Même les araignées ont une maman

Alain Gagnol
Éditions Syros, 8 octobre 2020, 464 p, 17,95 €

Mes lectures Syros

même les araignées

4e de couv. :
« Cette fille n’est pas seulement bizarre. Elle est un gros bloc de mystère enseveli sous une épaisse couche de secrets. » Depuis quelque temps, Thomas ne dort plus. Il a de quoi être inquiet : son chat a disparu alors qu’un tueur d’animaux sévit en ville… Une nuit, il distingue une silhouette dans son jardin. Malgré le masque d’opéra chinois qui cache son visage, Thomas reconnaît Emma, sa voisine. Ce qu’il ne sait pas encore, c’est qu’Emma est télépathe, et que ce don extraordinaire pourrait peut-être les mener jusqu’au tueur. Ou mener le tueur à eux.

Mes impressions de lecture :

Oh le nouveau Alain Gagnol !

J’avoue que le titre m’a un peu inquiété mais comme j’aime bien ce qu’écrit cet auteur je lai ai fait confiance. J’ai souris lorsque j’ai découvert la signification de cette pensée. Elle reflète bien ce qui se passe… A vous de le découvrir !

La couverture est magnifique, elle est très explicite une fois qu’on a commencé la lecture !

Une nouvelle fois Alain Gagnol nous présente une adolescente avec une particularité hors norme. J’avais adoré comment il avait démonté le côté tentant de devenir un super Héros dans la trilogie « Power Club ».  Il brise ici les clichés sur la télépathie,  le fait de lire dans les pensées ce n’est pas que ce qu’on pense à première vue.

J’ai noté trois fil rouges (vous en trouverez plus ou d’autres) le premier est celui du handicap, de comment vivre avec les autres, leur regard et leurs préjugés.

On peut parler de roman de formation, car on va découvrir comment une ado va affronter la vie et apprendre à vivre avec son « handicap ». Le père à essayé mais il a ses limites et ses barrières émotionnelles. Il faudra la rencontre avec un autre ado pour qu’elle prenne son problème sous un autre angle et du coup avancer malgré les risques mortels. Les ados ont plus de ressources qu’on ne croit.

Emma et son père vivaient en vase clos pour protéger Emma. Il n’a trouvé que cette solution. Mais Emma a 16 ans et elle est sortie de l’enfance. Elle apprend à vivre par elle-même  pour que tous les deux ne finissent par transformer ce lieu de protection en prison émotionnelle pour tous les deux.

Il va y avoir les premiers émois amoureux et cela va aussi jouer un rôle dans ce besoin d’aller de l’avant.

Mais ce roman est aussi un thriller, pas de doute, au niveau tensions émotionnelles ont va être servis et nos protagonistes aussi. La mort rode autour de leur quartier et à se mêler des affaires d’un tueur on prend de gros risques. Le final est terrible !

Emma va devoir apprendre à se protéger pour affronter les épreuves et les pensées perverses et négatives. C’est plusieurs degrés au-dessus de la vie quotidienne.

Actions et rebondissements vont vous faire bondir de votre fauteuil plus d’une fois.

Les deux personnages sont touchants et forment un duo positif. On entre facilement en empathie avec ce qu’ils ressentent. Il y a des moments très émouvants surtout lorsque Emma découvre certaines douleurs chez les gens qu’elle croise.

C’est un roman à la première personne tantôt Emma, tantôt Thomas nous permets de les suivre dans leur cheminement. Il y a bien sûr toutes les « je » que lis Emma dans les pensées des gens qu’elle croise, cela donne d’autres façons de dialoguer.

Alain Gagnol a trouvé une jolie façon de nous parler de la télépathie. Je remercie les Éditions Syros de leur confiance

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Qui en parle ?

Jangelis

L’Ado accro aux livres

power club
power club 2
power club 3

Cannibale

Danielle Thiéry
Editions Syros, 8 octobre 2020,384 p., 16,95€

Mes Lectures Syros
En librairie le 8 octobre 2020
Chronique Jeunesse du mercredi !

cannibale

4e de couv. :
Victime ou manipulatrice ? Vous avez des raisons d’avoir peur.
La nuit de la fête de la musique, une jeune fille est retrouvée au bord d’une route, incohérente et désorientée, incapable de dire qui elle est. Dans la forêt toute proche, un groupe de lycéens célèbrent le début de l’été, mais l’ambiance a du mal à décoller. Ils ont participé à une course d’orientation « sans portables ni objets connectés », et deux d’entre eux manquent à l’appel. Personne n’a revu Roxane et Rafaël depuis le matin. À l’hôpital, l’inconnue apparue sur la route sort doucement de sa léthargie et livre au capitaine Marin ses premiers mots…

Mes impressions de lecture :

C’est un roman qui nous entraîne dans les méandres de l’esprit humain pervers au psychisme torturé.

Une première scène forte nous présente une jeune fille agressée et traumatisée. On sent un malaise car ce n’est pas clair du tout.

Nous avons aussi une sensation de malaise à l’hôpital autour de la « victime » et un malaise chez l’enquêteur.

On découvre ensuite la famille du gendarme Marin en charge de l’affaire. Ambiance tendue. La mère est hors circuit, en pleine dépression. Le père essai de se refaire une réputation. La fille une adolescente en colère.  Le père et la fille s’affrontent. Elle cache des choses à son père se qui va compliquer les recherches et créer a instauré un climat de suspicion. Cela va mettre des bâtons dans les roues des enquêteurs.

On va découvrir les liens qui lient les deux jeunes filles. Le commandant Marin est là entre les deux et il n’a pas une complète confiance en elles.

Très vite, il va se poser des questions mais c’est tellement énorme qu’il a du mal à le croire. Et puis de la conviction de l’enquêteur à la présentation de preuves il y a un gouffre.

Le passé va rattraper Marin et Roxane, se crée alors un effet miroir entre ces deux histoires.

