués plus ou moins en 1988… l’adolescence, premier baiser et mort accidentelles des copains. L’histoire se déroule en 2013, ils ont une maison, du travail et vivent en vase clos comme dans une bulle de cristal qui empêche d’entrer en contact, une fragile barrière de protection.

Ce qui frappe dans ce roman, c’est l’absence de parents adultes de plus de 40 ans. Les parents d’Ada, Lisette et Franz sont morts du cancer. Ils sont omniprésents par l’éducation qu’ils ont donnée à  leurs enfants. C’est peut-être cela qui donne cette impression d’image figée. Plus de nouveaux conseils, pas d’évolutions. Leur mort n’a pas suffit à émanciper ces jeunes adultes (35-40 ans).

Ces trois cousins se sont fait une image du monde et ont continué à fantasmer sur des possibles sans arriver à surpasser certaines barrières jusqu’à ce printemps 2013.

On ne voit pas non plus les parents de Gretchen, Anne-Céline, Cyril, M. Paillet ou M. Christophe Renard…

Gretchen, elle aussi est bloquée dans une relation toxique, elle aussi va bénéficier de cet air printanier pour évoluer. Petit bémol il y a des petites incohérences autour d’Emile (vocabulaire et connaissances), comme pour montrer qu’il n’a pas une évolution normale.

J’ai adoré le personnage d’Anne-Céline, fille de la terre, avec son langage fleurie, qui ne s’embarrasse pas de considérations protocolaires.

Les personnages masculins sont très coincés dans leur quand à soi, ce sont les filles qui doivent avoir les initiatives et faire le premier pas. On notera qu’il y a un personnage qui n’apparaît qu’avec son prénom et un autre avec juste une initiale.

Il y a le petit côté de réalisme magique avec le canapé qui apparaît et disparaît, il y a toute la pensée magique des personnages qui cherchent des signes. On a par exemple Lisette qui se raccroche à son vieux maillot de bain anglais puis à la salopette de Anne-Céline, il y a la partie onirique (rêves nocturnes et rêves éveillés), il ya les messages subliminaux des publicités et autres.

Un autre détail a attiré mon attention celui du miel… j’ai bien sûr pensé à « on n’attrape pas les mouches  avec du vinaigre » non plus sérieusement, c’est l’histoire des tartines : tartines de miel, tartines de fromage, tartine de fromage au miel. Finalement petit à petit, on teste, on découvre et on apprend à aimer de nouveaux goûts… une jolie métaphore pour ce que vivent les personnages.

Il y a l’idée de constance. Dans un premier temps, on à l’impression que rien ne doit bouger pour être heureux. Et même lorsqu’ils constatent qu’ils ne sont pas heureux ils ont du mal à tourner la page.

Je n’ai pas spécialement aimé les personnages au début car ils ne sont pas présentés comme des personnes sympathiques  (la lectrice que je suis est difficile !). Ils se parlent mal à eux même et aux autres. Petit à petit mon ressenti à évolué en même temps que ce que je découvrais sur eux.

Leurs pensées intimes prêtent parfois à sourire, ils se retrouvent dans des situations drôles ou grotesques, et l’humour n’est pas le ton adopté pour raconté leurs aventures, il est juste là pour alléger certains sujets graves. Je n’ai noté aucune ironie dans le texte, quoique… que penser du nom du domaine du « grand gland »  ou d’autres patronymes?  J’ai eu l’impression  qu’il y avait  une certaine distance avec l’objet d’étude.

J’ai aussi aimé l’idée que tous les personnages se mettent à écrire au même moment des choses différentes mais avec le même but se faire du bien.

Les roman est divisé en  cinq parties et à l’intérieure de chacune les bouts d’histoires sont simplement séparés par un astérisque.

Une coïncidence veut qu’en ce moment je sois repartie sur « la poétique de l’espace » de Gaston Bachelard (suite à des émissions de radio) et j’ai tout de suite fait le lien avec ce roman. Dans « Comme le cristal » il y est question de maisons et Gaston Bachelard nous en parle aussi.

