Fragiles serments

Molly Keane

Tread. Cécile Arnaud

Éditions de la Table Ronde, coll. La Petite Vermillon, 6 mai 2021, 375 p., 8,90 €

Mes lectures de la Table Ronde

4e de couv. :

Grand jour pour lady Bird : la splendide demeure qu’elle habite avec son époux Julian s’apprête à résonner à nouveau du tumulte d’une famille au grand complet. John, l’amour de sa vie, l’aîné de ses trois enfants, est de retour de ce qu’on s’empressera d’appeler son « voyage à l’étranger  » : un séjour en maison de repos. Pour affronter cet événement, dans une existence largement dévouée à l’entretien du jardin et à la constitution d’une garde robe à faire pâlir les plus coquettes de la capitale, lady Bird peut compter sur Eliza, une vieille amie de la famille. Mais peu à peu le vernis de la paisible haute société anglo-irlandaise se craquelle…

Mes impressions de lecture :

C’est le premier roman de Molly Keane, je connaissais son nom sans rien savoir d’elle. C’est donc une totale découverte. C’est un roman de 1935 donc quand elle parle du rôle des femmes durant la guerre il s’agit de la première guerre mondiale.

Nous sommes en Irlande dans un milieu favorisé, avec ses codes et ses jeux d’apparence. Il y aussi les alliances et autres stratégies pour unir les jeunes gens. Mais voilà que dans la famille Bird le fils aîné vient de faire un séjour dans une clinique privé pour dépression. Son retour déstabilise le fragile équilibre des conventions. C’est une ombre sur l’histoire de la famille.  Ce qui complique une certaine idylle.

Ce qui est troublant au début ce sont les rôles des parents. On les appelle par leurs prénoms et ils ne montrent aucune affection pour leurs trois enfants. Ils sont chacun dans leur « monde », seul leur petite personne les intéresse. Ce sont des gens de devoir, ils ne doivent pas montrer leurs sentiments.

L’arrivée d’une invitée proche de la famille va nous permettre de découvrir la maisonnée par son regard. Elle est là pour gérer ce retour. Elle a un regard extérieur pas toujours tendre.

Molly Keane a un regard acerbe sur la haute bourgeoise. Elle égratigne ses personnages sur les plaies pour ne pas qu’elles cicatrisent. On retrouve cela dans les portraits et dans les situations. Les dialogues ne sont pas en reste. Il y a une grande vivacité d’esprit dans l’écriture de Molly Keane.

John est encore bien fragile et il préfère attaquer pour masquer sa souffrance et son décalage avec la société. Il a pris ses distances.

Molly Keane laisse une place importante pour la jeunesse entre continuité dans les traditions et émancipation.

C’est un grand plaisir de suivre le cheminement de chaque personnage.  J’avoue que Louise m’a particulièrement agacée !

Je suis toujours étonnée que certains sujets soient toujours d’actualité  90 ans après. Notamment sur les femmes et les produits de beauté ou les effets de mode.

Je pense lire d’autres romans de cette écrivaine irlandaise.

Je remercie les Éditions de la Table Ronde de leur confiance.

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