Songe à la douceur

Clémentine Beauvais

Sarbacane, Coll. Exprim’, 2016, 243 p., 15,50 €

Challenge 15 K

4e de couv. :

Quand Tatiana rencontre Eugène, elle a 14 ans, il en a 17 ; c’est l’été, et il n’a rien d’autre à faire que de lui parler. Il est sûr de lui, charmant, et plein d’ennui, et elle timide, idéaliste et romantique. Inévitablement, elle tombe amoureuse de lui, et lui, semblerait-il… aussi. Alors elle lui écrit une lettre ; il la rejette, pour de mauvaises raisons peut-être. Et puis un drame les sépare pour de bon. Dix ans plus tard, ils se retrouvent par hasard. Tatiana s’est affirmée, elle est mûre et confiante ; Eugène s’aperçoit, maintenant, qu’il la lui faut absolument. Mais est-ce qu’elle veut encore de lui ? Songe à la douceur, c’est l’histoire de ces deux histoires d’un amour absolu et déphasé – l’un adolescent, l’autre jeune adulte – et de ce que dix ans à ce moment-là d’une vie peuvent changer. Une double histoire d’amour inspirée des deux Eugène Onéguine de Pouchkine et de Tchaikovsky – et donc écrite en vers, pour en garder la poésie.

Mes impressions de lecture :

Cet été je participe à plusieurs challenges et dans l’un d’eux il me fallait trouver un livre avec une construction spéciale, j’ai tout de suite pensé à ce roman. Ce roman je l’ai depuis longtemps mais justement sa structure particulière m’a perturbée lorsque j’ai voulu le lire la première fois. J’ai lu plusieurs albums jeunesse  écrits par Clémentine Beauvais dont « lettres à mon hélicoptêtre » et j’aime beaucoup l’aspect poétique qui fait sa particularité.

La composition de se roman demande un peu de concentration pour entrer dans la narration. On a le personnage qui raconte, on a la voix « off » de ces pensées et visuellement cela ne saute pas aux yeux puisque le texte ressemble à un poème. Mais une fois qu’on est entré dans l’histoire on se laisse emporter par la narration au présent, les souvenirs et tous les questionnements des personnages.

On a d’une part cette histoire de premier amour Tatiana aime Eugène mais 10 ans après ils se retrouvent par hasard et on se pose des questions sur ce qui s’est passé dans leur adolescence puisqu’ils se sont perdus de vu. Nous allons donc suivre ce qui a eu lieu 10 ans,  avec une montée émotionnelle puisqu’on comprend que quelque chose de grave est arrivé.

D’autre part on voit nos jeunes adultes qui refont connaissance et qui ressentent des choses l’un pour l’autre, jusqu’où cela les mènera. On a une sorte de ballet amoureux qui se met en place. Un pas en avant deux pas en arrière ou le contraire.

Opération à cœur ouvert sur les drames passés et sur les possibilités à venir avec des variations d’intensités émotionnelles.

J’ai bien aimé le côté humoristique des échanges. Avec ces voix off de ce que pensent les personnages, des monologues intérieurs,  et les mots qui sortent de leurs bouches, les changements entre les messages texto/mails qu’ils voudraient écrire et ceux qu’ils envoient. Ce n’est pas qu’ils ne soient pas sincères mais il y a l’autocensure/ protection  qui se met en place avec l’âge.

Roman singulier très émouvant et une écriture très poétique.

Challenge 15K #23 McGyver Lire un livre avec une construction originale, particulière.

Challenge  #payetonslip

Grand appartement bizarre. T4 Catastrophe une lettre d’amour

Auteur.rice.s : Nathalie Stragier

Illustration : Clémence Penicaud

Éditions Syros, Coll. OZ, juin 2022, 229 p., 9,95 €

Chronique jeunesse du mercredi

4e de couv :

Qui est amoureux, dans le grand appartement bizarre ? 

Catastrophe, une lettre d’amour est arrivée à l’appartement où Gabriel, Charline et Félix habitent avec leurs familles ! Le chien Trésor en a avalé la moitié, impossible de savoir à qui elle est adressée. Pour les trois amis, il y a urgence à mener l’enquête : et si l’irruption d’un(e) amoureux(se) menaçait leur vie tous ensemble ?

