Ailleurs, en ce pays

Colum McCann

trad. Michelle Herpe-Voslinsky

Éditions Belfond, 2001, 145 p., 18 €

Existe chez 10/18

Cercle littéraire médiathèque

ailleurs en pays

4e de couv. :

À travers ces nouvelles, Colum McCann brosse l’inoubliable portrait de trois jeunes Irlandais témoins ou, acteurs malgré eux du drame qui déchire leur pays. Entre colère et résignation, désir de vivre et devoir de mémoire, restent les silences, éloquents. Ceux des vivants, et ceux des morts. Un recueil bouleversant sur une tragédie contemporaine.

Ma chronique :

Ce recueil se compose de trois nouvelles, deux courtes et une longue. Elles forment un ensemble où l’on voit ressortir des thématiques communes. Écrire des nouvelles est un exercice de style pour évoquer tant de choses en si peu de pages. Elles sont aussi sombres que la couverture choisie par les éditions  Belfond.

La première chose que j’ai remarqué, c’est la place des éléments météo de ces histoires. Dans la première de fortes pluies on provoqué la monté des eaux, et c’est dans cette rivière que débute le drame. Dans la deuxième la forte chute de neige est le point de départ, elle se termine dans une image de vent. Quand à la dernière c’est plutôt le vent qui est mis en cause, l’eau sera aussi très présente. En fait dans les trois cas les drames viennent de plus loin, le terrain était propice pour voir surgir cette violence.

Dans ces trois nouvelles on découvre un des parents ou substitut  mort ou dans l’incapacité de venir en aide à leur famille. On va suivre les gestes d’un adolescent ou d’une adolescente qui  change de rôle et va se substituer au parent déficient. La mort, la maladie et la prison pèsent sur les épaules de ces adolescents. Chacun un va affronter les événements à sa façon et sera marqué à vie.

Le thème de l’honneur, de la honte sont très présents. On note cependant que les hommes et les femmes ne l’appréhendent pas de la même façon. Les hommes sont rigides, buttés, fermés. Les femmes sont plus pragmatiques, pour elles l’essentiel c’est d’aller de l’avant, de survivre. Elles savent saisir la main qu’on leur tend.

Les notions de silence, de secret viennent peser sur les protagonistes. L’autorité, la pauvreté et la violence sont aussi des charges qu’ils doivent supporter.

Il se dégage de ce recueil beaucoup de tensions dramatiques qui ne laisse pas le lecteur indemne. Les deux premières sont courtes et sont très rythmées et on fini par un coup au sternum. La troisième plus longue joue avec les nerfs des personnages et du lecteur. On voit monter la charge émotionnelle qui empêche de prendre un nouveau départ.

« Ailleurs, en ce pays » comme l’indique le titre suppose que cela se passe en Irlande et la date est assez vague, c’est suggéré, un pays en guerre. La troisième se déroule en 1981 pendant la grève de la faim des prisonniers irlandais.

J’ai lu il y a quelques mois « lettres à un jeune auteur » et j’avais aimé l’écriture et la puissance d’évocation de l’auteur, maintenant j’ai aimé ses nouvelles,  prochaine étape un roman !

Une réflexion au sujet de « Ailleurs, en ce pays »

  1. Ping : Le mois Irlandais | L'Atelier de Ramettes 2.1

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s