Il y a Ada avec sa maison en zone inondable, en face de l’Intermarché où elle travaille. A un certain moment elle va se mettre à nettoyer, ranger, explorer sa maison de l’entrée au grenier, le moindre placard, tiroir ou carton va y passer, pour son grand soulagement. Et pourtant elle ne connait pas le travail de Marie Kondo !

Il y a Franz qui a acheté il y a bien des années un pavillon dans le même domaine où il habitait avec ses parents. Il va aussi repenser de la cave au grenier la décoration et le rangement de sa maison.

Il y a lisette qui elle a acheté hors du village natal et qui a acheté une vieille bâtisse qu’elle a transformé en gîte  (famille de substitution ?). Elle c’est sa garde robe qu’elle a vidé et modifié (d’ailleurs elle passe sont temps dans sa piscine par tous les temps !)

Gretchen va rechercher dans sa cave une partie cachée de son passé, et quelle va partager  avec son fils puis avec les autres, ces tableaux, ses œuvres (là je le relierai à sa maternité très compliquée). Elle va pouvoir être fière de sa création : son fils. Elle sort beaucoup de choses de son four, de sa camionnette… L’état du pain et des pâtisseries sont des reflets de ce qu’elle vit.

Vous l’aurez compris ce roman très singulier m’a beaucoup plu car très travaillé et recherché malgré la simplicité apparente. Par delà les mots, je me suis laissée emportée  par ces vies plus complexes qu’on ne croit.

Je remercie les Éditions Le Serpent à Plumes pour leur confiance.

Article précédemment publié sur Canalblog

Tu as promis que tu vivrais pour moi

Carène Ponte

Éditions Michel Lafon, juin 2017, 370 p. , 18,95 €

Mes lectures Michel Lafon

4e de couv. :

ET SI ON PRENAIT LE RISQUE D’ETRE HEUREUX ?
Quand on a trente ans, on n’est jamais préparé à perdre sa meilleure amie. C’est pourtant le drame que Molly doit affronter quand Marie est emportée par la maladie en quelques mois à peine. Juste avant de mourir, celle-ci demande à Molly de lui faire une promesse : vivre sa vie pleinement, pour elles deux. Elle y tient, alors Molly accepte.
Mais par où commencer ? Lâcher son travail de serveuse ? Rompre avec Germain? Certes, il est comptable et porte des chaussons, mais il est gentil.
Lorsque Molly reçoit quelques jours après l’enterrement un mystérieux paquet contenant douze lettres de Marie, elle comprend que son engagement va l’entraîner bien plus loin que ce qu’elle imaginait…
Une pétillante comédie sur l’amitié et le courage de prendre sa vie en main.

Mon billet :

Voici un roman que j’attendais avec curiosité. Lorsque j’ai lu le premier roman de Carène Ponte « Un merci de trop » j’avais été agréablement surprise et elle avait su créer des personnages convaincants. Alors vous imaginez bien que son deuxième roman était attendu au tournant… La magie allait elle a nouveau fonctionner pour moi ?

Ce n’était pas gagné d’avance, car le sujet était ambitieux. Proposer des lettres écrites par une jeune trentenaire en phase terminale à lire après sa mort, pour que son âme sœur puisse se réaliser pleinement, quelle sorte de sa zone de confort,  ce n’était pas évident.  J’ai trouvé les « défis » assez réalisables pas comme certaines « bucket list » (liste de rêves à réaliser avant de…) qu’on peut lire dans certains romans.

Carène Ponte à évité l’écueil du pathos. Bien sûr il y a des larmes et la colère… c’est une injustice de mourir si jeune ! Mais vite on voit chaque personnage essayer de trouver des raisons d’avancer.

Il y a le côté comédie qui vient prendre le relais. Gags, quiproquos disputes en tout genre. On retrouve les préoccupations des jeunes adultes : se caser ou pas, avec qui ? Avoir des enfants ou faire carrière, trouver le travail idéal, la famille etc. Tous ces sujets donnent lieu à des scènes plus ou moins drôles ou tendres.

Les lettres vont engendrer des déplacements, des découvertes, des rencontres, des passions, du sexe, des embrouilles… Et quand enfin ont crois que tout va aller en s’arrangeant, patatras un rebondissement  inattendu (même si on a quelques doutes car la lectrice est suspicieuse !).