Mes impressions de lecture :

Quel plaisir de retrouver cette tribu et ce Grand appartement bizarre, je retrouve mes 8-12 ans… En plus il y a un petit truc que j’adore… l’histoire se termine avec la fin de l’école et le début de vacances… C’est pile le bon moment pour le lire !

Il y a plusieurs facettes de cette série on commence par l’amitié et la cohabitation de différents types de « famille ». Nous avons Gabriel l’orphelin et sa tutrice bienveillante et célibataire, il y a M. Meurice et ses deux fils (son épouse travaille sur des bateaux de croisière), et il y a Rokia la mère célibataire avec ses trois filles de trois pères différents qui est médecin urgentiste. Nous avons donc 9 personnes avec des préoccupations différentes selon leur âge et leur vie sociale. Et puis il y a la voisine Amandine et l’ancien proviseur M. Boussac qui gravitent autour, ainsi que la concierge et son chien Trésor. ça fait un sacré brassage de population, ça vit et ça bouge.

On pourrait croire qu’après les trois premières aventures la vie en communauté serait plus apaisée et que tout le monde avait trouvé ses marques, cependant c’est un équilibre fragile et un rien peu tout remettre en question.

On a par exemple la fameuse lettre déchiquetée par trésor qui laisse entrevoir que quelqu’un est amoureux.se d’une.e habitant.e. Voilà notre trio Gabriel, Félix et Charline qui essayent de résoudre cette énigme.

Deux autres trames vont venir compliquer la vie des personnages. Chaque situation met en avant des problématiques d’ordre émotionnelles. Qu’est-ce que signifie vivre pour toujours ensemble ? Est-ce possible ? Chaque protagoniste va réagir en fonction de son vécu. Et si passer par la vie des « animaux domestiques » pouvait aider à accepter certaines situations ?

La communication joue un rôle important, la mauvaise communication étant source de complication. J’ai bien aimé l’épisode « démocratie ». L’humour est toujours là pour dédramatiser les situations et mettre du baume au cœur. La bienveillance et l’amour viennent aussi permettre aux habitants du Grand Appartement Bizarre (et satellites) d’avancer et de progresser.

On a plusieurs problèmes qui vont se greffer au fur et à mesure. À la fin nous auront des réponses mais Nathalie Stragier laisse plusieurs pistes en suspens pour la suite des aventures… et je vois déjà poindre de nouvelles mésaventures où l’amour et la famille et l’amitié vont bouleverser la vie de cette tribu.

Je vous laisse découvrir ce que Nathalie nous a concocté pour nous émouvoir, nous faire réfléchir et rire.

À quand une version animée ou série tv ? C’est très visuel et bien rythmé. Les personnages sont hauts en couleur…

J’ai hâte de lire le prochain épisode… car le seul problème de ce bonbon pétillant c’est qu’il est vite dévoré !

Je remercie les Éditions Syros de leur confiance.

Les autres romans de cette série sur ce blog :

Monument national

Julia Deck

Éditions de Minuit, 2022, 205 p., 17 €

Dans ma médiathèque il y a…

4e de couv. :

Au château, il y a le père, vieux lion du cinéma français et gloire nationale. Il y a la jeune épouse, ex-Miss Provence-Alpes-Côte d’Azur, entièrement dévouée à sa famille et à la paix dans le monde. Il y a les jumeaux, la demi-sœur. Quant à l’argent, il a été prudemment mis à l’abri sur des comptes offshore.
Au château, il y a aussi l’intendante, la nurse, le coach, la cuisinière, le jardinier, le chauffeur. Méfions-nous d’eux. Surtout si l’arrêt mondial du trafic aérien nous tient dangereusement éloignés de nos comptes offshore. 

Mes impressions de lecture :

C’est le premier roman de Julia Deck que je lis, elle m’a été fortement recommandée. Je découvre sa plume, mais il me faudra lire d’autres romans pour vraiment me faire une opinion.

L’histoire débute au moment du confinement de 2020, un moment de crise dans la famille d’un « Monument national » Serge Langlois un pilier du cinéma français. S’il s’agit d’un roman à clefs, je n’ai pas le bon trousseau. On a bien évidement cet univers qui est abordé, mais Serge semble retiré sur « ses terres » pas de visites liées à ce milieu, mais pas vraiment un havre de paix.  Il y a ainsi des paradoxes.. Julia Deck laisse le lecteur, influencé par l’actualité, se faire des films sur ce qui va se passer sur ce domaine clos. Il y a quelque chose de malsain qui s’installe dans ce lieu qui se délite.

