L’enfant qui criait au loup

Gunnar Staalesen

Trad. Alex Fouillet

Folio,n°810, 2016, 480 p., 8,20 €

Mes lectures Folio

4e de couv. :

Avant d’être détective privé, Varg Veum travaillait à la Protection de l’enfance. Trop idéaliste et entier, il avait fini par en être renvoyé. Parmi les enfants qu’il avait essayé d’arracher à un destin déjà écrit figurait Janegutt, dont il s’était occupé à plusieurs reprises. Aujourd’hui devenu adulte et accusé du meurtre de ses parents adoptifs, Janegutt est retranché dans un fjord et ne veut parler qu’à une seule personne : Varg Veum.

 Mon billet :

C’est toujours délicat de parler d’un roman policier à trop déflorer l’histoire ou les mécanismes de narration … je vais faire de mon mieux.

Il y a des choses que l’on sait dès le début. L’histoire débute un peu avant 2000, Varg Veum est en danger et le roman se termine évidement avec la conclusion de cette vengeance.  Cette menace est la conséquence d’événement s qui ont eu lieu dans le passer. On va remonter jusqu’à l’été 70…

On va suivre la vie, ou plutôt la survie de Jan. Ce gamin va changer plusieurs fois de prénom, de foyer. Son existence est jalonnée de morts violentes. Et à chaque croisement de chemin notre narrateur va intervenir. Comme c’est lui qui raconte les faits on a forcément confiance en lui, il est l’enquêteur donc pas le coupable… Mais sait-on jamais il peut bien nous raconter ce qu’il veut ! Bon alors disons que la focale sera son point de vue.

Dès les premiers drames survenus dans la vie de jan on s’interroge sur la santé mentale de l’enfant. Par moment on a un doute sur certains témoignages. Quel est son rôle ? victime ou bourreau ? Il faudra attendre la fin pour avoir les réponses !

Le narrateur est  au départ un agent de la Protection de l’enfance. C’est très important car cela façonne sa personnalité et donc sa façon d’aborder l’enquête. D’abord s’occuper de l’enfant, le mettre à l’abri, l’écouter et le protéger en le mettant dans un environnement adapté. Varg est dans la parole et la négociation. Il a besoin de tous les dossiers,  de tous les points de vue. Il va même dépasser ses prérogatives. Il va tirer tous les fils de l’écheveau et  ne pas se contenter de ce qu’on lui présente qui à dépasser les limites.  La loi et les règles passent après. Le fait qu’il ne soit pas policier dans sa formation va diriger son regard vers le côté psychologique et social. Varg signifie « loup » est notre personnage une fois qu’il a mordu ne lâche plus sa proie.

On va vite se rendre compte qu’une poignée de gens vont graviter autour de Jan et ce n’est pas dû au hasard. L’intrigue devient petit à petit une vraie toile d’araignée avec des connections auxquelles on ne s’attend pas, puisque l’auteur sort de son chapeau tel ou tel événement ancien qui en apparence n’a rien à voir. On ne peut rien en déduire, quoique qu’il y ait des choses qui interpellent le lecteur.  Veum a le chic pour attirer les infos à lui.

L’auteur va égarer son enquêteur et son lecteur en intégrant des histoires de couple, d’amitié, de jalousie, d’égo et de souvenirs de jeunesse… Il va y avoir tout un questionnement sur l’identité et la personnalité de chacun.

Ce que j’ai apprécié dans cette histoire qui se déroule en Norvège, c’est qu’il a des détails sur la topographie, sur les distances et par exemple le temps qu’il faut pour se déplacer. Il y a aussi des précisions sur les accents et ce que signifie être d’ici ou de là-bas. On a même une histoire de 18xx qui s’intègre avec ce qui se passe dans les années  1980…

Ce qui me plait dans les romans policiers qui se déroulent avant les années 2000, c’est tout ce qui concerne la communication. Ici on voit le personnage de l’enquêteur s’arrêter à la première cabine téléphonique venue, depuis son hôtel ou du poste de police. Et bien sûr, il faut qu’il pense à l’heure qu’il appelle pour trouver son interlocuteur.  On verra apparaître le portable dans la partie qui concerne fin 90.

J’ai bien aimé l’aspect psychologique.  Mais comme les récits se rapportent à des événements qui se déroulent sur plus de vingt ans, c’est un peu lent à mon goût. Pour les gens qui aiment s’installer dans une certaine ambiance ce roman est très bien, les rebondissements plus ou moins importants relancent l’intérêt du lecteur.

Je remercie Folio de m’avoir fait découvrir cet auteur norvégien, je pense réitérer l’expérience.

Article précédemment publié sur Canalblog

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