Le fil rouge

Paola Barbato

Éditions Denoël, coll.  Sueurs Froides, nov 2015, 359 p., 21,90 €

Traduction de l’italien : Anaïs  Bouteille- Bokobza

Mes lectures Denoël

fil rouge

4 e de couv. :

Antonio Lavezzi mène une existence solitaire et monotone depuis le jour où Michela, sa fille de treize ans, a été sauvagement assassinée. Sa femme l’a quitté, et le meurtrier n’a jamais été arrêté. Antonio travaille dans le bâtiment avec un ami d’enfance. Ce dernier lui présente inlassablement de petites amies potentielles qui ne l’intéressent pas. Lorsqu’un corps est découvert sur le chantier dont il est responsable, des éléments troublants amènent Antonio à penser que cette affaire et son histoire personnelle sont liées. Contacté par un homme mystérieux, baptisé l’Assassin, qui lui ordonne d’exécuter des criminels ayant échappé à la justice, Antonio décide d’obéir et va s’extraire peu à peu de sa torpeur et de son silence. L’Assassin semble savoir qui a tué Michela, et Antonio, pris dans une spirale meurtrière, est plus que déterminé à venger sa fille. 
Paola Barbato impose une fois de plus sa vision et son style uniques : le schéma de vengeance privée à l’œuvre est savamment imaginé et décrit. Le Fil rouge, c’est à la fois un Crime de l’Orient-Express moderne et un Dexter à l’italienne.

Ma chronique :

Lorsque l’on débute ce roman, on part sur un type particulier de roman policier. On se dit d’accord j’ai compris ce qu’a voulu faire l’auteur, c’est classique et facile. Mais petit à petit Paola Barbato nous conduit vers le Thriller et on voit s’ouvrir des chausses trappes  devant Antonio, le personnage principal. On se demande alors à quel moment il va bascule dans le côté obscur et perdre son âme.

C’est un roman qui interpelle le lecteur car le personnage principal est un quidam quelconque. On nous le présente avec une vie insipide et bien réglée avant le drame qui va le « détruire ».  Une série de cas dramatiques vont être exposés auquel le  lecteur peut s’identifier même si heureusement il n’a rien vécu de tel.

On s’attache à Antonio même si on a envie de lui donner des baffes car il se laisse écraser par les autres notamment son ex-femme, son complexe d’infériorité et sa culpabilité n’arrangent rien. Il est passé à côté de sa vie.

Ce qui était intéressant dans ce roman noir c’est qu’il ne s’agit pas d’une vengeance à chaud. Qui n’a jamais pensé « si on touche à l’un des miens je tue le coupable » ? Passerions-nous à l’acte ?  Si oui, serais-ce tout de suite ou plus tard ? Là nous avons un personnage qui est tombé dans le coma au moment de l’agression de sa fille, puis semble avoir perdu tout ressort. Cinq ans ont passé. Il a préféré masquer sa souffrance dans une vie « mécanique ». Alors il ne se pose pas de question pour ne pas ouvrir la boîte de Pandore. Il va falloir attendre que quelqu’un déclenche le mécanisme de cet automate qu’il est devenu. Et il va se poser des questions : Pourquoi ne me suis-je pas suicidé alors que je ne vie pas vraiment ?

Le déclencheur de se retour à la vie est assez étrange, un pédophile notoire tué sur l’un de ses chantiers ?  On se demande s’il aurait quelque chose à voir avec le meurtre de Michela, mais la piste est vite écartée. On se demande aussi si quelqu’un ne veut pas l’impliqué dans ce crime. Encore une piste d’écartée car il n’est pas inquiété par la police. Alors que lui veut le vengeur masqué ?  Dans un premier temps on se dit qu’il l’utilise et qu’il veut le tester. Puis petit à petit, on tombe dans un jeu pervers et on va suivre le personnage avec ce fil rouge. Qui est ce manipulateur qui se fait nommer l’Assassin? Le mystère sera bien préservé.

La dernière partie où Antonio, notre héros malgré lui,  va essayer de prendre la main est très prenante et se lit d’un trait. On va obtenir des réponses.

C’est un roman qui traite du sujet bourreau-victime … mais n’est on pas le bourreau ou la victime de quelqu’un ou tantôt l’un et l’autre ?

L’histoire va prendre un virage dangereux avec l’arrivée d’un animal à travers lequel on entr’aperçoit l’assassin.

Le lecteur va suivre les aventures d’Antonio, il va entrer plus ou moins en empathie avec tous les personnages qu’il va croiser quand dans la scène finale Paola Barbato renverse la situation dans laquelle elle l’avait entraîné et nous laisse pantelant !

Wouah quelle fin  ! Elle terrible….

Je remercie les Éditions Denoël pour la découverte de cette jeune auteure dont le premier roman « A main nue » a eu un bel accueil des lecteurs.

Article précédemment publié sur Canalblog

Une réflexion au sujet de « Le fil rouge »

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