L’Homme aux deux ombres

Steven Price

Trad. Pierre Ménard

Éditions Denoël, nov. 2017, 780 p., 25,50€

Mes lectures Denoël

4e de couv. :

Londres, 1885. Une tête de femme est repêchée dans les eaux sombres de la Tamise. En charge de l’enquête, le grand détective William Pinkerton se lance sur la piste du célèbre Edward Shade, mais ce dernier lui file sans cesse entre les doigts. Pinkerton s’engouffre alors dans les bas-fonds londoniens : réverbères dans la brume, fumeries d’opium, égouts tortueux, séances de spiritisme. Il y découvre un monde d’espions, de maîtres chanteurs, d’adeptes de sectes, de voleurs à la petite semaine et de tueurs sans pitié.
Grandiose, profondément évocateur, L’Homme aux deux ombres dresse le portrait saisissant de personnages au bord de l’abîme. Plongé dans un univers de secrets et de faux-semblants, le lecteur découvre l’histoire du lien improbable entre William Pinkerton, détective de légende, et Edward Shade, l’homme le plus mystérieux de la capitale victorienne.

Mon Billet

Ce que j’aime dans les histoires qui se déroulent autour des années 1880-1914 c’est de voir l’expansion des techniques architecturales (entrée par exemple du fer et du verre), les changements dans les moyens de locomotion, les avancées technologiques (ex. : de la bougie à l’éclairage au gaz c’est d’ailleurs le titre original du roman « gaslight »!), l’arrivée de l’électricité et toutes les nouvelles sources d’énergie. Plus de lumière dans la rue ce qui semble éloigner les ténèbres alors que dans le même temps on voit l’émergence de nouvelles violences « politiques : attentats, anarchisme, révoltes, grèves… On retrouve cela dans ce que représentent le fer et le verre … et c’est aussi ce qui nous mènera à la première guerre mondiale et la fin d’un monde. (ici l’histoire se termine juste avant). Durant cette période historique où l’on voit de grands changements dans la société et les arts.

Le narrateur nous parle de l’accélération du temps. Tout va plus vite, que ce soit dans les transports ou la communication. On retrouve bien l’atmosphère londonienne des romans de Conan Doyle, Dickens ou les allusions au tristement célèbre Jack l’éventreur.

Ce roman met en scène William Pinkerton et sa célèbre agence de détective mondialement connue. Elle est tellement connue qu’on la retrouve dans plusieurs romans qui traite de ces thèmes là. Avec l’évolution des transports on voit aussi les grands bandits changer de continent et être poursuivis par des hommes comme William Pinkerton.

On va suivre en parallèle car liés à la quête de Pinkerton d’autres personnages qui sont plus du côté obscure. On découvre une partie des affaires  impliquant d’Adam Foole, Molly,  Japheth Fludd c’est le côté grand banditisme.

Entre Pinkerton et Foole il y a Charlotte Rickitt … qui elle est lié au fameux Shade… On se rend compte que tous se microcosme est lié mais cela je vous laisse le découvrir car c’est l’aspect enquête et intrigue.

Ce roman se lit facilement car nous avons l’intrigue principale et toutes les digressions sous forme de longs flashs back qui nous éclairent sur tel ou tel personnage. On va ainsi découvrir d’autres lieux comme l’Afrique du Sud et certaines parties de l’Amérique.

Les femmes n’ont rien à envier à leurs collègues malfrats pour mettre en place des mauvais coups.

Les enfants, leur exploitation,  le travail et la  misère ont leur importance dans les rencontres et la transmission des informations et le développement de la délinquance.

C’est aussi une histoire d’obsession puisque le fils va prendre la suite de son père dans cette recherche de l’homme aux deux visages. C’est cela aussi ce roman des histoires de famille, de transmission. On retrouve cela aussi dans le personnage de Charlotte Rickitt ou Adam Foole. Ce besoin de s’extraire de son milieu. C’est une époque où certains rêvent de changer de vie et d’évoluer dans la société.

Le brouillard londonien joue un rôle important dans les intrigues qui se déroulent à cette époque. Il masque ou déforme les choses et les événements. Il donne un aspect fantomatique aux gens.

J’ai pris grand plaisir à lire ce roman aussi car l’auteur joue avec beaucoup de thématiques que j’adore, je vous parlais de la lumière, et en effet miroir il y a tout ce qui concerne l’eau et sa symbolique, qui donne à l’intrigue une autre dimension plus psychologique encore.

