Super Hôte

Kate Russo

Trad. Séverine Weiss

Éditions de la Table Rondehttps://www.editionslatableronde.fr/super-hote/9791037106308, 20 mai 2021, 416 p., 24 €

Mes lectures de la Table Ronde

4e de couv. :

Bennett Driscoll avait jadis un nom dans le monde de l’art londonien. Depuis que sa femme l’a quitté et que sa fille vole de ses propres ailes, il a décidé de mettre en location sur AirBed sa maison devenue trop grande pour lui. Pas loin de devenir accro aux commentaires laissés sur le site par ses hôtes, Bennett, à cinquante-cinq ans, est retranché dans l’atelier au fond du jardin avec la nette impression de faire du surplace. Est-ce l’image d’Alicia, par la fenêtre, qui le renvoie à sa propre solitude ? Celle d’Emma à ses obsessions et à ses angoisses d’artiste ? Ou celle de Kirstie à son incapacité à rebondir ? Sa rencontre avec Claire, serveuse dans un bar à vins de Soho, est peut-être l’occasion de faire un pas en avant ; encore faut-il lui expliquer pourquoi il est un étranger dans sa propre maison.

Dans ce roman au sarcasme et à la liberté de ton savoureux, Kate Russo nous fait presque oublier, par sa légèreté, la profondeur des maux qu’elle dépeint.

Mes impressions de lecture :

« Super Hôte » est un premier roman très prenant qui parle entre autre de la société d’aujourd’hui et de cette injonction au bonheur qui passe par la réussite et de savoir jouer le jeu de son milieu. Être le meilleur mari, le meilleur amant, le meilleur père, le meilleur peintre ou le meilleur Hôte tout semble se liguer contre lui…

Bennett Driscoll doit prendre des décisions, Bennett tergiverse depuis des années. Qu’il le veuille ou non tout doit changer ! Bennett agace tout le monde à force d’hésiter. Il doit reprendre sa vie en main. Bennett ne sait pas dire non et se retrouve dans de drôles de situations.

On peut entrer dans cette histoire à travers les personnages, il aurait pu s’appeler Bennett et les femmes. On pourrait croire qu’il est très centré sur sa petite personne ce qui le rendrait imbuvable. Et c’est tout le contraire qui se passe. Il est le loser par excellence. Il a été un peintre côté, il n’est plus exposé depuis 15 ans, sa femme l’a quitté, sa fille prend son indépendance et lui il ne lui reste que la grande maison qu’il loue aux touristes. Dernier vestige de sa vie passée.

On peut s’intéresser à la dégringolade sociale, tout par à vau-l’eau, plus de relations professionnelles, pas d’amis. Et lui il s’accroche à cette maison comme à une bouée. Il essai de se convaincre avec cette histoire de « Super Hôte » qu’il est passé à autre chose. Quelque activité où il excelle.

Pourtant, lorsqu’on le voit dans son atelier/logement au fond du jardin en train de regarder la maison est ces habitants comme on regarde une scène de théâtre on se dit que quelque chose  cloche. D’autant que les femmes qu’on va voir séjourner ne vont pas très bien. Est-ce la maison qui attire c’est âmes en peine ? N’allez pas croire qu’on c’est un roman larmoyant avec gens qui ont perdus leurs illusions. On va avoir des scènes cocasses, des quiproquos et des rencontres surprenantes. Il y a aussi de la colère et des frustrations qui viennent chambouler les moments tendres ou plus calmes. A croire que cette maison attire les gens qui sont à une croisée dans leur chemin de vie et que Bennett joue le rôle de catalyseur. Même Bennett sait qu’il doit changer de vie.

La part d’interactions humaines joue avec les ascenseurs  émotionnel, chacun est porteur d’une histoire. Chacun est sensé avoir une place, jouer un rôle qu’on attend de lui et que se passe t-il lorsqu’un grain de sable, une rencontre, vient dérégler tout cela.

La famille tient un rôle important dans la vie de tous les personnages de cette histoire…

Nous avons une autre facette du roman qui m’a beaucoup intéressée, celle de la création artistique. Il a est un grand peintre du nus féminins, il avait une notoriété mais lorsqu’il a changé de sujet il n’a pas été suivi. Cela pose des questions sur les courants de la mode il s’est retrouvé enfermé dans un genre qui ne lui correspondait plus. On voit bien l’influence de sa vie intime sur l’évolution de la création mais il n’a pas été comprit et une spirale c’est mise en route vers la fin de sa carrière professionnelle. Combien de temps résistera t-il ?

Pauvre Bennett, il incarne toutes les petites lâchetés quotidiennes. A cinquante ans passés, « Je suis vieux et je suis fini » semble être son lei motiv. Il en devient attachant avec tous ses questionnements surtout avec ce qui lui tombe sur la tête. Mais chut !

Un roman qu’on a du mal à poser tant on veut savoir où l’autrice veut mener son personnage et ses lecteurs. Pauvre Bennett il n’est pas au bout de ses peines ! Il va lui en arriver de belles …. Je vous laisse découvrir ses aventures et mésaventures.

Derrière l’Artiste il y a l’Homme et derrière l’Homme il y a les Femmes !

Je vous souhaite une belle balade à Londres… Je ne vous en ai pas parlé mais la ville en mutation joue aussi un rôle dans ces vies…

Je remercie les Éditions de la Table Ronde de cette découverte.

Qui en parle ?

Maeve

Des pages et des îles

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