Dans ce roman on a deux narratrices. On a Joséphine qui a dans les 8 ans au moment de la débâcle, mais on ne sait pas avant la fin qu’elle âge elle a au moment ou elle relate les faits. Elle nous raconte sa famille, son adoption, leur vie fort singulière. On n’a que sa voix, il faut donc la croire sur parole, est-ce la réalité/la vérité. On a quelques réponses avant la fin.

Nous suivons en parallèle les vies d’autres acteurs du drame qui va se jouer dans ce domaine près de la forêt de Rambouillet. On a un groupe de personnes du 93 qui vont se retrouvés liés. On a donc un contraste entre deux mondes.

J’ai eu du mal à comprendre où voulait en venir l’autrice. Elle semble jouer avec des effets miroirs avec les problèmes rencontrés dans ces deux mondes. Problème d’identité, d’intégration, d’acceptation dans un quartier, problèmes d’argent, de drogue, de rapport à la loi, maternité/famille, dépendance affective, fragilité mentale, secrets de famille…

On a ainsi des duos qui se forment : Joséphine / Marvin, Ambre/Cendrine, Cendrine/Aminata et Ambre/Sophie… etc.

C’est un roman très structuré, très travaillé. On a une impression de spirales ascendantes et descendantes comme dans ce bassin entouré de topiaire, où des algues prolifèrent. Cela crée une ambiance délétère.  Il faut attendre la fin pour avoir une vue d’ensemble.

Je n’ai pas réussi à m’attacher aux personnages.

Je suis restée avec une impression que ça partait dans tous les sens, trop de sujets abordés en si peu de pages et que le lecteur les développait dans son esprit ?

Ce roman me laisse perplexe quand à ce que l’autrice à voulu créer. J’ai la désagréable impression qu’elle a voulu jouer avec le lecteur comme elle a joué avec ses marionnettes-personnages.

Challenge 15 k #Les croissants : lire un.e auteur.e français.e

Challenge #payetonslip

L’histoire merveilleuse de Mamé Alan

Jihad Darwich

Musique de Issa Hassan

Éditions Oui’dire, 2022, 97 mn, 21 €

Chronique Jeunesse du mercredi

Conte pour les plus grands et les adultes

4e de couv :

Réunis pour une nuit par trois femmes génies, Mamé, prince d’Occident, et Zina, princesse de Botan, s’éprennent d’un amour fou. Ils échangent bagues et serments avant d’être séparés. Commence alors une folle quête d’amour, presque mystique, où chacun vit l’absence de l’autre comme un manque qui l’empêche de vivre. Le jeune roi quitte alors son royaume, traverse monts et déserts et affronte mille dangers pour retrouver Zina Zidâne, sa bien-aimée qu’il avait seulement aperçue un soir.

Mes impressions de lecture :

Je ne connaissais pas cette maison d’édition de livre audio. Leur catalogue est spécialisé dans les contes et légendes « Oui’dire, le Label des conteurs ». Merci à Masse Critique et les Oui’dire éditions de cette découverte.


La voix et le phrasé de Jihad Darwiche et la musiques donnent au conte kurde une tonalité supplémentaire à la narration… une authenticité.

J’avais découvert ce conteur Libanais lors du « mois du Liban » initié par Maeve. J’ai lu et écouter des contes pour enfants. Celui-ci est plutôt pour les plus grands car il est plus long

il faut bien rester concentré car c’est une belle épopée assez longue. De belles images vont nous faire voyages dans d’autres temps et d’autres lieux.


On retrouve la structure du conte avec les thématiques du conte oriental avec princes et princesses avec les valeurs qui vont avec. La quête, l’amour et les épreuves à surmonter.


Je l’ai écouté deux fois et à chaque fois des scènes différentes m’ont interpellé.
J’ai aimé l’oralité du conte.

