La Spirale des mensonges

Louise Caron
Librinova, mars 2016, 3,99 €

Parlons Livres 66

En mai, Parlons Livres vous proposait de participer à la lecture commune du roman « La spirale des mensonges » de Louise Caron. 
Ramettes et Langue Déliée se sont prises au jeu, et sans mensonges, nous donnent leurs avis. 

http://www.librinova.com/shop/louise-caron/la-spirale-des-mensonges

4ème de couv. : « Printemps 2009. Vingt-deux ans qu’Éléonore avait quitté Paris. Un trait tiré sur son passé. Une rature. Dans un hôpital parisien, devant le corps d’Antoine relié au monitoring, muette et sans compassion, elle regrette d’avoir quitté son mas cévenol. Une grève des cheminots la bloque dans un Paris inhumain qu’elle ne reconnaît pas. Entre les rencontres, douleurs et souvenirs remontent en bouffées successives. Elle évoque sa vie avec Antoine, sa fille Léa, et son fils disparu. Après l’accident de Guilhem, Éléonore s’est murée dans une souffrance destructrice. Sa fille en a fait les frais. Léa est la seconde voix du récit. Voix discordante d’une écorchée vive qui doute et nous fait douter… Pour survivre à la mort de son frère, elle a reconstruit un monde à elle, et nous entraîne dans la spirale des mensonges.
Le suspense dure jusqu’à la dernière page où la vérité et les sentiments sont enfin dévoilés.
« Un roman fort avec une histoire qui touche et captive, écrit dans un style efficace, précis et rythmé, qui fait que le livre refermé, on ne peut pas l’oublier. » »



N’hésitez pas à vous rendre sur : http://caronlouiser.blogspot.fr/p/la-spirale-des-mensonge.html pour en savoir plus sur La Spirale des mensonges 

Mon Avis :

Une balade dans un Paris en grève où les pavés ressemblent à des pièces d’un puzzle qui ont gardé en mémoire des images du passé. Bloquée dans la capitale, elle va ouvrir la boîte de Pandore et voir surgir tous les fantômes du passé. Cette lecture m’inspire plutôt, la spirale du temps. Lire cette histoire où les personnages sont en plein dans les grèves pendant que les blocus et les casseurs font partie de notre actualité cela me plait bien… Bien sûr une grève en appelant une autre, Eléonore va bien sûr se souvenir de celles de 68. Nous avons deux parties dans cette histoire avec deux « je » différents. Dans la première partie c’est la mère, son regard, qui nous fait part de ses sentiments, de ses émotions et de ses souvenirs et de ce qu’elle vit au présent. La focale change dans la deuxième partie où l’on va avoir le point de vue de la fille. Le texte prendra alors un autre rythme, l’écriture se fera plus nerveuse plus dans l’urgence. Mais revenons à Eléonore, elle a accumulé tant de « négatif » qu’elle est en permanence sur le qui vive et en position d’attaque pour masquer son état de faiblesse.
Il y a un effet de miroir entre l’actualité et sa vie. Les français sont en pleine révolte et elle aussi, des casseurs profitent de la situation et elle rencontre des gens qui essaient de profiter de sa situation. Mais n’allez pas croire, que c’est un roman triste et sombre. Il y a de belles rencontres et l’amitié qui viennent redonner sens à ce qu’elle vit. La deuxième partie, plus brève, c’est le point de vue de Léa. Elle aussi a vu sa vie aspirée par le mensonge « originel ». Léa va utiliser un magnétophone pour parler, car la communication est interrompue entre sa mère et elle. Cette confession va se faire à sens unique puisqu’elles n’ont pas réussi à tout se dire de vive voix. La parole ne peut être directe dans cette relation basée sur des mensonges. C’est un roman sur la famille, sur les secrets qui empoisonnent les relations jusqu’à provoquer des morts. L’image de l’escalier qui a été choisi pour la couverture du e-book reflète bien l’idée de marches à gravir, parfois on imagine bien le personnage descendre quelques marches avant de remonter. Quelle porte va-t-elle ouvrir ? Qui se trouve derrière ? Va-t-elle sauter le pas ? Des vies brisées par des doutes, des désamours qui conduisent à des souffrances. Le mot « mésamours » (dans le sens de mauvais amours) m’est venu au cours de ma lecture, tous les membres de cette famille se sont mal-aimés. La trame de fond c’est  l’amour sous toutes ses formes. L’amour entre deux êtres, l’amour maternel ou paternel, ou celui d’un médecin et ses patients. Amour de la vie… ou amour pour la vie, pour toujours… Il est  question aussi  de deuxième chance. Peut-on vivre après un drame ? Peut-on aimer après une perte tragique ? Ne faut-il pas crever l’abcès pour guérir les plaies du passé ? C’est une histoire qui ne laisse pas indifférent, la partie « introspection » de ses deux femmes nous renvoie à questionnements sur la culpabilité et sur les conséquences des mensonges et de ses actes. Cette remontée dans les souvenirs permet  aussi de tracer les moments importants de l’histoire d’une femme, mais aussi de la société française depuis les années soixante. La thématique de la quête de l’identité qui est Eléonore ?, qui est Léa ?, qui est coupable ?  Certaines attitudes de ses deux femmes m’ont dérangées et agacées car trop campées sur leurs positions respectives. Par contre, j’ai été très touchée par un personnage secondaire celui de Myriam qui vit dans sa bulle, une vie en sursis, un regard extérieur hors du temps, qui est à l’écoute et dans son œil observateur un brin de malice. Louise Caron nous donne à lire un roman à plusieurs entrées où chaque lecteur trouvera son chemin. Les personnages sont-ils sur la voie de la résilience ou de la rupture totale ? J’ai découvert l’écriture de Louise Caron en lisant « Chronique de jour de cendre » publié Aux Forges de Vulcain qui se déroule dans un tout autre cadre. C’est une auteure que j’ai envie de suivre. Je vais prochainement lire son recueil de nouvelles « Des îlots d’errance ». Et qui sait peut-être ses pièces de théâtre…

Article précédemment publié sur le blog Parlons livres 66, mon ancien club de lecture.

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