J’ai juste tiqué sur un détail géographique, entre la piste de ski et la ville de Grenoble, le petit raccourci littéraire, on a l’impression que géographiquement ils sont très proches et pas vraiment, du moins c’est ainsi que je l’ai ressenti. C’est sûrement ce qui m’a rendu soupçonneuse… (la lectrice peut être tatillonne quand elle connait le coin !)

Je ne suis pas trop lectrice de ce genre littéraire chic litt, alors pour moi c’est « frais », je ne comparerai pas à d’autres histoires.  C’est une lecture agréable, distrayante. C’est une lecture qui plaira cet été… ça nous change les idées ou donner des idées au choix… (la lectrice glousse en repensant à certaines soirées des héroïnes!).

J’ai beaucoup aimé l’idée d’associer  la lecture des lettres et les notes écrites dans le carnet. A plusieurs reprises on a un lien entre la vie et la mort, entre avant et après, pour ensuite passer à autre chose. Je ne peux développer cette idée sans spoiler, alors je vous laisse découvrir.

Les happy-end sont toujours bon à lire ! Un livre Feel good cela fait du bien.

C’est le genre de livre que vous dévorez car vous voulez savoir ce qui va arriver aux différents personnages auxquels vous vous êtes attachés, donc la fin arrive vite et lorsque vous fermez le roman vous réalisez que c’est fini vous ne saurez plus rien de la vie de ses personnages. Mais il est où le prochain épisode ? A zut c’est fini !

Je remercie les Editions Michel Lafon  pour leur confiance et j’ai déjà hâte de lire une autre histoire de Carène Ponte. 

Autre roman de cet auteure, sur ce blog : ici

Un_merci_de_trop

Article précédemment publié sur Canalblog

Ne ramenez JAMAIS une Fille du Futur chez vous (1)

Nathalie Stagier

Editions Syros, février 2016, 429 p., 16,90 €

 Mes lectures Syros

fille du futur

4e de couv. :

Ne ramenez jamais une fille du futur chez vous…
…  Parce que pour elle, votre monde ressemble au Moyen Âge
…  Parce qu’elle sera envahissante, agaçante, imprévisible
…  Mais surtout, parce qu’elle détient un secret terrible. Et c’est à vous qu’elle va le confier.

Ma chronique :

Ce roman fait partie des livres qui ont une histoire particulière dans ma vie de lectrice. J’aurais dû le lire à sa sortie mais il y a eu un petit souci de transport… donc après un voyage dans le temps il m’ai parvenu (deuxième envoi) et j’ai pu le lire.

Entrons dans le vif du sujet ce livre est présenté comme « une comédie à suspens », un petit voyage dans le temps, de la SF jeunesse… Des lectrices me l’avait chaudement recommandé j’étais donc dans de bonnes dispositions pour découvrir cette aventure. Une belle surprise ! Oups ! Je vais trop vite !

Dans une première partie Nathalie Stragier joue avec tous les codes des ados. On est bien dans tout ce qui les intéresse ou les préoccupe. La famille, un  sujet sensible à cette période de la vie. Le besoin de s’émanciper, de s’affirmer, de sortir du cadre familial, de voyager et tous les conflits qui en découlent.

L’adolescence et son monde des apparences où l’image que l’on renvoi influence les relations, codes vestimentaires et comportementaux, l’importance de la beauté, les signes extérieur de popularité. L’auteure va jusqu’à intégrer l’élément fondamental de ce monde lycéen : « le sèche-cheveux ». J’exagère, d’accord elle ne parle pas du lisseur… Tout ce qui touche à la pilosité est un sujet sensible pour les jeunes générations !

Ce roman parle des relations entre les deux sexes que ce soit l’attirance ou les inégalités, mais bien d’autres sujets.

La confrontation avec cette fille du futur donne lieu à des scènes cocasses et d’autres qui font réfléchir, mais le ton reste celui de la comédie.

Si l’histoire avait continué sur cette trajectoire, je vous aurez dit que c’est un roman jeunesse plaisant. Mais l’histoire va prendre un virage plus complexe. On va aborder des sujets assez graves et amener des questionnements qui demande réflexion.

