L’Apocalypse selon Dürer

Alberto Manguel

trad de l’anglais : Christiane Le Boeuf

Éditions Invenit, Collection Ekphrasis, fev. 2015, 103 p., 13 €

Mes Lectures La Voie des Indés

4 e de couv :

« Les livres sont des objets personnels, miroirs intimes du monde, autobiographies de leurs lecteurs. Parfois, pourtant, peut-être quand la profondeur et les échos d’un texte paraissent presque trop universels pour avoir leur place dans la bibliothèque d’un seul lecteur, nous tentons d’imaginer, non pas un être divin et insondable qui se définit lui-même par les mots : « Je suis Ce que Je suis », mais un poète de chair et de sang, capable d’être, à l’instar du Seigneur des Armées, un Auteur. »

Alberto Manguel revisite les seize gravures de l’Apocalypse réalisées par Albrecht Dürer en 1498. À travers seize courts textes, l’auteur entreprend un commentaire aussi lumineux que savant de cette œuvre, et nous invite à une réflexion profonde sur le sens de ces images et des soubresauts de notre temps. Les pages qu’il nous offre nous installent au cœur de la signification de l’existence humaine et des relations de notre civilisation au Livre.

Ma Chronique :

Quelle merveilleuse surprise d’apprendre qu’Alberto Manguel publiait un ouvrage sur « l’Apocalypse » de Albrecht Dürer. Voilà ce que j’aime dans la Voie des Indés cette mise en avant de maisons d’éditions, ici les Éditions Invenit , qui publient des petites perles abordables par tous.

Les gravures de Dürer foisonnent de détails qui ont chacun leur importance et dont on n’a pas forcément les clés de compréhension et c’est là que le talent  d’Alberto Manguel nous emporte dans les méandres de la connaissance avec passion et sans prétention. On a l’impression de l’entendre nous parler…

Le Format (13×21) a ses avantages et ses inconvénients. Il est facilement maniable et d’un coût abordable, mais un format plus grand aurait permis de savourer encore plus les gravures tout en ayant le texte face à l’image. Les reproductions des gravures est excellent et on peut bien découvrir l’univers très particulier de Dürer. Le format bref des texte permet de garder l’attention du lecteur.

Cet ouvrage comporte 16 chapitres qui correspondent aux 16 gravures de A. Dürer. Alberto Manguel a choisi de les présenter dans l’ordre qui correspondait à sa création écrite.

On retrouve la grande érudition d’Alberto Manguel. Il part du texte biblique, mais il va trouver ses explications dans d’autres domaines comme par exemple une visite d’un musée de canadien qui a une collection de Dinosaures, ou dans les textes des philosophes de l’Antiquité ou à la littérature etc. Les Livres ne sont jamais loin dans les écrits d’Alberto Manguel.

Alberto Manguel nous emporte dans sa manière très personnelle d’analyser les œuvres. Il part de la gravure pour aller vers l’Histoire et la petite histoire. Il éclaire le spectateur et le plonge dans l’acte de création. Il nous renvoi toujours à Dürer et à son époque.

Ce livre était pour moi un écrivain et artiste que j’adore !

L’alchimie des deux cela donne « Un coup de cœur »

Je remercie les Éditions Invénit et Libfly

coeur livre
la voie des indés 2015

Article précédemment publié sur Canalblog.

Le chevalier et la mort

Leonardo Sciascia

Trad. Michel Orcel & Mario Fusco

Livre de poche, biblio, 1988, 121 p.

LU DANS LE CADRE DU CHALLENGE « UN MOT, DES TITRES »

4 e de couv :

Les coups de feu, il les entendit, lui sembla-t-il, dans un temps incommensurablement antérieur à l’instant où il se sentit touché. Il tomba en pensant : on tombe par précaution et par convention. Il pensait pouvoir se relever, mais il n’y réussit pas. Il se souleva sur un coude. La vie s’en allait, fluide, légère ; la douleur avait disparu. Au diable la morphine, pensa-t-il. Et tout était clair, à présent : Rieti avait été abattu parce qu’il avait parlé avec lui. (Leonardo Sciascia). Une mystérieuse association subversive, des crimes inexpliqués, et l’enquête d’un commissaire de police amoureux de la gravure de Dürer, Le Chevalier, la Mort et le Diable. Ce récit est l’un des derniers textes écrits par Sciascia : derrière l’intrigue policière serrée et l’atmosphère étouffante du  » thriller « , on devine comme une désespérance. Leçon : le Diable n’a plus besoin de s’occuper du monde, les hommes le font pour lui et réussissent parfaitement dans cet emploi.

Ma chronique :

Ce challenge est un bon moyen de se replonger dans sa bibliothèque et d’extraire des livres que l’on a voulu lire au moment de l’achat et qui ont fini par prendre de la poussière. Merci Calypso !

C’est le cas de celui-ci. Acheté en Avril 2012 je ne l’aurais finalement lu en avril 2013.

Ce qui m’a fait acheter ce livre c’est d’une part sa couverture et d’autre part son titre. La couverture est un fragment d’une gravure de Dürer, qui porte le même titre que le livre. Un peintre dont je partage la passion avec une amie.

A  noter l’intéressante préface de Linda Lê, auteur dont je n’ai entendu le nom que depuis la sortie de « lame de fond ».

Intéressons-nous au texte lui-même. Les personnages apparaissent parfois par leur nom mais leur position dans la société semble conférer une certaine distance entre le narrateur et eux. Nous avons « l’adjoint » comme personnage principal. Un policier qui à travers la gravure « le chevalier, la mort et le diable » de Dürer, qui fait partie de ses biens terrestres, voit la société d’un autre œil. « Le Chef » sont supérieur qui le ménage sachant sa mort proche. « Le président » principal suspect dans la mort de « l’avocat  Me Sandoz» mais qui est intouchable. Le Dottor Rieti « le juif » qui se trouve à mi-chemin entre « le président », « l’avocat », « l’adjoint ».

Nous avons ensuite trois personnages de femme : « la femme mûre », « la femme fatale », « la femme » qui va le réconforter.

Et puis, il y a le personnage principal universel : « La Mort ». La mort dans le tableau, la mort dans son corps malade, la mort dans les cadavres qui jalonne son parcours de policier.

Sciascia déploie son érudition tout au long de ce bref conte policier. Il donne envie de se plonger dans « l’île au trésor », « les âmes mortes » etc. Il y a aussi d’autres référence littéraires : Hugo, Leopardi, Feydeau, Proust…

Nous avons aussi des références à la Révolution Française et à ses descendants qui vont se matérialiser sous l’appellation « Enfants de 89 » « groupe d’action Saint-Just ».

Mais tout dans cette histoire apparaît comme un décor de théâtre. Le narrateur nous fait bien comprendre que rien ne va vraiment être mis en œuvre pour que la vérité sorte au grand jour. Tout le monde sait  mais personne ne peut rien dire.

L’adjoint va petit à petit prendre du recul et abandonner les préoccupations terrestres. Il n’a pourtant rien à perdre alors sera-t-il un danger pour la stabilité de se monde d’apparence ?

La chute est brutale.

J’ai découvert un auteur italien qui m’a l’air intéressant… Il faudra que je trouve d’autres romans pour voir le reste de son univers littéraire.

Un-mot-des-titres
challe100

34/100

chevalier tableau

Tableau de Dürer

NB