Une bouche sans personne

Gilles Marchand

Éditions Aux Forges de Vulcain, sept 2016, 260 p., 17 €

Mes Lectures Aux Forges de Vulcain

4e de couv. :

Un homme vient tous les soirs dans le même bar pour y retrouver ses amis. Personne ne sait rien de lui, si ce n’est qu’il cache une cicatrice derrière son écharpe. Lorsqu’un jour il décide de raconter son douloureux passé, la fantaisie prend le relais et nous emmène à la rencontre d’une galerie de personnages improbables : un éléphant dégonflé, une mouche qui danse, un voisin spéléologue, un trapéziste, un orchestre Tzigane. Pourquoi ces détours et ce besoin d’imaginaire ? Que cache cette écharpe et cette cicatrice ? un premier roman pudique, poétique, humain, amical, drôle et douloureux. Aussi, servi par une plume allègre et ciselée.

Mon Billet :

Il y a des moments dans la vie où se créent des liens entre les gens que le hasard des rencontres met en présence. Un groupe existe depuis neuf ans dans un café. Une intimité se crée sans que les participants soient obligés de se raconter. On est juste bien ensemble. On se rencontre au gré de notre quotidien. Mais, il arrive un moment où le grain de sable vient casser cette harmonie fragile. Parfois, c’est l’arrivée d’un nouvel élément ou le départ d’un participant, ou encore un petit événement anodin. C’est ce qui arrive à notre héros, il se renverse du café sur son écharpe qui cache une blessure. Les langues se délient et notre héros fini par se livrer. Mais pas forcément comme on s’y attendrait…

En alternance, on voit notre héros, simple comptable nous raconter son quotidien depuis son point de vue. Sa différence fait son originalité dans la façon de voir les choses. On va apercevoir ses failles et son portrait en creux. Il a son humeur particulière, un peu cynique, une mise à distance. Ce met alors en place un rituel dans le café. Il attire petit à petit un groupe de petits vieux très intéressés par ce qu’il raconte. Cela va prendre une ampleur et une tournure inattendue…

Une vie très organisée, il est comptable, il compte quoi ? Aïe une question à ne pas poser ! Des colonnes et des lignes, des chiffres des choses stables qui sécurisent ? Du concret du réel ? La fantaisie est rayée dans sa vie ? Mais peut-on vivre muselé toute sa vie ? Peut-on se taire toujours et encore ?

Ce roman est une écharpe faite de nombreux fils ténus. On découvre qu’ils s’entrecroisent au fur et à mesure qu’elle s’effiloche. Les collègues de travail, la dame au chien, la boulangère, les sacs poubelles, les lettres des parents de Sam, Lisa et son charme, Thomas et son roman. Au départ, j’avais l’impression que cette écharpe  s’agrandissait, mais on dirait plutôt que notre héros narrateur comme sur la couverture a coupé certains points et il n’y a plus moyen de rapiécer la chose.

Petit à petit vont se glisser des scènes surréalistes à la limite de l’univers kafkaïen. Par exemple lorsqu’à force de voir s’accumuler les sacs poubelles l’immeuble se retrouve complètement obstrué.  Gérard un habitant de la résidence dit : « je travaille à la réalisation d’un plan du site dans le but d’apporter les mesures qui s’adapteraient parfaitement à la situation » vont suivre des scènes avec ce personnage très drôles. Une sorte de cocon se forme autour de l’appartement du narrateur au fur et à mesure qu’il se dévoile au café.

Le chapitre 12 est un paroxysme de l’absurde !

Ce roman éveillé en moi des images, je ne sais pas dans quelle mesure l’auteur a joué avec ces références, ou si c’est juste mon esprit qui les a interprétées de cette façon. Par exemple celle qui m’a frappé tout de suite… Celle qui concerne l’écharpe. Qui dit Paris, années 80 dit Mitterrand, alors l’esprit par sur cette idée mais il n’en ai rien !

L’histoire se situe en 1988, la loi anti-tabac n’est pas en vigueur, alors on fume dans la rue, dans les cafés, au travail… On ne parle pas de nocivité et de cancer… mais là encore l’écharpe qui cache la gorge on pourrait partir sur l’idée d’un cancer de la gorge…

Le fait que le narrateur n’ai pas de nom aussi à attiré mon attention et m’a conduit à croire des choses… je reste énigmatique pour ne pas dévoiler les choses précieuses.

