Dans la luge d’Arthur Schopenhauer

Yasmina Reza 

Éditions Albin Michel, 2005, 112 p., 9 €

Dans ma médiathèque il y a…

Cercle littéraire

4e de couv. :

« Le maître de mon mari a étranglé sa femme, lui se contente de laisser sa main choir au bout de l’accoudoir, de façon lamentable et flétrie. Mon mari n’a pas de radicalité. C’est un disciple. La génération de mon mari a été écrasée par les maîtres. »

Mes impressions de lecture :

Yasmina Reza est connue entre autre comme dramaturge. J’ai lu et apprécier « Art » et d’autres textes. « Dans la luge d’Arthur Schopenhaueur » est dans la catégorie « roman » pourtant on sent la dramaturge derrière.

Quatre personnages, un couple, un ami et un psychiatre.

Découpé en parties plus ou moins longues qui sont à chaque fois un monologue.

J’ai beaucoup aimé les effets théâtraux dans ces monologue où elle joue avec les réactions des personnages. Dans la première partie on attend de voir se qui va se passer entre Nadine et Ariel. La scène inaugurale avec l’orange est si visuel qu’on s’y croirait.

Le lieux sont des lieux clos, ce qui fait qu’on se sent dans un huis clos, comme pour rappeler que tout est parti de ce qui se passe dans la tête d’Ariel.

Il est question de la dépression du mari Ariel Chipman, il était spécialiste de Spinoza mais là il a fait une glissade vers la façon de penser de Schopenhauer, d’où la luge du titre.

On se rend vite compte des répercussions. On note que le couple avait glissé vers une vie bien rangée loin du grand amour. Nadine jouait le rôle de l’épouse de l’ombre. Mais là elle craque devant le comportement de son mari.

On sent que le fait qu’on soit dans une milieu intellectuel juif a un rôle dans les états d’âmes des personnages.

Leur ami et témoin Serge Othon Weil est dans un autre secteur, autour de l’économie et le finance, un autre état d’esprit. Dans son genre il est aussi monomaniaque.

Et puis il y a le psychiatre qui joue un rôle extérieur.

C’est assez ironique et satirique. J’ai bien ri par moment alors que le sujet de la dépression n’est pas très gai. J’ai pris plaisir à lire quelques passages à haute voix. Ce qui était drôle c’était de voir comment chacun essayait de le faire réagir maladroitement. Le monologue sur le fauteuil en décomposition ou de la robe de chambre sont des scènes mémorables.

On retrouve la thématique du couple en crise noyés dans une certaine mélancolie.

J’ai pris grand plaisir à lire ce roman qui a été mis en scène en 2006, mais que je n’ai pas vu.

Heureux les heureux

Le rêve d’un fou

Nadine Monfils

Fleuve Éditions,  2019, 128 p., 14,90€

Dans ma médiathèque il y a …Cercle littéraire

4e de couv :

Le hasard sème parfois un peu de poudre d’étoiles pour aller au bout de nos rêves.

Quand le destin s’est acharné sur lui, le Facteur Cheval aurait pu sombrer dans la douleur et le désespoir. Il a plutôt choisi de se lancer dans un pari insensé : construire de ses propres mains son Palais Idéal. Mais une étrange rencontre lors de ses tournées va donner un tout autre sens à son rêve.
Parce que la passion est la seule chose qui peut nous sauver.

En s’inspirant librement de la vie du Facteur Cheval, Nadine Monfils nous offre un roman émouvant comme un hymne à la liberté, la poésie, l’art, et la foi en ce qui nous dépasse.

Mes impressions de lecture :

Je venais de lire le roman de Maxence Fermine « l’apiculteur » qui se passe à la même période que la vie de Fernand Cheval… et je suis en train de lire « le soldat désaccordé » de Gilles Marchand… le point commun mise à part plus ou moins la même époque ? Il est question de rêveur, de continuer à vivre grâce aux rêves. Parfois on a l’impression que les livres en appellent d’autres…

