La ritournelle

Aurélie Valognes

Éditions Fayard, mars 2022, 232 p., 18,90 €

Dans ma médiathèque il y a…

4e de couv. :

Dans certaines familles, les repas de fêtes se suivent et se ressemblent : mêmes plats, mêmes convives, mêmes discussions. Sauf cette année. Il suffit d’un rien pour que les bonnes manières volent en éclat : non-dits, vieilles rancunes et mauvaise foi vont transformer le dîner de fête en un règlement de compte en bonne et due forme. Et si les repas de famille étaient enfin l’occasion de se dire les choses ? Des dialogues enlevés, des personnages hauts en couleur, Un roman drôle et jouissif ! Avec son talent unique pour saisir le vrai dans les relations familiales, Aurélie Valognes nous plonge dans une famille joyeusement dysfonctionnelle, qui ressemble étonnamment à la nôtre.

Mes impressions de lecture :

J’avais besoin d’une comédie, alors quand j’ai vu le roman d’Aurélie Valognes je me suis dit c’est ce qu’il me faut. Je n’ai même pas regardé la 4e de couverture. Une valeur sûre. Quelle ne fut pas ma surprise de me retrouver à Noël. Je sens que ce livre va se retrouver dans les challenges de Noël prochain, s’il n’est pas lu avant !

On est dans la thématique « on ne choisit pas sa famille ». On a Nadine, la grand-mère, qui tient le rôle de la méchante, de la peste. Elle dit ce qu’elle pense dans filtre. Elle fait tout pour qu’on la rejette. J’ai trouvé dommage que son personnage ne soit pas plus approfondi pour essayer de la comprendre. Pour contrebalancer on a Patrick, le père du gendre de Nadine, lui aussi est gratiné mais il est dans le rôle de machiste de base, il a presque l’excuse d’être un homme de sa génération. Lui aussi est sans filtre.

Dans le rôle central on a Anne la fille de Nadine, elle joue le rôle de la fille aînée, la femme mariée avec deux enfants. A elle les corvées et les remarques acerbes. La thématique relation mère/filles est légèrement abordée. On a une lignée de femmes qui sont seules (sauf Nadine).

Le roman se déroule sur une journée celle du réveillon de Noël. Elle va être menée tambour battant. On enchaîne des scènes de la vie quotidienne sur une journée stressante avec  jalonnées d’embûches. On va notamment sourire avec la scène du mari envoyé faire les courses au supermarché, alors qu’il n’y va jamais, en ce dernier jour d’achat pour les préparatifs de Noël, on s’y croirait.

Le roman est construit au rythme des heures, comme pour faire monter la pression jusqu’au repas prévu à 19h30. On passe son temps à se demander à quel moment cela va déraper. Qui va se lâcher ?

Ce roman n’est pas mon préféré d’Aurélie Valognes, il m’ a manqué un petit quelque chose, mais j’ai passé un bon moment.

Les durs à cuire

Charlye  Ménétrier McGrath

Fleuve Éditions, 2021, 352 p., 18,90 €

Cercle de lecture décembre 2021

Dans ma médiathèque il y a…

4e de couv. :
Sixtine, 40 ans, mariée, deux enfants et bourgeoise par excellence, est au bord de la crise de nerfs lorsqu’elle se retrouve contrainte d’héberger ses parents. Leurs rapports se limitent au strict nécessaire depuis qu’elle est adulte et pour cause, elle est la fille de deux ex-stars du punk. Grands-parents déjantés versus fille quadra bien rangée (et même un peu coincée), la maison est à deux doigts d’exploser.
Mais pour Constance et Clémence, les deux filles de Sixtine, cette cohabitation tombe du ciel…
Rébellion générationnelle à tous les étages !

Mes impressions de lecture :

Vous l’aurez compris si vous me suivez, j’aime bien les feel good et les romans où des « petits vieux » n’en font qu’à leur tête. Dans ce roman les deux sont réunis.

J’ai découvert Charlye Ménétrier Mc Grath avec  les « Sales gosses » et je voulais renouveler l’expérience.  J’ai  partagé avec vous quelques réflexions sur les titres, j’ai bien l’impression que les titres de cette autrice sont choisis pour créer une unité en prenant des expressions.

Je ne vais pas comparer les deux romans que j’ai lus de cette autrice mais j’ai noté que la musique fait parti de ses thèmes de prédilections… d’autres thèmes ressortent tels que : la famille, la vieillesse, la deuxième chance…

Ce roman m’a bien fait rire car Charlye Ménétier McGrath joue avec la surenchère de situations cocasses ou caricaturales. Mais comme souvent on rit pour ne pas pleurer, il y a des nombreux sujets graves qui sont abordés. On a tous un petit quelque chose des personnages dépeints avec tendresse car ils sont très proche de la réalité.