La présence du roman « La conscience de Zeno » de Italo Svevo, les références à Italo Calvino et à Vian donne des grilles de lectures supplémentaires. Bien entendu maintenant j’ai envie de lire de lire ce roman de Svevo !

Les chapitres « « o »  sont un début et une fin. Lorsque le livre à commencé à circuler chez les libraires. Ce dernier chapitre était la pierre angulaire du livre. Alors j’attendais  de voir ce que recélait  cette merveille.  Ah le stress…. Tout le monde à trouvé ça génial… Je l’ai lu tout en étant prévenue que je devais faire très attention à ce moment de l’histoire. Et alors ? Et alors ? Oui j’avoue c’est très beau très fort et tout et tout, c’est vraiment la cerise sur le gâteau le dernier détail qui fini le roman. Mais… pour moi ce roman est un coup de cœur non pas pour ce final mais pour le charme qui opéré pendant le livre, je n’avais pas besoin de savoir la fin. Je ne dis pas qu’il est en trop, c’est juste que j’ai pris la partie imaginaire de cette fiction et cette conclusion est trop réelle pour moi, même si elle est logique et que je voyais quelque chose dans ce genre. Gilles Marchand avait jalonné son texte de petits cailloux qui permettent au lecteur attentif de s’approcher de la vérité.

Ce que j’ai aimé c’est le grain de folie, cette façon qu’a  le narrateur d’appréhender la vie. J’aime ce groupe d’amis, il y a une alchimie qui a fonctionné pour moi. Cette alternance de vie réelle, de vie passée, il y a même parfois un côté onirique qui vient encore plus magnifier la réalité.

Je termine là ma chronique mais je sais qu’il y a mille et un détail qui reviendrons me hanter et que je n’aurais pas partagé ici, mais c’est pour mieux vous laisser découvrir et vous faire votre opinion. C’est un livre qui nommé dans plusieurs prix…

Je remercie les Éditions Aux Forges de Vulcain pour leur confiance.

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Article précédemment publié sur Canalblog

Je l’ai fait pour toi

Laurent Scalese

Éditions Belfond,  sept. 2016, 349 p., 19 €

Mes lectures Belfond

4e de couv. :

Première loi : le crime parfait existe.
Deuxième loi : le criminel parfait n’existe pas.
Troisième loi : l’enquêteur doit donc concentrer ses efforts non pas sur le crime, mais sur le criminel.

Bienvenue à Lazillac-sur-Mer, dans l’univers du commandant Samuel Moss dont les armes sont le charme, la séduction et l’art du détail : rien ne lui échappe, que ce soit sur une scène de
crime ou au quotidien.
Cette histoire débute quand la romancière à succès Jade Grivier est retrouvée morte chez elle, dans son bureau, suicidée. Après avoir inspecté les lieux, à sa façon, Samuel Moss conclut qu’il
ne s’agit pas d’un suicide mais d’un homicide, dont il identifie immédiatement le coupable. Le plus compliqué, maintenant, pour Samuel Moss, est de comprendre comment le meurtrier a procédé et de prouver sa culpabilité, avec élégance bien sûr, et surtout sans salir ses nouvelles chaussures sur la plage de Lazillac…

Mon billet

C’est le premier roman  avec le  commandant Samuel Moss comme personnage principal, mais l’auteur n’en ai pas à son coup d’essai.

L’important dans les séries avec un policier récurrent, c’est de créer un personnage assez complexe pour qu’on ait envie de le suivre, souvent il est assez torturé ou tourmenté. Il faut qu’il soit original et plus ou moins sympathique, quoique ce dernier point ne soit pas obligatoire. J’étais donc très curieuse de voir à quoi ressemblait Samuel Moss. La couverture, nous le présente comme un homme avec un look classe, et derrière lui les falaises bretonnes, et à part la barbe et la moustache ça y ressemble assez.

Samuel Moss a tout pour plaire avec son élégance, sa galanterie et son humour, mais c’est sans compter sans ses névroses et ses obsessions, son intelligence et sa maniaquerie.   Il peut séduire et tout gâcher en même temps. Il a une place particulière au sein de la police puisqu’il choisit ses enquêtes et donne des cours de criminologie.

Il a besoin de tout contrôler et dominer, ce qui de drôles de situations comme par exemple sa consultation médicale dans un restaurant.