Du même conteur sur ce blog

« Le chat terreur des lions »

On n’empêche pas une étoile de briller

Tonie Behar

Éditions Charleston, avril 2022, 342 p., 19,90 €

Mes lectures Charleston

4e de couv. :

Une femme mystérieuse et charismatique, coiffée d’un large chapeau, son regard clair caché par de grandes lunettes de soleil, sonne chez Max Dahan au 19 bis, boulevard Montmartre.
Cette inconnue, c’est Sacha Volcan, que Max a passionnément aimée. Ils se sont connus dans les années 1960, au temps du Golf Drouot et du rock’n’roll. Elle était dactylo, lui garçon de courses, et tous deux rêvaient d’Amérique et de musique. Complices, amants ou ennemis, leur histoire a traversé le temps et les continents. Chacun a fait des choix pour rester fidèle à lui-même. Alors pourquoi Sacha est-elle revenue en ce beau matin de juillet ?
Des grands boulevards parisiens à Hollywood Boulevard, des pavés de Mai 68 aux plages de Malibu, des hippies de San Francisco aux branchés des Bains-Douches, l’histoire émouvante et mouvementée d’un couple qui a fait le pari d’écrire ses propres règles du jeu… mais jusqu’où ?

Mes impressions de lecture :

Lorsqu’on m’a proposé ce roman je me suis dit que c’était une bonne idée de découvrir une nouvelle autrice. En plus la couverture avec ce ciel bleu et les palmiers évoquait l’été, ce qui était une bonne idée pour un livre à emporter en vacances (ou pour avoir l’impression de partir en vacances !).

C’est le premier roman de Tonie Behar que je lis, en fin de volume elle explique qu’il fait partie de romans, indépendants, se déroulant à cette même adresse. Je trouve cela très intéressant…

De plus je participe à un challenge lecture cet été proposé par M. Cabrick et il me fallait un roman qui soit en lien avec la musique… C’était le roman qu’il me fallait.

Ce roman se déroule entre deux époques l’une va des années 60 aux années 90 et l’autre ce déroule aujourd’hui. J’ai apprécié que ce ne soit pas un système binaire hier/aujourd’hui. 2021 la narratrice amorce une conversation et on bascule dans une narration assez longue à la troisième personne qui développe une période ou une aventure de vie, un procédé très agréable. J’ai trouvé amusant que Max se défausse et retarde le moment d’affronter le passer et laisse sa fille découvrir son passé.

C’est une des thématiques de ce roman le passé, voire les « fantômes du passé » qui refont surface. À l’automne de leur vie Max et Sacha vont voir ressurgir leur printemps.

Ce roman permet d’avoir une vision panoramique des 60 dernières années. Nos personnages ont traversé ces décennies où l’on a vu la société changer. À travers leur parcours on voit aussi changer les modes de vies et les mœurs. Depuis l’école de dactylo à celui de Star hollywoodienne en passant par l’univers de la musique, de jeune immigré à négociant en objets d’art. Chacun a suivi sa voie avec ses aspirations personnelles sur deux continents.

Deux âmes sœurs avec toutes les tourmentes de la vie. Il est beaucoup question de famille de filiation. Chacun a une histoire familiale assez dure qui a forgé leur caractère en laissant parfois des séquelles et des fêlures.

L’amitié et les liens tissés dès l’adolescence vont aussi avoir leur importance dans les parcours de vie.

J’ai bien aimé leurs vies chaotiques et hors norme. Le côté bohème, leur côté slave pour l’un et oriental pour l’autre se retrouve bien dans leur caractère et dans leur façon de vivre. Des êtres passionnés et excessifs, ils ne sont pas dans la demi mesure.

Je vous laisse découvrir leurs différents choix qui vont dessiner leurs vies.

Un livre qui vous fera voyager au bord de la piscine sous un parasol ou dans un parc ombragé… un cocktail à la main !

Je remercie les Éditions Charleston de leur confiance

Challenge 15k #Hélène et les garçons

#payetonslip

Les héritiers de Brisaine T.1 La malédiction du Bois d’Ombres

David Bry

Ill. Noémie Chevalier

Éditions Nathan, 2021,  168 p. , 11,95 €

CHRONIQUE JEUNESSE DU MERCREDI

4e de couv. :

Le Village de Trois-Dragons, au cœur du royaume de Fabula : la magie, autrefois courante, a disparu suite à une grande guerre.
Enguerrand, avec l’aide de son ami Grégoire, part à la recherche d’Aliénor, sa petite sœur, dans le Bois d’Ombres, une forêt dangereuse et maudite. Mais en pénétrant dans ce bois interdit, il semble que les enfants aient réveillé la magie noire du lieu… Le village est en danger !
Soutenus par la guérisseuse Brisaine, les trois amis vont devoir faire la lumière sur cette mystérieuse malédiction. Pour affronter les terribles dangers qui les guettent, il leur faudra du courage et l’aide de surprenantes créatures alliées.

