Monument national

Julia Deck

Éditions de Minuit, 2022, 205 p., 17 €

Dans ma médiathèque il y a…

4e de couv. :

Au château, il y a le père, vieux lion du cinéma français et gloire nationale. Il y a la jeune épouse, ex-Miss Provence-Alpes-Côte d’Azur, entièrement dévouée à sa famille et à la paix dans le monde. Il y a les jumeaux, la demi-sœur. Quant à l’argent, il a été prudemment mis à l’abri sur des comptes offshore.
Au château, il y a aussi l’intendante, la nurse, le coach, la cuisinière, le jardinier, le chauffeur. Méfions-nous d’eux. Surtout si l’arrêt mondial du trafic aérien nous tient dangereusement éloignés de nos comptes offshore. 

Mes impressions de lecture :

C’est le premier roman de Julia Deck que je lis, elle m’a été fortement recommandée. Je découvre sa plume, mais il me faudra lire d’autres romans pour vraiment me faire une opinion.

L’histoire débute au moment du confinement de 2020, un moment de crise dans la famille d’un « Monument national » Serge Langlois un pilier du cinéma français. S’il s’agit d’un roman à clefs, je n’ai pas le bon trousseau. On a bien évidement cet univers qui est abordé, mais Serge semble retiré sur « ses terres » pas de visites liées à ce milieu, mais pas vraiment un havre de paix.  Il y a ainsi des paradoxes.. Julia Deck laisse le lecteur, influencé par l’actualité, se faire des films sur ce qui va se passer sur ce domaine clos. Il y a quelque chose de malsain qui s’installe dans ce lieu qui se délite.

Dans ce roman on a deux narratrices. On a Joséphine qui a dans les 8 ans au moment de la débâcle, mais on ne sait pas avant la fin qu’elle âge elle a au moment ou elle relate les faits. Elle nous raconte sa famille, son adoption, leur vie fort singulière. On n’a que sa voix, il faut donc la croire sur parole, est-ce la réalité/la vérité. On a quelques réponses avant la fin.

Nous suivons en parallèle les vies d’autres acteurs du drame qui va se jouer dans ce domaine près de la forêt de Rambouillet. On a un groupe de personnes du 93 qui vont se retrouvés liés. On a donc un contraste entre deux mondes.

J’ai eu du mal à comprendre où voulait en venir l’autrice. Elle semble jouer avec des effets miroirs avec les problèmes rencontrés dans ces deux mondes. Problème d’identité, d’intégration, d’acceptation dans un quartier, problèmes d’argent, de drogue, de rapport à la loi, maternité/famille, dépendance affective, fragilité mentale, secrets de famille…

On a ainsi des duos qui se forment : Joséphine / Marvin, Ambre/Cendrine, Cendrine/Aminata et Ambre/Sophie… etc.

C’est un roman très structuré, très travaillé. On a une impression de spirales ascendantes et descendantes comme dans ce bassin entouré de topiaire, où des algues prolifèrent. Cela crée une ambiance délétère.  Il faut attendre la fin pour avoir une vue d’ensemble.

Je n’ai pas réussi à m’attacher aux personnages.

Je suis restée avec une impression que ça partait dans tous les sens, trop de sujets abordés en si peu de pages et que le lecteur les développait dans son esprit ?

Ce roman me laisse perplexe quand à ce que l’autrice à voulu créer. J’ai la désagréable impression qu’elle a voulu jouer avec le lecteur comme elle a joué avec ses marionnettes-personnages.

Challenge 15 k #Les croissants : lire un.e auteur.e français.e

Challenge #payetonslip

Le sang des sirènes

Thierry Serfaty

Le Livre de poche, 2002, 248 p.