C’est un homme  qui est entouré de femmes et cela ne  se passe bien  que lorsqu’elles tiennent en compte ses particularités sinon c’est l’affrontement. On apprend par exemple que son ancienne collègue est partie car elle n’a pas trouvé sa place dans leur duo.  Le capitaine Cheyenne Calvera  saura t-elle s’imposer ?

Comme il s’agit de leur première enquête ensemble, le premier quart du livre sera consacré à la mise en place des personnages avec un crime au milieu. On va voir les interactions par rapport à Moss. Dans cette partie là, l’auteur place ses personnages comme des pièces sur un plateau de jeu d’échec. On découvre aussi  que Samuel Moss et Cheyenne Calvera dans un jeu de miroir. Leur jardin secret, leur obsession  qui est le moteur de leur vie sont identiques.

La résolution du problème. On va dire qu’elle est assez rapide. Le reste du roman se sera comment amener l’assassin à avouer ou à trouver les preuves et le mobile de ce faut suicide. Il pousse à la faute le criminel en créant des pressions. Contrairement à « Colombo » lui affirme qu’il sait et va le prouver parce que tout réside dans le détail, il n’est pas du tout modeste. Il joue au chat et à la souris. Mais n’est-ce pas risqué ?

L’absence du père et de la mère est un fil rouge entre les différentes histoires. Les histoires de famille ont des conséquences sur le présent que ce soit du côté des victimes, du/des criminels ou des policiers.

La chute est intéressante car un mobile peut en cacher un autre. Le titre nous induit en erreur. Il faut donc lire jusqu’au bout pour avoir les tenants et les aboutissants.

Tout est en place pour que cette série continue. Le lecteur doit attendre la prochaine enquête pour découvrir de nouveaux éléments sur la quête de Samuel et Cheyenne.

Le fait que Samuel soit professeur de criminologie permet de le voir dans un autre contexte. Là ses tocs il va en jouer.  Il est le centre d’attention et capte l’intérêt de ses étudiants. L’humour est très présent dans tout le roman et notamment dans ces parties là. L’amphithéâtre permet d’introduire et de conclure l’histoire.

C’est un roman policier agréable qui se lit vite, c’est une bonne détente. On enchaînerait volontiers avec une autre enquête, mais il faut attendre qu’elle soit écrite…

Je remercie les Editions Belfond pour leur confiance renouvelée cette année.

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Mes mises en scènes sur Instagram

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Article précédemment publié sur Canalblog

Les mots entre mes mains

Guinevere Glasfurd

trad. Claire Desserrey

Éditions Préludes, 24 août 2016, 446 p., 15,90

Mes lectures Préludes

4e de couv. :

Helena Jans van der Strom n’est pas une servante comme les autres. Quand elle arrive à Amsterdam pour travailler chez un libraire anglais, la jeune femme, fascinée par les mots, a appris seule à lire et à écrire. Son indépendance et sa soif de savoir trouveront des échos dans le cœur et l’esprit du philosophe René Descartes. Mais dans ce XVIIe siècle d’ombres et de lumières, leur liaison pourrait les perdre. Descartes est catholique, Helena protestante. Il est philosophe, elle est servante. Quel peut être leur avenir ?

Mon Billet :

Dès que j’ai vu la couverture de ce livre, j’ai été attirée par ses tons bleus, ce visage de trois quart dont on ne voit qu’une partie, comme pour évoquer un mystère… et ce titre très évocateur ne pouvait qu’attirer l’amoureuse des mots que je suis.

C’est un roman sur des êtres qui n’entrent pas dans le moule social dans lequel ils vivent.

Ce roman historique met en scène René Descartes et Helena Jan, le penseur et la servante.  Je ne connaissais pas cette histoire. Il faut dire que René Descartes est trop cartésien pour moi (vous avez-vu je les ai casé tous les deux dans la même phrase !). Il représente les extraits de textes obligatoires à étudier au lycée et j’avoue que ce n’était pas tasse de thé.

Par contre la petite histoire intime du grand homme romancée, elle m’intriguait. J’ai tout de suite accroché aux choix réalisés par l’auteure.

René Descartes, nommé Le Monsieur dans ce roman, est un penseur égocentrique qui aura changé le destin de cette jeune servante intelligente.