Ce que j’ai aimé c’est  qu’à la fin tout c’est pas résolu, mais en bonne voie.

Le roman se passe pour un peu plus des trois  quarts le te temps d’un week-end, c’est donc très intense.  Le passé va s’inviter dans scènes de souvenirs soit c’est un personnage qui se remémore des souvenirs heureux ou pas, d’autres souvenirs vont être partagés avec les personnages dans le présent.  Les secrets de famille ne sont pas tous dévoilés au reste des personnes présentes.

Famille je vous aime/ famille je vous hais, secrets de famille…

J’ai beaucoup aimé comment Charlye Ménétrier aborde le sujet de  la vie de femme au foyer  et le féminisme.

Ce roman aborde des sujets très actuels autour de « combats » menés par la jeunesse par exemple autour du climat. Au début de cette chronique je vous ai dit qu’il était question de « petits vieux » rock & roll mais on va vite se rendre compte qu’il est question aussi de la place de la jeunesse. Il y a des conflits intergénérationnels mais aussi des passerelles qui vont se former. Nous avons tous les âges donc des préoccupations très différentes qui en fin de compte vont se rejoindre. Je vous laisse découvrir les « combats » de chacun.

Un très bon roman qui aborde des sujets graves avec des notes d’humour pour faire avancer les choses dans une certaine positivité.

Pour ceux qui ratent les macarons, ce roman va vous agacer… Ahahah ! Pour ceux qui aiment en manger vous aller avoir envie d’en faire ou de vous en procurer !

Alignement des planètes !

A bientôt…

QUI EN PARLE ?

JANGELIS

Les Dames de Marlow enquêtent. T1. La mort compte triple

Robert Thorogood

Trad. Sophie Brissaud

Éditions de la Martinière, mai 2021, 390 p., 14,90 €

Black November

4e de couv. :
Dans la petite ville de Marlow, en Angleterre, Judith Potts, 77 ans, mène la vie qui lui plaît. Elle boit un peu trop de whisky et se baigne toute nue dans la Tamise, et alors ? Au pays des excentriques, elle est la reine !
Un soir, elle entend, provenant de la maison de son voisin, un cri suivi d’un coup de feu. Elle en est sûre : un meurtre a été commis. Mais la police ne la croit pas. Pas d’énigme sans solution pour Judith Potts ! La vieille anglaise passionnée de mots-croisés va se lancer dans l’enquête avec, à ses côtés, Becks, la femme du vicaire, et Suzie, la promeneuse de chien et commère attitrée de Marlow.

Mes impressions de lecture :

Pour cette quatrième semaine  la consigne était un roman tiré d’une saga. J’ai choisi ce tome 1 que l’on m’a prêté… maintenant il ne reste plus qu’à attendre les suivants. Je n’ai pas vu de date prévue.

J’ai choisi un cosy mystery car j’aime ce genre littéraire qui allie les secrets et les mystères.

Nous allons découvrir petit à petit les quatre femmes au cœur de l’enquête. Quatre femmes avec des préoccupations différentes et des âges différents. Judith est la plus âgée et c’est elle qui va fédérer les troupes. Trois crimes et trois amatrices qui se retrouvent liées chacune à l’un des morts.

On a trois grilles de mots croisés en lien avec les affaires. C’est un moyen original de faire le point sur les différents cas. Un petit intermède.

Les trois morts sont liées, nos enquêtrices en ont l’intuition mais il leur faut trouver des preuves et des mobiles.

Escroquerie et cupidité et manipulation…  l’argent qui est derrière tout ces crimes.

Ce que j’aime dans les cosy mystery c’est l’aspect humoristique. On va avoir quelques scènes cocasses.

Ces trois femmes qui semblent démunies et  à côté de la plaque vont révéler leur potentiel et dépasser leurs limites au grand étonnement de certains.

Ces quatre femme (j’inclus la policière) qui ne se connaissaient pas au départ font former une sacrée équipe.

J’ai  bien aimé la thématique de l’art en filigrane.

La vie au bord de la Tamise n’est pas un fleuve tranquille.

Un bon moment de détente.

QUI EN PARLE ?

Plume volage

La commissaire n’aime point les vers

Georges Flipo

Folio,  oct. 2021, 304 p., 8,10 €

Éditions de la Table Ronde, 2011, 300 p.