Danielle Thiéry joue avec la thématique victime/bourreau. Avec une manipulatrice dans la place cela ouvre un éventail de possibilités.

On va avoir deux duos père-fille très différents dans leur fonctionnement.

On a des passages où Roxane dit ce qu’elle pense et ce qu’elle va faire. Du coup, le lecteur à la confirmation de ce que les gendarmes suspectent mais dont ils n’ont pas la preuve.

Pendant ce temps il y a des disparus qu’on recherche plus ou moins.

Il y a des aspects du quotidien autour des relations avec des ados (en famille ou entre eux), de la présence des réseaux sociaux et de l’opinion publique qui ancrent le texte dans le présent. La manipulation se fait donc à plusieurs niveaux.

La situation va connaître des dérapages et des rebondissements. Marin va se retrouvé pris dans une spirale infernale et on souffre pour lui et avec lui. La tension dramatique va connaître plusieurs pics. Les recherches sur les disparitions inquiétantes vont s’en ressentir.

Dans le dernier quart, on va voir une évolution dans les relations. Les cartes vont à nouveau être redistribuées. Les atouts vont-ils changer de main ? Il va y avoir une accélération dans les événements.

Je vous laisse découvrir les mécanismes diaboliques mis en œuvre par Danielle Thiéry. Tout ce que je peux dire c’est que la fin ma laissée sur ma faim… «Ce n’est pas possible elle ne peut pas nous laisser comme ça ???!!!» me suis-je dit.

J’ai découvert cette sorte de « cannibalisme » et le syndrome de Cendrillon que je ne connaissais pas.

« Cannibale » est un thriller young adulte palpitant et bien mené. Le lecteur est impuissant face à ce qui se produit ainsi que les protagonistes.

Je remercie les Éditions Syros de leur confiance.

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La fenêtre au sud

Gyrdir El­íasson

Trad. Catherine Eyjólfsson

Editions la peuplade, septembre 2020, 161 p., 18 €

Masse critique Babelio / éd. La Peuplade

Rentrée littéraire 2020

fenêtre au sud

4e de couv. :
Quelque part en Islande, au bord de la mer, un village de maisons noires fait face à l’infini de l’eau. Dans son repaire, un romancier peine, sur sa vieille Olivetti, à écrire la vérité d’un couple parti en vacances pour se retrouver. Qui s’amuse ? se demande-t-il, déposant les feuilles dactylographiées sous la fenêtre sud claire. La radio, pendant ce temps-là, donne des nouvelles d’un autre monde : le séisme de Fukushima, l’assassinat de Ben Laden, la guerre en Syrie. Au rythme des quatre saisons de l’année, comme un contrepoint nordique aux célèbres concertos de Vivaldi, La fenêtre au sud transforme cette histoire simple d’amour et de fantômes en un livre immense sur les crépuscules de la création. L’encre s’épuise, l’écrivain tapera bientôt blanc sur blanc, traversant la page comme on marche dans la neige.

Mes impressions de lecture :

J’ai découvert cet auteur cet été avec « Au bord de la Sandá » et ce fut un coup de foudre littéraire. J’étais en adéquation avec ce qu’il racontait et le personnage qu’il avait créé.

Cette fois-ci Gyrdir Eliasson met en scène un écrivain face à la mer. Un solitaire qui essai d’écrire dans un petit village de pêcheur islandais.

Mais voilà l’inspiration cela ne se commande pas. Il essai d’écrire le roman attendu par son éditeur et ce sont des poèmes qui lui viennent à l’esprit.

C’est un roman à la première personne alors on va avoir des monologues intérieurs et des scènes avec des interactions extérieures.

On va découvrir les petits parasitages qui font dériver ses pensées…

La famille, sa mère et sa sœur par téléphone interposé vont venir créer des interférences dans sa quête de tranquillité. Il y a une certaine régularité, surtout avec sa mère, une ponctuation temporelle.

D’autre part on a le propriétaire et ami qui lui prête la maison et son éditeur qui ponctuent leurs appels par des notions de temps… mais il arrive à repousser les dates butoirs.

Sa vieille machine à écrire qui s’emmêle les marteaux et le ruban qui s’abîme, ils rappellent l’usure du temps.

Les vacanciers qui viennent tous le week-end pendant la belle saison. Cela rythme ses semaines, car il perd la notion du temps à vivre ainsi en dehors de la vie sociale.

On lui prête gracieusement la maison, il y a donc un côté temporaire.

Ces lectures le plongent de plus en plus dans les souvenirs littéraires du passé, il retrouve des éditions qu’il avait étant plus jeune. Il en est de même pour le cinéma. C’est comme s’il se créait une bulle temporelle faite de bons souvenirs.

Les mauvaises nouvelles du monde lui parviennent par la radio, seul média qu’il s’autorise à petite dose. Nous sommes en 2011.

La musique tient une certaine place. Son ouïe est souvent sollicitée par la nature ce qui forme un contraste avec le glissement vers un certain mutisme, économie des mots.

Les rêves aussi faussent la relativité du temps. Il y a quelques scènes où la réalité est un peu irréelle.

J’aime beaucoup la composition du texte, qui ressemble à des réflexions dans un journal même s’il n’y a pas de date. On va avoir ainsi une alternance de tous les sujets dont j’ai parlé précédemment. On a aussi l’avancée (ou non-avancée) des scènes du roman en cours de création. Cela forme comme un tableau impressionniste. Il excelle dans l’art de l’ellipse.

Il y a beaucoup de références culturelles : littérature, cinématographiques, musicales, pictographiques…

Il partage ses réflexions autant sur ce qu’il écrit que sur ce qu’il lit.

Le narrateur à un côté désabusé, presque cynique. J’ai adoré ses réparties lorsqu’on lui dit qu’il est écrivain, ou sur son travail. Il y a de l’humour et de l’autodérision dans ce qu’il nous raconte, en contrepoint comme pour ne pas basculer dans la mélancolie totale.