C’est un roman qui aurait sa place dans un cours de philo, car Nathalie Stragier soulève des sujets classiques de la SF et sur les voyages dans le temps mais aussi des sujets plus centrés sur les choix et leurs conséquences. Je pense qu’il pourrait faire l’objet de discussions philosophiques. C’est un roman qui peut faire réfléchir sous couvert de légèreté.

Les tournures prises par cette histoire m’ont surprise et on donné au roman une autre dimension, un autre intérêt.

Les personnages sont bien campés sur leurs certitudes, c’est donc la confrontation avec l’autre et une façon différente de penser la société qu’ils vont devoir appréhender. C’est très intéressant et Nathalie Stragier a bien mis en place ses balises. Évidemment on attend de voir les modifications dans les modes de pensée des personnages. Ce qui tient en haleine, qui va changer ? Andrea et Pénélope qui n’arrêtent pas de se répéter qu’elles n’ont que seize ans et que les événements les dépassent. Elles sont un peu démunies face aux événements.

Au fait, la couverture ne correspond pas vraiment au personnage de Pénelope, grande blonde et frisée !

Par contre, j’attendais certains développements sur un autre sujet (dont je ne peux parler) qui n’a pas été exploré… Il le sera peut-être dans le prochain roman. Le lecteur prend parfois un brin de fil et essai de rembobiner en se créant son propre scénario… Je verrai bien si cette intrigue secondaire va être traitée ou abandonnée. D’où mon impatience de lire le prochain épisode.

Lorsque l’histoire se termine on reste dans une attente… Les personnages sont attachants et il reste des choses en suspens même si l’aventure semble achevée… presque frustrée…

C’est un roman qui est bien dans la ligne éditoriale des Éditions Syros, l’adolescence et la société.

Je remercie les Editions Syros pour leur confiance.

Article précédemment publié sur Canalblog

Ma vie sans mes parents

Myriam Gallot

Editions Syros, coll. Tempo, fev. 2016, 144 p., 6,35 €

Mes lectures Syros

ma vie sans mes parents

4 e de couv. :

Les parents d’Éléonore sont boulangers. Le lundi, ils restent à la maison, mais tous les autres jours, Éléonore doit se débrouiller seule. Un matin, elle fait une drôle de découverte sur le balcon de son appartement : un chaton venu de nulle part… Enfin, pas exactement, c’est celui du vieux monsieur qui habite à côté. Éléonore fait alors la rencontre d’Aimée, un grand amateur de comédies musicales, et son quotidien prend de nouvelles couleurs !

Auteur :

Myriam Gallot est née il y a un peu plus de trente ans à Saint-Etienne et vit aujourd’hui à Lyon. Enseignante au lycée, elle se consacre toutefois de plus en plus à l’écriture dès qu’elle peut. Myriam Gallot est un jeune auteur très prometteur, qui a publié chez Syros L’Heure des chats (sélectionné pour le prix des Incorruptibles, lauréat du prix Chronos 2012), Le Pays à l’envers et 760 générations.

Ma chronique :

Ce roman est  ancré dans la réalité d’aujourd’hui. Les enfants peuvent s’identifier de par leur expérience ou en regardant autour d’eux.

D’un côté on a deux parents qui travaillent énormément et une  Eléonore collégienne seule en dehors de l’école.

D’un autre Betty la meilleure amie, avec des parents plus disponibles et une jeune sœur.

Et enfin, Aimée un vieil homme seul avec une fille trop occupée pour s’occuper de lui.

Eléonore trouve un équilibre entre ses trois milieux. De bonnes relations avec ses parents, de bonnes relations avec sa meilleure amie et sa famille, et pour compléter une nouvelle amitié intergénérationnelle.

Aimée trouve un moment de bonheur depuis l’arrivée d’un petit chaton dans sa vie et des deux collégiennes à qui il transmet un peu de bonheur à travers les comédies musicales et de l’attention.

Ce que j’ai aimé dans ce livre sans dévoiler l’intrigue c’est le cheminement que vont faire les filles qui sortent de l’adolescence. Elles  vont découvrir l’importance de l’amitié, de la vie et de la mort… l’ouverture vers les émois amoureux… Et la vie qui continue…

Il y a de l’émotion et les larmes peuvent venir dans une partie du roman très touchante.

