Prométhée Vagabond

Alexis David-Marie

Aux Forges de Vulcain, 11 septembre 2014, 365 p., 18€

4 e de couv. :

1674. Paul, étudiant en quête de rédemption, est envoyé à la recherche de Larpenteur, théologien devenu auteur de pamphlets impies. Parcourant les chemins d’un Grand Siècle de boue et de neige, très loin des ors de Versailles, ils lient leurs pas à ceux de nombreux compagnons de fortune. De mésaventures en péripéties, à travers le Saint-Empire et la France, une amitié se tisse entre les deux hommes. Prenant exemple sur Prométhée, ils devront dépasser la souffrance, brûler leurs certitudes pour espérer apporter la lumière.

Roman picaresque, Prométhée vagabond questionne la difficulté et la nécessité de penser contre les habitudes, les majorités et toutes les pesanteurs du monde ; le plus dur étant toujours de reconstruire sur les cendres des croyances que l’on a mises au feu.

La couverture :

Voici le deuxième titre de la rentrée littéraire 2014 des Editions Aux Forges de Vulcain. Vous l’aurez noté si vous connaissez les autres titres du catalogue un changement dans les couvertures. Geoffrey Dorme nous emporte dans un port du XVII avec des annotations à l’encre blanche. Invitation au voyage prélude aux aventures dont Alexis David-Marie sera le guide…

Ma chronique :

Nul ne sort indemne d’un voyage initiatique, Paul et Jean-Baptiste Larpenteur, nos deux protagonistes en feront l’expérience.

Sur le chemin de la rédemption Paul devra emporter Jean-Baptiste Larpenteur. Les noms sont sciemment choisis ils sont chargés de sens, je vous laisse le découvrir au cours de votre lecture.

Ce roman nous fait faire un bon dans le temps. Paul a une mission mais qu’a-t-il fait pour mériter cette mission qui peut lui coûter la vie ? Paul ingénu, la bourse pleine, croit atteindre rapidement sont but convaincre Larpenteur et retourner avec lui à Paris sans encombre.

Le voyage Paris-Weimar, nous permet de découvrir la France en guerre, mort, destructions, mise à sac et cruautés, naïf Paul découvre cela mais avec le sentiment que la barbarie ne touche que les troupes françaises.

Weimar- Lübeck permet de nous montrer les liaisons commerciales en Europe à cette époque là.

Je ne vais pas détailler tout le voyage et vous dévoiler le chemin de croix qu’ils vont suivre !

Empreint de mythologie, Paul et Jean-Baptiste  élèves  à la Sorbonne voient ce qui se déroule devant leurs yeux comme une intervention mythologique. Cela enrichie le texte, ce sont des petites touches comme celles-ci qui réjouissent le lecteur.

Mais petit à petit, mésaventure après aventure nos deux compères vont changer et évoluer.

A travers leur voyage nous avons une suite de tableaux qui nous éclairent sur les us et coutumes de l’époque, qu’il s’agisse du monde des tavernes, des bordels ou des cayennes (maison de compagnonnage), en passant par les maisons de lettrés ou négociants, presbytères et humbles masures, nous avons une vue panoramique de l’époque.

Les voyages forment la jeunesse en voiture en en bateau ou à pied nos deux hommes vont se découvrir l’un l’autre.

Dans un premier temps, c’est Paul qui en sait plus sur Larpenteur, mais au fur et à mesure Jean-Baptiste va prendre conscience que Paul est plus qu’un jeune homme à la solde du Recteur de la Sorbonne.

Ce roman historique développe des idées qui intéressaient certains penseurs de l’époque mais dont aujourd’hui encore l’on débat : athéisme, existence de Dieu, puissance des astres, libre arbitre et autres sujets qui en découlent.

L’histoire débute en juin 1674, la forme du texte joue avec les codes de l’époque, par exemple les chapitres portent un entête qui résume une facette de ce qu’il va advenir des protagonistes (petit détail dont je raffole). Le langage sans être ampoulé est assez soutenu pour nous imprégner de l’époque, cette langue est très agréable à l’oreille, même les vulgarités dont Larpenteur fait usage pour choquer Paul font « époque ».

Ce n’est pas la destination finale d’un voyage qui compte mais le chemin parcouru, les aventures vécues et les rencontres.

Sur leur chemins nos deux hommes vont en rencontrer des vagabonds, des colporteurs, des  pèlerins, une bande organisé d’enfants, Egyptiens (bohémiens)… l’occasion de nous dresser un tableau de la France des routes. La peur de l’étranger (celui qui vient du village d’à côté est considéré comme étranger s’il n’est connu de personne), les superstitions ne vont pas améliorer l’ordinaire de nos étudiants sans le sous.

L’être en devenir, l’homme n’est pas figé dans son évolution, en allant de part le monde l’Homme va se découvrir.

Et les femmes me direz-vous ? Trop savantes elles sont cachées et rejetée. Nonnes ou catins, elles doivent se mettre sous la protection d’un Homme ou d’un Dieu. Une époque assez peu enviable pour la gente féminine.

La dernière « rencontre » marque un changement dans la narration et nous allons avoir une fin digne de toute cette histoire.

Tous les questionnements à la manière des dialogues philosophiques développent plusieurs thèses avec des contradicteurs sans être ennuyeux, donnent l’occasion au lecteur de s’interroger.

J’ai beaucoup aimé le côté picaresque qui a réveillé de vieux souvenirs de littérature. Cette lecture est un vrai régal.

Je remercie les Éditions Aux Forges de Vulcain de leur invitation à découvrir cette sublime lecture qui nous entraîne dans les sentiers battus qu’ils affectionne : amitié, initiation, remises en question et révolte… 

Qui en parle ? Lutinielle ; Libfly

vulcain

100 livres 2014
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2

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indés 2014

Article précédemment publié sur Canalblog

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