Challenge 15K  #29 Allo allo monsieur l’ordinateur

4e de couv :

Sur fond de piratage informatique et d’espionnage industriel, le roman de Thierry Serfaty – Prix Polar 2000 – explore les limites de l’au-delà et du monde virtuel. Dans ce stupéfiant scénario, un chercheur en immunologie nous entraîne – malgré lui ? – dans une guerre impitoyable entre laboratoires de recherche. Au centre de cette série noire, Jan Helleberg n’a qu’un tort : ne pas croire en l’immortalité. C’est pourtant lui qui revient six mois en arrière, en chair et en os, pour enquêter sur les circonstances troublantes de sa propre mort – mais à une seule condition: ne rien changer au cours de l’histoire. Une intrigue hallucinante, une construction d’une habileté démoniaque pour un thriller scientifique high-tech, brillante variation autour de La Petite Sirène d’Andersen, qui impose Thierry Serfaty comme un jeune talent qui n’a rien à envier aux auteurs anglo-saxons.

Mes impressions de lecture :

Je me suis laissée séduire par « sur fond de piratage informatique » et « un thriller scientifique high-tech » ce qui correspondait à un item du Challenge de Mr Cabrik 15K. Mon cerveau avait juste oublié de noter que ce roman avait eu un prix en 2000.

La thématique de l’informatique est assez succincte car l’histoire se déroule en 1997. Oui il y a un ordinateur, des transmissions, du piratage… mais des disquettes et des CD-Rom. Le téléphone portable n’était encore un objet qu’on oubliait à la maison. C’est intéressant de réaliser que lorsque ce roman a été écrit c’était super technologique ces quelques éléments, à la pointe du progrès.

C’est un roman policier à énigme, même si les enquêteurs ne sont pas des policiers.

L’originalité du roman tiens à sa légère part de fantastique. Le personnage principal meurt et c’est le black out dans sa mémoire mais une entité qu’il appelle « la vie » lui permet de revivre dans sont corps les six derniers mois pour pouvoir mourir en comprenant pourquoi il a été assassiné. Il ne doit pas changer les grandes lignes de sa fin de vie. On le voit donc revivre son quotidien avec les trahisons, ses doutes et ses questionnements  de l’époque  tout en connaissant la fin de sa vie. C’est bien raconté. C’est drôle de voir le personnage revivre les événements en mettant en avant les possibles coupables. Cela donne lieu à hypothèses et des fausses pistes.

On a un autre fils narratif avec l’enquête « après la mort de Jan » menée par deux journalistes. Sa dernière compagne est interrogée par une journaliste qui veut écrire un article plus détaillé qu’une simple nécrologie. Une source proche de l’enquête lui a fait comprendre qu’il ne s’agit ni d’un suicide, ni d’un simple accident. C’était très intéressant de voir les deux femmes démêler les mystères. C’est aussi une façon d’avoir un autre regard que celui de Jan revivant son passé.

La fin est surprenante. La résolution aura lieu. Les coupables seront identifiés, Justice sera faite, d’une certaine façon. Je vous laisse découvrir le développement choisi par l’auteur.

Bonne lecture.

NB : ce roman pouvait aussi entrer dans la catégorie #23 MacGyver

Le roman-photo

Clémentine Melois & Jan Baetens

Le Lombard, La petite Bédéthèque du savoir n°26, 2018, 87 p., 10 €

Challenge de l’été VLEEL « un livre choisi pour son physique »

4e de couv. :

Né au sortir de la Deuxième Guerre mondiale en Italie, le roman-photo est devenu, avec une rapidité encore jamais vue, l’un des médias les plus populaires du XXe siècle. Souvent méprisé pour ses approches fleur bleue assumées, le roman-photo est en réalité un mode d’expression aux codes riches et subtils.
Le présent ouvrage se donne pour défi de rendre à ce genre, varié et particulièrement dynamique, l’intérêt qu’il mérite.

Mes impressions de lecture :

J’ai suivi le travail de Clémentine Mélois sur les réseaux. Je l’ai découverte avec ses détournements de titres et/ou avec « les Papous dans la tête » sur France Culture. J’ai lu un de ces albums jeunesse et son détournement de photo-roman « Les six fonctions du langage » un OLNI jouissif.