Et l’amour dans tout ça me direz-vous ? il a un amour mystérieux, secret dont on ne saura pas grand-chose. Il y a une relation entre ce qu’il vit et ce qu’il arrive à écrire (ou plutôt ce qu’il n’arrive pas à écrire).

Au fur et à mesure on voit se dessiner le portrait du narrateur au fur et à mesure de l’avancée de la narration car toutes ses réflexions, introspections font avancer le récit de ces mois passés dans ce lieu isolé et magnifique.

J’ai adoré ses relations avec sa machine à écrire, les lettres qui s’emmêlent et l’encre qui s’épuise… Petit à petit on a l’impression que les mots qui resterons visibles seront les plus importants. Il brûle beaucoup de ses écrits, là aussi il ne restera que l’essentiel. On a presque l’impression de le voir et on sent que la fin sera sur la même idée…

Tout s’estompe au fil des mois qui passent. On le retrouve dans l’utilisation des couleurs si on retrouve des touches de vert, de jaune et de rouge. Il y a une prédominance de noir, de blanc et de gris…

D’avoir lu les deux romans à la suite, « Au bord de la Sánda » où l’on suit un peintre qui remets sa vie en cause et dans « Fenêtre au sud » avec cet écrivain qui se questionne aussi on a comme un diptyque. De la rivière à la mer… il sème des petits cailloux dans ces deux romans différents. Je n’ai pu m’empêcher de chercher un fil rouge… Par exemple cette femme mystérieuse sur la plage qui fait écho à la femme en rouge dans la forêt…  Est-ce que le prochain roman nous parlera d’un musicien ?

Ce roman est un coup de cœur pour sa poésie et une nouvelle fois il y a des échos personnels.

Je remercie Babelio et les éditions de la Peuplade de m’avoir permis de lire ce roman de la rentrée.

NB: Dans ma wish list de Noël il y a « Les excursions de l’écureuil » si je ne craqua pas avant !

peuplade
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kokeshi coup de coeur
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au bord de la Sanda

Requiem pour une apache

Gilles Marchand
Éditions Aux Forges de Vulcain,  août 2020, 414 p., 20 €

Mes lectures Aux Forges de Vulcain
Rentrée Littéraire automne 2020

requiem

4e de couv.:
Jolene n’est pas la plus belle, ni forcément la plus commode. Mais lorsqu’elle arrive dans cet hôtel, elle est bien accueillie. Un hôtel ? Plutôt une pension qui aurait ouvert ses portes aux rebuts de la société : un couple d’anciens taulards qui n’a de cesse de ruminer ses exploits, un ancien catcheur qui n’a plus toute sa tête, un jeune homme simplet, une VRP qui pense que les encyclopédies sauveront le monde et un chanteur qui a glissé sur la voie savonneuse de la ringardisation.

Mes impressions de lecture :

Lorsqu’on débute une histoire de Gilles Marchand on se demande où il nous entrainera, dans quel confins de la littérature il nous emportera… On sent dans chaque histoire qu’il raconte un brin de nostalgie et de souvenirs, un soupçon de tendresse et de passion, quelques pincées de rêverie et de poésie, quelques notes de musique,  quelques gouttes de malice et d’humour, quelques rasades d’équité et de tolérance… mais d’un roman à l’autre et d’une nouvelle à l’autre le mélange épicé varie et les dosages aussi…

Nous allons faire un bond dans le temps et nous embarquer pour un voyage dans les années 60 jusqu’au début des années 80 à Paris. Bien entendu avec le voile narratif les teintes sont passées par le prisme de l’imagination de l’écrivain.

Des souvenirs d’enfance à ceux de l’âge adulte d’une ribambelle de personnages qui ont traversé ces années-là avec des difficultés émotionnelles.

L’écriture de Gilles Marchand est souvent qualifiée de « musicale » avec de nombreuses références musicales et une play-list qui identifie chaque personnage… A chaque pause lecture j’écoutais le morceau cité. Dans la composition du texte il y a des passages qui ressemblent à des ritournelles grâce à des répétitions, des anaphores (et autres variantes). Il y a aussi des passages qui font penser à des refrains où le narrateur reprend les idées déjà développées. Le fait que le narrateur soit un ancien chanteur et musicien explique aussi c’est jeux avec les sonorités dans la manière de raconter.

Je suis sûre qu’avec une lecture à haute voix on se rendrait encore plus compte de la rythmique. Une étude plus poussée mettrait en évidence d’autres procédés littéraires et rhétorique.

J’ai bien aimé retrouver le style qu’on retrouve dans l’écriture de Gilles Marchand, comme par exemple l’énumération. Par exemple on va passer de la présentation détaillée des personnages principaux à une liste de personnages à peine esquissés. Là aussi j’ai pensé à des chansons.

Les instruments de musique jouent un rôle dans la narration dans le passé ou le présent… de la guitare à l’harmonica… de la musique à la musique de film il n’y a qu’un pas pour les références cinématographiques qui sont très importantes pour la narration.

On comprend d’entrée que cela ne peut que mal finir. Il y a des tournures de phrases qui préparent le lecteur… Un exemple d’entrée le narrateur nous parle de « légende » et de la dimension « d’héroïne ». Il dit aussi « si nous avions su » « si nous avions fait ceci ou pas fait cela »…

Si l’idée d’un lieu qui accueille les éclopés de la vie pourraient faire penser à un roman feel good, oublié cette idée tout de suite. Ici cela va se compliquer dès l’arrivée d’un nouveau personnage qui porte en lui une colère qui n’est pas apaisée. Jolène va créer involontairement un déséquilibre dans cette stabilité précaire. Ils étaient dans le renoncement, la résignation face à la société. Pas dans la résilience juste l’acceptation et le besoin de devenir invisibles.

La vie des personnages principaux est introduite après une sorte de résumé de ce qui se passe au présent. On a ainsi des ruptures entre le passé et le présent.