Je devais choisir un livre de la médiathèque pour le cercle littéraire, après quelques hésitations je suis tombe sur ce roman et je me suis dit que cela faisait longtemps que je n’avais pas lu un roman de Nadine Monfils. Celui-ci est différents des livres précédemment lus… les seuls points communs des personnages à la marge, originaux et un peu barrés, ajoutez à cela des morts en veux tu en voilà… Il a perdu sa mère jeune, puis son père alors qu’il n’a que 19 ans, puis son premier enfant, sa première femme, sa première et unique fille… il a survécu à sa deuxième épouse et à son deuxième fils… il a perdu son meilleur ami…

Le titre est déjà une invitation à un monde particulier. Je connaissais le « palais idéal » je l’ai vu il y a fort longtemps à une période où ce n’était pas trop envahit, puis il y a quelques années où tout est organisé pour protéger le site et le maintenir. Cette deuxième fois je l’ai visité avec mon fils et ma façon de voir était différente, plus ludique. Je connaissais donc quelques faits… si vous ne connaissais pas ce n’est pas grave (sauf pour votre culture personnelle) le texte est très documenté et bien étayée. Il y a tellement de détails qui accrochent l’œil lorsqu’on visite ce lieu, on en retrouve les principaux dans cette histoire.

On a dû mal à se rendre compte que pendant sa construction des touristes étrangers, les artistes ont su voir au-delà de cette construction biscornue.

Cet ouvrage n’est pas un guide, ni une biographie, c’est bien un roman d’ailleurs l’autrice indique bien à la fin de l’histoire qu’elle a mélangé des personnages réels et des personnages fictifs. J’ai adoré  la coïncidence entre fiction et réalité.

Nadine Monfils a inséré de vrais écrits de Fernand Cheval en italique, c’est un roman à la première personne c’est le créateur du palais idéal qui se raconte, on l’écoute nous raconter ses choix et ses états d’âmes.

Roman bref qui nous montre la force de volonté qui a maintenu cet homme dans sa bulle. 33 ans à construire ce palais, et 8 à construire son tombeau au cimetière de Hauterive dans la Drôme. Il est mort à 86 ans son œuvre achevée.

J’ai aimé comment Nadine Monfis a su réécrire les réflexions et les pensées de cet homme qui a réellement existé. Une autre époque et d’autres façons de voir la vie et la mort.

Bonne lecture à tous !

NB : Je suis fan de Mémé Cornemuse; vous trouverez des chroniques de certains des romans de Nadine Monfils sur ce blog.

Le poids des secrets. T5. Horatu

Aki Shimazaki

Actes sud, Babel, 2009, 136 p., 7,10€

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4e de couv. :

4e de couv. :

L’étudiante en archéologie Tsubaki aime tendrement sa grand-mère Mariko, à qui elle a toujours confié ses tourments intimes et amoureux. Depuis une commotion cérébrale, la vieille dame désormais veuve semble victime d’hallucinations, et ses jours sont comptés. De la confusion de ses propos se détache pourtant une histoire d’innocence abusée qui concerne la jeune fille qu’elle était.

Mes impressions de lecture :

C’est avec autant de curiosité que j’ai lu ce cinquième est dernier tome du cycle « le poids des secrets ». J’attendais beaucoup de ce dernier volet j’imaginais une conclusion afin d’englober tous les sujets abordés par tous les protagonistes et une ouverture vers le futur. Qu’en est-il ? C’est un peu cela, mais comme dans la vraie vie les personnes ne connaissent que quelques fragments de l’histoire contrairement au lecteur qui a une vue d’ensemble.

Nous avons ici le Tsubaki, la petite dernière de Yukio, on l’avait croisé dans « Hamaguri » petite, ou allant à l’école avec Mariko dans « Tsubame ». C’est donc une jeune femme qui était très attachée à ses grands parents et ses parents qui débute sa vie d’adulte. Sans le savoir elle est la dernière (momentanément) à pouvoir faire le lien et recevoir les secrets de famille.

Le problème des secrets de famille c’est que si on ne brise pas le silence ils peuvent se perpétuer. Le serpent qui se mort la queue.

Ce cinquième volet est aussi chronologiquement le plus récent. Kenji est mort, Yukiko est morte, il reste Yukio et sa mère Mariko qui est très affaiblie… Nous avions déjà découvert les deux secrets de Mariko, on va voir ici qu’elle en détenait un poids supplémentaire. Au seuil de sa mort elle va le transmettre à Tsubaki et se libérer sa conscience. Il est à noter que Aki Shimazaki lui a attribué le rôle de l’étudiante en archéologie !