Tout d’abord un petit mot sur l’objet livre. Le format (14×19) couverture rigide, le dos et les coins sont en noir comme les vieux carnets. Couverture très colorée illustrée par deux personnages typique des vieux romans-photo mais ni le format ni la présentation extérieur ne peut porter à confusion. Avant de l’ouvrir on s’interroge car on ce demande ce que contient ce drôle de carnet.

A l’intérieur beaucoup de travail artistique dans la présentation des informations. On a du collage, de la photo, de la reproduction de planches de roman-photo, cine-roman, roman dessiné (etc), des publicités souvent détournées, des photomontages.

Le contenu est très sérieux au niveau des recherches et des informations mais le format décomplexe le lecteur car c’est aussi très visuel.

C’est organisé en chapitres thématiques, étape par étape on découvre un ouvrage très construit malgré la somme de données et d’informations qu’il fournit.

J’ai beaucoup aimé les textes détournés, les différents types d’écrits et d’illustrations. L’aspect carnet de travail est très agréable car cela ne donne pas l’impression de lire un « essai ». J’aime beaucoup le côté gai-savoir, apprendre sans s’en rendre compte.

Ce qui m’avait arrêté lors de sa sortie c’est justement que j’avais peur que ce soit trop théorique, alors quand on me l’a prêté en me disant que c’était un plaisir de le lire je n’ai pas hésité.

Intelligent et drôle. J’ai découvert que c’était le 26 tome d’une collection « La petite Bédéthèque du savoir de chez Le Lombard. Il existe d’autres titres avec d’autres auteurs.

Il se trouve qu’il allait bien avec le challenge de l’été VLEEL.

Voir aussi :

« Les six fonctions du langage »

#payetonslip 2/20

#Challenge 15 K 2/30

Un goûter en forêt

Akiko Miyakoshi

Trad. Nadia Porcar

Éditions Syros, 2012, 32 p., 5.50 €

Dans la médiathèque il y a…

Chronique jeunesse du mercredi

4e de couv. :

Un merveilleux album d’hiver, qui nous transporte au pays des contes, là où tout est possible !

Quand Kikko se réveille ce matin-là, tout est blanc dehors. Son papa part à l’autre bout de la forêt pour aider Grand-mère à déblayer son toit. Mais il oublie d’emporter avec lui le gâteau spécialement préparé pour elle ! La petite Kikko décide alors de l’apporter elle-même à Grand-mère… Et la voilà qui suit les traces de son papa dans la neige, se hâtant derrière la grande silhouette au manteau noir qui s’enfonce dans le bois.

Mes impressions de lecture :

J’avais beaucoup aimé le crayonné et l’histoire de « quand il fait nuit » et j’ai eu plaisir à retrouver ses ambiances de clair obscur avec les dégradés de gris et juste une touche ou deux de couleur.

L’histoire dans un premier temps fait penser au petit chaperon rouge… Kikko par à travers la forêt apporter un gâteau à sa grand-mère. Elle croit suivre son père, il y a la silhouette au loin. On retrouve la thématique de la forêt. Elle a les cheveux « jaunes », une jupe, un bonnet et des moufles rouges … on est dans la neige et les arbres ne sont que des troncs dénudés et sombres… Qui va-t-elle croiser ?

L’histoire bascule lorsqu’elle sort de la forêt mais pas du tout chez sa grand-mère… là cela m’a fait penser à l’histoire de « boucle d’or et les 3 ours », revisitée… la curiosité et l’intrusion dans une maison inconnue…

Elle va faire une drôle de rencontre… Là j’ai pensé aux « musiciens de Brême ». Il ya tout un jeu avec les couleurs de ses cheveux et ses vêtements rouges dans le dessin en noir (dégradés) et blanc. On voit le grain du papier sous le crayonné, c’est du plus bel effet. Ces couleurs vives vont se propager lorsque tout le monde va repartir dans la forêt… Cela a du sens…

La fin est douce et belle. On a presque l’impression avec le côté fantastique qu’elle a rêvé mais non puisqu’il reste des éléments.

