Carnets d’enquête d’un beau gosse nécromant

Jung Jaehan
Trad du coréen par Han Yumi et Hervé Péjaudier
Editions Matin Calme, sept 2020, 329 p., 20,90 €

Masse critique Babelio / Matin Calme

carnet beau gosse

4e couv. :
Chamans escrocs VS gourou post-industriel
Bienvenue au cabinet secret de Nam Hanjun, alias Beau Gosse, pseudo-chaman et authentique escroc. Avec ses deux complices, Hyejun, sa petite-sœur hackeuse de génie et Sucheol, dit Mammouth, détective privé, ils offrent à leur riche clientèle des  » divinations  » sur mesure qui font leur succès.
Un soir, une cliente les appelle après avoir cru apercevoir un fantôme dans sa cuisine. Quand ils arrivent leur présence attire l’attention d’un voisin qui prévient la police. Une jeune inspectrice se rend sur place, Ye-eun, experte en arts martiaux, que ses collègues surnomment justement le fantôme tant elle est rapide et discrète. Dans la cave de la maison, elle découvre le cadavre d’une adolescente recherchée depuis un mois.

Le roman vise au cœur des pires scandales de la société coréenne. Il s’inspire en particulier de l’affaire Park Geun Hye. Cette ancienne présidente de la république de Corée, destituée en 2017, actuellement en prison, a dirigé le pays sous l’influence toxique d’une chamane. Cette dernière servait ses propres intérêts et ceux de divers grands groupes industriels.

Mes impressions de lecture :

J’ai suivi sur les réseaux l’arrivée de cette nouvelle maison d’édition mais entre une COVID et un confinement je n’avais pas encore passé le cap.

Je ne connais pas grand chose à la culture coréenne à part un peu la Kpop et dramas et mangas mais vraiment de manière superficielle.

Je découvre donc en version papier ce livre au format assez grand (format A5), couverture avec rabat où l’on découvre la photo de l’autrice. Papier assez épais, le livre s’ouvre bien du début à la fin, pas besoin de le casser. Typographie et mise en page agréable à lire. J’aime bien regarder ces détails lorsque je découvre une maison d’édition que je découvre. J’aime manipuler les livres papier, ces petits détails techniques créent  une certaine atmosphère avant de se lancer dans l’histoire. Ajouter à cela une couverture fond noir, photo de trois personnages principaux même si pour moi ils sont quatre (et je ne les imagine pas du tout comme ça !), le titre en lettre rouge sang, on est déjà un peu parti dans ce polar.

Attardons nous sur le titre  la dénomination « beau gosse » accolé à nécromant cela crée une étrange combinaison dans mon imaginaire personnel. Du coup on sait qu’il va être le personnage mis en lumière. Et quel personnage ! je vous en reparle plus tard…

Je n’ai pas souvenir d’avoir lu de roman coréen (je suis plutôt littérature japonaise) alors il m’a fallu que je m’habitue aux noms (comme pour tout roman étranger), les traducteurs apporte dans ses notes en bas de page des informations pertinentes.

Lorsque j’ai commencé ma lecture j’ai trouvé l’écriture punchy. Je ne sais pas si cela vient de choix des traducteurs ou du fait que ce soit un roman qui a été conçu pour le web. J’imagine que le public « cible » était plutôt jeune et il faut donner une façon de « parler » vive et très rythmée. Les dialogues sont aussi très percutant, surtout lorsque le fameux beaux gosse participe.

Ce qui m’a plu et amusé c’est que le texte est truffé d’onomatopées comme dans les mangas asiatiques. Au début cela surprend et puis on les attend presque ces mots qui expriment des réflexes ou des sensations.

Nous avons un narrateur (ou narratrice) qui va nous relater les événements, tantôt on suivra le fameux beaux gosse tantôt d’autres personnages. On sent comme une caméra qui se déplace avec des mises en lumière. C’est étrange j’ai plus vu l’ambiance « réalité virtuelle » que cinématographique.

On est dans le polar les ambiances nuits ou/et intérieures sont très importantes, même s’il y a des scènes d’action extérieures assez « visuelles », courses poursuite à pied ou en voiture… L’alcool, bars et musique, les décors urbains et atmosphères glauques, violence et sexe font partie de ce genre littéraire. On y retrouve tous les attributs du genre. Mais à la sauce coréenne. On y côtoie des contrastes détonants entre par exemple la nourriture traditionnelle et par exemple les codes vestimentaires plutôt occidentaux (marques de luxe européennes). On a aussi des références politiques notamment sur les changements économiques du pays. De plus ce roman s’inspire d’événements qui ont eu lieu.

Les sujets abordés ne sont pas très drôles (esclavage sexuel, violence, magouilles en tout genre et autres abus). Par contre l’autrice utilise le sarcasme, le cynisme et le grotesque pour donner une autre dimension à ce qu’elle nous décrit. J’ai adoré cet aspect là. Sans parler comme elle malmène ses personnages et le beau gosse en particulier. Elle va jouer avec les superstitions et les croyances qui rendent les gens manipulables et certains ne vont pas se gêner pour en profiter.

Au début on voit deux « groupes » mener des enquêtes, en suivant plus ou moins des voies légales, et on va les voir se croiser, se frôler, on attend la collision. Et on attend le moment où le beau gosse va se faire pincer par la jolie inspectrice.  Parce qu’elle est perspicace et maligne la demoiselle et très agile.

J’ai trouvé très intéressante la variété de personnages « hors norme », parfois la laideur intérieure rejoint la laideur extérieure et d’autres fois la beauté peut cacher beaucoup de noirceur.

Les références culturelles touchent aussi à la culture traditionnelle qu’au cinéma et à la musique. Certaines scènes par exemple du « parrain » de « fast and furious » avec la reprise de répliques célèbres donnent des scènes hilarantes.

Jung Jaehan a créé des personnages et un décor qui laisse présager d’autres enquêtes. J’attends avec impatience ce moment ! Jung Jaehan a su mettre en place une dynamique de groupe qui fonctionne bien. J’ai aimé comment ils se « taclent » entre eux.

Je vous  laisse découvrir les enquêtes qui vont être menées dans ce roman.

J’ai repéré dans le catalogue de cette maison d’édition d’autres titres susceptibles  de me tenter…

Je remercie les éditions Matin Calme et Babelio pour ce bon ment lecture.

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2 réflexions au sujet de « Carnets d’enquête d’un beau gosse nécromant »

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