Cette fois-ci c’est à travers les « Hotaku/lucioles » on va repartir au temps de la jeunesse de Mariko jusqu’au  fameux jour où tout à basculé à Nagazaki. Encore la nature et sa symbolique.

La confession de sa grand-mère va lui permettre de faire un choix important dans sa vie de femme.

La composition de cette série est très surprenante avec ces différentes mises en avant de personnages et de leurs choix de vie avec ces chronologies décomposées entre souvenir (et tout ce que cela comporte de distanciation) et moments vécus en direct (sans recul). Parfois, on reprend un événement mais d’un autre point de vue, avec un temps de réflexion ou pas. Cela donne aussi l’image de cycle ou de cercle, on en revient toujours au même sans que ce soit tout à fait pareil.

J’ai bien envie de découvrir les romans de Aki Shimazaki qui forment des cycles de 5 tomes à chaque fois.

Voir sur ce blog :

« Tsubaki »

« Hamaguri »

« Tsubame »

« Wasurenagusa »

« 

Le poids des secrets. T4. Wasurenagusa

Aki Shimazaki

Actes Sud, Babel, 2008, 126 p., 7,10 €

Dans ma médiathèque il y a…

4e de couv. :

Héritier d’une noble famille de la cour impériale, Kenji Takahashi a divorcé, au grand dam de ses parents qui ne songent qu’à le remarier à une femme de bonne lignée. Mais il est stérile et préférerait garder ce secret pour lui. Lorsqu’il tombe amoureux de Mariko, orpheline et mère célibataire, il sait que ses projets risquent de se heurter à la volonté parentale. Il puise son courage dans le souvenir de Sono, la nurse qui s’est occupée de lui et à laquelle il reste très attaché, mais qui s’est exilée en Mandchourie.

Mes impressions de lecture :

Je suis bien contente d’avoir découvert cette série une fois complètement publiée car elle est additive ! On se demande qu’elle nouvelle révélation l’autrice va nous asséner.

Dans la famille Takahashi, on demande le mari de Mariko et père adoptif de Yukio. C’est le personnage le plus intègre de cette histoire. Il n’a aucun secret et il a su défendre son couple face à sa famille. C’est un homme d’honneur, il n’a pas reculé lorsque sa patrie lui a demandé d’aller en Mandchourie, et ensuite il a assumé le fait d’avoir été prisonnier de guerre, ce qui semblait inconcevable à l’époque.

Avec Kenji, le narrateur, on a la thématique de l’héritier, de la lignée. Là encore la tradition familiale lui a imposé un comportement qu’il a rejeté. Dans un premier temps il s’est soumis aux désidératas de sa famille allant jusqu’à divorcer de sa première femme ce qui lui a permis de découvrir sa stérilité et de l’assumer. Il a choisi l’adoption plutôt que des arrangement plus cachés.

Lui aussi est une victime des secrets de famille et de l’hypocrisie de certains qui se cachent derrière les conventions sociales.

J’ai bien aimé retrouver le voisin M. Nakamura découvert dans le tome précédent et semble ressentir des choses et jouer malgré lui de passeur. Dans « Tsubame » c’est lui qui donne l’info sur la digue à Mariko, ici c’est lui qui indique une certaine tombe à Kenji.

On retrouve ici le « Wasurenagusa » ou « niezabudoka », myosotis qui est sa fleur préférée, on va découvrir sa symbolique avec son histoire.

J’ai bien aimé le rôle du rêve avec son aspect symbolique et « prémonitoire ».

Quand aux hamaguris, ils sont encore présentes.

A bientôt pour le cinquième et dernier volet de cette saga.

Voir que ce blog :

Tsubaki

Hamaguri

Tsubame

Le poids des secrets. T3. Tsubame

Aki Shimazaki

Actes sud, Babel, 2007, 119 p., 6,50 €

Dans ma médiathèque il y a…

4e de couv. :

La jeune Yonhi vit à Tokyo avec sa mère et son oncle, venus de Corée avant sa naissance. Afin de la protéger d’émeutes contre leur communauté, à la suite du tremblement de terre qui a dévasté le Kanto en 1923, sa mère la confie à un prêtre catholique, qui la met à l’abri dans son orphelinat. Désormais cachée sous un nom japonais, coupée de son histoire familiale, Yonhi ne découvrira que des années plus tard le secret de ses racines.