L’autrice est japonaise et on sait combien la forêt et ses créatures font partie de l’imagerie collective.

Une nouvelle fois Akiko Miyakoshi a su insuffler de la poésie dans une histoire touchant  l’enfance. La famille semble aussi être un sujet qu’elle aime traiter.

Les références sont peut-être autres que celles que j’ai perçues…

Je vous souhaite une belle lecture.

La ritournelle

Aurélie Valognes

Éditions Fayard, mars 2022, 232 p., 18,90 €

Dans ma médiathèque il y a…

4e de couv. :

Dans certaines familles, les repas de fêtes se suivent et se ressemblent : mêmes plats, mêmes convives, mêmes discussions. Sauf cette année. Il suffit d’un rien pour que les bonnes manières volent en éclat : non-dits, vieilles rancunes et mauvaise foi vont transformer le dîner de fête en un règlement de compte en bonne et due forme. Et si les repas de famille étaient enfin l’occasion de se dire les choses ? Des dialogues enlevés, des personnages hauts en couleur, Un roman drôle et jouissif ! Avec son talent unique pour saisir le vrai dans les relations familiales, Aurélie Valognes nous plonge dans une famille joyeusement dysfonctionnelle, qui ressemble étonnamment à la nôtre.

Mes impressions de lecture :

J’avais besoin d’une comédie, alors quand j’ai vu le roman d’Aurélie Valognes je me suis dit c’est ce qu’il me faut. Je n’ai même pas regardé la 4e de couverture. Une valeur sûre. Quelle ne fut pas ma surprise de me retrouver à Noël. Je sens que ce livre va se retrouver dans les challenges de Noël prochain, s’il n’est pas lu avant !

On est dans la thématique « on ne choisit pas sa famille ». On a Nadine, la grand-mère, qui tient le rôle de la méchante, de la peste. Elle dit ce qu’elle pense dans filtre. Elle fait tout pour qu’on la rejette. J’ai trouvé dommage que son personnage ne soit pas plus approfondi pour essayer de la comprendre. Pour contrebalancer on a Patrick, le père du gendre de Nadine, lui aussi est gratiné mais il est dans le rôle de machiste de base, il a presque l’excuse d’être un homme de sa génération. Lui aussi est sans filtre.

Dans le rôle central on a Anne la fille de Nadine, elle joue le rôle de la fille aînée, la femme mariée avec deux enfants. A elle les corvées et les remarques acerbes. La thématique relation mère/filles est légèrement abordée. On a une lignée de femmes qui sont seules (sauf Nadine).

Le roman se déroule sur une journée celle du réveillon de Noël. Elle va être menée tambour battant. On enchaîne des scènes de la vie quotidienne sur une journée stressante avec  jalonnées d’embûches. On va notamment sourire avec la scène du mari envoyé faire les courses au supermarché, alors qu’il n’y va jamais, en ce dernier jour d’achat pour les préparatifs de Noël, on s’y croirait.

Le roman est construit au rythme des heures, comme pour faire monter la pression jusqu’au repas prévu à 19h30. On passe son temps à se demander à quel moment cela va déraper. Qui va se lâcher ?

Ce roman n’est pas mon préféré d’Aurélie Valognes, il m’ a manqué un petit quelque chose, mais j’ai passé un bon moment.

Les durs à cuire

Charlye  Ménétrier McGrath

Fleuve Éditions, 2021, 352 p., 18,90 €

Cercle de lecture décembre 2021

Dans ma médiathèque il y a…

4e de couv. :
Sixtine, 40 ans, mariée, deux enfants et bourgeoise par excellence, est au bord de la crise de nerfs lorsqu’elle se retrouve contrainte d’héberger ses parents. Leurs rapports se limitent au strict nécessaire depuis qu’elle est adulte et pour cause, elle est la fille de deux ex-stars du punk. Grands-parents déjantés versus fille quadra bien rangée (et même un peu coincée), la maison est à deux doigts d’exploser.
Mais pour Constance et Clémence, les deux filles de Sixtine, cette cohabitation tombe du ciel…
Rébellion générationnelle à tous les étages !