Plus avant dans la narration, on verra à travers le récit du narrateur que les personnages vont se raconter entre eux. Entre ce que lui dit d’eux et ce qu’eux disent d’eux-même on sent la différence de perspective.

Le réel merveilleux fait aussi partie des histoires de Gilles Marchand, on a ici des « dérives » avec entre autre les personnages d’Alphonse et de Gérard. Cela ajoute à la poésie déjà présente dans la narration.

On retrouve aussi la thématique du handicap physique ou mental, celui qui isole ou met l’humain au ban de la société, c’est une thématique récurrente dans l’œuvre de Gilles Marchand. La « Dignité »  est une des préoccupations importantes dans ces écrits.

Il explore tout ce qui peut mettre l’Homme à part, que ce soit les différences au niveau économique, social ou culturel. Ajoutez à cela le passage par la case « prison ».

La situation «intellectuelle » explique que les personnages n’est pas pris la mesure du drame qui se joue autour d’eux. Ils ne se rendent pas compte de la portée de leurs paroles et de leurs actes. Ils vont être dépassés par les événements puisqu’il n’y a aucune stratégie, ils ont dans l’émotionnel.

Le personnage de Jolène prenant le leadership d’un groupe d’homme m’a fait penser Joanna de « Et j’abattrais l’arrogance des Tyrans » de Marie-Fleur Albeker avec toutes les différences que les deux héroïnes malgré présentent.

Que l’histoire se transforme en drame est compensé par l’idée qu’ils ont repris courage, qu’ils ont repris pendant quelques instant leur vie en main, ou comme dit Gilles Marchand « ils se sont rappelés qui pouvaient être debout».

Ce roman aborde de nombreux sujets comme par exemple celui de l’identité. Que ce soit dans le regard de l’autre que dans le nom que l’on porte.

J’ai aussi noté l’utilisation des sens pour exprimer des sentiments. L’odeur de « Suzanne » le côté tactile avec « Alfonse » l’ouïe avec la musique (entre autre) la vue avec le regard artistique, le regard intérieur et le regard que s’échangent les personnages…. cela donne « corps » à  quelque chose impalpable

Je vous en parlerai encore longtemps car c’est un roman très riche en thématiques mais je préfère vous laisser découvrir avec votre sensibilité.

A chaque fois que je lis un roman de Gilles Marchand je le trouve encore meilleur que le précédent mais ils ne sont pas comparables car ils sont différents chacun à sa singularité et son charme. A chaque fois c’est mon préféré !

Vous l’aurez compris c’est un coup de cœur, maintenant il me reste plus qu’à attendre le prochain roman.

Maintenant que je vous ai parlé du texte sans vous dévoiler les différents rebondissements et l’histoire je vais partager avec vous des histoires de lectrice…

NB : j’ai trouvé des clins d’œil à certains romans des éditions Aux Forges de Vulcain. Le plus évident grâce au poème de Louis Aragon « A crier dans les ruines » … J’ai fait le lien avec le roman d’Alexandra Koszelyk qui porte aussi ce nom.

J’ai aussi remarqué  le titre d’un autre roman que je n’ai pas lu « Incivilités fantômes » de Rivers Solomon.

Je vous souhaite une bonne lecture.

kokeshi coup de coeur
kokeshi rentree

Mes anecdotes de lectrice :

Un jour sur Facebook, je découvre que Gilles Marchand et son éditeur David Meulemans étaient invités à la librairie Torcatis à Perpignan le 25 septembre, à une heure de chez moi. Ni une ni deux je trouve quelqu’un pour me remplacer à la médiathèque. J’entoure la date sur le calendrier… partage l’info… une vrai fan ! une gamine…ce qui amuse mon entourage… J’assume

J’ai filé acheter le roman et le lire avant la rencontre !

Avec ma meilleure amie que j’ai embarquée dans l’aventure nous étions devant la librairie avant l’heure…  Bien sûr le train de Gilles Marchand à eu du retard à cause de perturbations climatiques… Comme pour donner à cette rencontre un côté « réalisme magique » comme pour marquer cette venue. un vent terrible a abîmé les caténaires.

J’avais écris le brouillon de ma chronique avant la rencontre pour ne pas me laisser influencer. Pendant cette rencontre où un médiateur nous a exposé l’histoire et a posé des questions pertinentes notre duo auteur-éditeur nous a livré quelques anecdotes et réflexions autours des sujets abordés dans le roman. Puis les lecteurs se sont aussi exprimés. C’était très intéressant d’entre ce que les autres lecteurs attentifs avaient à dire des romans de Gilles Marchand et les réponses des deux intervenants. Cela m’a paru court car les échanges étaient très agréables et drôles, et intéressants. Ce genre de rencontre permet de se poser des questions sur notre lecture et sur le travail d’écriture. Confronter son regard avec les acteurs du livre est enrichissant.

Il a été question de roman social ou/et politique, et de la place de l’humain au centre de l’histoire. C’est un aspect que je n’ai pas développé dans mes impressions de lecture car je ne suis pas trop calée sur ces sujets là.

Les lecteurs ont aussi fait référence à la musique et de poésie… entre autres sujets. Un autre roman de Gilles Marchand a fait forte impression «Une bouche sans personne ».

Une lectrice a fait mention du fait que les personnages bougent assez peu et restent dans cette pension. Je n’ai pu répondre car une autre lectrice a enchainée avec une autre question. Je voulais dire que pour moi le mouvement se fait entre le passé et le présent à travers leurs souvenirs et leurs déplacements plutôt passé vers l’a venue comme aboutissement. La pension est comme un cocon maternel. Ce qui aurait rejoint mon intervention sur la question d’identité et de renaissance.