J’ai plus envie de vous parler de « l’ambiance » que Steven Price à su mettre en place, car elle crée l’atmosphère qui est propice affaires louches.

La Guerre de Sécession 1861-1865 et  abolition de l’esclavage 1865, on créé des changements dans la société américaines et il y a des répercutions en Angleterre. Il reste par exemple encre des esclaves évadés qui ont pu changer de continent.

C’est aussi la période des découvertes archéologiques, des trafics se sont mis en place. Les voyages en Afrique se sont fait plus régulièrement. Spéculations et intérêts politiques dues aux colonies.

C’est aussi la période de la ruée vers l’or et des exploitations de diamants. On n’imagine pas comment certains ont fait fortune avec des exports de biens venant d’Afrique comme le grand engouement pour les plumes d’Autruche en Europe.

On retrouve aussi dans ce roman le spiritisme dans les salons huppés, encore une part d’ombre. Comment  chacun cherche un moyen de se distinguer et prendre l’ascendant sur ses contemporains.

L’Art aussi prend de l’ampleur avec les galeries qui sont des lieux de rencontre et d’influence.

On retrouve dans ce roman toutes ses thématiques… qui me fascinent.

C’est un roman de plus de 700 pages (je l’ai lu en deux temps) où il y a beaucoup de mise en scène et de mise en lumière de certaines personnes ou situations. C’est un roman qui prend son temps, il faut aimer rester dans une ambiance, ne pas chercher la vitesse et le spectaculaire.

Attention les dialogues ne sont pas signalés par des tirets ou des guillemets, les changement de personnages non plus ne sont pas signalés, il faut donc rester bien concentrés sur le texte.

J’ai pris grand plaisir car j’aime beaucoup cette période historique.

Steven Price un auteur canadien que je vais suivre…

Je remercie les Editions Denoël pour leur confiance.

Qui en parle ?

Belledenuit

Felina

Blackwolf

RL 2017

Article précédemment publié sur Canalblog

la plaine étincelante

William Morris

Éditions Aux Forges de Vulcain, nov. 2017, 209 p., 19 €

Mes lectures Aux Forges de Vulcain

4e de couv. :

La fiancée de Gìtallègre est kidnappée. Le jeune homme s’élance à la poursuite des ravisseurs et pénètre alors dans la plaine étincelante, un royaume étrange, utopique, qui va être l’occasion pour William Morris, inventeur de la fantasy, de mêler ses trois passions, le moyen-âge, la magie et la politique, ce voyage se révélant être, à la fois, une aventure épique et une réflexion sur l’égalité et la liberté.

Mon billet :

Je continue mon exploration de l’univers de William Morris grâce aux nouvelles traductions publiées aux Forges de Vulcain.

Ce fut un nouveau plaisir de partir dans ces contrées lointaines ou l’imaginaire et la magie vous propulsent hors du temps historique.

J’ai tout d’abord apprécié la longueur du texte qui reste assez concis tout en ayant le temps de nous faire voyager avec son héros plus d’un an, de découvrir le monde…

Ce roman est une succession de péripéties qui mettent notre héros face à ces interrogations et aux épreuves de ce voyage initiatique. Avec beaucoup de scènes dignes des tableaux préraphaélites (voir la couverture du roman). Tout est beau, paradisiaque et dans la scène étincelante on atteint le summum. Il y a bien sûr son opposé avec le mal, les plaines désertiques, les côtes aux falaises escarpées et inhospitalières, vrai barrières à surmonter.

Les peuples sont organisés en maisons avec leurs spécificités, leur code de l’honneur. Échanges et alliances ou haines ancestrales. Soit vous êtes amis soit vous êtes ennemis, rien entre les deux.

La maison des Corbeaux (Gîtallegre) est liée à la maison des Roses (La Belle Otage). Cela permet des mariages et des échanges commerciaux.

La belle de Gîtallegre est enlevée avant son mariage. Pour quelles raisons ? La déshonorer ? contre rançon ? Une Vengeance ? ou pour d’autres épousailles ?  Créer des conflits politiques entre certaines maisons ? Nous découvrirons en même temps que notre héros.

Que fait le malheureux fiancé ? Il part sans réfléchir poursuivre le navire des ravisseurs. Sans aide, sans plan préétabli, sans moyen de communication…  Seul son amour et son honneur le guident et lui donnent les forces d’aller vers l’inconnu.