Mes impressions de lecture :

Au mois de mai David Bry était l’invité du Blog Book en Stock. Durant tout le mois il a répondu aux questions de ses lecteurs. J’ai découvert cet auteur et j’ai lu un roman de fantasy adulte (que je n’ai pas encore chroniqué), j’ai aussi appris qu’il écrivait en jeunesse, j’ai donc gardé l’info dans un coin de ma tête. Début juin, je regarde le programme du salon du livre du Grand Narbonne qui avait lieu le 10-12 juin pour faire mes repérages auteurs. La librairie BD & Cie m’envoie sa newsletter en annonçant la venue sur le stand du salon de Noémie Chevalier que je ne connaissais pas… et là que vois-je c’est l’illustratrice de la saga « Les héritiers de Brisaine » de David Bry. Je ne pouvais laisser passer une telle info. Donc samedi je suis passé acheter et faire dédicacer le premier tome de cette série et j’ai eu droit au visage de la jeune héroïne.

Vous l’aurez compris les illustrations ont leur importance dans ce roman jeunesse, des pleines pages en noir et blanc. La couverture est un bel exemple version couleur de ce qu’on va retrouver à l’intérieur. Pour débuter on a une carte, vous savez comment sont les lecteurs de fantasy, ils adorent les cartes, de vrais voyageurs de l’imaginaire. Les personnages principaux sont représentés ainsi que l’univers de Fabula.

J’ai donc choisi ce roman pour son auteur, pour son illustratrice et parce que c’était de la fantasy jeunesse… je n’ai pas lu la quatrième de couverture donc quel ne fut pas ma surprise lorsque j’ai vu apparaitre les noms des personnages. L’un d’eux m’est très cher donc j’étais déjà sous le charme…

Nous avons donc trois enfants de 8 à 12 ans (c’est justement la tranche d’âge des lecteurs) de modeste condition, voir des souffre douleurs. On comprend très vite qu’ils ont en eux les germes de ce qu’ils veulent être adultes Enguerrand l’aîné est garçon d’écurie et aspire à être écuyer pour devenir chevalier. Aliénor la plus jeune est aussi très vive et fonce tête baissée, protectrice des animaux. Et il y a leur ami Grégoire qui est entre les deux, lui a des prédispositions pour la magie, il écrit un grimoire, dont on a un petit aperçu en fin de volume (texte et illustrations).

Bien sûr notre trio est ami d’une « sorcière » Brisaine une conteuse des légendes des Trois-Dragons. Elle les nourrit de toutes ces histoires. Puis, on découvrira d’autres personnages…

Ce sont des personnages positifs, purs et gentils.

Vous vous doutez bien qu’il y a les « méchants » qui vont essayer de leur mettre des bâtons dans les roues.

Dans ce premier tome nous découvrons donc cet univers et une partie du passé de ce royaume. Quelques parts d’ombre, et ce n’est pas que le Bois qui est d’Ombre, les âmes aussi. De nombreux rebondissements vont faire palpiter les lecteurs. J’ai été prise dans cette histoire.

Nos trois jeunes héros vont devoir mener une mission périlleuse avec les épreuves.

Les thématiques autour de la forêt, la magie, l’amitié, l’honneur sont très présentes.

J’ai adoré ce premier tome, j’ai très envie de lire les autres tomes de la saga. On a tous les bons ingrédients pour un bon roman fantasy et un conteur qui sait faire vibrer le lecteur.

Je vous laisse découvrir leurs mésaventures.

Challenge 15K, catégorie « #30 Les Musclés »

#payetonslip

Blackwater. T1 La crue

Michaël McDowell

Trad.Yoko Lacour avec participation d’Hélène Charrier

Monsieur Toussaint Louverture, avril 2022, 256 p., 8,40 €

Challenge 15K #1 Dorothée

Challenge de L’Été VLEEL « une maison d’édition indépendante encore jamais lue »

4e de couv. :

Pâques 1919, alors que les flots menaçant Perdido submergent cette petite ville du nord de l’Alabama, un clan de riches propriétaires terriens, les Caskey, doivent faire face aux avaries de leurs scieries, à la perte de leur bois et aux incalculables dégâts provoqués par l’implacable crue de la rivière Blackwater.