Au détour de l’histoire on aborde des sujets  qui questionnent la société… Peut-être une façon de débuter une discussion « philosophique ».

Et pour les amoureux des minous il y en a qui vont nous faire sourire et pleurer…

Je remercie les Editions Syros pour cette lecture.

syros

Article précédemment publié sur canalblog

La Bibliothèque des cœurs cabossés

Katarina Bivald

Trad : Carine Bruy

Éditions Denoël, 15 janv. 2015, 485 p., 21,90€

Mes lectures Éditions Denoël

« FIN HEUREUSES ET AUTRES MONDES POSSIBLES »

P.446

4 e de couv :

Tout commence par les lettres que s’envoient deux femmes très différentes : Sara Lindqvist, vingt-huit ans, petit rat de bibliothèque mal dans sa peau, vivant à Haninge en Suède, et Amy Harris, soixante-cinq ans, vieille dame cultivée et solitaire, de Broken Wheel, dans l’Iowa. Après deux ans d’échanges et de conseils à la fois sur la littérature et sur la vie, Sara décide de rendre visite à Amy. Mais, quand elle arrive là-bas, elle apprend avec stupeur qu’Amy est morte. Elle se retrouve seule et perdue dans cette étrange petite ville américaine.
Pour la première fois de sa vie, Sara se fait de vrais amis – et pas uniquement les personnages de ses romans préférés –, qui l’aident à monter une librairie avec tous les livres qu’Amy affectionnait tant. Ce sera pour Sara, et pour les habitants attachants et loufoques de Broken Wheel, une véritable renaissance.
Et lorsque son visa de trois mois expire, ses nouveaux amis ont une idée géniale et complètement folle pour la faire rester à Broken Wheel…

Ma chronique

Ce qui m’a attiré en premier lieu ce fut le titre, puis la quatrième de couverture puis la couverture. Ça allait parler de choses qui me concernent et qui m’intéressent : les livres et la famille que l’on se crée en dehors des liens de sang.

C’est un roman qui parle de livre sans prétention, mais avec sensibilité. La plupart des titres cités sont des titres très connus afin que cela touche le plus de lecteurs de plus. Ce qui m’a manqué c’est une citation en début de chapitre, je trouve que cela aurait donné un petit plus. J’ai repéré au moins quatre-vingt titres. j’ai beaucoup aimé l’idée des petites pantacartes avec des catégories bien à elle.

Les personnages sont « authentiques » rien de sophistiqués. Katarina Bilvald a choisi comme cadre une petite bourgade des États-unis touchée par la crise comme le reste du pays mais qui a gardé sa taille humaine, une certaine entraide tacite unis certains habitants.

Son personnage principal n’est pas un être solaire, c’est plus une petite bougie qui brille dans la nuit. Elle attire à elle des êtres qui se dévoile dans la pénombre. On a l’impression que chacun lit à livre ouvert dans les pensées de l’autre mais non, chaque personnage ne laisse voir qu’un part de lui-même et les autres interprètent. Sara en tant qu’étrangère n’est pas au fait de tout ce qui s’est passé, on doit tout lui expliquer : les us et coutumes, les histoires familiales. Elle ne juge pas alors les gens se livrent sans détour. Ce que les autres ne savent pas c’est qu’elle a la version bienveillante de Amy qui pendant deux ans lui a parlé de sa petite communauté. Les lettres de l’absente viennent ponctuer les événements que vit Sara, c’est un petit plus qui dynamise l’histoire.

Le nom de la ville est déjà tout un programme « broken wheel » sauf erreur de ma part c’est « la roue cassée » vous imaginez une ville qui n’a lieu d’être que parce qu’un chariot c’est peut être cassé une roue au moment de la conquête ? Bon la j’extrapole puisqu’il n’en ai pas question dans le roman. Mais ça pourrait être une possibilité et si les gens générations après génération ne pouvaient partir parce qu’il y avait quelque chose de cassé en eux !