Mes impressions de lecture :

On déroule un nouveau fil de cette bobine  de vies entremêlées.

Nous allons découvrir l’histoire de la famille de Mariko, la maman de Yukio.

On se retrouve à Tokyo en 1923, le tremblement de terre et ce qui a suivit. C’est un pan de l’histoire du Japon qui va avoir une répercussion dans le présent, que je ne connaissais pas. Mariko va avoir des réponses à des questions qu’elle avait enfoui en elle. Encore une fois la religion et les traditions viennent jouer un rôle. L’Histoire rejoint la petite histoire.

Dans ce roman le problème de filiation a une autre portée que celle qui touche Yukio. On comprend mieux pourquoi elle a vécu ce qu’elle a vécu avec le père de Yukio. À 72 ans elle va faire une découverte bouleversante et elle va à nouveau devoir faire un choix : tout dévoiler où tout effacer. Des récits émouvants et poignants.

Dans cette série on a la thématique de la filiation et notamment le problème des filles-mères pour différentes raisons. On a toute une thématique sur l’identité officielle et officieuse. Les nationalités et les conflits.

A chaque nouveau tome on rajoute une petite pierre supplémentaire : Tsubaki/ camélia, Hamaguri / palourde japonaise, Tsubame/ hirondelle. Chaque terme a sa symbolique, et petit à petit des liens se créent. On a un effet de miroirs qui se renvoient des images, des images du passé et du présent. Le futur se prépare sur de nouvelles bases ?

Il y a une grande place pour la nature, que ce soit pour marquer des cycles ou entrer en résonance avec les drames sociaux qui se jouent.

Ce troisième volet m’a donné envie de découvrir le suivant.

Le poids des secrets T2 Hamaguri

Aki Shimazaki

Actes Sud, Babel, 2007, 114 p.

Dans ma médiathèque il y a…

4e de couv. :

Deux petits enfants de Tokyo, Yukio et Yukiko, scellent un pacte de fidélité en inscrivant leurs noms à l’intérieur d’une palourde, comme un serment d’amour éternel. Devenus adolescents, ils se retrouvent à Nagasaki sans se reconnaître ; les sentiments qui les habitent désormais, qui les troublent profondément, leur seraient-ils interdits ?
Aux dernières heures de sa vie, la mère de Yukio cherchera à ouvrir les yeux de son fils en lui remettant ce coquillage sorti du tiroir de l’oubli.

Mes impressions de lecture :

Vous savez (peut-être) que j’aime bien lire des romans avec une date qui correspondent au moment de lecture de manière volontaire ou fortuite. Nous avons ici l’explosion de la bombe atomique le 9 août sur Nagazaki.

Je ne voulais pas lire ce deuxième tome tout de suite, cependant ma curiosité était plus grande et une fois lu les première pages je ne l’ai plus lâché.

On revient plus ou moins sur les évènements racontés dans le tome 1 mais cette fois-ci le narrateur et Yukio. Le fils de Mariko. Lui a vécu le secret de famille d’une autre façon. Et il n’est pas encore au courant de l’autre secret.

Dans ce roman on voit comment un secret de famille peut perdurer, se transmettre. Un enchaînement de souffrances.

On découvre de nouvelles facettes, on retrouve certains évènements mais d’autres histoires.

J’ai bien aimé le jeu avec les « hamaguri » retrouver les paires de coquillages qui retrouvent leur unicité. Une jolie image pour parler des deux moitiés d’un couple. On fait plusieurs essais mais il n’y a que deux qui forment un tout.

Je ne connaissais pas la particularité de la ville de Nagazaki et de la forte présence de la communauté catholique.

Je n’avais pas non plus compris que l’autrice japonaise, vivant au Canada avait écrit en français, c’est en cherchant le nom du traducteur que je me suis rendu compte qu’il n’y en avait pas.

A bientôt pour le prochain épisode…

Challenge L’été Lisons l’Asie

Voir sur ce blog :

Tsubaki

Le poids des secrets T1. Tsubaki

Aki Shimazaki

Actes sud, Babel, 2005, 115 p.