Mes impressions de lecture :

Vous l’aurez compris si vous me suivez, j’aime bien les feel good et les romans où des « petits vieux » n’en font qu’à leur tête. Dans ce roman les deux sont réunis.

J’ai découvert Charlye Ménétrier Mc Grath avec  les « Sales gosses » et je voulais renouveler l’expérience.  J’ai  partagé avec vous quelques réflexions sur les titres, j’ai bien l’impression que les titres de cette autrice sont choisis pour créer une unité en prenant des expressions.

Je ne vais pas comparer les deux romans que j’ai lus de cette autrice mais j’ai noté que la musique fait parti de ses thèmes de prédilections… d’autres thèmes ressortent tels que : la famille, la vieillesse, la deuxième chance…

Ce roman m’a bien fait rire car Charlye Ménétier McGrath joue avec la surenchère de situations cocasses ou caricaturales. Mais comme souvent on rit pour ne pas pleurer, il y a des nombreux sujets graves qui sont abordés. On a tous un petit quelque chose des personnages dépeints avec tendresse car ils sont très proche de la réalité.

Ce que j’ai aimé c’est  qu’à la fin tout c’est pas résolu, mais en bonne voie.

Le roman se passe pour un peu plus des trois  quarts le te temps d’un week-end, c’est donc très intense.  Le passé va s’inviter dans scènes de souvenirs soit c’est un personnage qui se remémore des souvenirs heureux ou pas, d’autres souvenirs vont être partagés avec les personnages dans le présent.  Les secrets de famille ne sont pas tous dévoilés au reste des personnes présentes.

Famille je vous aime/ famille je vous hais, secrets de famille…

J’ai beaucoup aimé comment Charlye Ménétrier aborde le sujet de  la vie de femme au foyer  et le féminisme.

Ce roman aborde des sujets très actuels autour de « combats » menés par la jeunesse par exemple autour du climat. Au début de cette chronique je vous ai dit qu’il était question de « petits vieux » rock & roll mais on va vite se rendre compte qu’il est question aussi de la place de la jeunesse. Il y a des conflits intergénérationnels mais aussi des passerelles qui vont se former. Nous avons tous les âges donc des préoccupations très différentes qui en fin de compte vont se rejoindre. Je vous laisse découvrir les « combats » de chacun.

Un très bon roman qui aborde des sujets graves avec des notes d’humour pour faire avancer les choses dans une certaine positivité.

Pour ceux qui ratent les macarons, ce roman va vous agacer… Ahahah ! Pour ceux qui aiment en manger vous aller avoir envie d’en faire ou de vous en procurer !

Alignement des planètes !

A bientôt…

QUI EN PARLE ?

JANGELIS

Les Dames de Marlow enquêtent. T1. La mort compte triple

Robert Thorogood

Trad. Sophie Brissaud

Éditions de la Martinière, mai 2021, 390 p., 14,90 €

Black November

4e de couv. :
Dans la petite ville de Marlow, en Angleterre, Judith Potts, 77 ans, mène la vie qui lui plaît. Elle boit un peu trop de whisky et se baigne toute nue dans la Tamise, et alors ? Au pays des excentriques, elle est la reine !
Un soir, elle entend, provenant de la maison de son voisin, un cri suivi d’un coup de feu. Elle en est sûre : un meurtre a été commis. Mais la police ne la croit pas. Pas d’énigme sans solution pour Judith Potts ! La vieille anglaise passionnée de mots-croisés va se lancer dans l’enquête avec, à ses côtés, Becks, la femme du vicaire, et Suzie, la promeneuse de chien et commère attitrée de Marlow.

Mes impressions de lecture :

Pour cette quatrième semaine  la consigne était un roman tiré d’une saga. J’ai choisi ce tome 1 que l’on m’a prêté… maintenant il ne reste plus qu’à attendre les suivants. Je n’ai pas vu de date prévue.