Menés par Mary-Love, la puissante matriarche aux mille tours, et par Oscar, son fils dévoué, les Caskey s’apprêtent à se relever… mais c’est sans compter l’arrivée, aussi soudaine que mystérieuse, d’une séduisante étrangère, Elinor Dammert, jeune femme au passé trouble, dont le seul dessein semble être de vouloir conquérir sa place parmi les Caskey.

Mes impressions de lecture :

Eh oui j’ai succombé à l’appel des sirènes médiatiques, la communication a été menée sur le long terme. Je n’ai pas été sélectionnée par Babelio, ni par la maison d’édition, ni par les différents concours.

Oui, la couverture a joué un rôle. L’objet livre a attiré mon attention. Il paraissait plus grand sur les photos des réseaux sociaux, une fois en main sa petite taille a des avantages.

Avoir écouté l’éditeur lors d’une rencontre sur VLEEL, a eu un certain impact. Voir : ICI

Cependant, ce qui m’a surtout attiré, c’est qu’il s’agit d’un roman feuilleton. Ce format à un certain charme qui m’a toujours plu. Et enfin et surtout c’est la thématique de l’eau qui a vraiment titillé ma curiosité.

C’est un roman qui a été publié la première fois en  1983. Et jusqu’à cette publication chez Toussaint Louverture je n’en avais entendu parler. J’étais curieuse de voir pourquoi il avait été choisi pour refaire surface.

L’histoire se déroule au début en 1919-1920 dans l’Alabama. Mais les il a été écrit en 1983. Les mœurs avaient évolué que ce soit en ce qui concerne le féminisme ou la condition des afro-américains, il y a certaines petites phrases qui attirent l’œil. Cela aussi l’intriguait de voir comment l’auteur allait jongler avec ces différentes idées. Sans parler du fait qu’il s’agisse d’une traduction, je ne saurais dire si la traductrice à aussi laissé son empreinte.

J’ai beaucoup aimé la touche de « fantastique » et de réalisme merveilleux qui confère à l’intrigue une part de mystère.

On est dans une sorte de huis clos alors qu’on est au milieu de la nature. Ce petit microcosme est un concentré de la société. Les émotions sont exacerbées. On nous parle d’un monde en apparence patriarcal mais où certaines femmes fortes ont la main mise sur le pouvoir local.

Il y a des familles, véritables clans. Chacun joue un rôle dans cette société. Chaque membre a une place qui lui est assignée. L’arrivée de la mystérieuse inconnue va venir bouleverser l’équilibre qui était en place.

Je me suis régalée avec la thématique de l’eau qui est omniprésente.

On a une belle mise en place des personnages, des lieux et des situations de départ. On a des rebondissements et de l’action. Je suis curieuse où Michaël McDowell va nous entrainer dans les prochains épisodes.

La ville, la maison, la famille, la filiation… et la rivière et la forêt, tout est propice aux mystères.

Ce roman a su capté mon attention, cela tombe bien car j’ai acheté la suite !

NB : se roman aurait pu être dans d’autres catégories du challenge 15 K. ainsi que dans le challenge VLEEL.

Bonne lecture

#payetonslip 4/25

Le sang des sirènes

Thierry Serfaty

Le Livre de poche, 2002, 248 p.

Challenge 15K  #29 Allo allo monsieur l’ordinateur

4e de couv :

Sur fond de piratage informatique et d’espionnage industriel, le roman de Thierry Serfaty – Prix Polar 2000 – explore les limites de l’au-delà et du monde virtuel. Dans ce stupéfiant scénario, un chercheur en immunologie nous entraîne – malgré lui ? – dans une guerre impitoyable entre laboratoires de recherche. Au centre de cette série noire, Jan Helleberg n’a qu’un tort : ne pas croire en l’immortalité. C’est pourtant lui qui revient six mois en arrière, en chair et en os, pour enquêter sur les circonstances troublantes de sa propre mort – mais à une seule condition: ne rien changer au cours de l’histoire. Une intrigue hallucinante, une construction d’une habileté démoniaque pour un thriller scientifique high-tech, brillante variation autour de La Petite Sirène d’Andersen, qui impose Thierry Serfaty comme un jeune talent qui n’a rien à envier aux auteurs anglo-saxons.