Dans ma médiathèque il y a…

4e de couv. :

Dans une lettre laissée à sa fille après sa mort, Yukiko, une survivante de la bombe atomique, évoque les épisodes de son enfance et de son adolescence auprès de ses parents, d’abord à Tokyo puis à Nagasaki. Elle reconstitue le puzzle d’une vie familiale marquée par les mensonges d’un père qui l’ont poussée à commettre un meurtre.
Obéissant à une mécanique implacable qui mêle vie et Histoire, ce court premier roman marie le lourd parfum des camélias (tsubaki) à celui du cyanure. Sans céder au cynisme et avec un soupçon de bouddhisme, il rappelle douloureusement que nul n’échappe à son destin.

Mes impressions de lecture :

Voilà quelques mois on m’a conseillé cette série mais je n’ai pas eu le temps de la lire jusqu’à maintenant.

Au début de l’été je vous avez parlé du challenge « l’été lisons l’Asie » d’Eva de Purrfect Books. Aki Shimazaki est née au japon et vit à Montreal. L’histoire se déroule au Japon.

J’ai aussi pensé à ce roman lorsque j’ai vu le #28.Hou la menteuse : lire un livre avec un secret de famille.

C’est un roman bref qui fait partie d’une série de 5. Je trouve que c’est intéressant de publier des romans si cours séparément au lieu d’en faire un seul avec 5 parties. C’est très agréable à lire dans ce petit format. La brièveté du texte augmente la curiosité du lecteur à savoir la suite.

Ce premier roman de la série « le poids des secrets » est à la fois complet et en même temps la fin nous ouvre une porte sur un autre personnage et donc un autre témoignage, du moins ce je suppose.

Une vieille dame a vécu à Nagasaki et la bombe nucléaire. On a des considérations sur la seconde guerre mondiale du point de vue d’une japonaise. Elle est lucide, avec un esprit critique elle remet les choses à leur place.

La veille de sa mort Yukiko commence à parler de cette période avec son petit fils curieux, alors qu’elle n’a jamais voulu en parler à sa fille Namiko. On a la thématique de la transmission, on a souvent observé qu’après la seconde guerre mondiale la parole c’est libéré bien après, ont sauté une génération.

Namiko est la narratrice, l’observatrice cependant le roman se compose en partie de la « confession » de Yukiko. Ce qui donne la narration de faits du passé et du présent avec les réflexions de la fille lisant la confession de sa mère. Quel héritage ! Transmission de la mère à la fille.

On découvre le Japon d’avant guerre et pendant la seconde guerre mondiale, avec les conséquences des coutumes.

La grande Histoire va se mêler aux drames de la petite histoire familiale et de ce fameux secret de famille.

C’est avec curiosité que je vais lire les autres tomes.

NB : il n’y a pas longtemps j’ai lu « la librairie Tsubaki » (chronique en retard et je retrouve ce mot qui signifie camélia.

Monument national

Julia Deck

Éditions de Minuit, 2022, 205 p., 17 €

Dans ma médiathèque il y a…

4e de couv. :

Au château, il y a le père, vieux lion du cinéma français et gloire nationale. Il y a la jeune épouse, ex-Miss Provence-Alpes-Côte d’Azur, entièrement dévouée à sa famille et à la paix dans le monde. Il y a les jumeaux, la demi-sœur. Quant à l’argent, il a été prudemment mis à l’abri sur des comptes offshore.
Au château, il y a aussi l’intendante, la nurse, le coach, la cuisinière, le jardinier, le chauffeur. Méfions-nous d’eux. Surtout si l’arrêt mondial du trafic aérien nous tient dangereusement éloignés de nos comptes offshore. 

Mes impressions de lecture :

C’est le premier roman de Julia Deck que je lis, elle m’a été fortement recommandée. Je découvre sa plume, mais il me faudra lire d’autres romans pour vraiment me faire une opinion.