Dans ma médiathèque il y a…

Cercle littéraire médiathèque

4e de couv. :

Un clochard, sosie de Victor Hugo, assassiné devant l’Académie française ; un sonnet érotique attribué à Charles Baudelaire… comme si la commissaire Viviane Lancier n’avait pas assez de problèmes, entre son ex qui la persécute et ses régimes, qui la martyrisent, sans devoir en plus se soucier de littérature! Heureusement, son nouveau lieutenant, Augustin Monot, aussi ahuri et gaffeur que séduisant et cultivé, finira par motiver la commissaire dans une enquête corsée, pleine de meurtres et de rebondissements…

Mes impressions de lecture :

Je vous vois sourire ceux qui me suivaient. Il y a quelques semaines je vous présentais « La commissaire n’a point l’esprit club » qui était ressorti aussi chez folio. Je râlais un peu parce que j’aime lire les romans dans l’ordre de sortie car l’auteur glisse toujours des références aux tomes précédents. Maintenant que j’ai lu les deux seules enquêtes publiées je râle parce qu’il n’y en a pas d’autre prévue. Ce roman a 10 ans et à l’époque je suis passée à côté, alors merci pour cette réédition qui m’a fait connaître cette terrible commissaire.

J’avais remarqué que le tome précédent me faisait penser à deux romans récents que j’avais lu. Eh bien ce deuxième fait écho à une autre lecture de la rentrée « La muse ténébreuse de Charles Baudelaire ». Voilà que dans cette enquête il y aura des références aux poèmes sulfureux de Charles Baudelaire.

Cette première enquête d’Augustin Monot auprès de la commissaire Viviane Lancier ne va pas se déroulé comme prévue. Si le personnage principal c’est Viviane c’est pourtant Augustin qui sera le plus tenace.

Augustin Monot est un bleu, tout juste sorti de l’école de police il n’a aucune expérience et en plus c’est un littéraire. C’est lui qui va découvrir le clochard agressé et par son intervention va faire rentrer cette affaire dans l’équipe de Viviane. Mais celle-ci n’en veut pas, elle a d’autres chats à fouetter, alors elle le laisse se faire la main sur cette enquête. De temps en temps elle le recadre. Cependant Monot est idéaliste et il va ouvrir une véritable boîte de Pandore et ils vont vite être dépassés par les évènements.

On va avoir des scènes surréalistes, des rebondissements inattendus. Les journaux vont s’en mêler et donc les hauts gradés… jusqu’au ministre.

Augustin va se révélé très communiquant et il va se faire repérer par la « dircom » de la police. Il passe bien à la Tv et il pourrait donner une nouvelle image de la police. Une vrai peste cette Priscilia Smet, elle a les dents longues ! Je réalise que les noms et les prénoms ne sont pas anodins dans cette série. Il va être beaucoup question de communication et Georges Flipo va jouer avec les mots pour notre grand plaisir.

On a donc un contraste physique entre Viviane et Monot, mais aussi dans la façon de fonctionner, elle est négative alors qu’il est positif, elle se prend les pieds dans le tapis alors qui plane au-dessus de tout cela. On a le fameux duo l’expérimentée et le naïf.

On va avoir droit à tous les types de régimes alimentaires, qu’elle essai en vain car il y a toujours une contrariété, une catastrophe qui  la replonge dans les barres de mars. Une belle critique des journaux féminins et du diktat de la minceur.

Si je mets en avant le côté ironique, grotesque et drôle c’est parce que c’est ce qui m’attire dans ce genre d’enquête. L’intrigue policière est intéressante car elle se complexifie au fur et à mesure que les crimes et délits se multiplient. Il va y avoir danger et Viviane et Monot ne vont pas en sortir indemnes.

Ceux qui connaissent Paris vont se régaler à les voir déambuler que ce soit du côté des champs Elysées ou quai Conti, entre autre… Une balade qui n’est pas de tout repos !

Cher monsieur Flipo j’espère que vous allez nous raconter d’autres aventure de Viviane Lancier car j’ai passé un bon moment de détente…

Voir aussi

Ce document a été créé et certifié chez IGS-CP, Charente (16)

Le voyage d’Octavio

Miguel Bonnefoy

Éditions Rivages, Rivages Poche, 2016, 160p. , 7,50€

4e de couv. :

Le voyage d’Octavio est celui d’un analphabète vénézuélien qui, à travers d’épiques tribulations, va se réapproprier son passé et celui de son pays. Il tombera amoureux de Venezuela, une comédienne de Maracaibo, qui lui apprend l’écriture. Mais la bande de brigands « chevaleresques » pour laquelle il travaille, organisera un cambriolage précisément au domicile de sa bienaimée. Avant que ne débute un grand voyage qui porte son nom.