Mes impressions de lecture :

Je me suis laissée séduire par « sur fond de piratage informatique » et « un thriller scientifique high-tech » ce qui correspondait à un item du Challenge de Mr Cabrik 15K. Mon cerveau avait juste oublié de noter que ce roman avait eu un prix en 2000.

La thématique de l’informatique est assez succincte car l’histoire se déroule en 1997. Oui il y a un ordinateur, des transmissions, du piratage… mais des disquettes et des CD-Rom. Le téléphone portable n’était encore un objet qu’on oubliait à la maison. C’est intéressant de réaliser que lorsque ce roman a été écrit c’était super technologique ces quelques éléments, à la pointe du progrès.

C’est un roman policier à énigme, même si les enquêteurs ne sont pas des policiers.

L’originalité du roman tiens à sa légère part de fantastique. Le personnage principal meurt et c’est le black out dans sa mémoire mais une entité qu’il appelle « la vie » lui permet de revivre dans sont corps les six derniers mois pour pouvoir mourir en comprenant pourquoi il a été assassiné. Il ne doit pas changer les grandes lignes de sa fin de vie. On le voit donc revivre son quotidien avec les trahisons, ses doutes et ses questionnements  de l’époque  tout en connaissant la fin de sa vie. C’est bien raconté. C’est drôle de voir le personnage revivre les événements en mettant en avant les possibles coupables. Cela donne lieu à hypothèses et des fausses pistes.

On a un autre fils narratif avec l’enquête « après la mort de Jan » menée par deux journalistes. Sa dernière compagne est interrogée par une journaliste qui veut écrire un article plus détaillé qu’une simple nécrologie. Une source proche de l’enquête lui a fait comprendre qu’il ne s’agit ni d’un suicide, ni d’un simple accident. C’était très intéressant de voir les deux femmes démêler les mystères. C’est aussi une façon d’avoir un autre regard que celui de Jan revivant son passé.

La fin est surprenante. La résolution aura lieu. Les coupables seront identifiés, Justice sera faite, d’une certaine façon. Je vous laisse découvrir le développement choisi par l’auteur.

Bonne lecture.

NB : ce roman pouvait aussi entrer dans la catégorie #23 MacGyver

Le roman-photo

Clémentine Melois & Jan Baetens

Le Lombard, La petite Bédéthèque du savoir n°26, 2018, 87 p., 10 €

Challenge de l’été VLEEL « un livre choisi pour son physique »

4e de couv. :

Né au sortir de la Deuxième Guerre mondiale en Italie, le roman-photo est devenu, avec une rapidité encore jamais vue, l’un des médias les plus populaires du XXe siècle. Souvent méprisé pour ses approches fleur bleue assumées, le roman-photo est en réalité un mode d’expression aux codes riches et subtils.
Le présent ouvrage se donne pour défi de rendre à ce genre, varié et particulièrement dynamique, l’intérêt qu’il mérite.

Mes impressions de lecture :

J’ai suivi le travail de Clémentine Mélois sur les réseaux. Je l’ai découverte avec ses détournements de titres et/ou avec « les Papous dans la tête » sur France Culture. J’ai lu un de ces albums jeunesse et son détournement de photo-roman « Les six fonctions du langage » un OLNI jouissif.

Tout d’abord un petit mot sur l’objet livre. Le format (14×19) couverture rigide, le dos et les coins sont en noir comme les vieux carnets. Couverture très colorée illustrée par deux personnages typique des vieux romans-photo mais ni le format ni la présentation extérieur ne peut porter à confusion. Avant de l’ouvrir on s’interroge car on ce demande ce que contient ce drôle de carnet.

A l’intérieur beaucoup de travail artistique dans la présentation des informations. On a du collage, de la photo, de la reproduction de planches de roman-photo, cine-roman, roman dessiné (etc), des publicités souvent détournées, des photomontages.

Le contenu est très sérieux au niveau des recherches et des informations mais le format décomplexe le lecteur car c’est aussi très visuel.

C’est organisé en chapitres thématiques, étape par étape on découvre un ouvrage très construit malgré la somme de données et d’informations qu’il fournit.