L’histoire débute au moment du confinement de 2020, un moment de crise dans la famille d’un « Monument national » Serge Langlois un pilier du cinéma français. S’il s’agit d’un roman à clefs, je n’ai pas le bon trousseau. On a bien évidement cet univers qui est abordé, mais Serge semble retiré sur « ses terres » pas de visites liées à ce milieu, mais pas vraiment un havre de paix.  Il y a ainsi des paradoxes.. Julia Deck laisse le lecteur, influencé par l’actualité, se faire des films sur ce qui va se passer sur ce domaine clos. Il y a quelque chose de malsain qui s’installe dans ce lieu qui se délite.

Dans ce roman on a deux narratrices. On a Joséphine qui a dans les 8 ans au moment de la débâcle, mais on ne sait pas avant la fin qu’elle âge elle a au moment ou elle relate les faits. Elle nous raconte sa famille, son adoption, leur vie fort singulière. On n’a que sa voix, il faut donc la croire sur parole, est-ce la réalité/la vérité. On a quelques réponses avant la fin.

Nous suivons en parallèle les vies d’autres acteurs du drame qui va se jouer dans ce domaine près de la forêt de Rambouillet. On a un groupe de personnes du 93 qui vont se retrouvés liés. On a donc un contraste entre deux mondes.

J’ai eu du mal à comprendre où voulait en venir l’autrice. Elle semble jouer avec des effets miroirs avec les problèmes rencontrés dans ces deux mondes. Problème d’identité, d’intégration, d’acceptation dans un quartier, problèmes d’argent, de drogue, de rapport à la loi, maternité/famille, dépendance affective, fragilité mentale, secrets de famille…

On a ainsi des duos qui se forment : Joséphine / Marvin, Ambre/Cendrine, Cendrine/Aminata et Ambre/Sophie… etc.

C’est un roman très structuré, très travaillé. On a une impression de spirales ascendantes et descendantes comme dans ce bassin entouré de topiaire, où des algues prolifèrent. Cela crée une ambiance délétère.  Il faut attendre la fin pour avoir une vue d’ensemble.

Je n’ai pas réussi à m’attacher aux personnages.

Je suis restée avec une impression que ça partait dans tous les sens, trop de sujets abordés en si peu de pages et que le lecteur les développait dans son esprit ?

Ce roman me laisse perplexe quand à ce que l’autrice à voulu créer. J’ai la désagréable impression qu’elle a voulu jouer avec le lecteur comme elle a joué avec ses marionnettes-personnages.

Challenge 15 k #Les croissants : lire un.e auteur.e français.e

Challenge #payetonslip

Le sang des sirènes

Thierry Serfaty

Le Livre de poche, 2002, 248 p.

Challenge 15K  #29 Allo allo monsieur l’ordinateur

4e de couv :

Sur fond de piratage informatique et d’espionnage industriel, le roman de Thierry Serfaty – Prix Polar 2000 – explore les limites de l’au-delà et du monde virtuel. Dans ce stupéfiant scénario, un chercheur en immunologie nous entraîne – malgré lui ? – dans une guerre impitoyable entre laboratoires de recherche. Au centre de cette série noire, Jan Helleberg n’a qu’un tort : ne pas croire en l’immortalité. C’est pourtant lui qui revient six mois en arrière, en chair et en os, pour enquêter sur les circonstances troublantes de sa propre mort – mais à une seule condition: ne rien changer au cours de l’histoire. Une intrigue hallucinante, une construction d’une habileté démoniaque pour un thriller scientifique high-tech, brillante variation autour de La Petite Sirène d’Andersen, qui impose Thierry Serfaty comme un jeune talent qui n’a rien à envier aux auteurs anglo-saxons.

Mes impressions de lecture :

Je me suis laissée séduire par « sur fond de piratage informatique » et « un thriller scientifique high-tech » ce qui correspondait à un item du Challenge de Mr Cabrik 15K. Mon cerveau avait juste oublié de noter que ce roman avait eu un prix en 2000.

La thématique de l’informatique est assez succincte car l’histoire se déroule en 1997. Oui il y a un ordinateur, des transmissions, du piratage… mais des disquettes et des CD-Rom. Le téléphone portable n’était encore un objet qu’on oubliait à la maison. C’est intéressant de réaliser que lorsque ce roman a été écrit c’était super technologique ces quelques éléments, à la pointe du progrès.

C’est un roman policier à énigme, même si les enquêteurs ne sont pas des policiers.