Cette rencontre déchirante entre un homme et un pays, racontée ici dans un récit plein d’humour et de poésie, est d’abord une initiation allégorique et amoureuse, dont l’univers luxuriant rend hommage à une certaine tradition littéraire sud-américaine.

Mes impressions de lecture :

J’avais adoré « sucre noir » son atmosphère et l’écriture de Miguel Bonnefoy. Le temps à passé et j’étais curieuse de découvrir son premier roman. Voilà qui est fait.

J’aime beaucoup cet Amérique Latine romanesque et romantique. Nous débutons dans un bidonville du Venezuela, cependant la pauvreté passe en arrière plan avec la solidarité et l’amitié qui sont mises en avant.

Octavio est un personnage attachant que l’on va suivre dans les différentes étapes de ses découvertes.

Le sujet de départ, l’illettrisme, est bien amené. Miguel Bonnefoy le situe dans un lieu propice à la différence culturelle. Le bidonville et ses laissés pour compte. On voit les conséquences dramatiques que cela peut avoir dans le quotidien et les stratagèmes pour cacher ce handicap social. Tout le monde n’est pas dupe. Octavio va rencontrer la bonne personne qui va l’aider. Cependant le destin d’Octavio n’est pas celui d’une vie tranquille. Il a des principes et lorsqu’il devra franchir une certaine limite sa vie va basculer.

Ce voyage va mettre à l’épreuve Octavio. Il peut compter sur sa force physique et morale mais il cherche sa place ce qui va le conduire d’une expérience à une autre.

Les thématiques complémentaires du bien et du mal, de la justice et l’injustice, ont des frontières très mouvantes.

C’est un roman bref avec des chapitres relativement courts qui sont des « leçons de vie » où chacun pourra puiser des sujets de réflexion.

Les couleurs, les parfums et les petites histoires des personnages touchants d’humanité.

J’ai beaucoup aimé le rôle de l’eau. On bascule dans le réel merveilleux. Les liens avec les mythes sont renforcés ce réel magique qui donne en plus un côté poétique. Retour aux sources ?

La place de la nature est très importante dans ce qu’il va advenir de notre héros. Je vous laisse découvrir.

Action, destruction reconstructions à divers niveaux. On a aussi l’image de la roue qui tourne sans tout à fait revenir au point de départ… une roue voilée ?

Une belle lecture.

Je trouve la couverture de la version poche magnifique.

Je pense lire « Héritage » très prochainement… mais vous connaissez la relativité du temps d’une lectrice !

Vieux, râleur et suicidaire

Frederik Backman

Éditions Gabelire, 2015, 413 p.,

Dans ma Médiathèque il y a…

4e de couv. :

Dans le lotissement où il vit depuis quarante ans, Ove est connu pour être un râleur de la pire espèce. Et maintenant qu’il ne travaille plus, il se sent seul et inutile. Un beau jour, il décide d’en finir. Corde au cou, debout dans le salon, il est prêt à passer à l’acte… Mais l’arrivée de nouveaux voisins et d’un chat abandonné va contrecarrer ses plans. 

Mes impressions de lectures :

Voilà un roman que je veux lire depuis sa sortie en 2014. Il fait partie de ces livres qui traitent des « petits vieux indignes », cela parle de personnes qui sont arrivé à un moment de leur vie où le qu’en dira-t-on et le regard des autres ça leur passe par-dessus la tête. Ils assument leur côté grincheux. Ce sont souvent des romans avec une bonne dose d’humour et de tendresse.

Cela fait tellement longtemps que je veux le lire que je crois qu’il y a même un film de réalisé !

J’ai lu la version des éditions Gabelire, de la bibliothèque, qui grâce à la taille des caractères (corps 16) m’a semblé plus facile à lire le soir.

On va rire d’un homme qui n’attend plus rien de la vie et qui veux en finir au plus vite. Ce ne sont pas les raisons qui nous font rire mais les empêchements qui vont venir l’interrompre à plusieurs reprises. Il va tenter plusieurs manières différentes de mourir. On va découvrir qu’il y a les interruptions extérieures mais aussi intérieures.

On pourrait dire qu’il n’est ni très douer pour vivre heureux ni pour réussir son suicide.

Ce que j’ai aimé c’est que régulièrement on a une sorte de refrain qui résume sa vie en quelques moments qui parlent à tous le monde, comme pour se convaincre qu’il ne lui reste que le suicide.

Le monde change et lui a dû mal à suivre le mouvement. J’ai aimé suivre sa façon de voir les choses. Les souvenirs qui refont surfaces et qui nous permettent de comprendre qui il est vraiment. On va voir que certaines personnes voient derrière son vernis d’homme bourru et taciturne, l’homme au grand cœur.