Ce roman se compose de tableaux. Ils sont identifiés par le lieu et l’année où les événements vont avoir lieu. Les deux premières parties ne sont pas dans l’ordre chronologique. Elle a choisi de débuter le roman non au début de l’histoire de Helena amis avec un moment clé pour bien accrocher le lecteur.  

Le fait que l’on rentre dans les événements sans préambule évite les longueurs. J’ai trouvé ces scènes très visuelles. Je n’ai pas pu m’empêcher de penser aux tableaux des peintres flamands.

Il y a des scènes qui m’ont plu parce qu’on y voit le plaisir d’apprendre de Helena ou Betje, ainsi que la place du livre et de l’écrit. Cependant ce roman met en lumière la place de la femme qui est peu enviable. Et bien sûr Guinevere Glasfurd joue avec les émotions des lectrices (lecteurs).  On est quelque peu révolté de voir que les hommes sont du côté de la religion et ses théories sur l’infériorité des capacités des femmes. Sans pathos, elle nous parle de la pauvreté qui oblige à abandonner les enfants ou à les placer comme servantes dès qu’elles en on l’âge.  On voit par exemple  le paradoxe entre ces gamines qui n’ont pas le droit de se révolter contre leur maître qui abusent d’elles et  elles sont rejetées dès qu’elles tombent enceinte. Guinevere Glasfurd met la société et son hypocrisie en lumière. Elle met aussi la religion sur le devant de la scène que ce soit face au x mœurs des riches qu’elle couvre. Mais aussi face aux écrivains –philosophe – penseurs. Les filles n’ont pas le droit d’apprendre à lire et à écrire et donc à publier.

On y voit Descartes s’auto censurant pour ne pas finir en prison. Il y a des scènes cocasses où il dit des vérités qui ne sont pas bonnes à dire comme par exemple que la terre bouge. On le croit soul ou qu’il plaisante et se moque du petit peuple.

Le sort des hommes pauvres  n’est guère plus enviable. On a Limousin qui  après avoir été soldat,  est devenu le valet de Descartes,  n’a pas de vie. Thomas qui n’a d’autre choix que de s’enrôler et devenu marin comme sont père avant lui.

L’alcool et la violence envers les femmes comme seul exutoire.

Avec Descartes on découvre que les penseurs et les autres hommes érudits sont aussi coincés dans des carcans. Par exemple, il ne peu publier quelque chose qui remettrait en cause la religion et les « savoirs qu’elle diffuse ». il lui faut aussi une autorisation du roi pour publier en français…

Guinevere Glasfurd a choisi de nous raconter les événements du point de vue d’Helena. C’est un récit à la première personne. On peut ainsi découvrir ses moindres pensées et ses émotions. Elle ne peut qu’interpréter et s’interroger que l’attitude de Descartes et des autres personnages.

« Une seul chose est sûre : nous ne pouvons retourner en arrière ». p. 295

Un des fils conducteurs de ce récit, c’est la présence des cartes est-ce un jeu de mot avec Descartes ? je ne sais pas, on est dans une période où la cartographie est en plein essor avec tous les voyages. Helena a aussi a besoin d’ailleurs. Les cartes sont une façon aussi pour Hélena de se repérer dans la ville et dans la vie. Elle  est ballotée depuis son Leyle natal. De là découlent des notions de frontières, France/ Hollande, Homme femme (etc.)  et de barrières sociales et morales.

Qui dit cartes dit papier,  pour René Descartes  il sert à mettre ses pensées et les partager avec le monde et pour Helena  elle y dessine ou note son quotidien pour elle ou pour un petit comité. Deux notions différentes lui  va vers l’extérieur et elle reste confiné à l’intérieur. Cette autodidacte va devenir un temps un sujet de recherche.

La notion de temps est aussi très présente. Que ce soit la différence d’âge, le temps qu’il faut pour que les nouvelles se propagent, le cadran solaire, le nocturlabe, l’horloge protégée par le coffret… La question sous entendue est combien de temps cela va durer ?

On va suivre les tribulations de se couple caché. J’avoue que malgré ce qui nous ai dit sur l’époque et la délicate position de Descartes, je n’ai pas pu trouver entrer en empathie avec ce penseur. La thématique de la dissimulation est aussi très développée, il y a leur relation mais aussi des coffrets fermés à clés, les sentiments étouffés, les pensées, la position envers Dieu et la religion, rien n’est fait pour que la vérité éclate au grand jour…

J’ai eu les yeux bien humide à un certain moment très touchant, que je  ne développerais pas ici, mais la plupart du temps c’est plutôt le sentiment de révolte qui m’habitait devant le manque de choix d’Hélena et de toutes les femmes.