L’originalité du roman tiens à sa légère part de fantastique. Le personnage principal meurt et c’est le black out dans sa mémoire mais une entité qu’il appelle « la vie » lui permet de revivre dans sont corps les six derniers mois pour pouvoir mourir en comprenant pourquoi il a été assassiné. Il ne doit pas changer les grandes lignes de sa fin de vie. On le voit donc revivre son quotidien avec les trahisons, ses doutes et ses questionnements  de l’époque  tout en connaissant la fin de sa vie. C’est bien raconté. C’est drôle de voir le personnage revivre les événements en mettant en avant les possibles coupables. Cela donne lieu à hypothèses et des fausses pistes.

On a un autre fils narratif avec l’enquête « après la mort de Jan » menée par deux journalistes. Sa dernière compagne est interrogée par une journaliste qui veut écrire un article plus détaillé qu’une simple nécrologie. Une source proche de l’enquête lui a fait comprendre qu’il ne s’agit ni d’un suicide, ni d’un simple accident. C’était très intéressant de voir les deux femmes démêler les mystères. C’est aussi une façon d’avoir un autre regard que celui de Jan revivant son passé.

La fin est surprenante. La résolution aura lieu. Les coupables seront identifiés, Justice sera faite, d’une certaine façon. Je vous laisse découvrir le développement choisi par l’auteur.

Bonne lecture.

NB : ce roman pouvait aussi entrer dans la catégorie #23 MacGyver

Le roman-photo

Clémentine Melois & Jan Baetens

Le Lombard, La petite Bédéthèque du savoir n°26, 2018, 87 p., 10 €

Challenge de l’été VLEEL « un livre choisi pour son physique »

4e de couv. :

Né au sortir de la Deuxième Guerre mondiale en Italie, le roman-photo est devenu, avec une rapidité encore jamais vue, l’un des médias les plus populaires du XXe siècle. Souvent méprisé pour ses approches fleur bleue assumées, le roman-photo est en réalité un mode d’expression aux codes riches et subtils.
Le présent ouvrage se donne pour défi de rendre à ce genre, varié et particulièrement dynamique, l’intérêt qu’il mérite.

Mes impressions de lecture :

J’ai suivi le travail de Clémentine Mélois sur les réseaux. Je l’ai découverte avec ses détournements de titres et/ou avec « les Papous dans la tête » sur France Culture. J’ai lu un de ces albums jeunesse et son détournement de photo-roman « Les six fonctions du langage » un OLNI jouissif.

Tout d’abord un petit mot sur l’objet livre. Le format (14×19) couverture rigide, le dos et les coins sont en noir comme les vieux carnets. Couverture très colorée illustrée par deux personnages typique des vieux romans-photo mais ni le format ni la présentation extérieur ne peut porter à confusion. Avant de l’ouvrir on s’interroge car on ce demande ce que contient ce drôle de carnet.

A l’intérieur beaucoup de travail artistique dans la présentation des informations. On a du collage, de la photo, de la reproduction de planches de roman-photo, cine-roman, roman dessiné (etc), des publicités souvent détournées, des photomontages.

Le contenu est très sérieux au niveau des recherches et des informations mais le format décomplexe le lecteur car c’est aussi très visuel.

C’est organisé en chapitres thématiques, étape par étape on découvre un ouvrage très construit malgré la somme de données et d’informations qu’il fournit.

J’ai beaucoup aimé les textes détournés, les différents types d’écrits et d’illustrations. L’aspect carnet de travail est très agréable car cela ne donne pas l’impression de lire un « essai ». J’aime beaucoup le côté gai-savoir, apprendre sans s’en rendre compte.

Ce qui m’avait arrêté lors de sa sortie c’est justement que j’avais peur que ce soit trop théorique, alors quand on me l’a prêté en me disant que c’était un plaisir de le lire je n’ai pas hésité.

Intelligent et drôle. J’ai découvert que c’était le 26 tome d’une collection « La petite Bédéthèque du savoir de chez Le Lombard. Il existe d’autres titres avec d’autres auteurs.

Il se trouve qu’il allait bien avec le challenge de l’été VLEEL.

Voir aussi :

« Les six fonctions du langage »

#payetonslip 2/20

#Challenge 15 K 2/30