Le bâtard de Kosigan. Tome 1 l’ombre du pouvoir

Fabien Cerutti

Éditions Mnémos, 2014, 355 p., 20 €

Le mois de Fabien Cerutti

Book en Stock / Mnémos

4e de couv. :

Le chevalier assassin, Pierre Cordwain de Kosigan, dirige une compagnie de mercenaires d’élite triés sur le volet. Surnommé le « Bâtard », exilé d’une puissante lignée bourguignonne et pourchassé par les siens, il met ses hommes, ses pouvoirs et son art de la manipulation au service des plus grandes maisons d’Europe.

En ce mois de novembre 1339, sa présence en Champagne, dernier fief des princesses elfiques d’Aëlenwil, en inquiète plus d’un. De tournois officiels en actions diplomatiques, de la boue des bas fonds jusqu’au lit des princesses, chacun de ses actes semble servir un but précis.

À l’évidence, un plan de grande envergure se dissimule derrière ces manigances. Mais bien malin qui pourra déterminer lequel…

Mon billet :

Et dire que j’ai failli renoncer à ce mois de car trop surbookée ! Je m’en serais mordu les doigts… maintenant il va falloir me procurer les trois autres tomes ! Cela faisait partie de mes hésitations car il y avait de grandes chances que je sois partie pour lire les quatre tomes…

Je trouve les couvertures des quatre tomes magnifique avec ce côté galerie de portrait des ancêtres.

J’ai beaucoup aimé le mélange roman historique et Fantasy. On a l’impression d’être vraiment en champagne en 1339 et en même temps, on nous parle d’elfes, de magie et autres sujets imaginaires.

L’écriture ne cherche pas à imiter celle de l’époque, elle n’est pas ampoulée ce qui ne signifie pas que l’auteur a fait attention à l’emploi de certaines expressions. L’emploi du mot « bâtard » n’est pas anodin, notre héros le revendique, le met en avant, cela a forgé sa personnalité.

Le Bâtard de Kosigan est à la tête d’un groupe de mercenaires qui est bien organisé. Il est le chef, le chef d’orchestre, et chacun à sa place et sa partition à jouer en fonction des ses spécificités. Il a une vue d’ensemble de son projet, c’est lui qui met en place le plan. C’est très un stratège. Le lecteur ne connaît pas les tenant et les aboutissants et ce n’est que petit à petit qu’on les découvre. Il y a bien des petites choses que l’on soupçonne mais on n’a pas tous les éléments. La diffusion partielle des informations au sein de son groupe fait partie de sa sécurité, si un grain de sable se prend dans les rouages il n’entraînera pas tous les autres.

C’est un milieu ou la force et la violence ne suffit pas pour jouer dans la cour des grands. Le Bâtard de Kosigan côtoie les grands de ce monde, en tant que fils illégitime reconnu, il a une place qui est claire pour lui mais pas pour les autres, il est rejeté par sa famille d’origine et en partie il est là parce qu’il est issu de cette famille Bourguignonne. Ils supposent qu’il est là pour l’argent et la vengeance, et pour cela il lui faut des appuis contre son oncle… il en joue, mais il recherche autre chose. C’est là tout l’intérêt de cette saga !

C’est un redoutable homme d’affaire et homme politique alors qu’il a en apparence une attitude désinvolte et impulsive. Il a une tendance à flirter avec les limites. On va le voir jongler avec plusieurs campas en faisant croire à chacun qu’il œuvre pour eux, mais en fait il œuvre pour lui-même. C’est ce qui le rend très intrigant et intéressant pour le lecteur et pour certains personnages qui ne sont pas dupes de son attitude.

Dans ce roman il y a un autre aspect qui vient donner une autre dimension à l’histoire. Nous suivons un de ses descendants en 1899 à travers sa correspondance. Il va entrer en possession directement d’un héritage qui provient du Bâtard Pierre Cordwain de Kosigan. Ce Kosigan (Kergaël)  là est aussi mystérieux et enquête aussi sur les secrets de sa famille. C’est une période que j’apprécie beaucoup et le fait que l’on suive cette partie de l’intrigue à travers ses lettres, c’est très intéressant car on n’a que les points essentiels. On sent la différence entre les deux types de textes, il y a une réelle recherche de l’auteur pour attiser la curiosité du lecteur, non seulement à travers deux époques mais aussi par les coupures que cela donne au texte de 1339 qui est à l’origine. Dans les deux cas on a des narrateurs « je » donc  on a leur regard.  Kergaël aussi a su s’entourer de quelques personnes de confiance, à qui il ne distille que certains éléments.

Dans ce roman un sujet qui m’a marqué c’est celui du sang. Cela commence par la filiation qui lui a donné le titre de bâtard, mais aussi une filiation plus mystérieuse que l’on découvre avec les propriétés magiques qu’il possède. A quelques siècles de là, Kergaël, son héritier aussi s’interroge sur sa filiation, les liens de sang, le pouvoir et la position sociale. Le sang est présent dans les potions magiques. Mais parfois le poison peut couler dans le sang. Et puis on découvre que le sang des Elfes et autres créatures peut avoir certaines propriétés, des pouvoirs magiques. Le sang coule à flot pendant les combats, la violence fait ressortit  la soif de sang. Le sang et la boue mêlés qui laissent des traces, on a aussi l’impression que la terre à droit à sa part de sang.

Quand est-il des autres personnages ? ils sont nombreux et regroupés en clans : les Anglais, les Français, les Bourguignons, les Champenois et quelques autres. On les découvre durant le tournois de Troyes, partie visible. Un concentré de pouvoir, de rivalités et d’intrigues sous-jacent. Pierre De Kosigan nous explique les alliances qui existent, celles qui sont momentanément possibles et celles impossible. Un concentré de testostérone.

Les femmes de pouvoir vont par deux que ce soit la princesse et son amante, ou la mère et la fille. Rapport de force et de pouvoir entre la plus âgée et la plus jeune dans les deux cas. Chacune va essayer de prendre Pierre de Kosigan à parti. Beaucoup de tensions sexuelles dans tous se rapports.

Ce premier tome est un épisode complet et une première étape dans une quête à long terme. On aperçoit  quelques facettes de nos personnages. Le héros Pierre Cordwain de Kosigan, n’est pas le preux chevalier à l’armure étincelante, il a un côté sombre et mystérieux qu’on a envie de découvrir.

Je vous laisse rechercher les autres thématiques qui sont présentes dans cette aventure où les manipulations et les manigances sont légion, puisqu’on est dans « l’ombre du pouvoir ».

Je remercie les Éditions Mnémos et Book en stock pour leur confiance.

cerutti

article précédemment publié sur Canalblog

NB


Une réflexion au sujet de « Le bâtard de Kosigan. Tome 1 l’ombre du pouvoir »

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