Mon humble contribution à la discussion portait sur le fait que les personnages étaient présentés par des surnoms. Ces noms qui vous qualifient plus justement que les prénoms de naissance que nos parents nous donne avant de nous connaître. Comme une deuxième naissance à l’âge adulte. Gilles Marchand m’a fait remarquer que c’est le narrateur et sa subjectivité  qui nous parle des personnages et de leur surnom. «le nom est en rapport avec la sphère familiale et le surnom est en rapport avec la société»  «le surnom apparaît avec le collectif».

J’ai beau suivre Gilles Marchand et David Meulemans sur les réseaux sociaux et lors de  leurs d’interviews retransmises c’est autre chose d’être là, présente et à l’écoute. C’est comme pour ma chronique ci-dessus j’aurai aimé prolonger la discussion ! J’ai un partenariat informel depuis 7 ans avec les Forges de Vulcain cette rencontre est un prolongement de nos échanges.

C’est dans cet échange qu’on se rend compte qu’on ne parle pas tous de la même façon d’un même roman chacun va mettre en avance certaines sujets qui l’on marqué.

J’ai été heureuse de les voir en « vrai », c’était comme continuer une discussion commencée à l’écrit.

Gilles Marchand a même joué le jeu en se faisant photographier avec mon « avatar », ma kokeshi !

Je vous conseille donc si vous en avez la possibilité d’aller les rencontrer.

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Nos chevaliers masqués très attentifs …

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mirages plein les poches

Une saison à Hydra

 Elisabeth Jane Howard

Trad . Cécile Arnaud

Intro : Sybille Bedford

Editions de la Table Ronde, La Petite Vermillon, 2020, 544 p., 8,90 €

Existe aussi au Quai Voltaire pour ce qui aime le grand Format.

Mes lectures de la Table Ronde

saison hydra vermillon

4e de couv. :

À soixante et un ans, Emmanuel Joyce est un dramaturge à succès. Accompagné de sa femme Lillian et de son manager dévoué Jimmy Sullivan, qui partage leur vie nomade, il s’apprête à quitter Londres le temps de repérer une comédienne pour la production de sa dernière pièce à Broadway. Alors qu’aucune candidate ne fait l’affaire, surgit l’idée de confier le rôle à Alberta, sa secrétaire de dix-neuf ans, tout droit sortie du presbytère de son père dans le Dorset. Seulement, il faudra lui apprendre le métier. Ils embarquent pour l’île grecque d’Hydra où Jimmy aura six semaines pour faire répéter l’ingénue, tandis qu’Emmanuel tâchera de renouer avec l’écriture. Lillian, fragilisée par sa maladie de cœur et dévastée par la mort de leur fille survenue plusieurs années auparavant, profitera de cette parenthèse loin des mondanités du théâtre pour tenter d’exorciser ses démons. Pourtant, elle ne sait se défaire de certains tourments : et si Emmanuel s’éprenait de la délicieuse Alberta? Le temps d’un été brûlant, la dynamique qui lie les quatre exilés prend une tournure inattendue, et la vie de chacun change de cap.

MES IMPRESSIONS DE LECTURE :

 Ce roman est une belle surprise pour moi. Je vous avais parlé de la saga des Cazalet lors de la sortie du premier tome, je vais bientôt vous parler du deuxième tome et du plaisir que j’avais eu. Mon expérience est différente ici, comme le roman aussi me direz-vous.

J’avais lu les deux premiers chapitres il y a un an… je suis contente de ma découverte aujourd’hui. Il faut savoir que c’est un roman qui se déroule en 1958 et surtout qu’il a été publié en anglais en 1959. C’est un roman qui a passé la barrière des années, peut-être est-ce dû à la traduction de 2019 de Cécile Arnaud. Je vous laisse découvrir aussi l’introduction de Sybille Bedford.

Nous avons quatre personnages d’âge différents un couple  Emmanuel (61 ans) et Lillian (44 ans) puis Jimmy la trentaine et Alberta 19 ans qui gravitent autour de ses deux planètes.

Chacun a son passé assez chargé, il y est beaucoup question de perte de repères parentaux. Ils ont tous au moins perdu un de leur parent jeune et cela a eu des conséquences dans leur développement.

L’histoire débute sur la dernière frasque d’ Emmanuel, il aime sa femme mais ne peut s’empêcher de se laisser tenter par les starlettes et les jeunes secrétaires… Lillian s’inflige ses souffrances car elle l’aime… et comme pour enfoncer un peu plus le clou, Lillian a le cœur fragile au sens premier du terme.

On sent dès le début du roman qu’on est sur un point de bascule. Il ne manque qu’une goutte pour faire déborder le vase, on imagine alors toutes les conséquences dramatiques. D’autant qu’on est dans le milieu du théâtre, de la représentation…

Arrive alors dans leur vie un être pur « Alberta », Lillian lui propose de devenir la secrétaire de son mari. Est-ce que Emmanuel va la séduire, la pervertir ou est-ce elle qui va le faire succomber ? L’arroseur arrosé ?

Emmanuel incarne un rôle du génie à qui ont passe tout les excès. On le trouve presque antipathique, on l’étiquèterait presque de « salop » de l’histoire. L’ogre dévoreur. D’ailleurs certains des chapitres qui lui sont dédiés sont à la troisième personne, alors que les chapitres avec le point de vue des autres personnes sont à la première personne.

On va découvrir les personnages en profondeur au fur et à mesure que l’intrigue progresse. On va mieux les comprendre, les cerner.

Alberta va servir de déclencheur de par son honnêteté, son bon sens et sa fraîcheur elle va provoquer des bouleversements profonds. Elle va réaligner les planètes…

Le séjour à Hydra, est une parenthèse qui va se révéler décisive…

J’ai beaucoup aimé la thématique du masque (rien à voir avec ce que l’on vit). Les conventions sociales et le personnage qu’on attend que vous incarniez, du masque que vous portez dans la sphère plus intime pour vous protéger et aussi pour répondre à une attente… Ceci est encore plus « naturel » qu’on est dans le milieu de la comédie et du drame.