Et c’est là que débute son voyage initiatique. Lui dont l’avenir était tout tracé au sein de sa maison, le voilà  face à son destin.

Il va rencontrer des gens qui vont le tromper. Qu’elle leçon en tirera t-il ?

Il va voyager dans des contrées lointaines, chez ses ennemis. Il découvrira l’île de Rançon et ses étranges coutumes.  Comment s’en sortira t-il ?

Il rencontrera des gens qui lui veulent du bien et il accompagnera un vieillard dans la fabuleuse plaine étincelante dont il n’avait jamais entendu parler. Il va faire l’expérience de l’amitié à la vie à la mort. Et découvrir la magie.

Il va devoir faire des choix qui changeront sa vie. Choisir la facilité ou choisir l’affrontement.

Gîtallegre va faire l’expérience de « la mort » et pas qu’au sens symbolique. Et de la renaissance. Il va subir des tentations, de la chair ou de l’abandon de la vie, qui risquent de l’éloigner de sa grande Quête : « retrouver sa belle ». Est-il digne de cette quête ?

Il va à son tour jouer le rôle de passeur et sauver des vies et des âmes. En tendant la main il va  faire un choix.

Il va au cours de ses déplacements faire des rêves prémonitoires, des rêves qui ressemblent à des messages télépathiques ou des transes. Leur interprétation  dépend de ce qu’il a veut vraiment. Il en tirera une nouvelle  force.

Dans ce genre de voyage, il y a le risque de se perdre, de perdre ses valeurs, perdre courage, perdre son innocence… Choisir la facilité et profiter de la nouvelle vie qui se présente à lui ou continuer à lutter quitte à ne jamais atteindre son but.

Les Héros de William Morris sont des modèles de droiture, ils ne peuvent renoncer à leur quête première, leur cœur pur ne peut que faire changer les autres et les rendre meilleurs. Les ennemis valeureux ne peuvent que devenir des frères de sang.

Il serait intéressant de creuser la thématique du temps car elle est omniprésente.

J’ai adoré tout ce qui touche au monde onirique et à toute la symbolique autour des noms et des lieux.                                                                                                            

L’honneur, le courage et l’amour triompheront.

Je remercie les Éditions Aux Forges de Vulcain.

RL 2017

L’essence du Mal

Luca d’Andrea

Trad. Anaïs Bouteille-Bokobza

Éditions Denoël, 2017, 457 p., 21,90 €

Mes lectures Denoël

essence du mal

4e de couv. :

En 1985, dans les montagnes hostiles du Tyrol du Sud, trois jeunes gens sont retrouvés morts dans la forêt de Bletterbach. Ils ont été littéralement broyés pendant une tempête, leurs corps tellement mutilés que la police n’a pu déterminer à l’époque si le massacre était l’œuvre d’un humain ou d’un animal.
Cette forêt est depuis la nuit des temps le théâtre de terribles histoires, transmises de génération en génération.

Trente ans plus tard, Jeremiah Salinger, réalisateur américain de documentaires marié à une femme de la région, entend parler de ce drame et décide de partir à la recherche de la vérité. À Siebenhoch, petite ville des Dolomites où le couple s’est installé, les habitants font tout – parfois de manière menaçante – pour qu’il renonce à son enquête. Comme si, à Bletterbach, une force meurtrière qu’on pensait disparue s’était réveillée.

Mon Billet :

J’ai choisi ce roman grâce au synopsis et cette magnifique couverture que je trouve très glaçante. De plus je ne connais aucun roman qui parle de cette région dans les Alpes.

Lorsque Séverine Lenté a proposé de lire un thriller publié en 2017 pour sa cinquième semaine de challenge « The Black November » j’ai tour de suite pensé à ce roman.

Ce roman aborde plusieurs drames et états d’angoisses. Le narrateur n’est pas complaisant avec lui et il aurait une certaine tendance à se dénigrer et à pointer le doigt sur ses failles intimes. Failles voilà un terme qui a une grande importance dans ce roman. Attention, je ne parle pas de sa conception !!! Il y a des failles temporelles puisque certains protagonistes sont restés bloqués dans le passé ou les passés. Failles dans l’esprit humain avec les séquelles post traumatiques, failles dans la nature,  le décor.