J’ai choisi un cosy mystery car j’aime ce genre littéraire qui allie les secrets et les mystères.

Nous allons découvrir petit à petit les quatre femmes au cœur de l’enquête. Quatre femmes avec des préoccupations différentes et des âges différents. Judith est la plus âgée et c’est elle qui va fédérer les troupes. Trois crimes et trois amatrices qui se retrouvent liées chacune à l’un des morts.

On a trois grilles de mots croisés en lien avec les affaires. C’est un moyen original de faire le point sur les différents cas. Un petit intermède.

Les trois morts sont liées, nos enquêtrices en ont l’intuition mais il leur faut trouver des preuves et des mobiles.

Escroquerie et cupidité et manipulation…  l’argent qui est derrière tout ces crimes.

Ce que j’aime dans les cosy mystery c’est l’aspect humoristique. On va avoir quelques scènes cocasses.

Ces trois femmes qui semblent démunies et  à côté de la plaque vont révéler leur potentiel et dépasser leurs limites au grand étonnement de certains.

Ces quatre femme (j’inclus la policière) qui ne se connaissaient pas au départ font former une sacrée équipe.

J’ai  bien aimé la thématique de l’art en filigrane.

La vie au bord de la Tamise n’est pas un fleuve tranquille.

Un bon moment de détente.

QUI EN PARLE ?

Plume volage

La commissaire n’aime point les vers

Georges Flipo

Folio,  oct. 2021, 304 p., 8,10 €

Éditions de la Table Ronde, 2011, 300 p.

Dans ma médiathèque il y a…

Cercle littéraire médiathèque

4e de couv. :

Un clochard, sosie de Victor Hugo, assassiné devant l’Académie française ; un sonnet érotique attribué à Charles Baudelaire… comme si la commissaire Viviane Lancier n’avait pas assez de problèmes, entre son ex qui la persécute et ses régimes, qui la martyrisent, sans devoir en plus se soucier de littérature! Heureusement, son nouveau lieutenant, Augustin Monot, aussi ahuri et gaffeur que séduisant et cultivé, finira par motiver la commissaire dans une enquête corsée, pleine de meurtres et de rebondissements…

Mes impressions de lecture :

Je vous vois sourire ceux qui me suivaient. Il y a quelques semaines je vous présentais « La commissaire n’a point l’esprit club » qui était ressorti aussi chez folio. Je râlais un peu parce que j’aime lire les romans dans l’ordre de sortie car l’auteur glisse toujours des références aux tomes précédents. Maintenant que j’ai lu les deux seules enquêtes publiées je râle parce qu’il n’y en a pas d’autre prévue. Ce roman a 10 ans et à l’époque je suis passée à côté, alors merci pour cette réédition qui m’a fait connaître cette terrible commissaire.

J’avais remarqué que le tome précédent me faisait penser à deux romans récents que j’avais lu. Eh bien ce deuxième fait écho à une autre lecture de la rentrée « La muse ténébreuse de Charles Baudelaire ». Voilà que dans cette enquête il y aura des références aux poèmes sulfureux de Charles Baudelaire.

Cette première enquête d’Augustin Monot auprès de la commissaire Viviane Lancier ne va pas se déroulé comme prévue. Si le personnage principal c’est Viviane c’est pourtant Augustin qui sera le plus tenace.

Augustin Monot est un bleu, tout juste sorti de l’école de police il n’a aucune expérience et en plus c’est un littéraire. C’est lui qui va découvrir le clochard agressé et par son intervention va faire rentrer cette affaire dans l’équipe de Viviane. Mais celle-ci n’en veut pas, elle a d’autres chats à fouetter, alors elle le laisse se faire la main sur cette enquête. De temps en temps elle le recadre. Cependant Monot est idéaliste et il va ouvrir une véritable boîte de Pandore et ils vont vite être dépassés par les évènements.

On va avoir des scènes surréalistes, des rebondissements inattendus. Les journaux vont s’en mêler et donc les hauts gradés… jusqu’au ministre.