La thématique de la fuite en avant, ne jamais se poser, rester nomade, ne pas avoir d’attache pour rester libre etc. Le choix d’une vie de Saltimbanque pour sans cesse se renouveler, rebondir ne vous en dirais plus pour vous laisser profiter des émotions de la découverte. Le mouvement et la vitesse se retrouve aussi dans les moyens de locomotion Train, avion, bateau, voiture, âne et marche… la vie qui va avec change de rythme en même temps.

On passe de l’Angleterre et les racines familiales, à la légèreté de New-York pour finir avec la Grèce berceau des tragédies antiques…

J’ai retrouvé des thématiques que j’affectionne celle de la famille et des éléments naturels…

Je vous laisse découvrir vos propres centres d’intérêt et votre émotion face à l’écriture.

Je remercie les Éditions de la Table Ronde, La Petite Vermillon de leur confiance.

Bonne lecture.

table ronde
petite vermillon R

Mots croisés

Fanny Vandermeersch

City éditions, 9 sept 2020, 255 p., 17,90 €

Mes Lectures City

mots croisés

4e de couv :
Elles sont quatre. Quatre femmes de générations et d’horizons différents qui ne se connaissent pas, mais ont des destins étonnamment similaires : les années passent, sans saveur, sans drames ni véritable bonheur. Jusqu’au moment où leurs vies se croisent. Il y a Juliette qui écrit en secret un roman qu’elle n’ose pas envoyer aux éditeurs. Madelaine qui, malgré ses 82 ans, n’a pas renoncé à rencontrer l’amour. Quant à Christina, elle a décidé de prendre une colocataire pour tromper l’ennui. Ce sera l’arrivée de Béatrice, jeune femme au passé tourmenté mais qui est pourtant l’incarnation de l’optimisme. Ce sont autant de tranches de vie que vont partager ces femmes. Elles vont réaliser qu’elles ne sont plus seules et qu’elles ont beaucoup à offrir… De ces amitiés vont naître de nouvelles opportunités et de nouvelles chances de trouver le bonheur, enfin.
Un délicieux roman sur la force de l’amitié et les nouveaux départs.

Ma chronique :

Un petit feel good pour la rentrée ça fait du bien ! C’est un livre pour les week-ends plaid et thé chaud… même si moi je suis plutôt en mode thé glacé et bain de soleil !

C’est une histoire qui se déroule à Lille et autour, mais en fait on pourrait être dans la ville d’à côté, on peut transposer. Les personnages bougent assez peu. Il y a quelques référence à Paris mais sans plus. C’est une histoire qui va se jouer dans un petit périmètre. A part Madelaine qui est une vieille habitante les autres sont des plus ou moins nouvelles habitantes.

Les personnages féminins sont prépondérants, alors que les personnages masculins semblent représenter un ailleurs.

Comme dans tout bon feel good il y a des sujets forts et des sujets légers. De l’humour et de la bonne humeur. Nous allons suivre un instant la vie de femmes à divers âges de la vie. Il y a aussi l’adolescente qui cherche à s’émanciper en bouleversant la vie de sa mère. Justement sa mère qui elle aussi cherche à changer de vie… Il y a celle qui a radicalement changé de vie mais dont les blessures n’ont pas encore cicatrisé… Il y a celle qui a vécu mais qui a encore des envies… Il ya celle qui a transformé ses souffrances en ondes positives… Il y a celle qui n’attendait rien et qui aura une surprise… Il y a celle qui n’arrive pas à exprimer ce qu’elle ressent et se referme…

Et derrière chaque histoire il y a des hommes qui viennent compléter la vie…

J’ai bien aimé le personnage de la bibliothécaire et tout ce qui touche à l’écriture et la lecture.

Chaque chapitre met en avant un personnage, on va donc suivre plusieurs trames. Les histoires sont à a troisième personne. Pas de soucis de repérage.  On essai de voir qui va rencontrer qui et comment, car dans un premier temps on ne voit pas trop ce qui va les unir.

Il va y avoir des scènes touchantes et d’autres qui m’ont bien fait rire. Il y est beaucoup de confiance, confiance en l’avenir, confiance en ses capacités et confiance en l’autre…

Si j’avais un personnage chouchou ça serait Madelaine qui n’en rate pas une ! Mais je vous laisse découvrir…

C’est le premier roman de cette autrice que je lis… il faudra que je découvre ses romans publiés chez les éditions Charleston et les éditions Déliées…

Le week-end approche vous allez peut-être vous poser et vous laisser emporter. Bonne lecture !

Je remercie City éditions de leur confiance.

city éd

Où est mon dinosaure ?

Fiona Watt

ill. Rachel Wells

Trad. Lorraine Beurton-Sharp

Editions Usborne, janv 2020, 10 p., 7,95 €

Mes lectures Usborne

Chronique jeunesse du mercredi

où est mon dinosaure

4e de couv. :

Cette collection de livres cartonnés, qui se regardent et qui se touchent, est destinée au touts petits. Ceux-ci s’amuseront à tourner les pages pour découvrir les illustrations vives et colorées et pour toucher les différentes matières. Ils développeront leur langage ainsi que leur sens tactile.

Ma chronique :

J’aime beaucoup cette collection qui commence à être bien étoffée, chaque enfant trouvera son animal préféré. Nous sommes fan de dinosaure avec mon fils alors je n’ai pu résister… Même s’il est trop grand il n’a pas hésité longtemps à manipuler le livre. C’est un livres qui fera le bonheur des petits bouts de chou qui passeront à la maison.

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Ce livre est construit sur le principe une page avec une phrase « Ce n’est pas mon dinosaure » et sur l’autre pourquoi ce n’est pas son dinosaure. Cela fait penser aux comptines. Cet aspect répétitif crée un jeu entre le lecteur et l’enfant, et le livre. On joue donc avec les sons.