Dans failles il y a le côté « entailles » et « entrailles ». Des peurs viscérales presque irrationnelles qui peuvent paralyser ou pousser dans ses extrêmes. Il y a aussi l’image des « tripes à l’air » au sens physique. Les plaies rouvertes alors qu’elles n’ont pas cicatrisées. Des douleurs que l’on réveille.

On débute avec un drame qui laisse notre héros ko, sur la touche, à la frontière entre la survie et la vie. Comme ce lieu géographique qui nous est décrit comme un no man’s land. Ni Autrichien, ni Italien, avec ses propres codes moraux, entre le passé et le présent. On a même parfois l’impression que les vivants ne laissent pas partir leurs morts et que leurs âmes hantent les lieux. Qui dit frontière dit étranger à la communauté. C’est ça aussi qui caractérise Salinger il a des racines Allemandes et il est marié à une fille du village il est juste toléré.

On a deux histoires principales, la première n’est là que pour expliquer l’état dans lequel Jeremiah Salinger se trouve. Il est le survivant, encore une raison de le montrer du doigt. Les traditions et les superstitions ne vont pas jouer en sa faveur. Il  ne se sait pas dans quel gouffre il a mis les pieds. C’est plus fort que lui. Même s’il risque de perdre sa femme, sa fille, sa raison et sa vie il continue aveuglé par sa douleur et son obsession. Bien sûr il est sous influence, alors il met du temps à mettre les pièces du puzzle en place et parfois il se trompe de sens. 

Il y a l’image du miroir aux alouettes qui me vient à l’esprit. On lui fait miroiter des choses qui perturbent sa vision des événements. Il se fourvoie ou on l’entraîne sur d’autres pistes.

Le lecteur a des temps de répit on lui expose les faits, on lui montre des scènes de famille, du quotidien et puis s’est l’accélération avec de nouvelles révélations, de nouveaux incidents puis un temps mort… de nouvelles promesses qui ne seront pas tenues…

Il ne se rend pas compte de ce que cela implique vraiment dans sa vie quotidienne toutes ses découvertes et tout ce venin qui se répand  dans son esprit.

Le doute s’insinue chez le narrateur et chez le lecteur… va-t-il s’en sortir ? Va-t-il trouver ? Va-t-il perdre la raison et/ou  la vie ?

Ce que j’ai aimé c’est cette descente dans les entrailles de la terre. On croit qu’il va y avoir une sorte de renaissance après un passage par une sorte de mort, une sorte de purification qui lavera l’âme blessée de Salinger et en fait pas du tout. C’est juste un passage par les enfers, il laisse derrière quelques illusions. Point de Jonas dans la baleine, n’oublions pas qu’il se prénomme Jeremiah !

Il y a une sorte de descente aux enfers, une spirale infernale dont chaque protagoniste devra faire sont voyage… Non je ne vais pas vous parler de Dante (que je n’ai pas lu !) juste parce que Luca d’Andrea  est italien et qu’il traite de l’enfer !

Il y a toute une thématique que je ne développerais pas mais qui concerne les femmes, leur place et le rôle qu’elles jouent dans toutes ses vies et ses morts. Elles son omniprésentes.

Je m’arrête là pour ne pas vous dévoiler tous les chausses trappe dans lesquelles le narrateur va souvent tomber.

Tomber voilà un verbe aussi qui a son importance dans cette histoire. Il y est question de chute dans toutes les acceptions du mot… je vous laisse découvrir…

Les personnages ont leur importance de par leurs origines ou leurs positions sociales. Prenons par exemple le narrateur… Salinger le marcheur de Brooklyn ( j’y ai vu un  petit clin d’œil avec le Salinger  l’auteur de « l’attrape cœur » et son personnage de Holden qui aime marcher à NY) Le fait que Jeremiah soit à moitié américain et à moitié allemand cela forge un certain caractère et une façon d’aborder le problème. Le côté rationnel et le côté imaginaire. Vouloir aller jusqu’au bout quitte à briser les traditions séculaires tout en ayant en partie la mythologie des « frères Grimm ».

Coup de cœur !

Luca d’Andrea est un auteur que je vais suivre…

Je remercie les Éditions de Denoël pour leur confiance.