Augustin va se révélé très communiquant et il va se faire repérer par la « dircom » de la police. Il passe bien à la Tv et il pourrait donner une nouvelle image de la police. Une vrai peste cette Priscilia Smet, elle a les dents longues ! Je réalise que les noms et les prénoms ne sont pas anodins dans cette série. Il va être beaucoup question de communication et Georges Flipo va jouer avec les mots pour notre grand plaisir.

On a donc un contraste physique entre Viviane et Monot, mais aussi dans la façon de fonctionner, elle est négative alors qu’il est positif, elle se prend les pieds dans le tapis alors qui plane au-dessus de tout cela. On a le fameux duo l’expérimentée et le naïf.

On va avoir droit à tous les types de régimes alimentaires, qu’elle essai en vain car il y a toujours une contrariété, une catastrophe qui  la replonge dans les barres de mars. Une belle critique des journaux féminins et du diktat de la minceur.

Si je mets en avant le côté ironique, grotesque et drôle c’est parce que c’est ce qui m’attire dans ce genre d’enquête. L’intrigue policière est intéressante car elle se complexifie au fur et à mesure que les crimes et délits se multiplient. Il va y avoir danger et Viviane et Monot ne vont pas en sortir indemnes.

Ceux qui connaissent Paris vont se régaler à les voir déambuler que ce soit du côté des champs Elysées ou quai Conti, entre autre… Une balade qui n’est pas de tout repos !

Cher monsieur Flipo j’espère que vous allez nous raconter d’autres aventure de Viviane Lancier car j’ai passé un bon moment de détente…

Voir aussi

Ce document a été créé et certifié chez IGS-CP, Charente (16)

Le voyage d’Octavio

Miguel Bonnefoy

Éditions Rivages, Rivages Poche, 2016, 160p. , 7,50€

4e de couv. :

Le voyage d’Octavio est celui d’un analphabète vénézuélien qui, à travers d’épiques tribulations, va se réapproprier son passé et celui de son pays. Il tombera amoureux de Venezuela, une comédienne de Maracaibo, qui lui apprend l’écriture. Mais la bande de brigands « chevaleresques » pour laquelle il travaille, organisera un cambriolage précisément au domicile de sa bienaimée. Avant que ne débute un grand voyage qui porte son nom.

Cette rencontre déchirante entre un homme et un pays, racontée ici dans un récit plein d’humour et de poésie, est d’abord une initiation allégorique et amoureuse, dont l’univers luxuriant rend hommage à une certaine tradition littéraire sud-américaine.

Mes impressions de lecture :

J’avais adoré « sucre noir » son atmosphère et l’écriture de Miguel Bonnefoy. Le temps à passé et j’étais curieuse de découvrir son premier roman. Voilà qui est fait.

J’aime beaucoup cet Amérique Latine romanesque et romantique. Nous débutons dans un bidonville du Venezuela, cependant la pauvreté passe en arrière plan avec la solidarité et l’amitié qui sont mises en avant.

Octavio est un personnage attachant que l’on va suivre dans les différentes étapes de ses découvertes.

Le sujet de départ, l’illettrisme, est bien amené. Miguel Bonnefoy le situe dans un lieu propice à la différence culturelle. Le bidonville et ses laissés pour compte. On voit les conséquences dramatiques que cela peut avoir dans le quotidien et les stratagèmes pour cacher ce handicap social. Tout le monde n’est pas dupe. Octavio va rencontrer la bonne personne qui va l’aider. Cependant le destin d’Octavio n’est pas celui d’une vie tranquille. Il a des principes et lorsqu’il devra franchir une certaine limite sa vie va basculer.

Ce voyage va mettre à l’épreuve Octavio. Il peut compter sur sa force physique et morale mais il cherche sa place ce qui va le conduire d’une expérience à une autre.

Les thématiques complémentaires du bien et du mal, de la justice et l’injustice, ont des frontières très mouvantes.

C’est un roman bref avec des chapitres relativement courts qui sont des « leçons de vie » où chacun pourra puiser des sujets de réflexion.