La petite souris qui cherche son dinosaure fait parti de ce processus, elle crée une continuité. L’enfant touche les parties particulières et recherche la petite souris . Le toucher… L’enfant glisse la main pour trouver les creux et les bosses et les différentes textures

L’enfant repère très vite les différences de texture. On fait appel à la vue et à l’observation.

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On découvre un dinosaure différent de la couverture à la résolution, l’enfant ne sait donc pas à quoi il ressemble.

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Je remercie les Éditions Usborne de leur confiance.

USBORNE logo

Les Chroniques de Prydain T4 Taram le chevalier errant

Lloyd Alexander

Trad. Marie de Prémonville
Éditions Anne Carrière, juil. 2020, 268 p., 15 €
Lecture Les Chroniques de Prydain

Chronique jeunesse du mercredi

chroniques de Prydain T4

4e de couv :
De retour à Caer Dallben après avoir laissé la princesse Eilonwy à la cour royale de Mona, Taram prend toute la mesure de son amour pour la princesse. Mais s’il a bien prouvé sa valeur en tant qu’homme, il souffre d’ignorer ses origines et est bien décidé à les découvrir afin de pouvoir demander la jeune fille en mariage. Accompagné du loyal Gurgi, Taram prend donc le chemin des marécages de Morva, afin d’y rencontrer Orddu, Orwen et Orgoch, les trois sorcières redoutables dont on dit qu’elles contrôlent le destin des hommes. Les trois enchanteresses lui dicteront d’aller consulter le Miroir de Llunet, dans les montagnes situées à l’est du pays. En chemin, Taram fera halte chez le roi Smoit, où il retrouvera Fflewddur Fflam, puis fera de nombreuses rencontres, heureuses ou malheureuses: un fermier au désespoir, un berger qui pourrait lui révéler le secret de sa naissance, et un sorcier immortel déterminé à anéantir les hommes.

Ma Chronique :

Nous voilà arrivé dans le dernier virage avant la fin, il ne reste qu’un tome pour découvrir qui est Taram et quel est son destin.

Ce quatrième tome est de loin le plus dense des quatre. Si parfois les séries vont en se délitant, ici ce n’est pas le cas, plus on avance plus il y a matière à réflexion.

Peut-on lire ce tome sans avoir lu les précédents ? oui dans la mesure où on a une quête complète, il ira au bout et aura des réponses mais il faut avoir lu la pentalogie pour avoir tous les tenants et les aboutissants. Et puis il vous manquera les subtilités sur l’évolution de certains personnages.

Les chroniques de Prydain débutent à chaque fois à Caer Dallben, avec un Taram insatisfait de sa situation. A chaque épisode on le voit grandir et évoluer mentalement. A chaque fois une quête se présente à lui. Ici c’est lui qui la provoque, c’est lui qui doit choisir sa route et son but. Plus de Mal à combattre, plus de princesse à protéger.

Dans cet épisode la quête d’identité de Taram devient plus pressante pour pouvoir envisager son avenir. On va suivre sa quête de « d’où je viens, à qui suis-je ? ». Il y a une réflexion philosophique à chaque étape. On va voir s’affiner ses questionnements au fur et à mesure qu’il tire des leçons de ce qui lui arrive.

Au fur et à mesure qu’il progresse physiquement, il fait aussi des pas à l’intérieur de lui. Au fur et à mesure, on va le voir se dépouiller de ses certitudes, de ce qui l’identifie, il avance vers l’inconnu mais aussi là où on ne le connaît pas, il va perdre ses attributs et son nom… va-t-il vers une renaissance ? Qui sera-t-il à la fin de cette quête ?

Il peut se consacrer se consacrer à la question qui l’empêche de se positionner. Il va prendre des risques pour trouver des indices. On va lui indiquer un but atteindre, impossible en apparence. On va découvrir un Taram qui a murit, moins impulsif il va faire usage de la parole. Il va prendre le temps d’observer son interlocuteur pour trouver la solution la plus judicieuse.

Qui va l’accompagner ? Son fidèle et loyal Gurty. On ne peut s’empêcher de voir dans ce duo un « Don Quichotte et un Sancho Panza »… Taram est bien plus lucide heureusement !

Taram est un personnage au cœur pur qui joue le rôle de catalyseur, il attire au fur et à mesure ceux qui l’aime pour former un noyau soudé pour affronter une partie des épreuves. Il va aussi porter secours à ceux qui sont en difficulté et va faire face à l’adversité et aux épreuves.

C’est avec impatience que j’attend la sortie du tome 5, même si cela signifie la fin de la série.

anne carrière

Sur ce Blog

chroniques de Prydain T1
chroniques de Prydain T2
chroniques de prydain T3

La vérité sur la petite graine

Claire Ubac
Ill. Zelda Zonk

Éditions Syros, 3 sept 2020, 111 p., 10 €
9-12 ans.

Mes Lectures Syros

Chronique du mercredi (Ok on est vendredi !!)
Rentrée Littéraire 2020

vérité sur la petite graine

4e de couv :

Un roman drôle et tendre, qui déconstruit les stéréotypes les plus tenaces !

Grande nouvelle ! La maîtresse est enceinte. À propos, d’où viennent les bébés ? Lena, Luc et Sakina ont chacun leur idée. Anis, lui, en est certain : les spermatos de l’homme font la course, c’est le plus fort qui gagne ! La maîtresse devra rectifier de fausses croyances et leur donner les dernières infos de la science… Pour former le futur être humain, tous les spermatos doivent coopérer. Mais au fait, et si c’était l’ovule, la vraie vedette de cette histoire ?

Ma Chronique :

Cette histoire est racontée par une gamine, Léna, elle est en primaire. Elle est passionnée par les insectes et la nature. Elle est très observatrice et aime connaître le pourquoi du comment. Son esprit plutôt « scientifique » ne peut se contenter d’approximations. Ses parents sont présents et très ouverts et elle a un grand frère en CM2.