RL 2017
kokeshi coup de coeur

Article précédemment publié sur Canalblog

Une robe couleur de vent (1)

Sophie Nicholls

Trad. : Michelle Charrier

Éditions Préludes,oct 2017, 333 p., 15,90 €

Mes lectures Préludes

robe de vent

4e de couv. :

Fabia Moreno vient de s’installer avec sa fille, Ella, dans la petite ville de York, où elle a ouvert un magasin de vêtements vintage. Une boutique de rêve, comme les femmes de York n’en ont encore jamais vu. Car Fabia possède un don pour dénicher la robe idéale et l’ajuster à chaque cliente. Autour de son commerce, bientôt, les destins se croisent, les identités se révèlent et les amours s’épanouissent… mais naissent aussi la méfiance et la jalousie.
L’exubérance de Fabia dérange, et la jeune Ella, à la peau cuivrée, est une adolescente bien mystérieuse.
Parviendront-elles à s’intégrer dans la communauté ?
Quel sombre secret cache Fabia derrière ses tenues flamboyantes et son accent chantant ? Sa fille elle-même sait-elle tout de l’histoire familiale ?

Mon Billet :

Le titre a tout de suite titillé mon imagination, peut-être un souvenir d’enfance avec la fameuse robe du temps de peau d’âne. Cela fait aussi penser à d’autres contrées.

Besoin d’un peu de douceur aussi.   C’est  un roman « froufroutant » on a l’impression d’entendre le bruit des tissus au milieu du silence.

Silence bien bruyant fait de cris étouffés de souvenirs du passé, de souffrances que l’on cache derrière de beaux atours.

Société des apparences devoir cacher ses origines pour avoir droit à la paix. Derrière les apparences sociales et la bien séance se cache parfois la détresse. Avoir peur du bonheur si fragile qui peut basculer en malheur.

Fabia essai de raccommoder sa vie et celle des autres femmes mais c’est comme si on lui refusait à elle d’être heureuse.

Il y a pourtant de belles rencontres et des sourires retrouvés, des corps en accord, des corps ré-appropriés.  Il y a une petite touche de magie qui fait des étincelles et briller les yeux et  les âmes.

Ce sont surtout des histoires de femmes de milieux différents qui vont faire des choix. Certaines vont parler et d’autres se taire, certaines vont faire du bien, d’autres vont combattre leur démons  et affronter la vie, alors que d’autres vont vouloir entraîner les autres dans leur chute.

La famille est très importante pour la transmission et la protection. Les uns doivent pouvoir compter les uns sur les autres.

Ce roman est un concentré de couleurs qu’il s’agisse de peau, de tissus ou d’atmosphère. C’est une histoire qui fait la part belle aux couleurs étincelantes et lumineuses.

Le seul bémol, c’est la fin, la coupure entre la confession et l’épilogue. Il y a un petit trou … un petit quelque chose qui m’a manqué.

Il y est question de Grand Amour, d’amour maternel, d’amour filial, de bienveillance. La malveillance, la méchanceté et la jalousie ne font que mettre en valeur les bonnes ondes et donnent encore plus de consistance au sujet de fond, vivre en accord avec ses principes.

C’est un roman très visuel avec toutes les petites notes sur les différents vêtements, chaussures et accessoires. Ces petites touches en début de chaque chapitres son un beau fil rouge et une jolie entrée en matière.

J’ai beaucoup aimé les textes dans le texte, les étiquettes, les lettres, les contes etc… ils donnent une touche supplémentaire. Sophie Nicholls a une façon de conter par petites touches et allusions qui donne envie de tourner les pages pour avoir le fin mot de l’histoire.

Le temps est très important il y a le temps présent et les temps plus lointains, souvenirs de Fabia ou souvenirs d’Eustacia (de façon indirecte), il y a le temps des contes aussi, cela donne un petit côté poétique.

C’est annoncé comme un premier tome et je suis bien curieuse de savoir qu’elle sera le propos du tome 2. Peut-être que le côté magique sera développé…. Patience !

Je remercie les Éditions préludes pour leur confiance.

RL 2017

Article précédemment sur canalblog

Spartacus

Spartacus

Romain Ternaux

Aux Forges de Vulcain, 5 oct. 2017, 219 p., 18 €

Mes Lectures aux Forges de Vulcain

Spartacus

4e de couv. :

Un roman qui montre Spartacus comme vous ne l’avez jamais vu.
Racontées à la première personne, les aventures de l’esclave révolté deviennent le journal intime et hilarant d’un pauvre type qui, se trouvant au bon endroit au bon moment, finit par incarner l’espoir des dominés et se trouve sans cesse, bien malgré lui, débordé par la violence des hommes.
Provocant, volontairement bête et méchant, ce roman est une fable grinçante et noire sur la passion des peuples pour les hommes providentiels.