Il a une vie très réglée et voilà qu’un drôle de chat et une drôle de voisine vont venir et tel des grains de sable dérégler les rouages. On a presque envie de croire que Sonja est derrière tout ça !

On nous le présente comme presque antipathique, comme pour qu’on ne s’y attache pas. Mais on va découvrir que derrière le « vieux râleur » économe, cet homme de principes à besoin de certitudes.

Les hommes en chemise blanche vont être les oiseaux de mauvais augure tout au long de la vie de Ove. La bureaucratie et les nouvelles technologies ne sont pas de son côté.

Si j’ai souri, ou rit parfois j’ai une poussière dans l’œil et notamment à la fin.

Un roman suédois touchant.

Ce fut un moment de lecture très agréable, d’autant plus que c’est tellement réaliste qu’on peut reconnaître nos voisins, pas nous bien sûr ! On a envie de donner des claques à certains moments. J’avais besoin de me changer les idées et ça a réussi !

Bonne lecture.

La peuplade

J’ai découvert les éditions de la Peuplade, cette maison d’édition québécoise, sur les réseaux et j’ai tout de suite été attirée par certains titres. J’ai commencé à me procurer ces titres et à partager mes lectures avec une copine qui a tout de suite été emportée par ces lectures.

Les extraits de lectures, les trailers et autres discussions sur m’ont permis de découvrir ses ouvrages.

J’ai suivi une « causerie avec Noémie Pomerleau-Cloutier » par internet et cela m’a permis de savourer les sonorités et le langage de nos amis québécois.

Pour l’instant je n’ai pas eu le temps de tous les lire mais j’espère le faire au plus tôt.

Et j’en ai déjà repéré d’autres !

Et vous lesquels avaient vous lu ? Qu’avez vous ressenti ?

Je les ai répertorié pour mieux me repérer pour mes futur chroniques. Vous trouverez les quatrième de couverture. Et au fur et à mesure je mettrai les liens vers mes chroniques… il y a déjà quelques titres soulignés…

Bonne lecture.

Par auteur :

Noémie Pomerleau-Cloutier

« La patience du lichen » Noémie Pomerleau-Cloutier… Poésie
4e couv : Très loin sur la côte nord du golfe Saint-Laurent se trouve au milieu du chemin un panneau de signalisation portant le mot FIN : le voyageur doit s’arrêter à cette hauteur. Or, au-delà de la limite de l’asphalte existent sur plusieurs centaines de kilomètres des communautés qui ne sont accessibles que par les airs, l’eau ou la glace, selon les saisons. Fascinée depuis son enfance par le bout de la route 138, Noémie Pomerleau-Cloutier est allée à la rencontre des Coasters – innus, francophones et anglophones –, a enregistré leurs voix pour remailler en poème ces territoires morcelés et ces luttes à finir. La patience du lichen est un témoignage poétique d’une rare envergure, un reportage au grand cœur qui plonge dans l’histoire et l’intimité de cette partie méconnue du Québec.

Mireille Gagné

« Le lièvre d’Amérique » Mireille Gagné
4e de couv. : L’organisme de Diane tente de s’adapter doucement. Elle dort moins, devient plus forte et développe une endurance impressionnante. L’employée modèle qu’elle était peut encore plus se surpasser au travail. Or des effets insoupçonnés de l’intervention qu’elle vient de subir l’affolent. L’espace dans sa tête se resserre, elle sent du métal à la place de ses os. Tout est plus vif – sa vision, son odorat, sa respiration. Comble de la panique, ses cheveux et ses poils deviennent complètement roux en l’espace d’une nuit. Et puis les mâles commencent à la suivre.
Quinze ans plus tôt, Diane connaît un été marquant de son adolescence à l’Isle-aux-Grues, ces jours de grosse mer où Eugène bravait les dangers, la fascination de son ami pour les espèces en voie d’extinction et – comment s’en remettre – le soir de l’incendie.

Tove Jansson

« La fille du sculpteur » Tove Jansson

4e de couv. :
La fille du sculpteur raconte une enfance vécue comme un rêve, inspirée de celle de Tove Jansson, au début du xxe siècle, entre Helsinki et la maison familiale sur une île de l’archipel de Porvoo, où ses parents artistes se retiraient pour l’été. Dans ce livre éminemment onirique, les êtres humains se mettent soudainement à voler, des créatures imaginaires et mystérieuses apparaissent au détour de certaines criques, et Dieu le père lui-même surveille les enfants qui jouent dans le jardin.