Elle est à un âge où on peut parler de tout, alors que son frère lui est déjà dans la phase « il y a des sujets tabous ». On va avoir droit à un renversement de situation ou la petite va apprendre des choses au grand frère malgré ses « chut ne parle pas si fort, des adultes pourraient t’entendre ».

Alors que personne ne s’intéressait à cette question existentielle, ils apprennent que la maîtresse est enceinte et cela va déclencher une avalanche de questions. Dans un premier temps on va avoir la discussion entre enfants du même âge, puis avec les adultes. C’est là qu’on va découvrir que parler « reproduction » chez les être humains peut poser des problèmes avec certains parents qui font un blocage avec le « sexe » en tant que pratique sexuelle.

A quel âge en parler ? Comment en parler ? La maîtresse va développer le sujet en se basant notamment sur un travail pédagogique, en faisant parler les enfants et en visionnant un documentaire. Puis par ses propres recherches.

A nouveau réaction négative d’un parent. Ce roman montre différentes réactions.

Là, les enfants vont se questionner sur les conséquences pour la maîtresse et sur l’enfant dont le parent est bloqué. Puis la réaction d’un enfant sur le sujet qui va apporter de nouveaux éléments.

Et c’est seulement après tout cela qu’on aura la vision dans une partie du monde animal avec la naissance d’un bébé requin…

Attention  !!! Il s’agit bien d’un roman alors il y a une trame narrative qui aborde d’autres sujets que « la vérité sur la petite graine », il y a les familles et l’amitié et les chamailleries qui le sel de l’enfance.

J’ai bien aimé ce roman par sa liberté de ton sur un sujet délicat à aborder. Pour la maîtresse c’est un sujet comme un autre, en parler d’une manière décomplexée casse les barrières autour d’un sujet « tabou ». On nous montre aussi que l’école à évolué et que c’est bon de voir une équipe pédagogique soudée.

Les illustrations de Zelda Zonk sont tendres et humoristiques pour accompagner les différentes discussions. Pour certains enfants ce petit «complément » vient  « détendre » l’atmosphère, car tous ne sont pas à l’aise avec le sujet.

Ce qui m’a plu dans ce roman c’est la clarté des explications de l’adulte et sur le travail d’écoute. A l’heure des infos sur le net c’est bon de se rappeler l’importance de l’accompagnement. Mais Claire Ubac ne fait pas l’impasse sur les à priori et sur les blocages culturels.

La curiosité n’est pas un vilain défaut si c’est pour ouvrir les esprits et aider à grandir.

Je remercie les éditions Syros de leur confiance.

syros

La variante chilienne

Pierre Raufast

Alma Editeurs, 2015, 262 p., 18 €

Existe en Folio

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variante chilienne

4e de couv. :

Il était une fois un homme qui rangeait ses souvenirs dans des bocaux.

Chaque caillou qu’il y dépose correspond à un évènement de sa vie. Deux vacanciers, réfugiés pour l’été au fond d’une vallée, le rencontrent  par hasard. Rapidement des liens d’amitiés se tissent au fur et à mesure que Florin puise ses petits cailloux dans les bocaux. À Margaux, l’adolescente éprise de poésie et à Pascal le professeur revenu de tout, il raconte. L’histoire du village noyé de pluie pendant des années, celle du potier qui voulait retrouver la voix de Clovis dans un vase, celle de la piscine transformée en potager ou encore des pieds nickelés qui se servaient d’un cimetière pour trafiquer.

Ma chronique :

Ce roman est le deuxième de Pierre Raufast (depuis il en a écrit bien d’autres). Ce n’est pas anodin quand on sait que son roman « La Fractale des raviolis » a marqué ses lecteurs. Il y a d’ailleurs des clins d’œil dans ce roman.

« La variante chilienne » je l’ai eu pour mon anniversaire et je l’ai dévoré tout de suite (oui il était temps que je publie cette chronique !)

Nous allons suivre trois personnages avec chacun sa singularité qu’on découvrira au fur à mesure à travers leurs discussions. Tantôt parlant de soi, tantôt convoquant les souvenirs et les absents.

La mémoire est l’un des fils conducteurs de ces histoires. Qu’on ait de la mémoire, ou qu’elle soit tronquée, elle reste une préoccupation.

Pascal a subit les conséquences du souvenir du premier amour… Florin a dû se créer une bibliothèque externe de souvenirs… Margaux vit aussi avec un souvenir traumatisant mais il faudra attendre certaines révélations pour qu’elle découvre qu’il ne s’agissait que de son point de vue…

Paradoxes…

L’absence est ici plus  présentent qu’on ne le croit. D’autant plus quand c’est le toucher qui ravive es souvenirs.

Absence de noms. Florin va nous raconter bien des vies mais les noms des personnes sont remplacés par des surnoms. Une identité différente du nom de naissance.

Des  histoires, drôles, rocambolesques ou émouvantes parfois choquantes. C’est un autre paradoxe avec manque d’émotions.

Toutes ses histoires vont former un tout et surtout établir un climat de confiance qui va permettre à Margaux de résoudre son problème existentiel.

J’avoue que les premières scènes du roman m’ont un peu inquiété sur la suite de ma lecture. Je me suis même demandé si je ne m’étais pas trompé de roman. Puis petite à petit j’ai pu me décontracter. Je n’en dis pas plus pour ne rien vous révéler et vous laisser la surprise. En tout cas d’un point de vu littéraire c’est un joli exercice de style, j’imagine que  l’auteur à dû bien s’amuser par anticipation en pensant aux réactions des lecteurs dans mon genre… En tout cas moi je me suis dis une fois que j’ai découvert le fin mot de l’histoire que j’étais tombée dans le panneau…

J’ai bien aimé tout ce qui touchait aux références littéraires ou culturelles et le côté épicurien.

Il ne me reste plus qu’à attendre de lire les autres romans que je n’ai pas encore…