On retrouve les lieux communs de ses petites villes puritaine avec des personnages assez typiques : celui qui a chuté dans l’alcoolisme divorcé et au chômage, la fille-mère courageuse, la grenouille de bénitier et le pasteur, la mère de famille- femme au foyer, la « serveuse », le couple homo, les petites vieilles filles, le Black, le beau gosse… petit à petit elle va nous les rendre attachants…

Ce qui m’a plu c’est l’idée de chaque livre a son lecteur et chaque lecteur peut trouver son livre. J’ai parfois souris aux choix de Sara pour les habitants, surtout pour Gertrude et le pasteur.

Il y a des scènes cocasses surtout avec l’ouverture vers les autres villes de l’État et les révélations au sein de la communauté.

On retrouve aussi les codes de la comédie romantique : tout les séparaient, elle aime lire, il aime les grands espaces, il est beau et elle est commune, il est américain elle est suédoise et elle n’a qu’un visa de tourisme de trois mois.

Ce roman est un « page turner » car on n’est pas au bout de nos surprises quand la petite ville va se réveiller grâce à l’aura de Sara !

Un livre qui joue avec tous les bons sentiments va plaire à un large public, il va passer de main en main.

Je remercie les éditions Denoël pour ce petit moment de bonheur.

Roman sur les petits moments de bonheur simples.

Roman qui fait du bien au moral.

Roman sur des humains qui veulent vivre ensemble.

Qui en parle ?

Pampoune

Delcyfaro

Nanet

Johanne

Léa

Les livres de Fabie

Pretty book

N’hésitez pas à laisser liens vers vos chroniques en commentaire.

Article précédemment publié sur Canalblog

No et Moi

Delphine de Vigan

LP, 250 p, 2007.

LU DANS LE CADRE D’UNE LECTURE COMMUNE LIVR@DDICT 

ROMAN PROPOSE PAR SPOON

No et moi

4e de couv :

Adolescente surdouée, Lou Bertignac rêve d’amour, observe les gens, collectionne les mots, multiplie les expériences domestiques et les théories fantaisistes. Jusqu’au jour où elle rencontre No, une jeune fille à peine plus âgée qu’elle. No, ses vêtements sales, son visage fatigué, No dont la solitude et l’errance questionnent le monde. Pour la sauver, Lou se lance alors dans une expérience de grande envergure menée contre le destin.
Mais nul n’est à l’abri…

Ma chronique :

Un roman fort. Décidément, l’univers et l’écriture de Delphine sont très marqués.

Le fait d’avoir lu « Rien ne s’oppose à la nuit », je croyais que ça m’avait préparé à ce roman antérieur mais en fait non. Il y a des effets miroirs, mais l’émotion est différente.

On y retrouve les gens en décalage avec la réalité. Je n’ai pu m’empêcher de faire de parallèles entre ses deux romans.

Dans « No et moi » je retrouve  un peu cet oncle qui avait tellement souffert qui n’est jamais arrivé à s’intégrer à sa famille adoptive. Avec une tendance à l’autodestruction. On y retrouve une mère à « l’ouest ». Le monde de l’alcool et des médicaments. Les interrogations sur les  liens familiaux.

« Une mère peut-elle ne pas aimer son enfant ? » Se demande Lou.

On a des enfants  protégés et d’autres livrés à eux même. On a des liens parent/enfants inversés.

Lors des présentations on a « Lou Bertignac » et « No » d’entrée de jeu on a un nom identifié et un diminutif. Deux positions dans la société.

Lou Bertignac a beau avoir un QI de 160 et avoir une certaine maturité dans la conversation elle est quand même une enfant.

Lou Bertignac, la narratrice est aussi en souffrance. Elle a perdu sa petite sœur et une part de sa maman. Cette aventure va la faire grandir et lui faire toucher une autre douleur.

C’est un roman d’apprentissage, un roman initiatique. No a eu un répit … Lou apprend à être une ados comme les autres.

Les personnages sont touchants, fragiles et malheureux.

C’est un tableau « réaliste » assez sombre.

J’ai beaucoup aimé la retranscription de ce qui se passe dans la tête de Lou, la narratrice.

Ce roman m’a vraiment touché.

Article précédemment publié sur canalblog