Rendez-vous au 10 avril

Benoît Séverac

Pocket, 2018, 288 p. 7,30€

4e de couv. :

Toulouse, 1920. La Grande Guerre est achevée depuis trois ans déjà et chacun reprend sa place comme il peut dans une société qui s’étourdit pour oublier. Pourtant, les douleurs et les blessures rejaillissent de façon bien étrange. Lorsque deux meurtres perturbent l’équilibre de la ville, un seul homme, un inspecteur rescapé de guerre qui n’est plus apte aux sentiments, ose affronter la situation. Un point commun relie les deux affaires, a priori sans aucun rapport : l’École vétérinaire de Toulouse. Seulement, la grande école connaît ses propres codes, ses propres règles. Parviendra-t-il à briser la chape de silence et à faire éclater la vérité ?

Mes impressions de lectures :

J’ai choisi ce roman pour plusieurs raisons. La première c’était pour découvrir un roman adulte de Benoît Séverac, en effet jusqu’à présent je n’avais lu que des romans jeunesse, que j’apprécie beaucoup. La deuxième raison c’est à cause du titre et enfin parce que cela se passe à Toulouse où je suis allé me balader quelques fois. Ceux qui connaissent la ville vont encore plus visualiser les lieux cités.

Je vous disais que le titre m’avait attiré et je voulais le lire pour le 10 avril, qu’elle ne fut ma surprise de découvrir le vrai sens du titre… Je vous laisse le découvrir.

C’est un roman qui se déroule en 1920 on va donc avoir des fils thématiques autour de la première guerre mondiale, des traumatismes, des sales affaires autour de la guerre, ou les bonnes affaires grâce à la guerre, tout dépends où vous avez passé cette période. De ces sujets là abordent le thème de la mémoire et de la souffrance.

On a aussi tout ce qui touche à l’animalité, la bestialité, et la thématique animales.

Tous les sens sont sollicités, on est dans les extrêmes mais c’est surtout l’odorat qui m’a marqué. Il observe, mais la vue peut tromper, on joue avec les apparences. L’ouïe est aussi en éveil, les sons liés aux « morts violentes » on a aussi les sons de la guerre qui jaillissent des souvenirs et des cauchemars. Le goût est altéré par le goût de la terre, des morts et de l’alcool. Le toucher est à peine présent avec Gigi qui masse notre héros.

Roman à la première personne on en oublie le nom (et on comprendra pourquoi à la fin) il se cache derrière sa fonction « Inspecteur ».

On peut aussi dérouler le fils de l’histoire d’une ville et de ses habitants. Les métiers, les vêtements, la musique. Une époque « nouvelle » se profile dans cette reconstruction après guerre.

Comme on peut s’en douter la souffrance, la maladie, la mort et la déchéance, notre héros incarne tout cela. Ce que les gens voient en lui c’est un être dépravé qui boit, se drogue et passe ses nuits dans un bordel, alors qu’il est sensé incarner le héros, il s’est battu pour la France… Mais pour ceux qui sont revenus c’est très compliqué.

Les enquêtes sont un contrepoint de tout cela avec les arrangements avec les notions de justice, de morale,  les sombres secrets enfouis qu’il ne faut pas déterrer. La résolution de l’enquête est à la hauteur de se qui est annoncé.

C’est un roman noir, la présence des bas-fonds et en miroir les quartiers chics et qui ont pignon sur rue.

Il y a aussi des thématiques de tragédie avec les trahisons, les guerres de pouvoir…

J’ai lu se roman pratiquement le temps d’un week-end, je voulais connaître les tenants et les aboutissants de tous ses secrets.

Ce roman nous montre aussi que les années après guerre ne sont pas faciles, les « années folles » ont attendre un peu.

Il me reste encore des romans adultes à découvrir !

Je vous souhaite une bonne lecture.

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