J’ai aimé me promener dans cette Hollande qui attire les penseurs de l’Europe surtout ceux des pays catholiques. Il y avait une certaine effervescence intellectuelle.

J’arrête là pour vous laisser vous faire votre propre opinion de ce roman qui comme vous l’aurez compris m’a beaucoup plu et vous souhaite une belle lecture.

Je remercie les Éditions Préludes pour leur confiance et Guinevere Glasfurd qui a remarqué et retweeté mes photos autour de son livre.

QUI EN PARLE ?

JANGELIS

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En fin de volume deux romans étaient conseillés et il se trouve que je les ai lus :

manoir
une saison

     Article précédemment publié sur Canalblog

Aux petits mots les grands remèdes

Michaël Uras

Éditions Préludes, 31 août 2016, 376 p. 15,10 €

Mes lectures Préludes

Rentrée littéraire 2016

4e de couv. :

Alex, notre héros passionné par les livres, a choisi d’exercer le métier peu commun de bibliothérapeute. Sa mission : soigner les maux de ses patients en leur prescrivant des lectures. Yann, l’adolescent fragile qui s’est fermé au monde ; le cynique Robert, étouffé par son travail et qui ne sait plus comment parler à sa femme ; Anthony, la star de football refusant de s’avouer certaines de ses passions… Tous consultent Alex. Mais qui donnera des conseils au bibliothérapeute lui-même ?
La clé du bonheur se trouve-t-elle vraiment entre les lignes de ses livres chéris ?

Anecdote de lectrice :

« Aux petits mots les grands remèdes » …. La lecture nous ramène à soi pour mieux aller vers les autres !

Il y a deux ans je découvrais un livre qui ma fait rire et qui avait un écho avec ma vie « Chercher Proust » de Michaël Uras, c’était dans le cadre du prix des lecteurs du livre de poche. Depuis j’ai suivi cet auteur sur les réseaux sociaux et c’est ainsi que je me retrouve avec un de ses romans dans les mains.

La bibliothérapie est devenu un sujet à la mode. Il y a longtemps que j’ai découvert les biens faits des livres. Je ne parle pas des livres feelgood, il faut parfois des livres-doudou et d’autres fois des livres qui nous dérangent et nous remuent les trippes. Si vous lisez beaucoup vous aurez remarqué  que certaines thématiques vont devenir récurrentes à certaines périodes. Consciemment ou inconsciemment.

J’ai toujours eu plaisir à partager mes lectures autour de moi, parfois ce sont des livres que je veux lire et que je ne n’ai pas encore eu le temps de lire. Parfois c’est parce qu’une situation ou un personnage me fait penser à la personne à qui je parle. Il m’est même arrivé de laisser des post it avec un commentaire dans le livre pour que la personne à qui je le destinais le voit au moment de sa lecture.

Depuis deux ans je suis bénévole dans la bibliothèque de mon village et j’adore jouer ce rôle de passeur de livre. C’est donc avec grand intérêt que je me suis penchée sur le catalogue de cette collection des Éditions Préludes aux titres très évocateurs.

Mon Billet :

Michaël Uras est un lecteur averti, je pourrais dire érudit mais je risquerai de véhiculer l’image d’un universitaire, pompeux ou pédant, ce qui n’est pas le cas. Il manie l’humour avec subtilité, dès le titre on est  dans l’ambiance. Ce détournement de l’aphorisme titille la curiosité du lecteur.

Ce qui m’a plu dans ce livre, c’est qu’il n’est pas question de pseudo « développement personnel » ou de feelgood. Ce n’est pas une mise en pratique d’une quelconque méthode.  C’est un vrai roman avec un personnage qui est bibliothérapeute et qui nous fait partager un moment de sa vie. Alexandre n’est pas un gourou, non il ne deviendra pas richissime… parfois on a bien envie de lui donner l’adresse d’un autre thérapeute pour l’aider à tourner la page…  Le cordonnier est toujours le plus mal chaussé !

Au début du roman on a Alexandre le lecteur avec ses manies et ses habitudes. Et je me suis tellement retrouvée dans ce personnage ! Après avoir accroché le lecteur avec ses petites choses que les gros lecteurs connaissent,  Michaël Uras va entrer dans le vif du sujet et nous emporter dans une vraie  histoire.

