Nous tous sommes innocents

Cathy Jurado-Lécina

Aux Forges de Vulcain, janv. 2015, 208 p., 16€

La Voie des Indés / Aux Forges de Vulcain

4 e de couv :
Les Passereaux, mai 1958. Jean est un jeune paysan qui aime inventer des histoires, rêve de devenir instituteur et de s’installer à la ville. Il espère un ailleurs, mais on ne choisit pas sa vie, aux Passereaux, et tout semble vouloir s’acharner contre ses rêves : le père de Jeannot qui lui refuse de quitter la ferme, la famille d’Odette qui s’oppose à ce que Jeannot l’épouse, la guerre d’Algérie, qui ne le rendra pas indemne. Acculé, Jean se ferme au monde au point de glisser dans la folie.
Roman du tourment, inspiré d’une histoire vraie, Nous tous sommes innocents raconte l’histoire déchirante d’un homme cerné par le tragique et, dans son regard, le destin d’une famille qui porte en elle le ferment de sa propre malédiction. Sommes-nous tous innocents ? Comment, jusqu’à son dernier souffle, un homme peut-il essayer de faire sortir ce cri qu’il porte en lui ?

Ma chronique :

Je remercie Libfly et les éditions Aux Forges de Vulcain qui m’ont permis de découvrir ce roman qui m’intriguait.

Pourquoi m’intriguait-il ? Premièrement parce que ce roman a gagné le concours Daftquest, une nouvelle pépinière de talents. Cette année Aux Forges de Vulcain a récompensé deux auteures de deux excellents romans. 

Ce roman soutien les valeurs que l’on retrouve dans la plupart des romans édités dans cette maison d’édition. La première c’est la grande qualité de l’écriture, avec comme à chaque fois une spécificité, un travail de la langue. Les personnages sont forts et perdus dans leurs choix. La famille, les non-dits et la religion, le regard de la communauté viennent exacerber les tensions entre ce que pensent les protagonistes et leur marges de manœuvre.

Le narrateur dont on ne sait rien varie d’un « on » à « nous », est-ce quelqu’un du village ? Mystère, mais plus on avance plus il s’implique et nous aussi nous entrons de plus en plus dans l’intimité de l’esprit des personnages. On ne saura pas non plus ce qui se cache derrière les maux de tête de Jean, les chansons de Paule, les fuites de Catherine, les silences du père et de la mère…

Le regard est souvent porté sur Jean et à travers lui on a les portraits du reste de la famille et des quelques personnes qui l’entourent. On ressent la souffrance de tous ses êtres empêtrés dans leur mal être et tous les non-dits qui prennent racine dans la deuxième guerre mondiale.

Par petits chapitres courts on découvre que la famille a été prospère avant guerre et qu’elle a donc une place dans le village qui a changé depuis les heures noires de la seconde guerre mondiale. 1958, Jean a 18 ans il est amoureux, il a des projets de vie… Mais rien ne va se passer comme prévu. Un enchaînement de malheureuses circonstances va faire virer tout au cauchemar, et l’on suit Jean et les autres dans une spirale sans fin qui les tire vers le bas vers le côté sombre de l’âme humaine. Par petites touches infimes on voit se dégrader l’état de tout ce petit monde. On se demande jusqu’où Cathy Jurado-Lécina va nous emporter, enfin si on se doute de certaines choses mais cette lente descente en enfer est inéluctable…

Ce roman mets en avant la question : sommes nous responsable et coupables des actes de dos parents ? Ou tel victime d’une malédiction ne pourront nous trouver la rédemption même par nos actes ?

Un roman fort  qui accorde peu de répit au bonheur. On est presque soulagé d’arriver à la fin pour que Jean ne souffre plus ! Quand au lecteur il continue à réfléchir car ce roman soulève des questions personnelles… mais, je vous laisse découvrir vos propres intérrogations…

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la voie des indés 2015
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Qui en parle dans mon entourage ?

Tsilla

Article précédemment publié sur Canalblog

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