Et je me suis caché

Geoffrey Lachassagne

Aux Forges de Vulcain, 2012, 258 p.

LU DANS LE CADRE D’UN PARTENARIAT LIBFLY & AUX FORGES DE VULCAIN

caché

4 e de couv :

Titi, 14 ans, et Jérémie, 7 ans, vivent chez leur grand – mère dans une petite ville de Corrèze. Leur grand frère Jules a quitté la ville il y a plusieurs années en promettant à Titi qu’il reviendrait le chercher et voici qu’il annonce enfin son retour. Tandis que Titi erre avec ses amis autour de la halle et du lac artificiel en attendant l’arrivée imminente de Jules, Jérémie se trouve livré à lui-même et vit dans son monde imaginaire. Ses journées, quand elles ne sont pas consacrées à l’étude de la Bible avec sa grand-mère, sont faites de guerres incessantes contre les Indiens et les Incroyants, qui provoquent toutes sortes de catastrophes. Le retour attendu du grand frère prodigue, la frustration de Titi, les maladresses de Jérémie et une série de rencontres imprévues vont amener les deux frères, pendant trois jours, à transformer la ville en un vaste terrain d aventures. À la fois brut et poétique, ‘Et je me suis caché’ restitue avec une grande justesse la langue et l’imaginaire de l’enfance et de l’adolescence, faisant de Titi et Jérémie les lointains descendants corréziens d Huckleberry Finn et Holden Caulfield.

Ma chronique :

Lorsqu’on reçoit un livre « surprise », la première chose que l’on regarde c’est le visuel. Je savais que l’auteur m’était inconnu et le titre aussi alors on regarde la petite « vignette » pour se faire une idée du livre. Tiens, là nous avons une partie d’un tableau deux garçons qui semblent faire des ricochets et observer l’eau. Après avoir lu le roman, je trouve cette image très pertinente… Puis nous passons à la 4e de couverture où les grandes lignes sont données.

Mais une surprise nous attend dans la forme du roman. Deux voix vont nous raconter le quotidien de deux enfants 14 ans et 7 ans. Deux stades de la vie qui sont représentés par deux types d’écriture et deux voix différentes. Une troisième voix viendra nous parler d’un autre stade de la vie et d’une autre expérience de vie, mais c’est la surprise de la fin et je ne veux pas la dévoiler.

J’ai eu du mal à entrer dans l’écriture de ce roman. Non pas parce qu’il s’agit d’un monologue intérieur, un monologue à l’absent, mais le langage utilisé avec des tournures de phrases particulières. C’est un travail difficile à réaliser, Geoffrey crée une langue ado pour Titi et ses copains. Certains livres ne se dévoilent pas au lecteur au premier regard. Celui-c j’ai du un peu pousser la porte pour voir ce qu’il y avait au bout du chemin.

Puis nous avons la langue utilisée par Jéremy on est dans le monde imaginaire qui vit à travers les aventures de la Bible… J’ai été plus sensible à cette langue qui me semble plus abordable.

La mise en place des éléments du début ne me donnait pas envie de continuer. Titi n’a pas la vie facile, le père a baissé les bras et à disparu, la mère est partie, le grand frère est allé voir si l’herbe est plus verte ailleurs, le grand-père est décédé et il ne lui reste que sa grand-mère qui élève ses deux petits enfants à coup de rallonge et de religion. Le personnage de Titi nous est présenté comme celui d’un enfant avec des problèmes mentaux assez graves, Jérémy comme un arriéré… mais petit à petit on se rend compte que c’est le point de vue d’un ado de 14 ans qui nous donne une image déformée comme si les choses étaient vue avec une loupe grossissante et angoissante. Une fois que Titi prend du recul les choses sont moins déformées. Le lecteur respire mieux.

A travers Titi, ce sont les thèmes propres à l’adolescence qui sont abordés. L’amitié est très présente. Ces copains sont en phase, ils vivent des choses semblable quoique différentes alors ils comprennent les petits mensonges qu’il invente pour embellir la vie. On est à la période des extrêmes la drogue, l’alcool, la violence, le sexe tout est exacerbé. Les souffrances sont intenses et vont des ravages.

J’ai bien fait de ne pas m’arrêter à la mauvaise impression du début car j’ai beaucoup aimé la partie « fugue ». Le roman a pris un tournant à ce moment là. Aurore, Tulipe et Moïse vont donner un peu de soleil. Les problèmes sont toujours là et ils sont peut-être même plus graves qu’au début mais vu et vécus de manière différente.

J’ai beaucoup aimé la « voix » de Jérémie, un petit garçon de 7 ans qui vit dans son imaginaire. Il intègre tout ce que son entourage lui transmet. Bien sûr, il l’arrange à sa sauce. Geoffrey  Lachassagne a fait un travail remarquable pour créer une « langue littéraire » pour se mettre dans la peau d’un petit garçon.

La langue créée pour parler comme Titi ou celle pour parler comme Jérémie ne sont pas réelles. La littérature ce n’est pas cela. Cela m’a fait repensé à la polémique qu’il y avait eu lorsque Eric Fottorino à publié « Dos crawlé » et je ne sais plus quel autre auteur avait écrit comme s’ils étaient des jeunes. 

Le thème de la mort est sous-jacente, on a d’abord l’absence, le Christ en croix, les martyrs, l’alcool, la drogue, le tabac, les coups, l’asphyxie, la noyade, les rails de chemin de fer, le suicide, la maladie, la vieillesse… et puis on a Jérémie qui joue à la mort pour de faux, puis qui croit avoir tué quelqu’un, sans parler des morts qui bougent de chez Moïse… C’est une piste de lecture qui peut être intéressante à explorer.

L’eau et le feu avec une fonction purificatrice vont jouer un rôle important.

La fin est ouverte … On a l’impression d’avoir passé une étape et  qu’une nouvelle phase dans la vie de tous les personnages, une seconde chance. Une sorte de rédemption va peut-être leur ouvrir des perspectives d’un futur possible.

La réalité est la même mais les personnages ne sont plus les mêmes.

Vous aurez le pourquoi du titre à la fin du roman et je suis restée bête car je n’avais pas du tout pensé à ça !

Ce roman n’est pas un roman neutre des idées fortes le traverse. Il y a un côté pas du tout politiquement correct qui n’a pas dû aider à trouver un éditeur.

Je vous remercie de votre confiance  ET pour cette découverte.

A bientôt pour la suite de l’aventure…

challe100

Article précédemment publié sur Canalblog

3 réflexions au sujet de « Et je me suis caché »

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