Les couleurs, les parfums et les petites histoires des personnages touchants d’humanité.

J’ai beaucoup aimé le rôle de l’eau. On bascule dans le réel merveilleux. Les liens avec les mythes sont renforcés ce réel magique qui donne en plus un côté poétique. Retour aux sources ?

La place de la nature est très importante dans ce qu’il va advenir de notre héros. Je vous laisse découvrir.

Action, destruction reconstructions à divers niveaux. On a aussi l’image de la roue qui tourne sans tout à fait revenir au point de départ… une roue voilée ?

Une belle lecture.

Je trouve la couverture de la version poche magnifique.

Je pense lire « Héritage » très prochainement… mais vous connaissez la relativité du temps d’une lectrice !

Vieux, râleur et suicidaire

Frederik Backman

Éditions Gabelire, 2015, 413 p.,

Dans ma Médiathèque il y a…

4e de couv. :

Dans le lotissement où il vit depuis quarante ans, Ove est connu pour être un râleur de la pire espèce. Et maintenant qu’il ne travaille plus, il se sent seul et inutile. Un beau jour, il décide d’en finir. Corde au cou, debout dans le salon, il est prêt à passer à l’acte… Mais l’arrivée de nouveaux voisins et d’un chat abandonné va contrecarrer ses plans. 

Mes impressions de lectures :

Voilà un roman que je veux lire depuis sa sortie en 2014. Il fait partie de ces livres qui traitent des « petits vieux indignes », cela parle de personnes qui sont arrivé à un moment de leur vie où le qu’en dira-t-on et le regard des autres ça leur passe par-dessus la tête. Ils assument leur côté grincheux. Ce sont souvent des romans avec une bonne dose d’humour et de tendresse.

Cela fait tellement longtemps que je veux le lire que je crois qu’il y a même un film de réalisé !

J’ai lu la version des éditions Gabelire, de la bibliothèque, qui grâce à la taille des caractères (corps 16) m’a semblé plus facile à lire le soir.

On va rire d’un homme qui n’attend plus rien de la vie et qui veux en finir au plus vite. Ce ne sont pas les raisons qui nous font rire mais les empêchements qui vont venir l’interrompre à plusieurs reprises. Il va tenter plusieurs manières différentes de mourir. On va découvrir qu’il y a les interruptions extérieures mais aussi intérieures.

On pourrait dire qu’il n’est ni très douer pour vivre heureux ni pour réussir son suicide.

Ce que j’ai aimé c’est que régulièrement on a une sorte de refrain qui résume sa vie en quelques moments qui parlent à tous le monde, comme pour se convaincre qu’il ne lui reste que le suicide.

Le monde change et lui a dû mal à suivre le mouvement. J’ai aimé suivre sa façon de voir les choses. Les souvenirs qui refont surfaces et qui nous permettent de comprendre qui il est vraiment. On va voir que certaines personnes voient derrière son vernis d’homme bourru et taciturne, l’homme au grand cœur.

Il a une vie très réglée et voilà qu’un drôle de chat et une drôle de voisine vont venir et tel des grains de sable dérégler les rouages. On a presque envie de croire que Sonja est derrière tout ça !

On nous le présente comme presque antipathique, comme pour qu’on ne s’y attache pas. Mais on va découvrir que derrière le « vieux râleur » économe, cet homme de principes à besoin de certitudes.

Les hommes en chemise blanche vont être les oiseaux de mauvais augure tout au long de la vie de Ove. La bureaucratie et les nouvelles technologies ne sont pas de son côté.

Si j’ai souri, ou rit parfois j’ai une poussière dans l’œil et notamment à la fin.

Un roman suédois touchant.

Ce fut un moment de lecture très agréable, d’autant plus que c’est tellement réaliste qu’on peut reconnaître nos voisins, pas nous bien sûr ! On a envie de donner des claques à certains moments. J’avais besoin de me changer les idées et ça a réussi !

Bonne lecture.