Ce qu’il advint du sauvage blanc

François Garde

Folio n°5623, 2013, 381 p., 7,20€

LU DANS LE CADRE D’UN PARTENARIAT FOLIO

4 e de couv:

Au milieu du XIXe siècle, Narcisse Pelletier, un jeune matelot français, est abandonné sur une plage d’Australie. Dix-sept ans plus tard, un navire anglais le retrouve par hasard : il vit nu, tatoué, sait chasser et pêcher à la manière de la tribu qui l’a recueilli. Il a perdu l’usage de la langue française et oublié son nom. 
Que s’est-il passé pendant ces dix-sept années? C’est l’énigme à laquelle se heurte Octave de Vallombrun, l’homme providentiel qui recueille à Sydney celui qu’on surnomme désormais le «sauvage blanc». 

Inspiré d’une histoire vraie, Ce qu’il advint du sauvage blanc a été récompensé par huit prix littéraires, dont le Goncourt du premier roman 2012.

Ma chronique 

Lorsque ce roman parut, j’hésitais à le lire me disant qu’il s’agissait d’une variante de « l’enfant sauvage » ou une robinsonnade de plus. Et oui, parfois on passe à côté de certains livres car on a des à priori. Mais, peut-être qu’à l’époque je n’étais pas prête à le lire.

Heureusement, aujourd’hui la curiosité a pris le dessus !

Tout d’abord un mot sur la structure. Nous avons une alternance entre les premiers pas de Narcisse ce jeune marin abandonné sur une île australienne vers 1843 et les premiers pas pas du retour vers la « civilisation » en 1861.

Les événements de 1843 (et quelques temps après) sont conté par un narrateur qui se focalise sur Narcisse devenu « Amglo » le « soleil » en langue aborigène. Alors que l’autre partie apparaît sous forme de correspondance du Vicomte de Vallombrun au Président de la Société des Sciences. Octave n’a pas accès aux informations dont le narrateur nous part au lecteur, nous n’avons que la version indirecte du Vicomte, ce qui donne un roman assez original.

D’un côté les évènements vécus avec une chronologie de l’autre des observations et des conclusions qu’en tire cet aristocrate qui cherche sa voie dans le milieu scientifique.

Nous avons deux personnages qui vont faire leur apprentissage, ils vont suivre deux chemins initiatiques… l’un pour se réadapter à la société française, l’autre dans sa formation scientifique (en autodidacte).

Petit à petit le Vicomte s’attache à son sujet et prend conscience de ses limites en tant que chercheur inexpérimenté. François Garde à travers ce personnage inventé nous fait part de certains questionnements sur la légitimité des européens à vouloir réintégrer un des leurs qui n’est plus adapté à la vie européenne, il y a aussi les interrogations sur les méthodes scientifiques à une période de grandes avancées. Le Vicomte avec son obstination à découvrir le « secret » de Narcisse va le pousser dans ses retranchements…

C’est un roman d’aventure très prenant. J’ai appris des choses sur le bagne en Australie.

Ce qui m’a plu dans cette histoire tirée d’une histoire  tiré d’une histoire vrai, c’est que contrairement à Robinson, le personnage est adopté par une tribu et ne recrée pas une société à l’européenne sur son île.

Le thème du silence et de l’enfouissement du passé pour pouvoir survivre est un sujet très intéressant.

Je me demande quels documents disposait François Garde pour étayer son propos. d’après Wikipédia quelqu’un avait recueilli son témoignage ici.

Je remercie les éditions folio de m’avoir fait découvrir ce beau roman.

79/100

Article précédemment posté sur Canalblog

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