Ce que j’aime chez ce personnage c’est sa constance. Il ne lâche rien. Il avance coûte que coûte. Il a ne se rebelle pas, quoique…  Du moins il ne casse pas tout et il n’envoie pas tout bouler…

C’est un roman où la femme à une grande place, mais alors c’est à celle qui est le plus agaçante. Heureusement qu’il y a Angela pour rattraper ça !

Les personnages masculins hérissent parfois le poil même Alexandre le narrateur.

En écrivant cette chronique j’ai l’impression que les humains de ce roman  sont manipulateurs et  égocentriques…  en fait Michaël Uras nous parle de nous et des gens  que l’on peut croiser tous les jours… Le lecteur est prompt à juger ?

En fin de compte il se dégage de ce livre de la tendresse et de la bienveillance.

Il  y a toute une thématique autour du corps et tout ce qu’il véhicule. Comme pour rappeler que ses êtres ne sont pas que de l’encre et du papier. Et qu’il n’y a pas que l’esprit, on est tous fait de chair et de sang. Les souffrances peuvent être morales ou physiques.

Le gros problème avec ce roman c’est qu’on a envie d’aller chercher les livres qui sont cités pour les lire ou les relire. Mais je n’ai pas le temps monsieur Uras !

Ce qui est bien, c’est qu’en fin de volume on a la liste des livres et qu’on doit ne doit pas faire suivre son carnet pour noter les références des livres qu’on voudrait lire un jour…

Le petit plus dans cette collection c’est la page passerelle « Vous avez aimé ce livre ? Découvrez ou redécouvrez au livre de poche et on trouve des titres qui s’en rapprochent.

« Aux petits mots les grands remèdes »  ont pourrait en parler des heures mais il faut laisser au lecteur le plaisir de la découverte…

Ce livre est aujourd’hui en librairie… Bonne rentrée à tous !

Je remercie Éditions Préludes pour ce service de presse.

Du même auteur sur ce blog

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Article précédemment publié sur Canalblog

Le Royaume rêvé. Tome 1 : Le chant des Épines

Adrien Tomas

Éditions Mnémos, août 2016, 303 p., 19 €

Le mois de Adrien Tomas sur Book en Stock

4e de couv. :

Ils sont les héritiers des clans nordiques.
Ils rêvent d’unifier et de pacifier leurs terres.
Cet espoir se transformera-t-il en cauchemar ?
Voici la geste des jeunes héritiers des clans du Nord et de leurs compagnons. Voici la geste des princes otages, de celles et ceux qui ont pour projet d’unifier les marches du Gel pour en faire leur royaume rêvé, puissant, sûr et juste, gouverné avec sagesse.
Mais leur chemin vers cette quête sera semé d’embûches : le respect du peuple s’arrache dans le sang et les larmes, et la victoire sur leurs ennemis demandera de grands sacrifices. Lorsque le Nord, déjà affaibli par les querelles des Quatre Citadelles, devient la cible des mandragores, redoutables créatures issues des sombres enchantements des Elfes, le doute n’est plus permis : ils sont la dernière chance de survie des marches du Gel. Pour les combattre, les lames, le verbe et la magie seront leurs seules armes.

Mon Billet :

J’adore mes copines Dup et Phooka du Blog Book en Stock car elles me font découvrir des petites perles que je ne connais pas la plupart du temps avant qu’elles ne les présentent. Le monde de la fantasy et autres littérature de l’imaginaire sont moins médiatisées et avec « Le mois de… » ces deux spécialistes mettent en avant ces auteurs en les laissant s’exprimer.

J’ai eu la chance d’être sélectionnée pour lire en avant-première le tome 1 d’une trilogie fantasy. Je découvre ainsi l’écriture de cet auteur… et le plaisir de découvrir un autre titre des Editions Mnémos qui ont un bien joli catalogue.

Tout d’abord je veux vous parler du livre objet qui a une couverture très explicite puisque c’est une scène du roman qui est représentée. Puis lorsque vous ouvrez vous avec des rabats qui donnent une jolie finition au livre et qui permettent d’avoir une carte de cet univers avec une couleur de parchemin.  Je suis tout de suite entrée dans cet imaginaire. On retrouve cette carte après la page de titre et avant la présentation des armoiries des trois  clans  qui vont avoir un rôle capital dans cette aventure ainsi qu’une  fiche d’identification.  Tout cela contribue à une bonne mise en conditions du lecteur.

