Un château à Ipanema

Martha Batalha

Trad. Diniz Galhos

Éditions Denoël, nov 2018, 340 p., 21 €

Mes lectures Denoël

B26804

4e de couv :

Rio de Janeiro, 1904. Johan Edward Jansson arrive à Rio en tant qu’ambassadeur de Suède au Brésil. Lui et sa femme, l’exotique et sensible Birgit, s’installent et commencent à transformer la petite station balnéaire d’Ipanema en une des destinations les plus prisées au monde. Par amour pour cette ville, Johan fait construire un château au bord de l’eau. La magnificence et les mystères d’Ipanema prennent vie. Dès lors, Ipanema deviendra la ville de toutes les excentricités. De Birgit, hantée par des voix dans sa tête, à Álvaro Alvim, un médecin célèbre rongé par les conséquences de ses expériences, et sa fille Laura, une petite-bourgeoise qui se rêve actrice, tous gravitent autour de la lumineuse famille Jansson.
Martha Batalha n’a pas son pareil pour mêler figures historiques et personnages fictifs délicieusement bariolés, livrant ainsi au lecteur un tableau coloré, chaleureux et éclatant de vie d’une ville aux mille facettes, Rio de Janeiro.

Ma chronique :

Quel plaisir de retrouver l’imaginaire de Marthe Batalha, cet univers fait de femmes qui sortent de l’ordinaire grâce à leur passion pour la vie. Pour ceux qui se poseraient la question, ça n’a rien à voir avec « Les mille talents d’Euridice Guszmað » mais en même temps on sent cet élan vers les femmes et cette exubérance brésilienne.

Ce qui fait le charme et la spécificité dans les deux  romans de Martha Batalha que j’ai lu, c’est la façon de traiter les personnages. Nous avons une narration avec des personnages qui arrivent et qui sont présentés, quand cette partie de l’histoire arrive à une certaine conclusion nous avons alors un chapitre qui est consacré à ce personnage avec toute sa biographie ou presque et elle raccroche le wagon de l’histoire qui nous occupe à ce moment de l’intrigue. Ainsi chaque personnage devient u personnage important. Cela va de la maîtresse de maison à l’employée de maison. Elle va même chercher des personnages qu’on a perdus de vu à un certain moment. Il y a une certaines déstructuration du temps dans cette construction narrative.

Martha Batalha semble très attachée à l’histoire du Brésil mais en partant des changements dans le quartier, la famille, la maison. On voit ainsi l’évolution des moeurs et de l’architecture. Elle montre aussi qu’un quartier c’est aussi des amis pour la vie. L’un des personnage va même jusqu’à faire un « état des lieux » des contrées les plus perdues pour mieux se reconstruire grâce aux rencontres. La roue de la vie a beau tourner il semble qu’il y a comme des boucles qui se créent tant que tout n’est pas résolu.

On trouve dans ce roman la vie de certaines femmes et leurs particularités selon leurs milieux sociaux, avec les évolutions des temps modernes. La télévision brésilienne semble avoir évolué avec elles. On va voir dans les années 70-80 le langage changer et elles entendent parler d’émancipation, on leur parle de sexualité. On est dans un monde patriarcal avec un rejet de l’homosexualité ce qui va compliquer la vie de certains personnages. On a par exemple un père qui martèle semaine après semaine que tous ceux qui passent à la télévision sont des pédales ce qui n’est pas sans conséquences. On est dans la souffrance, le déni, les excès. l’alcoolisme et la violence sont aussi présents. La prostitution aussi fait parti du paysage urbain avec ses quartiers et l’hypocrisie. On a d’un côté la modernité et de l’autre les traditions et les croyances qui ont la dent dur, notamment en ce qui concerne les envoûtements et les mondes des morts.

On va passer d’une femme à l’autre, d’un homme à l’autre dans un enchaînement qui n’est pas toujours un passage de relais mais presque. On a une fresque historique qui nous montre les hauts et les bas des gens qu’on pourrait croire « privilégiés ». Les rivalités entre les femmes ne sont pas toujours celles qu’on croit… Dans ce roman il y a assez peu de solidarité entre les femmes. On est dans l’idée de « royaume » où chacune veut régner sur leur château intérieur.

La musique, la vie sociale, les vêtements, la cuisine, les intérieurs impeccables, les relations intimes, ils sont dans la recherche de la perfection et de la satisfaction. On a des sortes de travelling de l’extérieur vers l’intérieur et inversement.

Il y a beaucoup de moments forts et souvent liés à la souffrance, morale ou physique. Beaucoup d’émotions… c’est parfois viscéral et parfois psychique. Cela peut venir de l’extérieur mais aussi de l’intérieur.

Le monde des apparences a évidemment une énorme importance quand on touche à l’ascension sociale.

L’amour est une quête permanente de ces êtres incomplets sans leur âme soeur.

Je ne vous ai pas parlé des hommes qui portent en eux du sang suédois et qui ont comme autre héritage un coucou suisse…

Je vous laisse découvrir les subtilités de ce roman. 

Je remercie les Éditions Denoël pour leur confiance.

mille talent Euridice

Article précédemment publié sur canalblog

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