« Le livre d’un été » Tove Jansson
4e de couv :La jeune Sophie vient de perdre sa maman. Elle dort désormais seule dans le grand lit de la maison de vacances où elle passe l’été avec son père et sa grand-mère, sur une île du golfe de Finlande. Pendant que l’homme vaque à ses occupations, la vieille dame espiègle – qui fume en cachette – et la petite fille curieuse de tout réinventent un monde où désobéissance et magie sont reines. Entre les tempêtes et les visites des îles voisines, elles posent les bases d’une sagesse naïve, celle-ci prenant la forme parfois d’une thèse sur Les vers de terre qui se sont séparés en deux ou de discussions sur la tolérance et le respect. Sophie, au fil des jours de juillet et d’août, appelle son courage lorsque mesurée à ses peurs irrationnelles de l’eau profonde, des hauteurs, de l’obscurité ou des petits animaux. Elle sait sa grand-mère jamais très loin, présente, aimante, dans cet été de nature et de jeu, avec comme meilleurs amis la forêt, le ciel et la mer.

Gyrdir Elíasson

« La fenêtre au sud » Gyrdir Elíasson
4e couv. : Quelque part en Islande, au bord de la mer, un village de maisons noires fait face à l’infini de l’eau. Dans son repaire, un romancier peine, sur sa vieille Olivetti, à écrire la vérité d’un couple parti en vacances pour se retrouver. Qui s’amuse ? se demande-t-il, déposant les feuilles dactylographiées sous la fenêtre sud claire. La radio, pendant ce temps-là, donne des nouvelles d’un autre monde : le séisme de Fukushima, l’assassinat de Ben Laden, la guerre en Syrie. Au rythme des quatre saisons de l’année, comme un contrepoint nordique aux célèbres concertos de Vivaldi, La fenêtre au sud transforme cette histoire simple d’amour et de fantômes en un livre immense sur les crépuscules de la création. L’encre s’épuise, l’écrivain tapera bientôt blanc sur blanc, traversant la page comme on marche dans la neige.

« Au bord de la Sandá » Gyrdi Elíasson
4e couv. : Un homme vit et peint dans ses caravanes tout près de la Sandá, une rivière glaciaire aux confins de l’Islande. L’été s’achève, les tableaux s’entassent dans l’atelier, les visites sont rares et les nuits, de plus en plus froides et tranquilles. Avec en tête la biographie de Chagall ou les lettres de Van Gogh, l’artiste arpente la forêt, s’oubliant dans le courant du temps passé, que viennent interrompre les apparitions irréelles de la femme à l’imperméable rouge. Une seule chose lui importe : peindre la vérité des arbres qui l’entourent. Dans une langue vêtue de paysages, sensible aux tensions secrètes du silence, Au bord de la Sandá suit l’itinéraire d’une réflexion qui choisit l’au-revoir, laissant derrière « des années de sable, dénudées et balayées par le vent, comme un désert desséché par un hiver sans pluie ».

« Les excursions de l’écureuil » Gydir Elíasson
4e de couv. : Sigmar est un petit garçon à part qui, par le pouvoir de l’imagination, change les mondes, voit partout autour de lui les objets comme des animaux – l’aspirateur est un poisson de pierre dans une grotte marine, les biches ornant une nappe sont perdues dans un labyrinthe. Au lit un livre à la main, dehors au jardin, sur le chemin des courses avec Björg, sur son chantier naval ou plongé dans le corps de l’écureuil de son dessin, les excursions de l’enfant aménagent sa solitude et capturent nos conceptions du monde réel. Devenu écureuil, il marche jusqu’à la ville. Suit-il les traces du garçon mystérieusement disparu ? Ne souhaite-t-il seulement qu’un camarade de jeu ?

Juliana Léveillé-Trudel

« Nirliit » Juliana Léveillé-Trudel
4e de couv. :Une jeune femme du Sud qui, comme les oies, fait souvent le voyage jusqu’à Salluit, parle à Eva, son amie du Nord disparue, dont le corps est dans l’eau du fjord et l’esprit, partout. Le Nord est dur – «il y a de l’amour violent entre les murs de ces maisons presque identiques» – et la missionnaire aventurière se demande «comment on fait pour guérir son cœur». Elle s’active, s’occupe des enfants qui peuplent ses journées, donne une voix aux petites filles inuites et raconte aussi à Eva ce qu’il advient de son fils Elijah, parce qu’il y a forcément une continuité, une descendance, après la passion, puis la mort.