J’ai beaucoup aimé les textes détournés, les différents types d’écrits et d’illustrations. L’aspect carnet de travail est très agréable car cela ne donne pas l’impression de lire un « essai ». J’aime beaucoup le côté gai-savoir, apprendre sans s’en rendre compte.

Ce qui m’avait arrêté lors de sa sortie c’est justement que j’avais peur que ce soit trop théorique, alors quand on me l’a prêté en me disant que c’était un plaisir de le lire je n’ai pas hésité.

Intelligent et drôle. J’ai découvert que c’était le 26 tome d’une collection « La petite Bédéthèque du savoir de chez Le Lombard. Il existe d’autres titres avec d’autres auteurs.

Il se trouve qu’il allait bien avec le challenge de l’été VLEEL.

Voir aussi :

« Les six fonctions du langage »

#payetonslip 2/20

#Challenge 15 K 2/30

Ce qu’il faut de nuit

Laurent Petitmangin

La manufacture du livre, 2020, 188 p.16,90 €

Challenge VLEEL de l’été catégorie « Un livre que je n’aurais jamais lu sans VLEEL »

4e de couv. :

C’est l’histoire d’un père qui élève seul ses deux fils. Les années passent et les enfants grandissent. Ils choisissent ce qui a de l’importance à leurs yeux, ceux qu’ils sont en train de devenir. Ils agissent comme des hommes. Et pourtant, ce ne sont encore que des gosses. C’est une histoire de famille et de convictions, de choix et de sentiments ébranlés, une plongée dans le cœur de trois hommes.
Laurent Petitmangin, dans ce premier roman fulgurant, dénoue avec une sensibilité et une finesse infinies le fil des destinées d’hommes en devenir.

Mes impressions de lecture :

J’ai entendu parler de ce roman lors de sa sortie, puis lorsqu’il a eu un prix Femina des lycéens. Cependant l’aspect social/politique m’avait freiné. L’aspect trop « réaliste » de certains romans contemporains me dérange.

Lorsque Laurent Petitmangin a participé à une rencontre avec les lecteurs de VLEEL pour présenter son dernier roman paru « Ainsi Berlin », ils sont évidemment revenus sur le succès du premier. Et la ma curiosité a été titillée. Je n’aime pas rester un à-priori, alors j’ai acheté le roman.

Je ne connais pas la Lorraine malgré tout les problèmes économiques et politiques sont parfois abordés dans l’actualité. Le clivage cheminot de gauche et jeune qui est séduit par l’extrême droite est au cœur du sujet. Ce qui est intéressant dans ce roman c’est que c’est très contemporain puisqu’il parle des élections présidentielles de 2017 et des mois qui ont suivis.

Il aborde aussi la volonté de certains enfants d’ouvriers de vouloir sortir de leur condition et de la fracture sociale que cela peut engendrer (ex. Jérémy/Fus).

Ce qui m’a plu dans ce roman c’est que le narrateur est le père. Il utilise peu le « je », il raconte l’histoire de son fils, de sa famille, de son entourage. Il a la position de l’observateur qui se souvient qui reconstruit tout en étant au cœur du drame. On ne peut pas parler de mise à distance pour se protéger ou pour se trouver des excuses. On ne sait pas à qui il s’adresse, à lui-même peut-être. Il est question d’un homme qui est dépassé par toutes les épreuves de la vie, il ne minimise pas son rôle dans le drame qui va bouleverser sa famille.

Laurent Petitmangin joue avec les chapitres courts et les ellipses. Il y en a une qui m’a fait revenir à la page suivante (122-123) car il y a un tel reversement entre les deux situations que j’ai cru avoir sauté une page. C’est un roman très construit, pas après pas on voit les conséquences des situations ou des choix.

J’ai beaucoup aimé le jeu de miroir dans la narration. Le plus flagrant c’est « tous les dimanches ils allaient à l’hôpital » et puis ensuite les visites plus ou moins régulières au fils, avec le trajet et tout ce qui s’en suit.

C’est un beau et terriblement roman sur la paternité et les relations père/fils. Il y a un côté « chronique d’un drame annoncé ».

Je remercie le groupe de VLEEL pour ces rencontres en ligne et de m’avoir incité à lire ce roman.

Challenge #payetonslip 1/20

Challenge15 K 1/30 « #Olive et Tom »