Mon Billet :

J’ai découvert l’écriture de romain Ternaux avec son précédent roman « L’histoire du loser devenu gourou », je savais donc plus ou moins à quoi m’attendre. Je dis plus ou moins car avec ce trublion je crois qu’il faut s’attendre à tout !

Me voici partie pour une nouvelle aventure politiquement incorrecte. S’attaquer à une icône comme Spartacus, il ne faut vraiment pas avoir peur. Oui je parle de la version cinématographique avec Kirk Douglas ! A chacun ses références et sa génération.

Ce qui m’a tout de suite sauté aux yeux c’est la thématique animale que ce soit le bestiaire qui sert à combattre dans les arènes ou les comparaisons entre humains et animaux on a un large éventail. C’est une mise en avant de la violence bestiale des humains. Les femmes ne sont pas en reste avec la prêtresse Varinia qui incarne le serpent.

Alors amis de la ligue de la protection des animaux passez votre chemin. Cette époque n’était pas propice au bien être ni des humains ni des animaux.

Les historiens risquent de trouver des anachronismes notamment au niveau de langage, mais on est dans un roman avec un travail sur l’écriture qui fait la part belle à notre époque au niveau du langage.

Spartacus est le narrateur, on a donc son point de vue. On a droit aussi à toutes ses pensées les plus intimes, ses cogitations, ce qui donne lieu à des digressions et des monologues intérieurs pas piqué des vers. Il s’adresse aux lecteurs avec des « vous ». Il les prend à témoin lorsqu’il partage ses déboires en tous genres.

Le pauvre gars il a des problèmes au boulot avec un patron qui l’exploite, le harcèle, l’humilie et qui l’incite à la débauche. Et il n’y a pas de syndicat chez les gladiateurs. Il va devoir se défendre seul ou en créer un. Et oui il va se révolter  contre son oppresseur.

Il a des problèmes avec se relations avec ses « copains » et collègues qui semblent avoir pris quelques pètes au casque.

Il a aussi des problèmes matrimoniaux. Il est marié à une prêtresse de Bacchus empoisonneuse (dans tous les sens du terme) et nymphomane. Un tantinet jalouse qui ne le laisse pas aller se détendre dans les orgies et les bordels. Elle le veut pour elle seule. Elle fait peur aux hommes.

La bestialité se retrouve aussi dans la débauche. Le sexe à l’état brut avec une certaine obsession, il craint d’être pris pour un efféminé et/ou être sodomisé. Il en fait des cauchemars. Alors je ne vous dis pas la tête qu’il fait en voyant arriver tous les acteurs pour le seconder ! Un vrai péplum avec des gags ! Ça m’a fait le même effet que certains  films avec Jean Yanne.

Pour soulever les troupes, son ami/ennemi (on ne sait pas trop) soutien qu’il faut changer les choses pour avoir encore plus de belles prostituées. (Vous allez dire que je suis tordue moi aussi mais j’y vois une référence à certains martyrs qui sont prêts à mourir pour avoir des vierges. Je ferme la parenthèse).

Je tiens à préciser que toute cette histoire réécrite du point de vue de Spartacus est truffée de petites phrases ironiques, de sarcasmes et d’un humour caustique. Des dialogues frôlant parfois l’absurde tant les personnages sont chacun dans leur monde.

J’ai ri de le voir perdre le contrôle de tout. L’avenir appartient aux ambitieux et Spartacus n’est pas le seul à prendre la grosse tête. J’ai adoré les rebondissements et comment Spartacus a su retourner la situation en sa faveur à plusieurs reprises. C’était aussi très drôle de le voir poursuivi par sa femme ou ses hallucinations.

Je trouve ce roman moins trash que le précédent et pourtant il y est question de massacres, de sang et de sexe mais le contexte s’y prête. Les délires sont plus contrôlés.

Je vous laisse découvrir les mésaventures de Spartacus.

Je remercie Aux Forges de Vulcain pour leur confiance.

spatacus couv ouverte

Je voulais vous montrer la couverture du livre avec rabats ouverts. Elle donne une représentation de l’ambiance.

illustration de la couverture Helkarava. Couverture : Elena Veillard

vulcain

(carte postale littéraire en cours de construction)

RL 2017

Du même auteur :

Histoire du loser devenu gourou

Article précédemment publié sur Canalblog