Le chat terreur des lions

Jihad Darwiche

Ill. Ali Boozari

Éditions Lirabelle, 2008, 30 p, 15 €
version avec CD

Le mois de la littérature libanaise (j +2)
Dans ma médiathèque il y a…
Chronique jeunesse du mercredi

4e de couv. :

« Ce conte est une fable sociale. Il parle de la peur qui nous saisit devant l’inconnu, devant un inconnu, fut-il un simple chat. Il dit comment cette peur peut grandir jusqu’à paralyser tout un royaume… »* Un conte persan illustré, dans le respect de la tradition, par les patchworks d’un illustrateur iranien majeur de ce début de siècle.
*d’après Jihad Darwiche

Mes impressions de lecture :

J’avais lu l’album, ce conte persan m’avait plu et les illustrations sortent de l’ordinaire puisqu’il s’agit de photos d’illustrations cousues. Le conte m’a plu.

Puis j’ai écouté le conte en suivant les images et je me suis rendu compte que le conteur a ses propres mots, ce n’est pas une lecture littérale. Cela donne une autre dimension à l’histoire. J’ai même écouté à la suite le conteur le dire en « arabe » et bien que n’y comprenant rien j’ai aimé écouter la voix du conteur, sauf erreur de ma part il s’agit de Jihad Darwiche.

La touche musicale c’est aussi un petit plus…

J’ai beaucoup rit au dépend des pauvres ignorants.

Pour l’anecdote la maison d’édition Lirabelle est à quelques kilomètres de chez moi et ils font aussi des Kamishibaï, pour les amateurs…

Je termine avec ce conte le mois de la littérature libanaise organisé par Maeve… qui ne me tiendra pas rigueur d’avoir dépassé la date.

Toute une histoire

Hanan el-Cheikh

Trad de l’arabe Stéphanie Dujol

Éditions Actes Sud, 2010, 334 p., 23,20 €

Babel 8,70 €

Le mois de la littérature libanaise « mille (et une) lecture de Maeve

Dans ma médiathèque il y a…

4e de couv. :

Après la mort prématurée de sa grande sœur, Kamleh, onze ans, est promise à son beau-frère. Dans le Beyrouth des années 1940 où elle s’installe avec la famille de son futur mari, elle est placée comme apprentie chez une couturière et tombe amoureuse du cousin de cette dernière, un jeune lettré féru de poésie. Forcée à quatorze ans de se marier avec son fiancé, Kamleh devient mère mais reste follement éprise du beau Mohamed. Elle échange avec lui grâce à l’aide de ses amies des lettres enflammées, s’identifie aux héroïnes du cinéma égyptien, se grise des paroles ardentes des chansons à la mode. Elle va surtout, bravant tous les usages, tenter d’obtenir le divorce, au risque d’être séparée de ses deux filles… Portrait de la propre mère de l’auteur, femme du peuple analphabète, espiègle et fine, qui eut l’audace de transgresser les interdits de son milieu, ce récit donne également à lire plus subtilement l’histoire d’une fille qui, ayant grandi, peut enfin comprendre sa mère et lui dire combien elle l’aime.

Mes impressions de lecture :

Je ne connaissais ni le nom ni l’écriture de  Hanan El-Cheikh avant débuter ce mois de la littérature libanaise. Ce roman est un hymne à l’Amour et à la vie.

C’est un roman qui se divise en trois parties. Dans la première partie relativement courte l’autre parle au lecteur et parle à sa mère, puis dans un deuxième temps elle donne la parole à sa mère et c’est un récit magnifique et touchant qui nous transporte des années 30 à nos jours, le roman s’achève sur le présent (2001). La fin d’un temps, la fin d’un monde, la vie de vies…

A travers la vie de cette fillette devenue femme on va découvrir des changements dans la société libanaise. Comme beaucoup de gens elle est tellement dans le quotidien et ces problèmes à elle, que Kamleh ne réalise pas ce qui se déroule autour d’elle. La politique, la guerre tout cela est en arrière plan.

C’est une femme d’un grand entêtement, elle aura mis le temps mais elle est arrivée à convaincre sa fille d’écouter son histoire et de la coucher sur le papier. On se rendra vite compte que cette ténacité lui vient de l’enfance  et de son parcours de vie.

C’est une femme qui ne sait pas lire et écrire et son moyen d’expression c’est l’oralité avec les chansons et le pouvoir des mots, elle est très visuelle, la place du cinéma dans sa vie lui permet d’avancer et de rêver. On a tout un panorama artistique avec des titres de films et les répercutions sur sa vie, ainsi que la musique (jusqu’à la fin du roman). Elle est complémentaire avec Mohamed qui lui est un homme de l’écrit avec des poèmes et des lettres plein les poches.