Et puis vient  l’histoire….

Me voilà dans de bonnes dispositions… prête à tout !

Chaque chapitre porte le nom d’un personnage. Bien que le texte soit à la troisième personne, c’est comme si l’auteur éclairait un personnage pour faire avancer l’histoire, ou nous informer sur les lieux et les histoires passées  à travers lui. On découvre ainsi les différents clans et les liens entre eux, les guerres  qui les ont divisés ainsi que  les statuts,  rôles et les intentions de chaque personnage : esclaves, héritiers, libres… On découvre un royaume en grand danger. Les manipulations des uns et l’apprentissage des autres font que de nombreuses pistes s’ouvrent au lecteur.

Les premiers chapitres court donnaient l’impression d’une vaste mise en place des protagonistes, mais au fur et à mesure que l’histoire avance les personnages acquièrent des nuances et de la profondeur. On se rend compte que leur complexité joue un rôle dans la stratégie de défense autour de la princesse.

Au départ on a des rôles bien définis et puis on se rend compte que les personnages ne sont pas forcément ce qu’on nous a initialement présenté. Ils  sont pour la plupart des pions sur un échiquier mais Adrien Tomas nous balade … à la fin qui est le gentil et le méchant, le traite et l’ami loyal ? Même les personnages entre eux vont faire de drôles de découvertes. Il va y avoir un début un milieu bien développé et une fin même si ce n’est qu’un premier pas

Il y a une histoire parallèle qui s’appelle « projet 68 » que l’on voit en arrière plan mais qui n’est pas trop développé juste ce qu’il faut pour accrocher le lecteur… et comme on dit la suite dans le prochain épisode.

Il y a des scènes étranges et horribles qu’on ne comprend qu’à la fin, Adrien Tomas laisse le lecteur dans l’expectative…

Au début je lisais tranquillement et puis est arrivé un moment où je n’ai plus lâché le livre jusqu’à la fin.

De quoi parle ce roman fantasy…  de la fin d’une époque et de la venue d’une nouvelle génération avec une  vision plus globale du problème. Ont-ils raison ou tord ? Que vont-ils arriver à faire ? Ils ont entre 13 et 17 ans en face d’eux et autour d’eux des anciens qui s’accrochent au pouvoir.

Il va y avoir des batailles, des combats homériques contre des créatures cauchemardesques. Il y aura des blessés et  des morts, des larmes et du sang.  Il va y avoir de la violence et de la douceur, du sexe, de l’amitié et des trahisons… Il va y avoir de nombreux rebondissements jusqu’à la dernière page !

Un grand nombre de personnages vont venir interférer dans les projets d’un petit groupe, mais on se repère bien grâce aux titres de chapitre. On a une multitude de pièces de puzzle, nous sommes dans un premier tome et il faut bien asseoir les bases de la trilogie.

Il y a aussi des touches d’humour. Je pense notamment à ce qui entoure le bandit et sa mère qui vraiment n’ont pas de chance. Chamailleries et petites piques  vont pimenter la sauce. Il y a des personnages qui connaissent des secrets que nous ne découvrirons qu’en partie à la fin de ce premier tome et qui se délectent de certaines situations.

Il y a toute une thématique sur l’absent et sur l’autre qui rend ce qui nous est conté comme une scène de théâtre. Cette part d’immatériel  et ces présences fantomatiques  semblent  se jouer des personnages et du lecteur. Un jeu de miroir aux alouettes…  C’est difficile d’expliquer cette sensation, il faudrait se pencher plus longuement sur le texte pour savoir si ce n’est pas simplement une sensation de lecteur.

Vous l’aurez compris ce roman m’a énormément plu.

Je remercie les Éditions Mnémos et Book en stock pour cette découverte… Et maintenant il va falloir attendre plusieurs mois pour connaître la suite des aventures des Épines et de ce Royaume rêvé. Ce royaume verra-t-il le jour ? 

Vous l’aurez compris ma wish list va encore augmenter  puisque je n’ai pas les autres romans de cet auteur !

ATTENTION SEPTEMBRE C EST LE MOIS DE … ADRIEN TOMAS !

adrien tomas
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NB

Article précédemment publié sur Canalblog