Sa propre mère avait déjà un sacré tempérament mais son parcours de vie l’a brisée mais elle avait insufflé l’envie de vivre à sa fille. Kamleh es devenue femme trop jeune, elle est restée enfantine et fantasque. Elle fait bouger les choses à sa manière.  On a ainsi une « chaîne de femmes » qui a permis à l’autre de devenir qui elle est… et cette envie d’aller plus loin. De l’oralité à l’écriture.

On note combien la religion est importante dans sa famille mais elle n’est pas vécue de la même façon que ce soit les hommes ou les femmes.

C’était touchant de voir que cette gamine qui venait du sud du Liban et qui n’avait pas d’instruction ne comprenait pas « l’arabe égyptien » du film qui a marqué sa vie. On est dans les années 30 et il y a une fracture sociale qui passe par la langue. La langue qui pour elle est d’un autre pays. En France ou en Espagne il devait y avoir les mêmes problèmes entre les « patois » et la langue de la capitale mais y avait –il cette impression « d’un autre pays » ?

Le récit est parfois poignant car il retrace des parcours de vie pas faciles, cependant on rit beaucoup car Kamleh est un petit lutin espiègle.

Dans la première partie de se roman l’écrivaine parle de ces précédents romans et après avoir lu celui-ci elle m’a donné envie d’en découvrir d’autres. Je ne sais pas quand mais c’est un nom que je garderai.

Qui en parle ?

Maeve

Ailleurs, en ce pays

Colum McCann

trad. Michelle Herpe-Voslinsky

Éditions Belfond, 2001, 145 p., 18 €

Existe chez 10/18

Cercle littéraire médiathèque

ailleurs en pays

4e de couv. :

À travers ces nouvelles, Colum McCann brosse l’inoubliable portrait de trois jeunes Irlandais témoins ou, acteurs malgré eux du drame qui déchire leur pays. Entre colère et résignation, désir de vivre et devoir de mémoire, restent les silences, éloquents. Ceux des vivants, et ceux des morts. Un recueil bouleversant sur une tragédie contemporaine.

Ma chronique :

Ce recueil se compose de trois nouvelles, deux courtes et une longue. Elles forment un ensemble où l’on voit ressortir des thématiques communes. Écrire des nouvelles est un exercice de style pour évoquer tant de choses en si peu de pages. Elles sont aussi sombres que la couverture choisie par les éditions  Belfond.

La première chose que j’ai remarqué, c’est la place des éléments météo de ces histoires. Dans la première de fortes pluies on provoqué la monté des eaux, et c’est dans cette rivière que débute le drame. Dans la deuxième la forte chute de neige est le point de départ, elle se termine dans une image de vent. Quand à la dernière c’est plutôt le vent qui est mis en cause, l’eau sera aussi très présente. En fait dans les trois cas les drames viennent de plus loin, le terrain était propice pour voir surgir cette violence.

Dans ces trois nouvelles on découvre un des parents ou substitut  mort ou dans l’incapacité de venir en aide à leur famille. On va suivre les gestes d’un adolescent ou d’une adolescente qui  change de rôle et va se substituer au parent déficient. La mort, la maladie et la prison pèsent sur les épaules de ces adolescents. Chacun un va affronter les événements à sa façon et sera marqué à vie.

Le thème de l’honneur, de la honte sont très présents. On note cependant que les hommes et les femmes ne l’appréhendent pas de la même façon. Les hommes sont rigides, buttés, fermés. Les femmes sont plus pragmatiques, pour elles l’essentiel c’est d’aller de l’avant, de survivre. Elles savent saisir la main qu’on leur tend.

Les notions de silence, de secret viennent peser sur les protagonistes. L’autorité, la pauvreté et la violence sont aussi des charges qu’ils doivent supporter.

Il se dégage de ce recueil beaucoup de tensions dramatiques qui ne laisse pas le lecteur indemne. Les deux premières sont courtes et sont très rythmées et on fini par un coup au sternum. La troisième plus longue joue avec les nerfs des personnages et du lecteur. On voit monter la charge émotionnelle qui empêche de prendre un nouveau départ.

« Ailleurs, en ce pays » comme l’indique le titre suppose que cela se passe en Irlande et la date est assez vague, c’est suggéré, un pays en guerre. La troisième se déroule en 1981 pendant la grève de la faim des prisonniers irlandais.

J’ai lu il y a quelques mois « lettres à un jeune auteur » et j’avais aimé l’écriture et la puissance d’évocation de l’auteur, maintenant j’ai aimé ses nouvelles,  prochaine étape un roman !